France – Pays Bas (2-1) : L’Académie française ne gâche pas la fête

 

Deuxième match de la France en Ligue des Nations. Mais l’intérêt était ailleurs, dans les coeurs.

 

Les Bleus rejouent en France pour la première fois depuis leur titre au Mondial. Alors qu’un tocard aux idées nauséabondes et à la fils-de-puterie chaque jour exponentielle a partiellement privé “le peuple” d’une célébration avec les héros bleus – et que ces derniers eux-mêmes s’en sont plaints récemment, espérant communier lors d’un Jour de Gloire mais se retrouvant finalement à courir de longues minutes derrière Ma Gloire pour tenir la Coupe et à sourire cérémonieusement de longues heures pour Sa Gloire -, ce match devait être celui d’une vraie fusion avec le public. Gagner pour ne pas (un peu) gâcher la fête prévue, il fallait le faire. Ces Bleus l’ont fait.


La compo :



Same old song. Sans vouloir faire trop de plans sur la comète, on a quand même un groupe qui risque de très peu évoluer d’ici 2020. Hormis le fait que Deschamps ne soit pas un grand révolutionnaire, il faut avouer que le groupe à disposition est bon, solide, efficace. Et champion du monde, évidemment. Alors oui, Mendy va sûrement, à terme, venir concurrencer Hernandez, mais va falloir lui mordre les mollets sacrément fort pour que Lucas lâche sa place. Varane-Umtiti, y’a pas de raison que ça change, Pogba-Kanté non plus, Griezmann-Mbappé encore moins. Les quelques interrogations, a priori : Matuidi ailier gauche à vie ? Giroud en pointe, toujours ? Pavard à droite pour dépanner, c’est sûr ? Mais bon, on a encore le temps.


Le match :


Pas de round d’observation pour Mbappé, qui rentre direct dans le lard des Bataves, comme certains se plaisent à dire. Kyky court vite à droite, puissant, provoque, frappe, corner. Ca donne le ton. Le premier quart d’heure est fort agréable. Mbappé en demi-volée et Hernandez quelques secondes plus tard s’offrent de belles occasions.

Les Bleus dominent nettement et c’est donc tout à fait logiquement que Mbappé, insaisissable depuis le début du match, vient reprendre un centre de Matuidi qui avait récupéré le ballon seul, cinq mètres devant la défense oranje suite à un cafouillage laurel&hardiesque des Néerlandais (1-0, 13e). Kylian est content, Kylian est fort, Kylian est à Paris, Kylian en profite pour chauffer le Stade de France, Kylian a raison. Jouissons-tous tant que cela est possible, l’herbe sera forcément moins verte un jour ou l’autre. Demandez-donc à Régine.

Si une frayeur parcourt immédiatement notre défense après le but de Kyky suite à une belle action de Will Naldoum, le match est peu propice à un arrêt cardiaque : les Oranje sont globalement inoffensifs et peu inspirés. Kanté récupère le peu de ballons qu’ils se mettent sous la dent, Pogba rayonne dans la distribution, Mbappé est en feu. Non, vraiment, à part un tacle d’attaquant de Pavard sur Val Naldoum qui aurait pu donner un coup de pied de réparation, rien d’effrayant. Sur un coup-franc, Umtiti place une tête bien repoussée par Cillessen. Quelques instants plus tard, sur un autre coup-franc et une combinaison atypique, Mbappé s’appuie sur Umtiti : parti des 35 mètres, Kylian arrive comme une fusée, transperce la défense, et est trop court d’un cheveu de Jean-Michel Blanquer pour reprendre le cuir avant que Cillessen ne s’en empare.

Mi-temps. Je suis assez agréablement surpris, et par l’intensité (relative par rapport à un match de Coupe du Monde hein, mais quand même) et par la rencontre des Bleus. On combine plutôt bien, on est présents, ça joue, c’est pas chiant.

Les Néerlandais se disent d’ailleurs que, quitte à ce que le match soit intéressant, autant qu’ils y soient pour quelque chose. Aussi, le match reprend par une grosse bataille au milieu pour récupérer le ballon. Profitant du relâchement passager des Bleus, et après un contre favorable provoqué par deux Oranje, un troisième Oranje part lancé dans le dos d’Umtiti. Heureusement pour nous, Wall-E Doum croise trop sa frappe.

Qu’à cela ne tienne : sur le renvoi aux six mètres, ça combine à droite. Un une-deux met Mendy, entré à la place d’Hernandez, à la rue. Tete, à la faveur de l’automne qui approche, adresse un centre tendu vers Babel. Ce dernier devance Pavard au second poteau (on est habitué à l’inverse maintenant) et reprend le ballon. Areola, préférant ne surtout pas confirmer tout de suite qu’il peut enchaîner deux matchs de haut niveau, oppose ses gants en mousse au ballon (1-1, 68e).

 Pris de remords, Areola est consolé par Farès Bahlouli : « Tu sais, moi, je n’ai jamais confirmé. Eh bien regarde, je joue au LOSC aujourd’hui ! Au LOSC ! Alors ne perds pas espoir. »

On s’est pris un but de Ryan Babel les mecs. Alors que certains mancuniens pensent encore au doublé de Lucas Moura d’il y a quelques semaines, je peux vous assurer que ce but va rester dans ma mémoire. Il a eu beau porter des couleurs somptueuses, on parle de Ryan Babel. C’est non, merde.  

Il faut donc reprendre l’avantage, hors de question de se laisser avoir une seconde fois par les beaux atours de Babel. On a besoin de la victoire pour s’échauffer la voix, et de la célébration mondiale pour susciter l’émoi, l’émoi, l’émoi. Après qu’Umtiti m’a donné l’occasion d’insulter sa génitrice et Varane de lui dresser des louanges, c’est un trois contre trois qui se présente :  Giroud est plein centre, aux vingt mètres, il peut (doit?) frapper. Il donne finalement à Grizou, lequel centre pour Mbappé, lui-même remettant à Giroud, devancé par un défenseur.

A peine le temps de prendre ces notes, d’écouter les commentaires iniques des buveurs d’à côté et d’injurier le réalisateur du match s’attardant sur le numéro 9 des Bleus, que Mendy déborde sur son côté et ajuste un centre tendu. Giroud, derrière son défenseur direct, parvient malgré tout à tendre son pied gauche, à le passer devant ce défenseur, et à envoyer une lourde volée au fond des filets (2-1, 75e).

Nul besoin ici d’épiloguer. Si Olivier se permet des “Alors ? alors?” en bombant le torse devant le public et les caméras, ce dont on ne peut le blâmer, chacun sait bien de quoi il en retourne : Giroud passe le bonjour à toutes les mamans de ceux qui ont la critique facile, étant entendu que la maman de @MadridistaGiggsBoli1993 a aussi eu le droit à son au revoir. Pour finir le match, Mendy y va de sa faute dans la surface, Pavard-style. L’arbitre ne siffle pas, plutôt clément que turpin sur ces coups-là. Areola anticipe bien sur les derniers ballons dangereux des Pays-Bas. Rideau. Place à l’émotion.

Le débrief :

En boucle. N’importe où, n’importe quand. Pour ceux qui ont pas pu dire “Merci!” sur les Champs et ailleurs, et pour les joueurs qui avaient, jusqu’ici, passé plus de temps à chercher la Coupe dans les bras de Bennalla qu’à la soulever.


Les notes :

Areola (2/5) :
Des bonnes sorties aériennes, quelques bonnes anticipations dans les pieds en fin de match, de la gelée à la place des mains sur le but néerlandais.

Hernandez (3/5) :
Toujours autant d’engagement, pas mal de projections, et solide en défense. C’est simple, on a rien concédé sur notre côté gauche. Enfin, jusqu’à ce que Lucas soit remplacé par Mendy (non noté, 62e), qui compense sa dilettante défensive par sa passe dé pour Oliv’.

Umtiti (3/5) :
J’suis dur, mais faut arrêter les boulettes de temps en temps Samuel. C’est pas ton déhanché à la Yoann Diniz qui va me rendre magnanime.

Varane (4/5) :
Efface les erreurs du précédent quand il faut. Plusieurs belles initiatives et ouvertures balle au pied. O Monstro Lensois.

Pavard (2/5) :
Souvent pris à défaut sur son côté, aurait pu coûter un péno et se fait prendre par Babel, merde. Malgré tout, plutôt bon dans les airs, et une semelle du plus bel effet sur je sais plus quel adversaire. 22 ans certes, mais collègue de Lucas Hernandez. Ca aide dans le vice.

Kanté (3/5) :
Le peu de ballons qu’on a perdus en première période, il les récupérait. Un peu moins de jus en seconde, mais une valeur tellement sûre qu’il pourrait servir de mètre étalon.

Pogba (5/5) :
Pour le plaisir de la note maximale, mais quel bon match. Souvent dans le rond central en phase de possession, Paulo a distribué entre les lignes, été disponible quand il le fallait… Rien à dire.

Matuidi (3/5) :
Il était au bon endroit au bon moment pour ajuster son centre vers Griezmann pour l’ouverture du score. Une grosse activité en première période, une baisse de régime (comme Kanté) en seconde.

Mbappé (4/5) :
Your defence is terrified, Kylian Mbappé’s on fire. Bon, même quand il est pas on fire, je pense que les mecs sont moyennement rassurés. Mais Kyky leur a fait la totale pendant une heure : accélérations, décalages, un but, des TALONNADES. Je vais créer un compteur de talonnades par match, ça va être over 9000. Comme le nombre de baffes que je lui ai déjà mises virtuellement.

Giroud (3/5) :
Désormais 4e meilleur buteur de l’histoire des Bleus, une unité devant Zidane et à deux de Trezegoal. Même après un mauvais match, même quand il n’est pas dans le rythme, qu’il fait tout mal, qu’il se fait siffler, Oliv’ pose ses balloches sur le front de ceux qui le conspuent. Giroud, c’est l’Hydre de Lerne des Bleus. Remplacé par Dembélé (non noté, 89e), qui a réfléchi moitié moins de minutes qu’il n’en a jouées.

Griezmann (3/5) :
Si on l’a moins vu que Mbappé sur des grosses occasions, Antoine a malgré tout livré un bon match, délivrant quelques bonbons et combinant bien avec Hernandez et Kyky. Remplacé par Nzonzi (non noté, 80e).


Le Mont Térubio est mort, vive Didier Décampe.

 

 

Didier Décampe

3 Comments

  1. Comme Giroud ne marque que si BernarMendy est sur le terrain, nous aurions triomphé 5-0 en finale avec ADIL Rami. Je ne vois qu’ça qu’à dire.

    La note de Michel Hernandez est une insulte au football

    ALLEZ LES BLEUS ! ALLEZ LES BLEUS !

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