Monaco-OM (2-3), La Canebière académie a failli attendre

D’accord, reconnaissons qu’ils furent bien sympathiques, ces petits amusements de juillet, mais enfin, rien ne vaut les émotions véritables.

Aioli les sapiens,

Oui, la voici enfin cette victoire contre l’un des piliers du championnat. Des années à se contenter de briller contre des villes à l’insignifiance telle que l’on se demande pourquoi elles n’ont pas plutôt un club de basket, des années à trépigner d’impatience à l’approche d’une confrontation un tant soit peu prestigieuse, des années à voir les résultats des dites confrontations osciller entre la rouste humiliante ou le nul frustrant.

Réjouissons-nous, l’OM a enfin vaincu un rival digne de ce nom. L’exploit a beau rester modeste et les lendemains pas moins incertains, l’adversaire eut beau montrer une petite forme, toujours est-il que cette victoire vaut tous les coqs étoilés du monde.

 

Les transferts

Nous nous étions quittés sur l’arrivée à venir de Strootman et celle, programmée de Radonjic. Pas de nouvelle depuis, excepté le prêt de Yusuf Sari à Clermont. Ni buteur, ni arrière gauche ne viendront étoffer notre effectif sur ses présumés points faibles et, pire, les onéreux Abdennour et Sertic n’ont pas trouvé le pigeon adéquat.

Seul Bedimo se voit indiquer la porte de sortie, par le biais d’un licenciement d’une indélicatesse rare. Comme quoi nous n’avons pas pris d’Orange que le nom du stade, mais aussi les méthodes de fils de putes en matière de gestion des ressources humaines.

Bref, l’effectif est inchangé dans les grandes lignes et se voit renforcé en qualité, sinon en quantité. N’eût été le navrant épisode Balotelli, on pourrait presque qualifier cet été de satisfaisant.

 

L’équipe

Pelé

Sakai – Rami – Luiz Gustavo – Amavi

Strootman – Sanson

Sarr (Thauvin, 61e) – Payet (Germain, 87e) Ocampos

Mitroglou (Kamara, 91e)

Mandanda est toujours blessé. Caleta-Car et Thauvin ayant démontré lors de leurs dernières sorties l’impérieuse nécessité de retrouver un rythme de compétition, ceux-ci sont mis sur le banc. La charnière Rami – Luiz Gustavo, mise en place en deuxième période contre Rennes, est reconduite. Sitôt recruté, Strootman est titularisé, ce qui n’est pas le cas de Radonjic, dont la première apparition est prévue après la trêve internationale. Enfin, dernier changement et non des moindres, Mitroglou se voit enfin offrir l’occasion de faire ses preuves dès le coup d’envoi.

 

Le match

L’OM se procure un corner dès la première minute du match. Cela n’a l’air de rien dit comme ça, mais l’an dernier, après le même temps de jeu, Monaco avait déjà inscrit un but et un tir sur le poteau. Mieux encore, les Olympiens maintiennent le rythme et étouffent totalement les Monégasques. Une transversale de Sanson pour Sarr aboutit à un centre génial de Bouna, que Mitroglou reprend en tirant hélas sur le gardien. Cet exaspérant manque de finition mis à part, la première mi-temps est d’une qualité rare : impact physique, cohérence collective, milieu de terrain associant la force du bulldozer et la justesse d’une danseuse étoile, le menu est presque complet.

Disponible comme jamais, Kostas surgit au premier poteau sur un centre de Payet, mais bute encore sur Benaglio. Sur le corner qui s’ensuit, le Grec place une tête au-dessus, si bien que l’on se résigne à voir cette première mi-temps très prometteuse s’achever sans avantage. C’est alors que Morgan Sanson lance une contre-attaque relayée par Strootman jusqu’à Ocampos. Le centre de Lucas est repoussé mais, à la retombée, Sakai dévore son adversaire direct. Payet en profite pour téléguider un nouveau centre jusqu’à la tête de Mitroglou, qui claque le ballon dans le petit filet (0-1, 45+1).

La pause se siffle donc sur une érection de bon aloi, ainsi que sur cette question : existe-t-il, dans le championnat de France, une complicité plus étroite entre un passeur et son buteur que celle qui unit Dimitri et Kostas ?

La réponse nous est apportée dès la reprise : oui, celle qui unit Adil Rami et Radamel Falcao. Premier acte d’amour de la part d’Adil, cette remise complètement foirée à Pelé alors qu’aucun danger ne menaçait, et qui envoie le Colombien éliminer notre gardien. Si Rami l’empêche bien de conclure, Tielemans a suivi et marque dans le but vide (1-1, 48e). Chaud comme la braise, Adil enchaîne les cadeaux comme un acteur porno enchaîne les coïts, sans période réfractaire. C’est ainsi que sur un centre de la gauche, notre défenseur rate son tacle, posant ainsi dans les six mètres un ballon que son nouvel ami Radamel n’a plus qu’à catapulter dans les filets (1-2, 53e).

Consciencieux comme des clowns d’hôpital, nous faisons donc les cons dans des proportions insoupçonnées à seule fin de divertir pour un court moment quelques malades de leur épreuve. Devant notre ridicule consommé, les Bordelais en oublient qu’ils se trouvent soins palliatifs, et le génésiome des lyonnais leur paraît soudain une tumeur presque supportable.

De notre côté en revanche, pas de méprise, ce retournement de situation provoqué par la faute d’un seul homme donne des envies de se serrer les couilles à la clé anglaise, ce qui ne nous avancerait guère mais aurait au moins le mérite de nous faire penser à autre chose. Rudi opte, lui, pour une solution plus prosaïque : Thauvin remplace Sarr poste pour poste. Florian met d’ailleurs peu de temps à s’illustrer, reprenant hors cadre un bon centre d’Ocampos. Affecté par les deux buts encaissés et gêné par des Monégasques plus entreprenants, l’OM maîtrise beaucoup moins sa seconde période. Pour autant, nous nous remettons à flot progressivement ; fait agréable, la combativité demeure et les duels retournent à notre avantage. D’ailleurs, c’est au physique que Florian Thauvin, après une belle progression au milieu de terrain, parvient à résister à ses gardes pour lancer Sakai à droite. Hiroki applique une passe en retrait idéale à Florian, qui a suivi l’action et conserve toute sa lucidité pour platdupiedsécuriser de l’entrée de la surface (2-2, 74e).

A un quart d’heure du terme, les paris les plus fous sont autorisés ? Va-t-on se contenter de cette égalisation inespérée, tout en laissant encore échapper cette fameuse « victoire contre un gros », comme contre Monaco ou Paris l’an dernier ? Recevra-t-on un coup de poignard dans le fondement à la dernière minute, comme contre Lyon ? Va-t-on continuer sur notre lancée et vaincre comme … comme… eh bien comme jamais, de mémoire de McCourt ?

Et c’est alors que, figurez vous, oui, il s’est bien produit une cagade défensive à l’orée du temps additionnel, oui, celle-ci a débouché sur un but et non, POUR UNE PUTAIN DE BORDEL DE FOIS DE SA MÈRE LA PURULENTE, C’EST PAS SUR NOUS QUE ÇA TOMBE. Les deux équipes se livrent pour arracher la victoire, laissent des espaces et, à ce jeu, c’est l’OM qui se montre plus percutant. Thauvin obtient ainsi un corner, qu’il tire lui-même puisque Payet vient de laisser sa place à Germain. Un tir de Sanson dévié plus tard, rebelote : corner sortant cette fois-ci, -toujours au premier poteau, pour la tête à reculons de Valère. Benaglio se détend pour sortir le ballon au ras du poteau, mais rate son arrêt et accompagne la balle derrière la ligne (2-3, 90e). Hurlement, joie, orgasme collectif… et slipomètre dans le rouge, à l’idée de ce qui pourrait se produire dans le temps additionnel. Thauvin concède ainsi un ultime coup-franc à 35 mètres dans l’axe : Rami repousse sur Glik, qui n’a pas le loisir de savourer sa lourde en pleine cage puisque l’arbitre a déjà sifflé une faute en faveur de notre défenseur. Dans une émotion et un stress que l’on pourrait, en exagérant à peine, comparer à ceux de ressentis en coupe d’Europe l’an dernier, l’OM sort enfin vainqueur d’un gros match contre l’une des têtes d’affiches du championnat. Un dépucelage tardif que l’on savourera sans être trop regardant sur la qualité du partenaire, ce Monaco-là étant encore en pleine construction.

 

Les joueurs

Pelé (3/5) : D’une sûreté sans faille, d’autant qu’il ne peut quasiment rien sur les deux buts monégasques. Vu le début de saison de nos gardiens, j’étais pourtant prêt à parier qu’il concéderait un pénalty et une expulsion en tentant de pallier la première bourde de Rami.

Sakai (4/5) : Deux actions décisives pour inaugurer septembre, après un début de championnat difficile. Quand arrivent les mois en R, certains mangent des huîtres, Hiroki nique des mères.

Rami (1-/5) : Continue à te prendre pour un champion du monde, et tu verras que nous aussi on sait faire des trucs rigolos avec des extincteurs ; par contre c’est pas dit que tu pourras retrouver la goupille après.

Luiz Gustavo (3/5) : Ce qui est admirable dans sa manière de défendre, c’est qu’il fait presque toujours la bonne analyse de la situation entre « j’anticipe et je rentre dans le lard » et « j’accompagne en limitant les dégâts avant l’arrivée des renforts ».

Amavi (3-/5) : Des progrès indéniables, même si l’ensemble branle encore un peu sur ses fondations par gros temps.

Sanson (4/5) : Toujours propre et toujours tourné vers l’avant, Morgan est un peu l’antithèse de horsjeu.net.

Strootman (4-/5) : Nonobstant son petit coup de mou dans notre temps faible, Kevin nous a offert un éclairage nouveau sur l’expression « volume de jeu ». Un peu comme une caverne de Platon qui se trouverait soudain connectée au Bon Fap après avoir fantasmé des siècles sur le catalogue Daxon.

Sarr (4-/5) : Une très belle entrée en matière, ponctuée d’un centre à rendre jaloux David Beckham. Il confirme tout au long de la première période, seule la nécessité de faire entrer Thauvin à son poste préféré amenant son remplacement.

Thauvin (61e, 5/5) : Vous aimiez Florian Thauvin ? Découvrez Florian Thauvin Formule Concentrée : trois fois moins de temps d’action qu’un Florian Thauvin ordinaire, pour 100 % d’efficacité contre les taches.

Payet (3/5) : Si l’on m’avait dit qu’un jour Dimitri aurait une relation fusionnelle avec un Grec, j’aurais d’abord pensé à un sandwich. Or donc, excepté ses services à Kostas, Dimitri a peiné à montrer le rayonnement qu’on lui connaît.

Germain (87e) : On avait déjà du mal à chasser les moustiques de nos nez en ce moment, si maintenant il faut en plus en ôter les couilles de Rudi et Valère…

Ocampos (2+/5) : Ni bon ni nul, Lucas Ocampos donne la curieuse impression d’évoluer dans son monde. De la même manière qu’il existe des auxiliaires de vie scolaire, il lui faudrait peut-être un auxiliaire de vie footballistique.

Mitroglou (4-/5) : Démarre par un raté à se mâcher les gonades de désespoir puis, sans se décourager, pèse, provoque et finit par marquer. Sans être (pour l’instant ?) le tueur espéré, Kostas n’en fait pas moins passer un frisson d’inquiétude un peu plus constant dans les slips adverses.

Kamara (91e) : Remballez tout, on ferme.

 

L’invité zoologique : Diego Benagrillon

Le grillon contribue par son chant au romantisme des soirées d’été, surtout lorsqu’il sort de sa boîte d’élevage et nous casse les couilles toute la nuit durant en allant se réfugier derrière les meubles (toute ressemblance avec une situation existante, etc.). Mais s’il se tient à sa place et respecte l’ordre du monde, à savoir être un aliment de choix pour lézards et batraciens divers, le grillon est un animal de compagnie passable. Notre insecte était donc l’invité approprié pour narrer ce match contre un Monaco qui, pour une fois, n’avait pas l’idée de fuir sa destinée manifeste.

– Les autres : Pas au niveau ce soir, même les deux cadeaux d’Adil-le-Généreux n’ont pas suffi à les maintenir à flot. Espérons néanmoins qu’ils se reprennent, sans quoi les esprits chagrins ironiseront sur notre victoire contre un « gros-pas-si-gros-que-ça ».

– Le classement : Cinquième avant la trêve internationale, c’est ce que l’on appelle une base de travail.

– Le moment MTVMG : Pas de moment MTVMG ce soir, Rudi Garcia n’ayant pas trouvé d’occasion de se plaindre et, par conséquent, l’arbitre d’occasion de lui demander de se taire.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Thomas V. remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

8 commentaires

  1. J’étais parti pour faire du repassage en regardant ce match d’un oeil, j’ai fini à gueuler dans mon canapé. Je n’ose imaginer l’état des slips marseillais.

    Sinon ça fait un petit quelque chose de remporter mon premier concours zoologique <3

  2. C’est pour rester dans l’ambiance bienveillante chère à not’ ministre de l’instruction nationale le 3 de Payet? Faudra voir son évaluation de Décembre mais pour le moment, il m’inquiete, surtout sur ses fondamentaux. Bonne rentrée Mr Lapin?

  3. Allez L’OM, j’ai vu la 34ème minute, Allez L’OM,

    5Onperdcematchonlâchaisletitre5

    Droit au but !

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