France – Australie (2-1) : L’Académie Française s’en sort Aussie

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A jamais les premiers à bénéficier de la VAR en Coupe du monde !

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La Coupe du Monde des Bleus vient de débuter. Vous vouliez vous enflammer, vibrer et sauter de joie ? Passez votre chemin. C’est l’équipe de France de Deschamps ici, pas Disneyland.

Comme l’Uruguay, la France a galéré pour son entrée en lice. Elle voulait peaufiner son anglais, elle a surtout mangé de l’épaule de down under face à l’Australie. « Gna-gna-gni, gna-gna-gna, t’es un pisse-froid, regarde l’équipe qu’on a ! C’est typiquement français ça, de dénigrer son équipe ! On va le déglinguer ce groupe ! ». C’est pas typiquement français, c’est être réaliste. Par contre, c’est typiquement con de dire qu’on joue bien.


La compo :


Deschamps opte pour un 4-3-3, à l’instar du match face à la Russie en mars dernier. Exit Giroud donc, place au trio Griezmann-Mbappé-Dembélé, plus communément appelé GMD, eu égard à la capacité de ce trio à ressembler à des Grenades à Main de Désencerclement, c’est-à-dire prêt à exploser dans tous les sens de manière incontrôlée mais surtout, incontrôlable.

On réussit l’exploit d’aligner une équipe jamais vue au coup d’envoi pour le premier match de Coupe du Monde. Est-ce incroyable car cela veut dire qu’on a un réservoir inextinguible de joueurs tous plus fantastiques les uns que les autres ? Ou est-ce inquiétant car cela veut dire que Deschamps ne sait pas quoi foutre ?

Le derrière :

Pavard et Hernandez sont titulaires à la place des latéraux a priori favoris pour l’être, Sidibé et Mendy. Ce n’est pas volé au vu des prestations des deux loustics. La charnière Umtiti-Varane (Umtatane ©, rappelons-le) est là, ce qui augmente mécaniquement ma facture de blanchisserie.

Le milieu :

Le trident Kanté-Tolisso-Pogba, réclamé par certains spécialistes (Fred Hermel, Fred Callenge et moi-même), décrié par d’autres (Pascal Dupraz, Guy Lacombe et Guy Georges), débute le match au milieu. Une bonne partie des regards sont tournés vers PogBall-Trap, qui a annoncé vouloir être leader de ces Bleus. Vas-y Paulo, on attend.

Le devant :

Avec ces trois-là, aussi beaux et forts soient-ils, le risque est qu’ils ne puissent pas prendre la profondeur et jouent à la baballe dans l’axe face à des Australiens regroupés. Toujours pas compris pourquoi y’avait pas Giroud. Le mec est une valeur hyper sûre, encore plus face à ce genre d’équipe. Wait and see (nothing).

Le match :

Alors que le ballon vient à peine d’être mis en jeu, Mbappé prend la profondeur et est servi côté droit par Pavard. Sa frappe en angle fermé est déviée par le gardien, mais on se dit que ça part bien. Quelques situations dangereuses essaiment ce premier quart d’heure, puis les Bleus s’éteignent. Pire, sur un coup-franc australien, Tolisso est à un cheveu de tromper Lloris. Hugo va vite au sol et évite la cata-la cata-la catastrophe.

L’intensité baisse encore de notre côté. Les Australiens nous imposent deux données très simples auxquelles on ne sait répondre : un bloc bas et de l’impact physique. Forcément, avec Dembélé, Mbappé et Griezmann, on passe pour de vulgaires babtous fragiles, alors même que Rabiot n’est pas du voyage. C’est tellement poussif, c’est tellement laborieux, c’est tellement mauvais.

La fin de la première période approche. Sur la dernière action australienne, PogBachelor décide de ne pas intervenir, certainement trop fatigué de n’avoir eu aucun impact sur le jeu pendant 45 minutes. Ne change rien Paul.

Le jeu reprend, et c’est toujours pareil. Les Australiens appliquent parfaitement leur plan, en étant solidaires derrière, agressifs et rigoureux. C’est pas comme si c’était quelque chose de novateur. Mais les Bleus sont bloqués, ils ne créent rien, n’inventent rien. Six ans que ça dure cette connerie hein.

« – Oh non ! Ils sont tous derrière, comment on va faire Didier ?

– Attends un peu pour voir.

– C’est pas une solution ça Didier…

– Attends j’te dis !

– Mais c’est pas en comptant sur un exploit individuel, une bourde de l’adversaire ou un action anodine que…

– PENALTY !

– Oh tu fais chier. »

En effet, pénalty. Alors que Ngolo transmet à Pogba, Paulo envoie Griezmann sur la gauche de l’attaque. Grizou pousse son ballon et s’écroule après un contact avec le défenseur. Et le beau spectacle de la VAR peut commencer. Le ballon, toujours en jeu après l’action de Griezmann, continue son bout de chemin, jusqu’à ce que l’arbitre considère l’action comme terminée. Et là, bim ! VI-DÉ-O. C’est pas beau, c’est pas fluide, mais ça permet de prendre le temps d’écouter un morceau de circonstance vu la qualité du match, d’aller chercher un café, et de relire le manuel de l’arbitrage vidéo, chapitre 4.3., La VAR ou la mort de l’émotion du direct, de la beauté et de la cruauté du football. Griezmann ne tremble pas et transforme le péno (1-0, 56e).

Le présent et le futur du football. On dirait qu’il va commander un Maxi Best Of ce con.

Si on en doutait encore, c’est bien un match d’une équipe dirigée par Deschamps. C’est tellement lui. Quant à l’action qui suit, c’est tellement Umtiti. Un anodin coup-franc australien (encore) donne l’occasion à Big Sam(ère) de s’illustrer d’une main aussi débile qu’inutile et irrationnelle. Elle m’a directement rappelé la main de Schweini face à nous en demi-finale de l’Euro. Les Australiens égalisent donc, et je sens que les baffes vont commencer à partir (1-1, 61e). Notons que d’après les commentateurs, Umtiti fait main car « il ne sait pas ce qu’il y a dans son dos ». Proust non plus ne savait pas toujours ce qu’il y avait dans son dos, mais il se servait de ses mains beaucoup plus intelligemment.

Notez que Tolisso, Varane et Pavard ont l’air très confiants concernant l’intervention de Big Sam.

Il reste 20 minutes et Deschamps fait entrer Oliv’ Giroud et Fekir à la place de Griezmann et Dembélé. Enfin un point d’appui devant et un mec qui n’a pas peur d’aller à la castagne, de jouer des coudes et des couilles. L’équipe passe du coup en 4-4-2 losange avec Fékir en 10 et Mbappé-Giroud devant. 75 minutes viennent de s’écouler, et la France est tenue en échec par l’Australie lors d’un match de Coupe du Monde. Toujours bon de relire cette phrase à froid.

Oh le but chatteux. MAIS DESCHAMPS BORDEL DE CUL. C’est à devenir fou. J’en peux plus. Alors que PogS’enBat-les-couilles se projette (enfin), il trouve Giroud en appui (c’est étonnant hein ?), qui remet dos au but (C’EST ETONNANT HEIN ?) à Pogba dans la course. La frappe de Paulo est déviée parfaitement par un défenseur, frappe la transversale et entre dans le but (2-1, 81e). La victoire à l’arrache se profile selon un plan parfaitement exécuté par DD.

Il reste cinq minutes à jouer. Selon Lizarazu, « il ne faut pas avoir peur d’être moches maintenant ». MAIS ON FAIT QUE CA MEC ! Des années qu’on bouffe de la merde, on va pas se mettre à produire du caviar maintenant. Rideau.

Le débrief :

Match nul de mes sentiments, entre la honte et la colère. C’est pas faute d’essayer d’être optimiste, d’être derrière cette équipe, de croire en nos chances de victoire finale. Mais putain, c’est compliqué. Les deux trios du milieu et de l’attaque ne se sont jamais trouvés. Deux triangles n’ont jamais formé un hexagone.

Quoiqu’il en soit, Deschamps semble avoir renoncé au 4-2-3-1 sous prétexte d’un match à chier face à la Colombie. On ne m’ôtera pas de l’idée que ça fonctionne mieux, d’autant plus face à un bloc bas et physique. Hâte qu’ils me fassent tous mentir face au Pérou. Va falloir se reprendre. Hewitt, très vite.


Les notes :


Lloris (3/5) :

Un arrêt décisif, et plusieurs bonnes sorties aériennes. Il n’a rien eu d’autre à faire, si ce n’est balancer quand il le fallait. Présent au bon moment le capitaine. De bon augure ?

Hernandez (3/5) :

Surnage dans un océan de médiocrité. Il a tenu son couloir avec autorité et lui, au moins, connaît déjà les termes « impact », « vice », « reste au sol 5 minutes quand tu mènes au score ». L’école Atletico a du bon. Pas sûr que l’on revoit Mendy de sitôt.

Umtiti (0/5) :

Fidèle à sa dernière prestation en compétition internationale. En Coupe du Monde, les mains qui traînent, c’est interdit Samuel, c’est pas la répétition de la messe avec les enfants de chœur.

Varane (2/5) :

Vous cherchiez un patron ? Continuez à chercher. Il ne fait pas d’erreur, certes (et encore heureux), mais qu’il est frileux dans la relance. Casse des lignes bordel. Vous me direz, quand on voit la tronche de sa seule transversale vers Hernandez, ça peut faire peur.

Pavard (2/5) :

Moins propre défensivement qu’à son habitude, avec quelques fautes stupides. Un culot offensif rafraîchissant quoique naïf, en atteste sa tentative de reprise des 30 mètres complètement foirée. Ca reste pas mal pour un jeunot lancé dans le grand bain.

Kanté (4/5) :

Un Ngolo XXL. Un peu en-dedans lors de ses derniers matchs et du premier quart d’heure, Kanté a retrouvé ses capacités au fil du match : partout à la récupération, pas maladroit dans ses choix de relance, et décisif sur l’action du pénalty.

Tolisso (1/5) : Un point pour sa faute qui stoppe le contre australien. Un instant d’intelligence et de saloperie trop rare dans un match où il n’a pas pesé, ni physiquement, ni dans l’orientation du jeu. Le pressing sur le porteur du ballon sinon, ça te dit quelque chose Corentin ? Remplacé par Matuidi (non noté), dont l’engagement n’est jamais à remettre en question.

Pogba (1/5) :

Un point pour le but. Un point pour ses bonnes (mais rares) ouvertures. Un point en moins pour le reste… OH. MON. DIEU. : le pressing sur le porteur du ballon sinon, ça te dit quelque chose Paul ?  Et défendre ? Et se bouger le cul bordel ? Putain, deux PogBaffes et au lit.

Mbappé (1/5) :

Solaire le temps des dix premières minutes, puis l’éclipse totale. Individualiste, Kyky a enchaîné les mauvais choix, s’est entêté à dribbler sans raison et sans efficacité. Essaye encore.

Dembélé (0/5) :

Pas vu. Genre, vraiment. Pas facile me direz-vous de courir dans le dos des défenseurs et de provoquer avec un bloc bas. Certes. Mais quand même, faut pas déconner. Tu entreras en fin de match pour casser des reins quand y’aura des espaces et voilà. Remplacé par Fekir (non noté), dont le prix n’a pas dû exploser au grand dam d’Aulas.

Griezmann (1/5) :

Quel beau pénalty, presque sans élan, parfaitement tiré ! Ça c’est du joueur de classe mondiale ! ¿ Se queda en el equipo de Francia Antoine ? Par contre pépère, c’est toi le meilleur joueur normalement. Celui qui est censé tirer l’équipe vers le haut. Là, tu tires queud’chi. Reprends-toi. Remplacé par Giroud (non noté), qui continue à fermer toujours plus de bouches que Dorcel n’en ouvre.

 

Le Mont Térubio est mort, vive Didier Décampe.

6 réflexions sur “France – Australie (2-1) : L’Académie Française s’en sort Aussie

  1. C’est tellement ca. La chatte à dédé dans toute sa splendeur. Le soufflé a dégonflé, et tant mieux, car le statut de favori c’est pas trop notre truc.

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