Laval-Nancy (0-1) : La Chardon à Cran Académie ouvre son compteur but
Victorieux, mais toujours haineux.
Salut les pimpins,
Suite des aventures du FC Nancy dans les arcanes du foot professionnel, qui sera bientôt réservé aux 8 premiers de Ligue Ain.
Comme lors de la saison précédente, l’ASaNaL marine au fond de son jus dans un bas étage indigne de son rang, de son stade, de son histoire. À base de mirabelle et d’eau de lessive, la marinade lui donne un goût amer, pour ne pas dire putride, dans laquelle seuls des lombrics aimant à se vautrer dans la fange du cynisme clapotent avec joie et vitalité. En accompagnement, des olives rances et du raisin moisi par l’oïdium, ainsi que quelques amuse-bouches sans saveur : os de poulet, beurre de sardine vieux de six semaines sur pain rassis, chips de peau de truie frites dans de la graisse à essieu.
Voilà à peu près le goût que ça a de prendre l’apéro à la table de Jacques Rousselot en ce moment. Mais je vous rassure, je ne suis pas convié : je l’ai seulement envisagé. Ainsi j’apprends à me faire une idée de la sensation en bouche d’une telle situation, puis j’ouvre une 8°6 et je mâche de vieux emballages de barres chocolatées trouvés par terre pour me rappeler vaguement à la fois la saveur sucrée et à la fois le goût de fer d’une victoire obtenue à l’arrachée.
Une autre chose n’a pas changé, cette saison encore. Elle est directement liée à notre condition de club de paria : c’est la visibilité proche du néant absolu de l’ensemble de la ligue d’eux. Je ne vais pas encore me lancer dans une diatribe violente et raciste à l’encontre des mecs entorchonés qui s’accaparent allègrement le droit de passer des images en les faisant payer, non content de flinguer la ligue Hein avec des investissements ineptes. Non. Sorry for zis terribeul dérapage, je me reprends.
Mais si je me reprends, c’est pour mieux chier sur cette formule prétendument géniale du multiplex, une formule sortie du cerveau constipé d’un réalisateur sous speed qui devait croire que mater huit match à la fois, c’est beaucoup plus intéressant pour le streamo-spectateur que de pouvoir observer son équipe favorite de manière exhaustive.
Dans le cas donc où votre habituel streaming Roumain ou Kazhak ne fonctionne pas, vous avez deux possibilités : soit vous décidez que vous êtes libre de votre choix grâce à cette magnifique mosaïque imbitable que BiPine vous offre en exclusivité, et vous vous complaisez dans cet exercice à la ringardise proche d’un mec sortant d’HEC. Soit vous êtes un enragé de votre club comme moi, et vous hésitez à casser votre ordinateur à chaque fois qu’un fdp derrière sa console décide de switcher vers un arrêt de jeu de Créteil-Bourg-Peronnas alors que vous venez de voir Anthony Robic se saisir d’un ballon et galoper vers le but adverse.

Un globule verdâtre, des logos de clubs suspendus dans le flou de l’éther, gravitant autour de ce bulbe informe…Même BeIn glisse un petit tacle à Thiriez, à sa manière.
Messieurs les télé-décideurs, bienvenue dans cette deuxième saison de la Chardon à Cran Académie : en préambule, je vous exhorte à niquer cordialement vos mères à l’aide de votre ersatz de viagra-chibre ; et préparez vous à de nouveaux tombereaux d’insultes, vous m’inspirez. Tas de races de mort.
Bien, parlons un peu foot, tout de même.
D’abord, Pablo : il est disgracieux, gros, petit, fumeur, certainement alcoolique et probablement drogué, mais cette fois-ci, quoiqu’on en dise, son onze de départ a de la gueule.
Exit Lusamba, pas sec après un passage au pressing visant à lui donner un peu de patine (sinon il paraît vraiment trop lisse ; la jeunesse, c’est flippant, surtout chez les gens qui ont une hygiène de vie). Il est remplacé au pied levé par Rémy Walter, moins offensif, mais un des rares chez nous à savoir un peu garder le ballon. Bon, apparemment, on n’est pas les seuls à vouloir aligner des enfants…
Exit aussi Dalé, nul à bouffer du plutonium lors de la première journée à Picot. C’est Karim Coulibaly qui le remplace. Pas le plus brillant de nos attaquants, mais le petit joue tout à l’énergie, et parfois ça paye. Encouragez le, plutôt que de le traiter sans savoir, bordel. C’est pas parce qu’il porte ce nom ou qu’il n’est pas dans le viseur du PSG qu’il ne mérite pas de jouer. Tiens, d’ailleurs, si on y réfléchit bien, j’ai assez de matériau pour faire ma première blague antisémite, là…hum. Peut-être plus tard.
On a donc la ligne de défense habituelle du bon Pablo le Héros, avec Cétout-Chrétien-Lenglet-Muratori, qui a pour mission de garder la cage de Ndy, gendre idéal chez les Shebabs, mais pas franchement dans son élément en ce qui concerne le football.
Là où ça a évolué un peu, c’est que le 4-2-3-1 semble avoir muté vers une sorte de 4-3-3 avec trois milieux récupérateurs-relayeurs, avec Guidileye, Ait-Bennasser et Walter, donc. Bon, avec Pablo on se doute que la fonction première de chacun de ces artistes consistera plus en fracasser des chevilles et martyriser des tibias adverses que construire de belles actions à base de fines passes au sol, de contrôles orientés ou de jeu en une touche.
Pour le reste, on retrouve en pointe de l’attaque notre héros médiéval, portant haut notre blason frappé du chardon ; le véritable seigneur des terres de Lorraine disposant d’un droit de cuissage sur toute femelle qui lui siérait : Youssouf Hadji, dont les péons garniront bientôt les murailles de Picot de la tête de Kévin Lejeune au bout d’une pique.
En attendant de voir cette belle composition sculpturale mise à exécution, on retrouve Anthony Grobic à droite. Il est confirmé après sa bonne prestation contre Tours lundi dernier. Un tel acharnement à vouloir maigrir, ça s’encourage, hein Pablo ?
Enfin, Coulibaly a sa chance à gauche, en remplacement de Junior le mal nommé.
MÔTCH.
Evidemment, ça parait difficile de vous faire le moindre rapport sur un match que je n’ai pas vu. D’autant qu’en cas d’ouverture du score précoce dans d’autres matchs (Sochaux-Metz, par exemple, quel heureux hasard), un réflexe conditionné du commentateur sportif imbécile consiste en rester sur le match en question, même si c’est pour diffuser les images de deux jeunes moldaves de 19 ans transférés au mercato d’été et dont personne ne connaît encore le nom (pas même les gens qui sont payés à ça et uniquement ça, et beaucoup trop) qui se roulent par terre après un choc, ou Marco Simone sur son banc avec sa coupe de cheveux d’adolescent qui aime quand ça brille, ou encore les tribunes plus vides que la tête de Loulou Nicollin du stade Nicolas Duveauchelle. Et quelle ambiance…
Je rappelle tout de même aux plus curieux d’entre vous que Laval est, comme son nom en palindrome l’indique, l’équipe du milieu, de la tempérance, de l’équilibre stable des forces cosmiques. Soit une sacrée bande de peines-à-jouir, dans un jargon plus footballistiquement correct. C’est-à-dire que ça se matérialise par une inégalable quête du nul, une véritable adulation du partage des points, qui laisse croire que leur recherche de la parité à tout prix s’apparente à une confusion sur le réel sens du mot « nul ». Chose que l’on a comprise depuis longtemps à Nancy, « nul » ne signifie pas « nullité », mais à Laval, le doute semble permis.
Comme son « v » médian pointe vers le bas afin d’indiquer le niveau footballistique abyssal de cette équipe en torchis de varech, l’ambition de l’équipe de Mayenne est à aller chercher loin, très loin au-dessous du niveau de la merde.
Durant les maigres séquences de notre confrontation avec les Lavalliens diffusées au gré de la mansuétude des gourous du multiplexe, on a donc vu que les hôtes se contentaient de défendre, et que les tentatives des chardons étaient toujours assez désordonnées en attaque. Au moins, on a vu une réelle volonté de faire le jeu, et pas seulement de tenter de marquer du genou sur un cafouillage suite à un corner.
Anthony Robic a offert un début de demi-molle aux supporteurs avec un coup-franc magistralement tiré depuis l’entrée de la surface, que le gardien de Laval a toutefois bien sorti.
Puis BiGouine a repris l’antenne, pour mieux l’offrir à Tours, Valencienne et autre Dijon. Super.
On peut tout de même imaginer sans trop se mouiller que
-Ndy a été nul, parfois dangereux et particulièrement glissant dans son jeu au pied.
-Muratori a été violent.
-Guidileye a été violent.
-Iglesias a couru.
-Hadji a été un poison.
À la décharge des fronts épais qui sont derrière des machinations anti-footballistiques aussi aberrantes que le multiplex (n’oubliez pas que ce sont des individus comme vous et moins qui se trouvent derrière vos écrans, pas des abstractions. Lorsqu’on recadre l’origine de la connerie humaine ainsi, l’on se maintient à cran de manière salutaire), ils ont eu la bonne idée de saisir l’instant précieux qui a vu Iglesias glisser le ballon d’une passe magistrale à Dalé sur le côté droit, lui donnant le temps de repiquer vers le centre à l’angle de la surface et de la ligne de but ; et voilà que le jeune Lusemba arrive à pas de loups et lance son discret appel que Junior voit. Centre-en-retrait-arme-absolue pour plat-du-pied-sécurité : 88è minute, ficelle, 0-1, le score ne bouge plus jusqu’à la fin, malgré une réaction exubérante des Lavalistes : une transversale vers l’avant, sans destinataire ni objectif vérifiables.
On peut noter que les trois joueurs impliqués sont entrés en cours de route : hasard ? Bien sur que non. C’est ce génial génie de Correa qui a foutu la peau de son bide sur la table et nous a délivrés du mal, tel un exorciste se débattant au cœur de la rédemption. On peut féliciter bien sur les trois joueurs en question, qui ont d’ailleurs tout à prouver cette saison. A eux d’arrêter d’être jeunes avant les autres…
PAS DE NOTES pour nos héros, mais un cœur avec les doigts gros comme le bonda de Kim Kardashian, et les images autorisées, commentées par l’inéganalable Romain Grimaud, qui les découvre en même temps que vous. On y voit notamment que Ndy a effectivement été effrayant, et que l’ASaNaL a bénéficié pour la seconde fois en deux matchs de l’opportunité de jouer à onze contre dix en fin de match. Alors là, si les arbitres se mettent à nous avantager, je ne réponds plus de rien. Déjà que d’habitude, bon :
Je crois en Pablo Correa.
Marcel Picon.
M’en vais chercher Nancy sur une carte pour passer la fin de mes vacances.