Inter-Lazio (0-1), l’Internazionale Académie livre ses notes

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Liquid vs Solid !

snake-inter

Liquid vs Solid :

Vous n’êtes pas censé l’ignorer, mais le pseudo « Snake » est le résultat de trois facteurs. Tout d’abord, le plus évident, c’est le clin d’œil au « Biscione » (serpent en Italien), le symbole Nerazzuro. Ensuite, c’est l’origine du prénom du Snake. Pour finir, c’est en hommage à la culture geek de votre serviteur, Snake étant le personnage principal du célèbre jeu vidéo Metal Gear Solid.

Créee par Hideo Kojima, la Saga Metal Gear débute en 1987 sur MSX2 et à l’heure actuelle, elle comporte environ 20 jeux connus et reconnus dans le monde entier. Le premier épisode mondialement célèbre est sorti en 1998 sur PS1 : Metal Gear Solid. Chef d’œuvre de technique, d’écriture et de suspense, le titre demeure à ce jour l’un des plus grands jeux vidéos de l’histoire et le plus bel ambassadeur dans le débat « Le jeu vidéo est-il un art ? ».

C’est bien beau me direz-vous, mais pourquoi ouvrir cette Académie là-dessus ? Et bien dans Metal Gear Solid, deux frères crées à partir des résidus génétiques de Big Boss s’affrontent, Solid Snake et Liquid Snake. Le premier est le soldat parfait : Froid, impassible, insensible (en apparence), excellent combattant, naturellement doué, il tire vers lui toute la couverture et brille dans le monde de la guerre comme un soldat d’exception, un guerrier légendaire. Il a hérité de tous les gènes dominants ce qui fait que Liquid se retrouve délaissé, oublié, abandonné, sous-estimé. Même s’ils cumulent à peu près les mêmes capacité physiques et intellectuelles, Solid demeure la référence absolue.

Et bien, au delà de cette finale de 98, du 5 mai de 2002, des transferts et autres conneries du genre, ce qui lie le plus l’Inter et la Lazio, c’est le fait qu’elles subissent toutes les deux un peu le syndrome « Liquid Snake ». Souvent dans l’ombre du Milan et de la Roma, les deux clubs « amis » ont souvent souffert de la comparaison face à leurs cousins honnis et malgré une histoire riche en succès et en grands joueurs, elles souffrent d’un terrible déficit de popularité aux yeux des journalistes et (surtout) du grand public.

Grosso-Merdo, la Roma aux yeux des gens, c’est le peuple, la Capitale, Totti, les valeurs de courage et d’abnégation, la ferveur, la passion, quand du côté de la Lazio c’est des initiales nazies, des coups bas, un président de merde, des joueurs aux antipodes de la classe et un public très limite. Même son de cloche du côté de la rivalité Inter/Milan, les Rossoneri incarnent l’élégance, la classe, la fidélité, les winners quand l’Inter cristallise la Lose, les mercenaires, les railleries et autres public de bourgeois.

Le fait que le couple Milan/Roma attire la lumière de la plupart des médias et les félicitations des nombreux fans (notamment en France), cela confère une zone d’ombre à leurs deux rivaux qui finissent par sombrer dans un relatif anonymat, en atteste l’indifférence générale dans laquelle l’Inter a réalisé son fabuleux triplé de 2010.

Les journaleux sportifs ont quand même quelque chose de fascinant. Lors des articles inhérents à la veille d’un match, lorsque tu prends le temps de lire leurs différents papiers, tu te rends compte qu’ils choisissent quasiment tous le même point de vue, comme s’ils se donnaient le mot, ou qu’ils se plagient tous. Ainsi, la veille de la confrontation entre la Lazio et l’Inter, on a pu assister à une prolifération d’écrits mettant en lumière les relations entre les deux clubs, avec plusieurs mots clés usés pour l’occasion : Le 5 mai 2002 et la perte du titre lors de la dernière journée par les Nerazzurri sur le terrain de l’Olimpico, en 2010 la supposée défaite volontaire de Lazio pour favoriser l’Inter au détriment du rival – la Roma -, comme si l’armada de Mourinho avait besoin d’un coup de pouce d’une équipe quasi-relégable. Les différents transferts, avec zoom sur les plus significatifs (Simeone, Vieri, Crespo), la finale de la Coupe de l’Uefa 1998, etc, etc et bien encore etc.

Ensuite, lors des compte-rendus d’après match, ce fut un florilège d’inepties, à base d’Inter irrégulière, d’une équipe craintive qui gare le bus devant la défense, d’une Lazio maladroite, d’un Klose qui manque l’immanquable, bref, en somme, certains se sont contenté de rapporter de manière brute ce qu’ils ont vus sans s’attarder sur les différents degrés de lecture qu’offre ce match d’une extraordinaire densité tactique, bien plus que celle qui a opposé l’Inter à Naples.

Alexandre Alekhine vs Anatoli Karpov

Ultime démonstration de cette tendance à sous-estimer les deux équipes, les analyses du match parlent d’une partie terne, d’une Inter maladroite et d’une Lazio chanceuse, d’une défaite limite surprise des Nerazzuri, d’une Lazio irrégulière. Hé ! Oh ! Les Biancocelesti sont quatrièmes de Série A, hein ! Perdre chez un prétendant à la Ligue des Champion n’a rien de honteux et ne permet en aucun cas de pointer du doigt une quelconque irrégularité ou insuffisance Intériste, nous ne sommes pas en Liga où ne pas gagner son match du WE constitue un échec gênant.

Et puisque l’on parle d’échecs, la partie que se sont livrés Andrea Stramaccioni et Petkovic samedi soir confirme ce que Snake avait flairé depuis quelque temps déjà : Conte fonctionne beaucoup à l’instinct, Mazzarri et Guidolin au bluff, mais les deux entraîneurs du soir disposent probablement de la culture tactique la plus développée du pays. La manière dont les deux équipes se déplaçaient à chaque amorce d’attaque était un pur régal à analyser, c’est simple, chaque fois qu’un joueur changeait de position, cela provoquait une réaction en chaîne qui faisait se mouvoir les deux blocs dans une harmonie et une rigueur dignes des plus grands ballets russes de Diaghilev.

En plaçant Guarin aussi haut sur le terrain, Stramaccioni souhaitait mettre en place une tactique célèbre dans les jeux d’échec : L’étouffement. Cela consiste à « sacrifier » une de ses pièces afin de faire se déplacer une pièce adverse et ainsi créer une ouverture pour atteindre le Roi adverse (ici, le but), mais également – par extension – à réduire la mobilité des autres joueurs présents dans cette partie du terrain. Ainsi, le positionnement de Guarin annihilait l’apport d’un Ledesma, qui a passé ses 90 minutes à suivre le Colombien afin de limiter son apport, sauf qu’en faisant cela, la Lazio s’est privé de son aspirateur numéro 1 de ballons, et de sa première rampe de lancement, d’où ce sentiment d’attaques totalement désorganisées en première Mi-temps alors que les SS avaient semblaient contrôler le match. Mais, revers de la médaille et comme stipulé plus haut, Freddy n’a pu avoir son rayonnement habituel, du coup l’Inter s’est retrouvée totalement coupée en deux et n’a pu se montrer dangereuse lors de cette période qui a vu deux oppositions s’annuler mutuellement.

En seconde mi-temps, c’est Petkovic qui répond à son vis-à-vis avec la mise en place de la tactique dite de la déviation. Pour mettre en pratique cela, le coach Laziale a dû utiliser Hernanes comme appât. Ce dernier, supposé défendre Klose au sein de la défense Nerazzurra (trop esseulé), a quitté ce rôle vers l’heure de jeu pour attirer au loin Ranocchia et Samuel, obligés de sortir plus loin chercher le Brésilien. Après avoir subi moult assauts de la part de Guarin, Cassano et Palacio, les Biancocelesti ont décidé de profiter de la sortie de Cambiasso (celui qui défendait Ranocchia et Samuel lorsqu’ils sortaient) pour placer un but par l’inévitable Klose, consécration du flair de Petkovic qui a su tirer profit d’une erreur de Stramaccioni (même si Il Cuchu était obligé de sortir, touché).

Les différents ajustements n’y feront rien et l’Inter s’incline au final dans ce qui restera une partie d’échecs grandeur nature peu spectaculaire, mais tactiquement très développée.

Les notes :

Handanovic : 3/5. La Reine s’est pris un pion en pleine poire au moment où elle s’y attendait le moins. Dommage parce que jusqu’ici, elle tenait plutôt bien la baraque.

Nagatomo et Pereira : 1/5. Le Japonais mérite bien son titre de Cavalier tant ses courses se font toujours de manière perpendiculaire. Essayez de remarquer la prochaine fois que vous le verrez jouer, il pique un sprint avant de s’arrêter et de poursuivre son effort latéralement pour former un 90 degrés. Quant à Pereira, c’est à ce jour LE flop du mercato estival de l’Inter.

Ranocchia et Samuel : 4/5. Les deux tours ont bien fait leurs jobs. Elles ont protégé leur Reine et sont montées aux avants postes pour tenter de déséquilibrer le bloc adverse, sans succès. Dommage que Samuel ait vacillé sur le but Laziale …

Cambiasso, Gargano, Zanetti : 2/5. La faille dans la tactique de Stramaccioni. Ce dernier voulait profiter de la faculté de percussion du Capitano pour lancer les contres et soutenir Guarin, il n’en fut rien. Cambiasso et Gargano devaient annihiler les dédoublements adverses, ce fut là notre principale carence. Bref, un milieu peu cohérent et qui ne peut évoluer ensemble …

Guarin : 2/5. Le premier fou de l’échiquier, sacrifié pour les besoins de l’équipe, il n’avait pas les jambes pour tenir son rôle comme l’aurait souhaité le coach Nerazzurro. Il a quand même failli marquer et a épuisé Ledesma. Superbe duel tactique entre les deux hommes.

Cassano : 1/5. Le second fou s’est lui montré très discret. Incapable de profiter des espaces libérés par Guarin, il a multiplié les mauvais choix et s’est rendu coupable de nombreuses pertes de balle franchement agaçantes.

Milito : 0/5. Le pion sur lequel tout reposait. L’attaquant qu’on faisait mine de balancer en pâture et dont personne ne se souciait, celui qui devait surgir au moment approprié et crucifier l’adversaire. Ben, il a complétement foiré son match.

 

Les entrants :

Palacio s’est procuré une occasion, le reste du temps il a couru dans le vide. Quant à Coutinho, pour Noël Snake se propose de lui offrir un stage Jean-Michel Larqué « Apprends à passer la balle au bon moment ».

 

Les Highlights :

 

Défaite frustrante donc, mais pas scandaleuse au vu de la qualité de l’adversaire.

Rendez-vous la semaine prochaine pour la réception du Genoa, on devrait retrouver y retrouver Juan Jésus, absent samedi soir parce qu’il a amené Mathusalem à Gênes. D’ici là, allez voir The Hobbit, un scénar bof mais une esthétique globale fabuleuse.

Snake.

9 réflexions sur “Inter-Lazio (0-1), l’Internazionale Académie livre ses notes

  1. […]Mi-temps alors que les SS avaient semblaient contrôler le match.[…]

    Le « avaient » est en trop.

    […]on devrait retrouver y retrouver[…]

    Jésus provoque le dédoublement.

  2. Merci les gars ! C’est sympa et ça me fait vraiment plaisir : )

    Après, je trouve quand même que ça manque un peu d’images pour illustrer mes propos.

    J’étais persuadé d’avoir envoyé un lien ImageBam vers les deux compos au moment d’aborder l’analyse tactique du match. Et j’avoue qu’un artwork des deux frangins Snake et des schémas expliquant les tactiques d’échec utilisées n’auraient pas été de trop.

    Bah pas grave, c’est le métier qui rentre.

    Merci derechef les gars.

  3. comme ci que la défaite ne nous suffisait pas en elle même ,des rumeurs circulent aujourd’hui  » Chamakh vice milito ? » serieux ,faut arreter d’entuber l’Inter à un moment ou un autre .

  4. Très belle analyse, comme quoi y’en a toujours qui trouve du fabuleux dans un match pourri :D
    Non mais cette défaite est frustrante car même si « ci sta » perdre à Rome, cette Lazio était prenable.
    Belle intro et merci d’avoir abordé le sujet des fratelli snobés

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