France – Allemagne (0-0) : L’Académie française change teuton

C’était moins bien que le 15 juillet. Mais LA FRANCE EST CHAMPIONNE DU MONDE. Le reste, on s’en branle.

 

Vive la France, même en Ligue des Nations. Non, vraiment, la Ligue des Nations, ça n’a plus rien à voir avec les matchs amicaux pourris qu’on se tapait avant. Là non, y avait une intensité de tous les instants, des actions folles, de l’électricité dans l’air, des duels disputés, des morts de faim partout sur le terrain.

 La conviction.

Dur et étrange retour aux affaires, donc. Il y a moins de deux mois, la liesse et l’euphorie s’emparaient de nos cœurs trop souvent endormis. Sur le toit du Monde, les Bleus le sont toujours, et encore pour longtemps. Mais cela a un prix : tout le reste paraît insipide, ennuyeux, sans exaltation. Comme passer d’un bon champagne à de la Clairette de Die, m’voyez ?




La compo :

Les 11 finalistes sont là, à l’exception de Captain’ Hugo, ivre mort irresponsable blessé et remplacé par Areola qui honore là sa première sélection. En face, la Caskapointe Mannschaft fait du vieux avec du neuf. A noter, la triste absence de Mesüt Maizut’, pour de tristes histoires, que comme quoi qu’il serait plus mâtiné cochon d’Inde que blond aux yeux clairs et que bah du coup il est plus mauvais et que c’est sa faute si les bons aryens ils ont pas gagné.


Le match :

J’avais à moitié oublié qu’il y avait un match, en vrai, et à moitié déprimé à l’avance de savoir que j’allais m’ennuyer. Heureusement, la bière était là. Les premières minutes n’offrent rien de remarquable si ce n’est ce coup de pute de Rüdiger sur Benjamin Second Poteau Pavard.

Les Allemands maîtrisent le jeu, on défend et bouche les espaces en attendant le contre. Rien de neuf sous le soleil. De la redite. Le faux tiki kaka outre-rhénan ne déstabilise pas trop notre défense pour le moment. Histoire de ne pas faire de jaloux, nos Bleus sont tout aussi inoffensifs. A peine une tête de Giroud pour faire s’illustrer Neuer, pas de quoi s’enflammer. Peut-être émoustillés par cette occasion leur rappelant que le but dans un match de foot, c’est de marquer, les double-étoilés accélèrent le rythme en fin de première période, sans pour autant trouver le chemin des filets.

La mi-temps est sifflée quelques secondes après que Giroud a raté une talonnade aux six mètres, geste qui eût été du plus bel effet s’il ne l’avait pas foiré autant que Napoléon III sa guerre prussienne.

Si les Bleus entament la seconde période comme ils terminent la première, le tableau d’affichage reste tristement morne. Alors que quelques sifflets du public allemand accompagnent désormais nos adversaires, ces derniers semblent se sortir les saucisses de Francfort de la choucroute. Sur une saloperie de frappe bizarre de Reus, Aréola fait l’arrêt qu’il faut.

Werner se dit qu’il convient de martyriser Pavard pour lui montrer que bon, il est gentil, tout le monde l’aime bien, en plus il joue en Allemagne, mais qu’il n’est toujours pas Philip Lahm. Après deux trois débordements de Timo, c’est Hummels (ce qu’il fout ici, ne me demandez pas) qui arrive à gauche, centre pour FanThomas Muller qui se rate, le ballon revient sur Hummels, frappe, Aréola repousse. Le show Aréola continue lorsqu’il fait une horizontale aussi jolie que celle de Lloris face à l’Uruguay sur une tête de Ginter. A la différence près que Lloris a fait ça en quart de finale de Coupe du Monde ce qui, ne nous mentons pas, en impose quand même vachement plus.

Le match se poursuit jusqu’au bout par de la possession allemande teintée de forte pression sur notre défense et notre résistance mentale. Ne pas omettre que Rüdiger a souhaité finir le match comme il l’avait commencé : après avoir dit “Hallo!” à Benji Pavard en essuyant son pied sur la tronche du petit, l’Allemand lui adresse un “Auf Wiedersehen” des plus courtois, et écope finalement d’un jaune comme le premier trafiquant sexuel venu. On sent les organismes empruntés, on sent que tout le monde s’en fout, quand tout à coup surgit devant mes yeux l’évidence :

 Trois étoiles bleues, arborant chacune deux fières étoiles blanches.

DEUX. ETOILES. Je sais, je sais, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. J’imagine que les plus vieux ont connu des maillots avec zéro étoile. Moi pas. J’ai associé pendant un quart de siècle “maillot de la France => 1 étoile, 1 coq”. Dorénavant, ça sera 2 cocks, 1 cup 2 étoiles, 1 coq.


Le débrief :

J’aimais déjà Benjamin Pavard, mais je commence à m’en délecter : “ On était fatigués par rapport aux Allemands qui avaient fini la Coupe du monde plus tôt. Mon statut a changé mais moi, je ne change pas ». Eh bien continue à ne pas, mon petit.

Les notes :

Areola (5/5) :
Difficile de lui mettre autre chose. Six arrêts, certains très esthétiques, d’autres très efficaces. C’était salade-tomates-oignons dès sa première.

Hernandez (3/5) :
Comme l’impression qu’on ne peut pas appuyer sur le bouton “off”. Il jouerait un match en DH face à Trifouillis-les-Oies qu’il offrirait son corps et son cœur au football tout pareil. Amour.

Umtatane (3/5) :
Ni aussi bon que du confit de canard avec des pommes de terre sautées, ni aussi mauvais qu’une salade niçoise.

Pavard (1/5) :
Mangé par Werner, et défiguré par Rüdiger. Un match tout en souffrance avec la gueule abîmée. Un match marqué au fer rouge à ne pas marquer d’une pierre blanche.

Kanté (3/5) :
Kanté free, t’as tout compris. Nan ?

Pogba (3/5) :
Un Paulo qui ne flambe pas, un Paulo plutôt sérieux quoique pas très inspiré sur certaines passes. Y avait pas masse de rythme, mais c’est autant de sa faute que les 21 autres acteurs.

Matuidi (3/5) :
A autant brillé dans cette position que pendant le Mondial. Mais sans l’intensité d’il y a deux mois, et face à des adversaires aussi impliqués dans le match que François de Rugy dans l’écologie. Remplacé par Totolisso (non noté, 86e), comme chez lui en Allemagne après ses années lyonnaises.

Mbappé (3/5) :
Quelques accélérations qui détonnent, une belle puissance, et 35 talonnades inutiles. Sans déconner, faut l’ajouter aux différents bingos à boire du foot. C’est intenable.

Giroud (2/5) :
Homme qui a gagné le plus de duels du match et à l’origine d’une belle tête repoussée par Neuer. Egalement homme qui rate une talonnade. Demande à Kylian et une fois que tu sais faire, tu lui dis d’arrêter. S’il continue, frotte sans discontinuer ta belle barbe drue sur sa peau de lait jusqu’à ce qu’il comprenne le message. Remplacé par Dembélé (0/5, 67e), noté exceptionnellement pour une prestation ordinairement médiocre. Il n’a toujours pas gagné 1 seul point de QI.

Griezmann (2/5) :
Antoine a poursuivi sa volonté de devenir chef d’orchestre de l’équipe au niveau de la ligne médiane. C’était pas très intéressant ce soir. Remplacé par Fekir (non noté, 89e), qui n’est pas comme chez lui en Allemagne malgré ses années lyonnaises, et on se demande pourquoi.


Le Mont Térubio est mort, vive Didier Décampe.

 

 

Didier Décampe

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