La Breizhou Académie fait l’état des lieux rennais avant la réception de l’ASSE

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A lire de préférence avant la rencontre. Mais après, ça peut être drôle aussi.

Salut les Français,

tout d’abord, je vous présente toutes mes condoléances. C’est moche ce qui vous est arrivé. Sachez qu’ici, on a pas été insensible à votre douleur et que nombreux ont été les Rennais, les Brestois et même les Briochins à manifester la semaine dernière pour dire « non aux attentats ». Bonne nouvelle pour vous, comme ça, si vous voulez refaire une Grande Guerre, vous pourrez les remettre en première ligne avec les Africains et les Vendéens comme vous avez fait il y un peu plus de 100 ans.
Enfin, on est pas là pour parler politique, ou la guerre qui est sa continuation mais par d’autres moyens comme vous le savez sûrement (ou l’inverse si vous êtes plutôt Foucaut, mais pas Jean-Pierre, hein). Non, si je reprends la plume en pleine hibernation, c’est bien pour vous donner quelques nouvelles de mon club de cœur alors qu’approche son match contre votre club de cœur si vous avez plus de 40 ans et que vous ne venez pas de sa banlieue footballistique.

Autant vous dire que ça va pas trop fort. Mon camarade Marco Grossi et moi-même n’avons rien écrit depuis l’humiliante réception du club du gros Loulou. Revenons donc brièvement sur les matches qui ont eu lieu depuis.

Bastia-Rennes (2-0)

Il y a des matches qu’on préfère oublier au plus vite, et celui-ci en fait partie. Privé de notre Gelson Fernandes, meilleure recrue estivale sans l’ombre d’un doute, on présentait déjà avant le coup d’envoi le visage d’Anders Konradsen et donc du Stade Sympa Football Club, qui se fait une spécialité de relancer les équipes en difficulté et de se faire assez rapidement marcher dessus par un adversaire plus agressif.
Notre entame de rencontre était pourtant correcte, et lorsque je vis Gillet célébrer un but qu’il n’avait pas marqué, j’ai même cru qu’on allait pouvoir faire un 0-0 malgré le carton rouge de Diagne, titulaire surprise couloir droit.
Malheureusement, on ne tiendra même pas jusqu’à la mi-temps. Ryad Boudebouz a choisi de marquer le but de sa carrière contre nous, sans doute pour rendre hommage à toutes ces fois où j’ai expliqué que c’était un quichon.
Et comme une humiliation vient rarement toute seule, nous avons poussé le vice jusqu’à se prendre un but de Cahuzac, grâce à une défense mieux planquée qu’un compte en Suisse.
On reparle aujourd’hui de ce match pour évoquer le terrible corner de la honte. Celui que Paul-Georges Ntep n’a pas souhaité tirer et qui nous fait quelque peu soupçonner l’existence de racistes en Corse (ah bon?). L’affaire est encore bien floue aujourd’hui, et la seule conclusion que nous pouvons en tirer c’est que René Ruello, notre chauve de président ne passera pas ses vacances sur l’île de Beauté (ce qui est moyennement surprenant puisqu’il est chauve). De notre côté, nous sommes encore un peu surpris que Frédéric Antonetti n’ait pas profité de l’occasion pour sortir de son silence et dire du mal sur notre club.

Rennes-Créteil (1-0)

1/8e de finale de coupe de la ligue. Nos bougres-et-noir n’ont pas été ridicules au point de se faire éliminer à domicile par une équipe de L2 à domicile.
Notez pourtant que c’est déjà arrivé et plus d’une fois dans l’histoire de notre club. L’aventure continue donc dans la plus ridicule de toutes les compétitions que nous avons jouées en 113 ans d’existence grâce à un but de Sylvain Armand.
On retiendra sinon, pour la déconne, que Créteil est quand même une équipe qui joue avec Herita Ilunga et Frédéric Piquionne.

Rennes-Reims (1-3)

Autant la défaite chez la lanterne rouge du moment était aussi prévisible que la mort violente de djihadistes, autant celle-ci je ne l’avais pas plus vu venir que l’arrivée des frères Kouachi par l’agent de police chargé de la protection de Charb. Je pensais même, naïvement, que la réception d’une équipe du ventre mou chez nous était l’occasion idéale de terminer cette année 2014, pas plus réjouissante qu’une autre, sur une bonne note.
Impression confirmée par l’ouverture du score d’Edson Mexer juste avant la mi-temps sur un coup-de-pied arrêté de Brüls qui signe déjà sa 2e passe décisive. Il semblerait que la chance nous sourit enfin, après 3 matches d’abstinence.
Malheureusement, la chance ne suffit pas pour gagner une rencontre, et les Rémois vont nous la mettre à l’envers à peu près ainsi :
-Reims nous fait peur, mais ça tient. Reims nous fait peur, et ça va pas tenir. Boum, Reims égalise.
-Reims nous fait peur, mais on se dit pas deux fois quand même. Reims nous fait peur, et on craint le pire. Puis finalement, on n’a même pas le temps d’avoir peur que ‘boum’ Fortes marque le but de l’année.
-Reims nous fait peur, mais on reprend quand même du poil de la bête. Reims nous fait encore peur. Reims nous fait toujours peur. Et voilà, Reims tue le match. Merci, bonsoir, et joyeux noël.
On retiendra en plus que le passeur sur l’égalisation rémoise est Chris Mavinga. Sans commentaire.

Dunkerque-Rennes (1-2)

Match pas vu, pour cause de non-retransmission télé. Et nous n’avons malheureusement pas la chance de jouer nos matches à l’extérieur à domicile comme d’autres (suivez mon regard).
J’aurais pu me renseigner auprès de mon camarade fondateur du groupe des supporters rennais du NPDC, mais j’ai eu la flemme en fait.
D’après ce que j’ai compris Rennes ouvre le score très vite, mais s’y fait rejoindre sur le coup d’envoi qui suit.
On parvient tout de même à l’emporter en quasi copiant-collant le premier but de la rencontre.
Nous voilà qualifiés pour les 1/16e, c’est le plus important.
On y recevra Reims… Moyennement rassurant.

Evian-Rennes (1-1)

Impression mitigée au coup de sifflet final.
D’un côté, j’étais quand même content qu’on parvienne à prendre un point vu que j’ai bien cru qu’on ne réussirait jamais à marquer. Lorsque Thomasson ouvrit le score d’une belle frappe en lucarne, j’ai bien cru que les carottes étaient cuites.
De l’autre, ça me contrariait quand même pas mal qu’on n’arrive pas à prendre son pied devant un match où on domine de la tête et des épaules.
Ola a choisi de tout rater. De perdre tous ses duels face au 2e ou 3e gardien je ne sais même pas d’Evian-Thonon-Plancoët. Même un pénalty purée.
On n’a pu heureusement compter sur Paul-Guy-Georges Ntep pour nous soulager, mais notre meilleur joueur s’est malencontreusement blessé durant la rencontre et nous avons appris il y a peu qu’il sera donc indisponible « plusieurs semaines ».
Non, avec le recul, pas de doute, c’est la merde.

Bastia-Rennes (3-1)

Pour ce match retour (dixit René Ruello), Rennes est donc privé ‘comme un saint bol de cidre de Cornouailles’ de Paul-George N’tep qui n’aura donc pas pu tirer de corner à Bastia cette saison.
Entame de match très satisfaisante, ouverture du score de Sylvain Armand, pas un tir cadré bastiais à la mi-temps. On est serein. Même moi, je nous ai cru en demi-finale de la petite coupe à ce moment-là, me disant que Bastia avait de toute façon mieux à foutre cette saison que de rêver au Stade de France et d’y huer la Marseillaise.
J’aurais dû me méfier en entendant Sylvain Armand, tout sourire comme lors de la dernière finale de coupe de France, analyser tranquillement cette première mi-temps trop tranquille comme si le match était déjà terminé.
Dès la 46e, Bastia revient au score grâce à Squilacci sur corner.
65e, Anders Konradsen me surprend en obtenant un carton rouge. Je ne savais même pas que le bougre était capable de faire une faute. Il a fait les 2 premières de toute sa carrière. Pas sûr que ça l’incite de nouveau à en refaire, ce qui est quand même un peu dommage quand on veut jouer au poste de sentinelle. A ce moment-là, j’avais de toute façon compris que c’était fini pour nous. On espère toujours un miracle bien sûr, mais quand on est rennais, on a du mal à y croire vraiment quand même.
Confirmation 6 minutes après avec un grotesque csc de Romain Danzé, libre de tout marquage au 2e poteau et qui peut tranquillement mettre le ballon au fond des filets de la tête. Difficile de lui en vouloir, en bon capitaine, Romain a voulu mettre fin au calvaire le plus vite possible. Les capitaines de navire qui sabordent leur propre bateau auront toujours mon respect.
Superbe tacle boucher-charcutier des Balkans signé Ermir Lenjani qui vaut un rouge direct à la 76e histoire de ne pas laisser entrevoir le moindre espoir de qualification.
La blague se termine sur un but de Djibril Cissé à la 90e.
Sans vrais regrets tout de même, ce n’était qu’un match de coupe de la ligue. Et l’avantage d’être éliminé avant les ½, c’est qu’on n’a même pas eu le temps de croire vraiment à la victoire finale. La déception s’évapore assez rapidement.
Il n’empêche quand même que… tocards !

 

Brève revue d’effectif avant le match du jour

Gardiens
Sans surprise, on retrouvera tout à l’heure Billy Costil, puisqu’il joue même les matches de coupe.
Bien que ces temps-ci il encaisse en moyenne 2 buts par match, le bô gars parvient à faire quasiment à chaque fois quelques beaux arrêts.
Cela dit quand on voit qu’on se prend des buts de Cahuzac ou de Charbonnier sur une passe de Mavinga, on en est à craindre quand même un possible but de Mevlut Erdinç. C’est dire.

La défense
Cheick Mbengue à la CAN, Ermir Lenjani suspendu après avoir tenté de briser une patte corse… Le poste d’arrière gauche se jouera entre Falou Diagne, titulaire à Evian, et Steven Moreira, bien que Montanier semble de plus en plus croire que c’est un ailier.
Pas sûr du coup que Romain Danzé soit de nouveau aligné à droite vu la tronche de son but de mardi. Mais on peut aussi se dire que justement, maintenant qu’il a marqué son csc annuel, ce serait bête de commencer à l’écarter.
Dans l’axe, on aura sûrement le droit de revoir Mexer-Armand, dont le niveau est resté plus que correct malgré la perte de notre efficacité défensive ces deux derniers mois.

Le milieu
Le retour de Gelson est la bonne nouvelle de 2015. La suspension de Konradsen en devient totalement anecdotique au moment où l’on en était presque près à souhaiter que l’on ressorte Jean II du placard.
Soupçonné de vouloir signer ailleurs et gratos, Pajot était parti pour être écarté définitivement du onze. Il faudra plus s’attendre à voir Benjamin André voire Sanjin Prcic, ce qui signifie plus de technique et moins de faute. En espérant que l’un des deux réussissent à trouver ses marques au côté de notre suisso-cap-verdien, parce que Pajot, dernier survivant dans nos rangs de la génération Mvila, lui, y était parvenu assez rapidement.
La dernière possibilité, loin d’être incohérente d’ailleurs, serait d’y descendre Doucouré, et de réserver le poste de milieu offensif axial à Brüls ou Sanjic. En gros, tenter de jouer avec un vrai numéro 10, bien que cela risque soit de brimer le gars Abdoulaye dans son apport offensif, et/ou de réduire considérablement notre qualité de pressing au milieu qui est déjà loin d’être notre fort ces jours-ci.

Les ailes
Voilà justement ce qui peut compenser quelque peu notre efficacité au milieu : avoir des ailiers impliqués dans la récupération du ballon.
Problème : à l’indisponibilité de Kamil Grosicki, notre ailier le plus actif sur ce point, s’est ajoutée celle de PG Ntep, notre vedette tout court.
Guy-Gilbert tente du coup des trucs par-ci par-là : Moreira d’abord, Brüls ensuite, André à l’occaz, Hosiner pour déconner, Habibou aussi…
Après ces 2 mois d’essais, on en vient même à espérer prochainement voir un 4-4-2 losange, se rendant à l’évidence que l’absence de nos deux seuls vrais et bons ailiers devrait conduire à essayer quelque chose de neuf tactiquement.
Pas sûr cela dit que ce soit pour tout de suite.
Restent les 2 cas énigmatiques :
– Zana Allée, ex-futur grand espoir du football rennais, que Montanier semble avoir oublié ou trouver trop juste.
– Pedro Henrique, joueur pas dégueulasse techniquement c’est sûr, mais presque plus joueur de foot-salle que de onze contre onze tant sa vision du jeu semble réduite. Le gars ayant tout de même marqué à la Beaujoire cette année, je ne voudrais pas spécialement le critiquer, mais je crois Montanier a raison en voyant en lui un simple joker, capable de foutre un peu le dawaa chez l’adversaire. Pour ma part, j’ai toujours préféré les joueurs de foot sale, tel Cyril Jeunechamp. Et je ferme la parenthèse. De toute façon si un Brésilien était susceptible de s’imposer à Rennes, on l’aurait probablement déjà découvert.

L’attaque
C’est un peu embêtant, ça… D’avoir trois vrais attaquants de pointe mais aucun qui ne satisfait réellement à l’heure actuelle.
Alors oui, Ola est très fort intrinsèquement. Il a la classe dans sa vision du jeu. Mais il semble avoir oublié comment trouver le chemin des filets. Il cadre 4 fois sur 5 sans doute, et pourtant, il n’a marqué que 4 buts. Vu donc que Leca ou Leroy parviennent à s’illustrer face à lui, il est à craindre qu’il éprouvera toutes les difficultés du monde à vaincre Ruffier.
A l’opposé, on a Habib Habibou. Pas toujours adroit techniquement. Pas toujours intelligent dans ses courses non plus. Mais pas non plus concerné par une malédiction quelconque ou par une remise en question (il en semble même à l’abri pour toujours) façon Ola. Le gars est souvent critiqué par les puristes du beau jeu qui préférerait avoir un attaquant élégant, technique, efficace, intelligent et qui fait gagner les matches voire directement des trophées… mais le bonhomme présente tout de même une utilité réelle dans son sens de la lutte à défaut d’avoir de la classe.
Reste enfin Hosiner, l’Autrichien, au profil plus renard des surfaces, mais qui semble à oublier tant ce type de jeu convient finalement assez peu au projet montaniesque (à ne pas confondre avec un contrôle montaniesque, qui signifie un contrôle raté façon Victor-Hugo Montano).

 

Au final le groupe retenu est donc :
Costil et Sorin – Armand, Danzé, Diagne Mexer, Moreira,et Zajkov, (dont je n’ai rien dit puisque je ne l’ai jamais vu jouer) – André, Brüls, Doucouré, Fernandes, Pajot (oui-oui) et Prcic – Habibou, Henrique, Hosiner et Toivonen.
Je passe sur la composition possible, Guy-Gilbert étant capable de tout (mais aussi de n’importe quoi, mon collègue académicien de la Real, Patxi, nous avait prévenus de toute façon).

Mon pronostic

Tout semble indiquer une nouvelle défaite. Je pense donc que nous allons gagner.
Un peu comme l’an dernier d’ailleurs… vous vous souvenez peut-être de cette étrange rencontre qui nous avait permis de faire la connaissance de Silvio Romero.
Gageons que l’homme du match connaîtra cette fois-ci un meilleur sort.

1 réflexion sur “La Breizhou Académie fait l’état des lieux rennais avant la réception de l’ASSE

  1. Salut Roazh,
    Purée ça fait mal de revoir cette « série » d’affilée, c’est vraiment la merde. Au final, entre ton pronostic et la tendance, ben on a fait match nul, comme quoi. Et demain c’est Reims. Mais comme on dit, demain c’est loin.

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