Gelbique / URSS (3-1) – La Krasnaiya Akademiya a un anniversaire à fêter

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En direct du Parc des Princes Baudoin

Retour aux fondamentaux.

 

 

Salut, les précaires surqualifiés,

Alors, la Russie vous manque ? Vous avez le spleen, le blues, vous assistez d’un oeil morne à vos fatigantes joutes domestiques, tout en vous remémorant avec nostalgie les grands moments de ce bel été passé dans la Mère Patrie du socialisme réel. Et vous passez des après-midi entières, seul, à rester dans votre chambre, devant les mâches du dimanche après le déjeuner, à vous chamailler gentiment, à vous raconter des souvenirs de cette jolie Coupe du Monde, et de ses magnifiques héros soviétiques… Vous vous parlez à vous-mêmes (non mais des fois, faut vraiment que vous alliez mal) des coups francs de Golovine, des chevauchées de Cherychev, des arrêts d’Akinfeïev, des épaules de Dziouba et des dents en moins d’Ignachevitch…

Et bien, ces glorieux héros du footballétariat mondial, qui ont triomphé du fascimse espingouin, avant de vivre une cruelle désillusion face aux traîtres titistes, les revoici pour de nouvelles aventures, avec en point de mire un bel anniversaire à fêter, pour votre plus grand plaisir : les soixante ans du premier sacre européen de la Sbornaïa ! 

La seizième édition du championnat d’Europe est bientôt là, et avec elle le souvenir de la première d’entre elles, remportée en 1960 au Parc des Princes (ben tiens !) par les légendes Lev Yachine, Valentin Ivanov et autres Igor Netto. Nous parlons d’une autre époque, celle des crampons rouillés, des stades-vélodromes et des gardiens à casquettes. À l’heure des fonds vautours, des célébrations Fortnite et des ligues pizzas-canapés, le défi est de taille pour nos jeunes camarades, afin de faire honneur à leurs glorieux aînés (mais surtout éviter de se ridiculiser).

 

À jamais les premiers.

 

Pour mener à bien cette opération commando, le pays a renouvelé sa confiance à ce bon vieux Stan Tchertchessov et à sa sémillante moustache, désormais habitués à gérer l’équipe de bras cassés qui doit tâcher d’éviter une élimination précoce indigne de la grande nation soviétique, et nous faire bander plus loin si affinités. 

Il devra composer avec les retraites de cadres tels qu’Igor Akinfeïev, Sergueï Ignachevitch ou bien encore Aleksandr Samedov (j’arrive toujours pas à savoir de qui ce type est le sosie, ça m’énerve), mais aussi avec la fin annoncée (ou non) du petit coup de pouce habituel de l’industrie pharmaceutique nationale. Les hommes ont changé, du ministre au gazier, mais les pratiques ne sont pas prêtes d’être bousculées, pour le plus grand bonheur des amoureux du football vrai (et le Spooner en premier lieu).

 


LA RENCONTRE


 

Retour aux choses sérieuses, donc, pour Stan et son orchestre, avec les qualifications au championnat d’Europe, après une campagne de Ligue des nations sans gloire ni déshonneur, puisque la Sbornaïa s’est maintenue au deuxième échelon de la compétition préférée des amoureux du football vrai (Spooner en tête). Dans un groupe à leur portée, nos camarades commencent par le gros morceau en allant rendre visite aux terribles Gelbiquiens, dans leur stade Battle-royale-Baudoin-truc (DROITE).

Pour ce mâche au sommet, Tchertchessov s’appuie sur un noyau dur formé durant la dernière épopée estivale, autour de Golovine, Cherychev et Dziouba, et sur quelques seconds couteaux. De bons gars tels que Dzagoïev et Zobnine sont absents pour ce périlleux déplacement, et notre moustachu préféré opte pour la tactique « Rideau de fer », façon Fouquet’s, face à l’armada d’outre-Quiévrain : défense à cinq, trois milieux, deux attaquants, plaisir des yeux. 

 

Disons que le 1-2-3-4 y est, mais en un peu frileux.

 

Et plaisir des yeux il y eut (non). Dès les premières minutes, l’arrière-garde trentenaire se fait ouvrir par la vivacité des attaquants adverses, et il ne faut pas attendre longtemps avant de voir les Gelbiens ouvrir la marque au quart d’heure de jeu sur une contre-attaque menée une main dans le slip, et conclue par un gars qui s’appelle Youri, comme par hasard (1-0). SAUF QUE deux minutes plus tard, sur une relance anodine, la peur panique que peut provoquer une montée au pressing du colosse Dziouba fait encore des siennes, et oblige le goal belgiste à s’emmêler les guiboles, ce qui permet à Cherychev d’égaliser (1-1). 

Sans rien montrer ou presque, la Sbornaïa remet donc les compteurs à zéro, et ne compte pas lâcher ce bon vieux zéro qui veut dire un (rapport aux points, vous me suivez ?). Un regain d’anabolisant de combativité anime les Russkofs, qui parviennent à repousser les Rouches de leur surface, notamment grâce à l’impact physique de leur milieu. La sortie sur blessure de Kouziaïev à la demi-heure, lequel parvenait jusque-là à compenser tant bien que mal les errements de sa défense, met cependant du plomb dans l’aile de ce léger sursaut. 

 

La défense russe à la manoeuvre (2018, colorisé).

 

Quelques minutes plus tard, sur une contre-attaque belgienne, votre académicien préféré en vient même à frôler le malaise vagal en constatant que Koudriachov se retrouve seul face à trois attaquants adverses. Heureusement, le retour d’Akhmetov, puis le dégagement sur sa ligne de Djikiya me permettent de respirer. Pour peu de temps cependant, puisque juste avant la mi-temps, Koudriachov, encore lui, entreprend inexplicablement de monter au pressing jusqu’à la surface adverse (!), laissant le soin à Jirkov de gérer tout seul la contre-attaque qui suit. Sans surprise, le vétéran Iouri se fait prendre à la faute sur Hazard : pénalty, 2-1, merci Fiodor pour ce grand élan de générosité offensive, on s’en serait bien passés.

La seconde mi-temps voit les espoirs d’égalisation russe s’évaporer plus vite que des villageois ukrainiens sur le passage d’une division de Waffen SS, tant les camarades-joueurs se montrent encore plus inoffensifs qu’avant la pause. Les Belgiens gèrent sans problème, un poteau puis un but dans les dix dernières minutes, un second carton jaune synonyme d’exclusion pour un Golovine frustré, et voilà la fin du mâche. 3-1, une défaite prévisible, pas d’exploit, et encore moins de frissons : un seul médoc vous manque, et tout est dépeuplé… 

 


LE SOVIET PAS ENCORE AU POINT


 

Guilherme (1/5) : On retiendra notamment son renvoi aux 6 mètres directement en corner en première mi-temps. Igor, reviens, j’en peux déjà plus.

Mario Fernandes (1/5) : Notre migrant national ne fut que l’ombre du cadre défensif et offensif qu’il a pu être durant le dernier Mondial. Bientôt l’expulsion et le retour au Pauvristan, si ça continue comme ça. 

Kirill Nababkine (2/5) : Pas le plus vif, c’est sûr, mais disons que certains de ses camarades ont été plus en vue que lui niveau médiocrité (suivez mon regard).

Gueorgui Djikiya (2+/5) : Appelé à devenir le nouveau taulier de la défense après la retraite (définitive, cette fois) d’Ignachevitch, Guégué a plus ou moins bien tenu son rang. Avec trois trentenaires, on ne peut cependant pas dire que cette arrière-garde respire la jeunesse et l’avenir radieux.

Fiodor Koudriachov (0/5) : Il aurait pu se contenter d’être inutile, il a voulu se rendre néfaste. Désertion de poste, douze pénalties dans le corps, et hop.

 

Fiodor dans ses oeuvres.

 

Iouri Jirkov (2/5) : Pas aidé par les passes en retrait à la zob de certains de ses coéquipiers (suivez mon regard), le Marcel Picon de la toundra a fait ce qu’il a pu derrière et s’est même signalé devant, en étant sifflé en position de hors-jeu.net. UN DÉFENSEUR HORS-JEU. On aura tout vu.

Ilzat Akhmetov (2/5) : Ah ! Voilà une nouvelle tête. Lancé pour la première fois dans le grand bain, le relayeur ouïgour a d’abord été en grande difficulté face à la pression adverse, se fendant de quelques pertes de balle dangereuses à souhait, avant de prendre le jeu à son compte par la suite, jusqu’à devenir l’une des seules sources de danger pour l’adversaire en seconde période. De l’espoir aux yeux bridés.

Daler Kouziaïev (non noté) : Avec les blessés et les absents, le Tatar avait l’occasion de tirer son épingle du jeu après quelques bonnes sorties au dernier Mondial. Manque de pot, son bon début de mâche a brusquement été interrompu par une blessure. 

(Remplacé à la 26e par Anton Mirantchouk (1/5), nulàch’)

Aleksandr Golovine (2/5) : Ciblé par le pressing gelbiquien, il n’a pas été en mesure de prendre le jeu à son compte comme à son habitude. Frustré, il est exclu en fin de match. 

Denis Cherychev (2+/5) : Contre toute attente, il confirme son statut de leader d’attaque de l’été dernier et se fend d’un but de renard pour égaliser, avant de s’éteindre peu à peu, sevré de ballons.

(Remplacé à la 64e par Fiodor Chalov, prometteur mais pas trop)

Artyom Dziouba (2/5) : Sa simple présence suffit à provoquer la boulette de Courtois sur l’égalisation. Et qu’il est précieux lorsqu’il s’agit d’éteindre un contre d’un simple coup d’épaule… La simplicité faite homme. 

(Remplacé à la 77e par Fiodor Smolov, toujours aussi peu engageant)

 

Une défaite inaugurale sans trop de conséquences puisqu’il s’agissait là du plus gros morceau du groupe. Les camarades se sont d’ailleurs rattrapés trois jours plus tard en allant gagner chez la république-soeur du Kazakhstan, 4-0, avec notamment un doublé et une passe décisive de Cherychev, décidément en pleine bourre. Les autres équipes se dressant sur le chemin du championnat d’Europe : les terrifiants Chypriotes, les affreux Écossais et les menaçants Saint-Marinais. Rien que ça. On en tremble déjà.

 

La bise chez vous,

Georges Trottais

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