La PL Academy vous présente la treizième journée

Vite, vite, il faut jouer tous les jours, les mêmes clubs tous les trois jours, hop hop hop, du pain et des jeux, tant pis si les corps sont tous éreintés, tant pis si vos rédacteurs sont épuisés. Heureusement, noël est proche : on va pouvoir dégueuler nos huîtres devant le boxing day et se moquer de Chelsea, dans le plus pur respect de l’esprit des fêtes.


Wolves 2 – 1 Chelsea

Pour l’amateur de football anglais, quelle que soit son allégeance, une défaite de Chelsea est toujours agréable à commenter (surtout quand celle-ci est infligée par un Horsjeuien en mission). Les Blues avaient pourtant l’occasion de prendre la tête du championnat et de mettre la pression sur leur ancien grand Manitouzé. Et tout semble se dérouler comme prévu, grâce à une reprise d’Olivier Giroud au retour des vestiaires, que Rui Patricio, hôte délicat, laisse élégamment passer sous son ventre.

Les Loups, privés de Raul Jimenez, auraient pu s’en retourner à leur terrier, la tête basse, mais Daniel Podence en décide autrement à l’heure de jeu, et égalise d’une jolie frappe au premier poteau. Chelsea pousse pour arracher les trois points, mais s’expose aux contres des hommes de Nuno Espirito Funker et à l’ultime seconde, Pedro Neto vient crucifier Edouard Mendy d’une frappe croisée du gauche imparable, pour la plus grande joie des dix-huit autres clubs du championnat. Wolverhampton remonte à la onzième place, les Blues retombent à la septième.


Manchester City 1 – 1 West Brom

Après leur match très nul dans le stade du seul club de Manchester qui existe vraiment, les Cityzens s’attaquaient à l’ogre (non) West Brom. Mais Slaven Bilic avait encore un doigt majeur à montrer à Guardiola avant de se faire virer.
Au bout d’une demi-heure de jeu plutôt molle, City a passé la seconde et ouvert le score sur une action de l’école Guardiola : Joao Cancelo combine avec l’ailier favori du rédacteur, Raheem homme de peu de foi Sterling, lequel déborde, fait ses petits pas énervants dans la surface, centre en retrait pour Ilkay Gundogan qui la met au fond. Un but pas immérité tant West Bromwich est faible. Pourtant, le football étant ce qu’il est, sur une occasion tombée de nulle part, Semi Ajayi profite d’un ballon cafouillé et mal renvoyé par la défense des Skyblues pour prendre le dessus sur Nathan Aké, frapper et voir sa frappe détournée par Ruben Dias filer au fond des filets. Au retour des vestiaires, Guardiola ayant tellement crié sur ses joueurs au point d’en perdre les cheveux, les Cityzens ont frappé vingt fois au but (contre six en première période) mais se sont heurtés à leur maladresse et à l’adresse du portier Sam Johnstone (à ne pas confondre avec le nullos d’en face John Stones).
Deux matchs nuls de suite : Manchester City laisse encore filer des points et ira à Leicester lors du prochain match, ce qui n’est pas chose aisée. Les Baggies, 19e, se satisferont davantage de ce point que de l’arrivée probable de Sam Allardyce sur leur banc.


Arsenal 1 – 1 Southampton

Chaque semaine, le supporter d’Arsenal se demande comment son équipe va faire pour s’enfoncer davantage dans la crise. Le niveau “Grèce 2011” semble atteint pour les Gunners, dont les problèmes extra-sportifs (fronde de certains joueurs, disparition des cadres, contestation du coach en interne) plombent un effectif déjà limité. Pourtant, avec un côté droit tout neuf (Maitland-Niles et Pépé, au lieu des inénarrables Bellerin et Willian), les hommes de Mikel Arteta ont enfin pu proposer un jeu un chouïa moins stéréotypé.

Cependant, Arsenal n’est jamais plus Arsenal que dans les moments de crise et un oubli de marquage béant, conjugué au tout premier appel non hors-jeu(.net) de Theodore James Walcott sur la pelouse de l’Emirates, permettent à l’ancien protégé de Wenger de crucifier Leno. Les Gunners réagissent plutôt bien au retour du vestiaire et inscrivent leur premier but dans le jeu de la saison ou presque, par le biais d’Aubameyang. Une embellie bien évidemment cassée dans la foulée par un double carton jaune en cinq minutes de Gabriel, histoire d’éviter de jouer la gagne en fin de match, afin de ne pas brusquer des supporters qui ont perdu l’habitude de célébrer.

Si on veut voir les choses sous un angle positif, on peut se dire que les Gunners (15e) ont un classement cinq fois plus élevé que les Saints (3e). On se console comme on peut.

En bonus, vos académiciens d’Arsenal préférés vous offrent un nouveau podcast pour évoquer la situation dramatique de leur club. C’est ici.


Leeds 5 – 2 Newcastle

Et donc vous, là, en France, vous n’avez pas voulu de Marcelo Bielsa ? Grand bien nous en fasse, tant les Whites sont le rayon de soleil de ce championnat. Prenez ce match contre Newcastle : en général, les duels de ventre mou en PL sont à l’enthousiasme du spectateur neutre ce que Didier Lallement est aux libertés publiques. Ce sont pourtant les Magpies qui ouvrent le score par Jeff Hendricks au bout de vingt-six minutes. L’inévitable Patrick Bamford égalise dix minutes plus tard et inscrit au passage son neuvième but de la saison.

Un match donc plutôt agréable, qui va virer à l’orgie à l’heure de jeu. Ce sont d’abord Rodrigo et Jack Harrison, qui s’offrent tranquillement un une-deux sur trente mètres, pour permettre au premier nommé de donner l’avantage aux Peacocks. Ciaran Clark égalise dans la foulée sur corner, mais le pressing intense des hommes de Bielsa finit par étouffer Newcastle et Stuart Dallas redonne l’avantage aux siens à un quart d’heure du terme.

Les joueurs de Steve Bruce poussent alors pour égaliser, mais subissent non pas une contre-attaque, mais une dégelée, avec des Whites se retrouvant à six contre deux dans la surface de Karl Darlow, qui finit transpercé par Ezgjan Alioski. Trois minutes plus tard, une nouvelle vague de Leeds permet à Jack Harrison d’ajuster une lourde des vingt mètres que le portier des Magpies ne peut que saluer en passant. Les vainqueurs du soir remontent à la treizième place, un rang devant Newcastle, et on ne peut que leur souhaiter a minima le maintien, car on veut continuer à se battre pour couvrir leurs matches le plus longtemps possible.


Leicester 0 – 2 Everton

Le King Power Stadium n’accueille toujours pas de public, alors de guerre lasse, on ouvre les portes à des Liverpuldiens. Bien mal en a pris au Foxes : alors qu’ils semblaient avoir sorti la tête de l’eau, ils se sont retrouvés une nouvelle fois battus à domicile par moins bien classé qu’eux.

D’abord sanctionnés après une bonne entame par un tir masqué de Richarlison après un raid solitaire, les Foxes se sont fait punir par Holgate en seconde période sur un cafouillage indescriptible devant leur but.

Après avoir croqué Chelsea, Carlo Ancelotti se pose de nouveau comme une force sur laquelle il faut compter (une force qui confine d’ailleurs à la brutalité, faudrait quand même qu’il calme un peu ses joueurs car ils mettent régulièrement leurs adversaires en danger). Ça se complique en revanche pour Leicester qui perd de précieux points face à un des épouvantails de ce début de saison.


Fulham 0 – 0 Brighton

Nombre égal d’occasions et de tirs cadrés, partage équitable de la balle, cinq défenseurs de chaque côté au coup d’envoi…les indicateurs annoncent un duel on ne peut plus équilibré entre deux formations au coude à coude pour le challenge à la dix-septième place.
En conséquence, on n’a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent mis-à-part quelques arrêts sympathiques de la part des gardiens et le cirque habituel du VAR qui a retiré un but à Lallana pour une main de Welbeck dans l’action.
Les hommes de Potter se quittent bons amis avec ceux de Parker, mais personne ne sort réellement soulagé de cette confrontation entre (déjà) candidats au maintien.


Liverpool 2 – 1 Tottenham

Il parait que ça se paluche beaucoup sur Liverpool. Votre rédacteur en est fort désolé. De même qu’il est désolé de vous annoncer que ça continuera tant que les Reds occuperont la première marche. Une seule perte de place et ce sera le chaos, communsymbole de troisième saison avec Mourinho.
Heureusement pour les Spurs, ce n’est que la deuxième saison, aussi appelée “climax de la Mourigne”, “sommet du Xanax” et “Harry Kanenculé”. Aussi, malgré une très large possession des Reds (jusqu’à 78%), le match ne fut pas une promenade liverpuldienne. Les 45 premières minutes étaient écrites d’avance : à force d’essayer, Liverpool a forcé le verrou de l’autobus sur une frappe de Mohamed Salah contrée par Toby Alderweireld. Las, sur leur seule action et seul tir cadré de la première période, les Spurs, en trois passes fulgurantes, ont égalisé en contre par le seul sud-coréen Chevalier des Arts, Son. Après avoir résisté, Tottenham a manqué le coup parfait : Bergwijn a trouvé le poteau juste avant qu’Harry Kane ne manque une tête qu’il ne raterait jamais face à Arsenal. Le signe était trop fort : malgré les nombreux arrêts de Lloris, l’homme à la plus belle dentition du monde, Bobby Firmino, a finalement croqué dans les fesses de José et propulsé le ballon en pleine lucarne d’une magnifique tête à la 90e minute.
Si Mourinho a évidemment trouvé le résultat immérité, le rédacteur non-objectif a trouvé que c’était bien fait pour sa grand-mère. Liverpool prend seul la tête avant d’aller voir Crystal Palace. Tottenham accueillera Leicester pour ce qui promet, là aussi, un sacré match.


West Ham 1 – 1 Crystal Palace

Duel entre les deux meilleurs croqueurs de PL au London Stadium puisque côté Jambon de l’ouest, Sébastien Haller mène l’attaque tandis que du côté Eagles, c’est Christian Benteke qui figure en pointe.
Si le second a malheureusement été expulsé en fin de match pour un second carton jaune consécutif à un second coup de coude dans la face d’un Hammer, les deux buteurs se sont cette fois illustré par leur réussite plutôt que par leurs ratés. Si bien qu’on est fort content d’avoir été démenti dans notre jugement par ces deux zigues, l’égalisation de Haller étant obtenue au prix du geste de la journée.

On serait presque tenté de dire qu’il s’agit d’un mauvais résultat pour West Ham vu la forme du moment ; du côté de Crystal Palace, on vivote en milieu de tableau, sans grand espoir de faire beaucoup mieux pour l’instant.


Aston Villa 0 – 0 Burnley

Confortablement installés en milieu de tableau, les Villans accueillaient une équipe de Burnley située dans le bas du classement mais qui restait sur un nul et une victoire. L’occasion pour les uns d’entrer dans le top 10 et pour les autres de sortir de la zone rouge.
Après vingt minutes d’ennui dignes d’un film d’Abdelatif Kechiche, ce bon vieux Bertrand Traoré a gâché une belle occasion pour les Villans comme il gâchait ses munitions du côté d’Ahouland. En réponse, Chris Wood a obligé Emiliano Martinez à la parade avant que Matthew Lowton ne sauve sur sa ligne une frappe déviée des Clarets. Peu avant la mi-temps, Villa a cru mener sur un magnifique coup-franc d’El Ghazi mais la barre s’est interposée, puis sur une tête de Makamba sur le poteau. La deuxième période fut très rythmée, avec beaucoup d’occasions de part et d’autre (plus côté Villa tout de même), mais personne n’a trouvé la faille malgré un (comme toujours) excellent Jack Grealish.
Les Clarets profitent de ce point pour sortir de la zone de relégation ; les Villans restent onzièmes.


Sheffield 2 – 3 Manchester United

Dixième victoire d’affilée dans un match à l’extérieur pour United qui offre un nouveau record à son coach. Pour fêter l’occasion, Solskjaer a sorti un onze très « restart » dans lequel Pogba a brillé comme au printemps.
L’adversaire du jour était certes d’une faiblesse abyssale, mais ne s’est pas privé d’en faire baver les Raides et Vils dès qu’il en a eu l’occasion. Pour commencer, c’est McGoldrick qui trompe l’ancien transfuge Dean Henderson, peut-être un peu naïf face au pressing adverse.
Rashford et Martial s’emploient ensuite de belle manière pour remettre leur équipe devant puis l’Anglais croit clore la marque en début de seconde période. Trop tôt peut-être pour éviter de se faire peur, car en fin de match, McGoldrick s’offre lui aussi un doublé qui porte le score à 2-3 et salit les slips de Mancuniens pas sereins dans les arrêts de jeu.
Les Blades restent bon dernier, seule équipe à ne pas avoir gagné le moindre match. Les Reds sont quant à eux sixième avec un match en moins, ça va quand même pas trop mal pour eux, merci.


The table : La rédaction adresse un message de soutien aux rédacteurs de la Jouzé Académie, qui ne pourront plus se consoler des résultats de Sainté en voyant leur deuxième club de cœur occuper la tête du championnat. Ils peuvent toutefois regarder le classement d’Arsenal, en guise de cadeau de Noël.

Edgar Allan Poeteau

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.