Metz – Niort (3-0) : La Metz Que Un Club Académie n’a pas peur du noir

Et soudain, plus rien.

Vendredi soir, deux hommes, à l’arrière d’un bâtiment, s’affairent à grands renforts de tournevis, clés et outils en tout genre. La tension, bien que relative, tend à s’installer entre les deux gaillards.

 » C’est lequel ? Çui-ci ou çui-là ?

– Oh tu m’emmerdes hein, qu’esse j’en sais moi hein ? Chuis pas électricien, pis ça m’met les roustons d’travers d’avoir à m’taper la perm’ du vendredi soir. D’habitude c’est l’lundi, où l’samedi midi encore. Mais là ça m’va pas. Pas l’vendredi soir. J’devais r’garder l’documentaire sur Antenne Trois sur l’Cabrel là. J’espérais même qui fassent un passage sur Hinschberger pour s’marrer un peu… J’avais promis à la bonne femme d’le r’garder ‘vec elle, et même qu’elle a dit qu’après elle me su…

– Arrête bin de t’plaindre Philippe ! Sur qu’on n’est pas électricien, mais c’quand même bin pour ça qu’on est là. N’en a pas pour long feu, faut juste qu’on coupe un ou deux d’ces binious là, qu’on fasse comme si c’était pas fait exprès et qu’c’est plié. T’auras tout l’temps d’mettre la viande dans l’torchon après.

– Bon t’as raison. Pousse toi d’là que j’vois le bestiau. On y voit comme à travers une pelle là-d’dans.

– Oh hééé, fais gaffe, t’vas foutre d’la binouze partout là avec tes manigances.

– Ici on travaille les fluides, alors j’compte ben être tout irrigué comme il faut.

La main tremblante, la sueur perlante, Philippe avance une main crispée et équipée d’une pince coupante à travers le câblage.

– C’te merdier quand même. Pourraient-pas mettre juste un bouton ON/OFF ces cons là ?

– Ecoute Philippe, c’ton idée, c’toi qui fais hein. Moi ça m’va bien qu’l’équipe elle gagne un peu. Comme ça les gens y diront qu’on fait d’bon travail là. Z’arrêreront d’nous tailler la moustache sur leurs réseaux deux point zéro là. Non franch’ment, j’le sens pas. Pis c’t’un peu une idée de merde quand même. »

– Tu m’emmerdes j’t’ai dit ! Moi j’veux qu’ça pète. Là, on s’emmerde bin trop. Gagner, gagner, gagner… Z’ont pu qu’ça à la bouche ces tarés de supporteurs. On était quand même bin mieux à se caguer dessus l’année dernière hein ? Quand ça gueulait sur l’gros Milan ou qu’ça voulait partir en bagarre avec le Julian sur l’parking d’la ZAC d’Augny, on s’marrait quand même mieux hein ? Là, ça s’passe trop bin. C’trop calme. On s’fait chier. Alors faut r’mettre un peu d’action. Et si ça passe par couper tout l’cablage du quartier, j’le f’rais.

– Ouais bin magne toi un peu, vl’ la s’conde mi-temps qu’à r’pris.

Philippe, l’œil torve devant cette annonce, se décide à taillader dans le vif. Un, deux, trois câbles y passent.

– Alors, ça dit quoi ?

– Ben ça dit que t’chi Philippe ! T’vois bin qu’fait encore clair comme plein jour là !

– Rhaaaa, MAIS ARRETEZ MOI C’PUTAIN D’MATCH ! Donne donc ça là… »

Epris d’un accès de rage, Philippe se saisit de la bière de son collègue et la projette de toutes ses modestes forces sur le compteur électrique. La bouteille vient s’éclater dans les fils électriques, créant une grande gerbe d’étincelles qui projette les deux hommes en arrière, et plongeant instantanément Saint-Symphorien et tout le quartier dans la pénombre. Le cul par terre, les deux hommes restent stupéfaits du résultat de leur méfait. Philippe souffle à demi-mot, le ton satisfait.

– Voilà. Si avec ça ils r’prennent le match, chuis plus directeur sportif moi. Et pis ça nous file une excuse pour refoutre la Horda en Est haute.

– Mais ma bière… »

 

Ca va être tout noir

11e journée : Metz – Niort

Alors oui, quitte à être insolite, autant tenter des trucs fous. On se lasse un peu de la victoire en terres mosellanes en ce moment, donc on tente des trucs. Comme couper le jus pendant 25 minutes en plein match. C’est romantique cinq minutes, surtout avec tous ces petits bras de supporters qui se tendent vers le ciel avec leurs loupiotes comme autant de petites étoiles dans la nuit, mais c’est pas drôle trop longtemps non plus. Surtout qu’une mi-temps de football de 70 minutes, c’est foutrement long. Surtout quand il s’agit de Metz – Niort.

Un milieu de terrain qui tourne un peu, avec les premières minutes en Grenat du prêté Stéphanois Maïga. Ni Angban (en tribune), ni Fofana, ni Monteiro (sur le banc tous les deux) donc, mais un milieu qui se doit de rester convaincant sous la bannière de Capitaine Cohade. Derrière, la première titularisation de l’Albanais de la masia, toujours avec la paire d’officier du chaos Sunzu-Boye. Et devant, le fleuron des fines lames sénégalaises. Tout est prêt pour dresser du Chamois. Avec 100 patates.

Metz Que Un Match :

Après un coup d’envoi qui traine de longues minutes, le Metz Que Un Match démarre avec un excès d’engagement et des frappes enlevées. Ca se bastonne à outrance, si bien que Diallo prend déjà sa yellow card au bout de 8 minutes. C’est assez moche en fait. Non, c’est même carrément laid. Et vas-y qu’on se colle des briques à chaque contact, qu’on s’envoie des patates de charretiers de la défense à l’attaque et que le gardien Chamois gagne déjà du temps au bout de vingt minutes de jeu. C’est le genre de soirée à en regretter à nouveau d’être né dans la mauvaise région, et d’aimer que des cons.

Et puis Renaud, notre bel homme chauve, notre Capitaine Courage, vient remettre tout le monde d’accord. Sur une combinaison douce comme du miel avec Boulaya sur l’aile droite, Cohade sert tranquillement le dessert à Diallo dans la surface, qui n’a qu’à caresser le cuir aux six mètres pour ouvrir le score et s’offrir son onzième but en onze matchs. 1-0, 29e.

On verra jusqu’à la pause un Ivan Balliu bien motivé qui tente une poussée de couilles inopinée en pleine surface adverse mais se fait castrer par son opposant (34e) et un corner pas si mauvais au second poteau mais sorti en dix neuf mouvements par la défense adverse (43e). Un mi-temps peu flamboyante mais qui a le mérite de voir le Metz Que Un Club mener.

Après quelques minutes de jeu en seconde période et donc cette fameuse interruption nocturne, le débat peut reprendre. Et les artilleurs Sénégalais mettront à mal le portier adverse. Diallo manque de s’offrir un deuxième dessert, mais c’est sauvé de justesse par un défenseur (55e). Puis Niane, par trois fois, a l’occasion de gonfler le score. D’abord par une ogive aux 20m qui termine dans les paluches adverses (56e), puis sur une autre banderille en première intention consécutive à un beau mouvement collectif mais poussé en corner (62e) et enfin sur un face à face où il tergiverse beaucoup trop (72e). La seconde lumière viendra d’un corner botté par Gakpa au deuxième. Diallo est là pour rabattre le ballon dans le but, un défenseur tente de s’interposer mais c’est bel et bien Sunzu qui jette toute sa viande en opposition pour contrer le cuir dans le but. On ne sait foutrement pas à qui le but est attribué, mais toujours est il que ça fait 2-0, 78e.

La partie sombre dans l’insipide maitrise Grenat, qui démontre la classe américaine d’écart qui règne entre le Roi Messin et la plèbe pizzaèsque de la division 2. Et jusqu’au bout du plaisir, au prix d’un pressing le couteau entre les dents et les roubignoles en étendard, c’est encore Cohade qui arrachera le ballon dans les pieds du milieu d’en face, poussera les guiboles jusqu’aux 20 mètres ennemis pour décaler Nguette, entré en jeu quinze secondes plus tôt, qui sera tout heureux d’envoyer sa frappe enfoncer le clou du 3-0, 94e.

Une maitrise imparfaite, mais un score clinquant. C’est bien là tout notre Metz Que Un Club. Toujours leader, mais toujours avec l’impression d’en avoir encore largement sous la godasse.

Metz Que Des Notes :

Oukidka, 3/5 : 

Dans la pénombre temporaire de Saint-Symph’, il a brillé de tranquillité. Mais n’a pas pu s’empêcher d’un nouveau moment « slip tendu » dans ce match. Alexandre « Mais putain il fait quoi là ?! » Oukidja.

Balliu, 3/5 : 

Première titulaire pour Ivan, qui remontre une belle envie d’envoyer ses collègues de devant sur orbite. D’autant qu’il se découvre des envies de débordements. Et si c’était lui notre titulaire arrière droit ?

Sunzu, 4/5 : 

The Dark Monsieur Propre. Avec un but en prime (?).

Boye, 3/5 : 

Respect, robustesse.

Delaine, 3/5 : 

Antonetti ne s’y est pas trompé en pointant du doigt la mauvaise utilisation des couloirs sur ce match. Pour preuve, on a très peu vu Delaine, pourtant jusque là hyperactif sur son côté.

Cohade, 4/5 : 

Le four, le moulin. Deux passes décisives, des transversales et des ouvertures lumineuses, des tartines d’amour trempées dans un bol de chocolat chaud. Renaud Cohade, 34 ans, petit père du football.

Maïga, 3/5 : 

Une première des plus intéressantes pour le protégé de Gromerdier. Avec Angban, Fofana et Monteiro en concurrence pour le poste, on a le milieu le plus riche de toute la Ligue 2.

Remplacé par Monteiro, 92e (non noté). 

Gakpa, 3/5 : 

Volontaire et intelligent sur ses coups de pieds arrêtés, il a pourtant été le milieu de moins en vue du match. A voir si Marvin se bonifie avec le temps.

Remplacé par Fofana, 84e (non noté). 

Boulaya, 3/5 : 

Il a mangé son pain noir depuis un mois et retrouve sa disponibilité. Et toujours ce toucher de balle qui donne envie de ronronner.

Remplacé par Nguette, 94e (non noté) : Une balle, un mort. 

Niane, 2/5 : 

Le lionceau miaule, quand on aimerait qu’il rugisse. Il va devoir apprendre à être nettement plus efficace face au but, pour mettre en exergue sa caution spectacle.

Remplacé par Jallow (65e), 3/5 : Il mérite plus de temps de jeu le gamin, car on voit qu’il en a à donner. Ablie I can fly. 

Diallo, 4/5 : 

Sans parvenir à être aussi pesant que d’habitude sur la défense, il arrive à y mettre son but/doublé. N’est ce pas là la marque des plus grands ?

 

La suite : Après les Chamois, les Merlus. Le bestiaire de la Ligue 2 défile pour nous affronter. Une opposition que l’on dit digne de notre rang, à vérifier ce vendredi.

Klass & Deuch

En bonus :

 

Klass & Deuch

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