[CdF] Montauban-Nîmes (0-4) : La Crocro Académie déteste le Sud-Ouest

la guerre des suds

Les valeurs de l’ovalie, mon cul.


Salut les pitres,

Quand tu viens de Nîmes ou du Languedoc, ou de quelque coin rattaché à ce que la sagesse populaire regroupe sous l’appellation « Sud-Est », tu te retrouves à ton corps défendant mis dans le même sac que les Marseillais ou les pétasses du 06, mais aussi que les anciens immigrés devenus zemmourolâtres (Italiens surtout, mais aussi les Niçois, qui pour leur part ne sont les fils de personne). Face à toi, se dresse le bloc adverse, jouissant souvent d’une réputation plus flatteuse dans le reste de la France (le Nord commence à Montélimar, si jamais on vous pose la question), qui y rattache volontiers des images sympatoches faites de bonne bouffe, de camaraderie rugbystique virile mais joviale, de terroir et de valeuuuuurs (en insistant comme il se doit sur la fin du mot), en bref c’est pas forcément très futé, mais c’est gentil. Chez nous Eric Ciotti, chez eux Jean Lassalle. Ce genre de cliché persistant a toujours fait naître chez moi une cordiale détestation de ces contrées lointaines. C’est donc avec une certaine appréhension que j’observais nos onze guignols s’en aller défier Montauban, bourgade plus connue pour son rugby que son football, et actuel résident de R2. Et puis, vu le merdier désormais structurel qui mine le NO, rien n’est rassurant.

Il ne faudrait jamais aller à Montauban

Contexte structurellement merdique, donc, et rendu encore plus morose par l’éviction officielle de Nicolas Usaï. Le bougre devait savoir que ça lui pendait au nez. On ne dira pas qu’on pleurera sur son sort ici, l’équipe joue affreusement mal et le compère Nicolaï avait depuis le début de la saison l’air aussi paumé et impuissant qu’une première communiante, malgré sa tchatche et sa bonne bouille. On lui souhaite de la réussite ailleurs, il n’a pas triché et a essayé de faire ce qu’il pouvait dans un club où le poste de coach est un sacerdoce. Et c’est bien ça le problème : quel que soit son successeur (en l’occurrence Frédéric Bompard, ex-adjoint de Rudi Garcia, qui a débarqué lundi à La Bastide), il se trouvera vraisemblablement confronté aux mêmes limites, à la même absence de structures, au même fonctionnement erratique du chibre-en-chef Assaf, qui ne semble toujours pas décidé à revoir l’organisation globale du club et va continuer à le faire vivoter en espérant un maintien d’une saison à l’autre. Comme dirait l’autre, Inch’Allah.


LE MATCH

Passons vite sur le contenu détaillé : impossible de visionner la CdF dans le désastre qu’est devenu le paysage audiovisuel Français. On préfère diffuser l’autre compétition, mais si vous savez celle achetée avec des pétro-dollars sarkoziens, avec des stades dans le désert et des supporters Pakistanais payés pour faire comme s’ils étaient Anglais. On s’est donc contenté d’un bon live Objectif Gard des familles, c’est à dire un flux entrecoupé de fenêtres pop-ups vantant les entreprises locales et les offres du Black Friday. Pas vraiment bandant, mais on a les médias qu’on mérite. Notons qu’on partait pour ce match avec un état d’esprit un poil dépressif incarné par le pauvre Richard Goyet, ancien préparateur physique devenu adjoint et propulsé coach le temps d’un après-midi de castagne dans le Tarn-et-Garonne. « Ça fait deux nuits que je ne dors pas forcément très bien », a confessé le Richard en conf’ d’avant-match en commentant le départ de Nico Usaï : sûrement la pétoche d’être le prochain sur la liste, et nouvelle illustration du management à la Elon Musk de notre illustre Rani (merci à lui de nous bénir de ses lumières, que sa route soit bordée de rosée parfumée).

La souffrance au travail, plaie du XXIe siècle

Les gars ont finalement fait ça plutôt proprement, plus proprement en tout cas que ceux d’en face, qui ont sans doute voulu illustrer leur attachement aux valeurs de l’ovalie en mettant des taquets à tour de bras avant de provoquer une baston en tribune (des Toulousains étaient visiblement venus passer une visite de courtoisie entre voisins). Le premier rouge fut apparemment plutôt sévère, mais sanctionna un enthousiasme un peu trop palpable, dirons-nous. La tâche fut ensuite facilitée pour nos gars, mais encore fallait-il parvenir à ne pas bêtement péter les plombs. A l’arrivée, doublé de Pagis et buts de Tchokounté et Omarsson en seconde période : job done, et confiance pour le secteur offensif, pas si mal. Deux rouges pour les locaux, un blessé chez nous et nos supporters pris dans des bagarres : excellentes raisons pour prendre notre part de la recette et nous barrer de là. De toute façon, c’est pas comme si Rani avait eu l’intention de faire autre chose.

LES GARS

La compo un brin remaniée n’était finalement pas si éloignée de ce qu’on avait pu voir en championnat, avec un onze de départ comme suit :

Dias – Vargas, De Gevigney, Guessoum, Sadzoute – Labonne, Fomba, Zampa – Pagis – Tchokounté (cap), Saïd.

Là encore, pas de note individuelle vu l’impossibilité de visionnage, mais quelques remarques : des jeunots comme Zampa, Kari et Noël ont pu disputer des bouts de match et s’en sont pas trop mal tirés, c’est bieng. Dias et sa charnière centrale de fragiles (Guessoum et De Gev) n’ont pas été trop bougés, là encore on prend, c’est toujours précieux d’éviter un nouveau claquage mental. Labonne sort blessé sur le 2e carton rouge montalbanais, on espère que ce sera pas trop méchant. Devant, Tchoko et Pagis ont été les tauliers, confirmant qu’on allait se reposer sur eux pour la 2e partie de saison.


En face : je déteste le Sud-Ouest.

La suite : Love foot populaire, fuck Fifa. On se retrouve en décembre sur Mastodon les pitres, en espérant qu’entretemps les Bleus se seront piteusement fait sortir au premier tour et que Twitter aura implosé.

Cœur sur vous,

Karoud

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