Lyon-OM (1-0) : La Canebière Académie se met la tête dans le cul

Aïoli les sapiens,

Plus sadique que les calendriers aztèques des sacrifices humains, le calendrier du football français nous gratifie encore d’une semaine à deux matchs. Certes, les années fastes on peut éprouver un certain plaisir à voir nos joutes domestiques du week-end entrecoupées d’épopées européennes. Mais depuis un mois, l’agenda nous offre à chaque semaine sa double ration de Ligue 1 et assimilés, nous gavant jusqu’à l’indigestion de blocquéquipes frileux et de circulations de balle à haute teneur en cholestérol.

C’est tout naturellement qu’on en vient ce mercredi à se lever en se disant « pfff…, merde, ya encore match », l’appétit anesthésié alors que tout devrait concourir à voir la journée se dérouler dans la hâte de voir les affreux boutés hors de la coupe de France. Si la lassitude et l’usure guettent, comment ne pas imaginer qu’il en soit de même chez les joueurs, arrachant leurs résultats de manière toujours plus laborieuse en capitalisant sur le fait que nos rivaux soient encore plus essorés que nous. La charge physique et mentale commence à peser, reste juste à espérer que notre équipe échappe au burn-out avant la fin de la saison.


L’équipe

Pelé
Sarr – Kamara – Alvaro – Sakai
Rongier– Strootman (Khaoui, 85e) – Sanson
Lopez (Chabrolle, 87e) – Germain– Payet (Aké, 73e)


Ce match a beau être important, s’agissant l’air de rien de préserver notre dernière chance de ne pas finir sur une nouvelle saison vierge de trophée, Villas-Boas est contraint par l’enchaînement des rencontres à ménager ses forces. Benedetto et Radonjic sont donc préservés, de même que Caleta-Car et Amavi au repos forcé pour cause de suspensions. Le retour de Thauvin se rapproche au même rythme que l’effondrement de la civilisation capitaliste : avec certitude, mais sans précision sur le délai.

A noter enfin que Pelé conserve sa place de titulaire en coupe de France.


Le match

Il y avait trois sortes de téléspectateurs pour ce match : les impliqués, c’est-à-dire les supporters de l’une des deux équipes ; les égarés, qui pensaient se faire chier devant Des Racines et des Ailes et sont restés en considérant que le rythme de la rencontre ne les changeait guère des autres soirées France 3 ; et enfin, les malades mentaux, c’est-à-dire les amateurs de football non supporters de Lyon ou Marseille, et qui ont choisi ce programme en s’attendant sincèrement à passer un bon moment de sport. Les cons.

En conscience, Marseille verrouille son camp dès l’entame de match, par un blocquéquipe que les Lyonnais tentent de contrarier en adressant de longues tartines vers notre défense. Ajoutons à cela un pressing intelligent, et l’OM vit 20 premières minutes agréables, marquées par un beau mouvement collectif à la 4e minute. Même si celui-ci n’a rien donné, il était important de le signaler vu qu’il ne s’en est pas produit d’autre par la suite. Des mauvais choix dans les derniers mètres, l’absence d’avant-centre digne de ce nom, l’incapacité à se projeter en nombre à la réception des centres ou encore la finition anale de Rongier à l’entrée de la surface nous privent d’occasions sérieuses. Le train est passé, Marseille doit désormais s’apprêter à souffrir.


Certains déplorent l’absence de jeu proposé par l’équipe de Villas-Boas, ce que nous ne pouvons que constater. En revanche, il est malvenu de comparer cette période de disette à un « âge d’or » automnal : à l’époque, notre équipe se montrait conquérante, mais elle ne jouait déjà pas beaucoup mieux au football. Si elle s’imposait, ce n’était certainement pas par le jeu, mais par le pressing de mammouth qu’elle imposait aux premiers relanceurs ou aux milieux adverses, par sa capacité à aller traquer tout second ballon un tant soit peu disputable et à l’arracher par la peau des couilles pour le ramener au bercail. On peut ainsi reprocher à Villas-Boas de ne pas avoir été plus ambitieux dès le départ, mais sans doute pas d’avoir mis fin à un jeu offensif qui n’existait pas, sinon grâce à une énergie physique qui ne pouvait pas durer toute une saison.


Notre temps faibles, nous y voici donc jusqu’au cou, bien aidés donc par ce calendrier dantesquement crétin. Or donc, nous ne disposons d’aucun principe de jeu sur lequel nous reposer : l’OM se voit contraint de perdre le ballon au terme d’attaques stéréotypées sans grand espoir. Le pire est que, plaçant tous nos espoirs sur des contre-attaques rapides, nous en venons parfois à saloper des relances par précipitation au risque de saper la sécurité défensive. Quoique nuls à chier sur le plan collectif (voir toutes nos académies de la saison précédente), les Lyonnais parviennent ainsi sur leurs qualité propres à nous faire passer quelques frissons slipaux.


A la pause, le match est comme prévu nullissime, l’OM n’affichant même plus sa maîtrise défensive des 20 premières minutes. La situation empire encore après le repos, une sorte de peur semblant se surajouter à notre incapacité basique à produire des attaques. Les remontées de balle sont jouées avec le frein et, hormis avec l’habituel Bouna Sarr, les projections offensives sont quasi-inexistantes. Toujours aussi hideux, Lyon profite ainsi de notre tendance à reculer et, par la force des choses, se procure des occasions. Un lyonnais est décalé sur notre gauche et centre en retrait pour Toko Ekambi, dont la reprise est contrée de la main par Sakai. Involontaire mais décollée du corps, la « faute » est jugée comme telle après recours à la vidéo, comme souvent en de pareils cas. Benoît Millot assortit le pénalty d’un carton jaune totalement inepte pour Hiroki, seulement coupable de ne pas s’être coupé le bras avant le tir : « la loi est dure, mais la loi est con », comme dit l’adage. L’Albatros, lui, se cague de tous ces débats vidéo-juridiques et résout l’affaire en exécutant ce qu’il sait faire le mieux : opposer un gros « stop » à la tentative de Dembélé.

Même avec ce nouvel exploit de Yohann, on se dit qu’un grand Rudi Garcia sera nécessaire aux lyonnais pour perdre ce match. L’OM n’avance plus et, pire, Payet se voit contraint à la sortie pour cause de douleur musculaire. Finalement, après de longue minute de bouillie, Lyon parvient à concrétiser. La balle circule plusieurs fois dans la largeur, nos milieux ne reviennent pas assez vite, et Traoré peut lancer Aouar dans le dos d’un Sakai monté n’importe comment. Aouar frappe sur le côté faible de Pelé, c’est-à-dire en plein milieu de la cage (1-0, 81e).

En guise de dernières cartouches, ce sont des clac-doigts « le Tigre » que tire Villas-Boas, avec les entrées successives d’Aké, Khaoui et Chabrolle : dérisoire pour un quart de finale de coupe de France, mais suffisant pour provoquer la traditionnelle rétractation gonadique dans le camp d’en face. Las, sur sa seule occasion de nous sauver, Marçal défend correctement sur Aké au lieu de commettre la faute de bourrin à laquelle tout le monde s’attendait. L’OM affiche une attitude résignée, comme en témoigne notre ultime six-mètres joué par d’interminables passes redoublées au lieu d’envoyer la coup de latte du désespoir loin dans le camp adverse.

Il n’est plus temps maintenant de réclamer un sursaut offensif : avec cet effectif épuisé et limité en qualité comme en quantité, la seule chose que l’on puisse faire est d’espérer conserver suffisamment de solidité pour ne pas dilapider notre avance en championnat. La qualification en Ligue des Champions étant à ce point vitale pour nos finances exsangues, le jeu moche s’endure comme le traitement de cheval destiné à nous laisser une chance de survie, en attendant de meilleurs jours bien lointains (voire hypothétiques : souvenons-nous de l’OM d’Elie Baup). Dans ce contexte, le romantisme est au-dessus de nos moyens : tout donner pour la Coupe au risque de perdre sur les deux tableaux, prendre le temps d’élaborer un jeu débridé au risque de perdre de nombreux points dans des matchs fantasques, cela passe pour un luxe que le club ne peut plus se permettre. Nos errements financiers ont fini par instiller cette idée pouvant se résumer comme suit : « si l’on refait la même saison que celle de Bielsa, on crève ». Pour s’être elle-même placé le couteau sous la gorge, la direction est au moins autant responsable que l’entraîneur de ce triste état de fait.


Les notes

Pelé (4-/5) : Il va achever sa carrière sur des statistiques hors-normes, qu’il s’agisse du nombre de pénaltys arrêtés que de buts encaissés au milieu de sa cage.

Sarr (2+/5) : Comme Sibeth Ndiaye, Bouna est un vaillent défenseur des intérêts de son équipe. Comme elle, il paraît infatigable. Comme elle, on a quand même parfois un peu honte de le voir titulaire de telles responsabilités. 

Kamara (4/5) : La caution propreté de l’équipe, régnant par ses interventions de classe au milieu de cette orgie de ballons dégueulés n’importe comment.

Alvaro (4-/5) : Une énorme faute qui passe à l’as pour cause de hors-jeu, une déviation de tir qui échoue du bon côté du poteau et, hormis ces quelques miettes vite dissimulées sous le tapis, la même façon que Bouba de gérer ses attaquants une main dans le slip : pendant longtemps, Alvaro n’a pas démenti sa réputation de porte-bonheur de l’équipe.

Sakai (2-/5) : Passons sur son pénalty concédé qui est avant tout la faute à pas de chance. Les lyonnais ont curieusement commencé par le tester sur une infinité de saucisses aériennes sans grand danger ; manque de bol, Dehors a fini par se rappeler que la meilleure façon de le faire souffrir, c’était de l’attaquer balle au pied.

Strootman (2/5) : Pas de malus à sa note pour avoir déboîté Tousart, c’est offert par la maison, ça fait plaisir. Reste que s’il a efficacement joué la moissonneuse-batteuse au milieu de terrain, on aurait aimé le voir aussi essayer de secouer le marasme offensif.

Khaoui (85e) : Des apparitions d’une insignifiance incommensurable. A côté de lui, Sakai c’est David Bowie.

Rongier (1+/5) : A l’occasion de sa fête, Valentin a offert un match hommage à l’amour évoquant l’émoi de nos plus belles soirées romantiques, en l’occurrence ce buffet asiatique « tout compris » suivi d’une levrette dans le mauvais trou sur le parking du O’Panda d’Avignon-Nord.

Sanson (2+/5) : Le ballon pour Morgan, c’est comme l’anneau pour Gollum. Il est remarquablement acharné à le récupérer mais quand il reste trop longtemps avec, cela ne lui fait pas du bien.

Lopez (1+/5) : Son principal modèle en matière de gestion des temps faibles, c’est son téléphone : il reste 8% de batterie ? Rien à foutre, je m’éteins.

Chabrolle (87e) : Embarqué dans notre naufrage inaugural contre Reims, Florian revient jouer le rôle du petit mousse.

Payet (3/5) : Imaginons un centre aéré à l’encadrement composé de deux dépressifs, un psychopathe et trois pédophiles, et dont l’agrément tiendrait au seul gus titulaire de son BAFA. De la même manière, Dimitri est le seul argument autorisant notre équipe à se targuer de la mention « football ». L’évolution de sa contracture à la cuisse devient séance tenante le seul enjeu de santé publique qui vaille : que ceux qui sont confinés à Carry-le-Rouet se démerdent, ils ne sont plus à deux semaines près.

Aké (75e) : Satellisé par Marçal sur son unique ballon d’attaque, il a compris sur le coup tout le travail qu’il lui restait à accomplir en salle de musculation.

Germain (1+/5) : Impérial dans son poste de false-nine-advanced-libero, avec une efficacité exceptionnelle sur corner défensif.


L’invité zoologique : Hank Cornet

Habitué à souiller son environnement par de grands jets d’encre qu’il pulvérise depuis son anus, le calamar ne fait jamais dans l’élégance dès qu’il s’agit d’éviter de se faire farcir. Parfois ça ne marche pas, d’autre fois si. Le mollusque était donc l’invité approprié pour participer avec nous au noircissement du football ce soir.

– Les autres : C’est bien du Dehors, cette capacité à tirer autant de merde de joueurs pourtant potables.

– La pub copinage : Tiens, puisqu’il était question de Bielsa, précipite-toi chez ton libraire pour acquérir ce remarquable ouvrage du camarade Mourad Aerts, qui revient sur cette fameuse saison passée sous la houlette d’El Loco.

– Les boutons : as-tu seulement remarqué les boutons qui figurent sous cette académie et qui t’invitent à nous donner respectivement de tes mots et de tes sous. Vois comme ils sont beaux, attrayants et doux au cliquer.

– Les réseaux : Ton dromadaire blatère également sur Facebook, Twitter et Instagram. Dromadame remporte le concours zoologique au bénéfice du meilleur prénom (non, je déconne, c’est truqué en hommage aux époux Balkany).


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

3 commentaires

  1. Si Rongier avait été aussi inspiré sur le terrain que toi au moment de rédiger son évaluation, Garcia serait un chômeur de plus ce matin.

  2. Allez l’OMdwxxjjjjjjjjjjj Vois comme il est beau ce Dromadaire jjjjjjjjjjxxwdAllez l’OM

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