OM-Rennes (2-2), La Canebière académie limite la casse

L’OM c’est comme la rocade L2, quand tout sera prêt ce sera sans doute vachement bien.

Aioli les sapiens,

Ces dernières années, le Stade Rennais s’était parfois mis en tête de nous rendre visite à des moments délicats. Rennes, c’est cette fable du renard venant sauver le moineau tombé dans le fumier pour mieux le croquer ensuite, Rennes, c’est l’élection législative qui tombe sur les socialistes juste après une déroute à la présidentielle, Rennes, c’est le flic que tu fais venir chez toi pour un constat de cambriolage et qui tombe accidentellement sur ta culture de beuh, bref, Rennes, ce ne sont pas toujours les meilleurs personnes sur qui compter lorsque l’on veut se relancer.

Et nous relancer, dieu sait que nous en avions pourtant bien besoin ce dimanche. Au sortir d’une rouste aussi nîmoise qu’anale, dans un mercato qui, jusqu’à cet après-midi encore, comportait son lot de moments grotesques, l’impatience était grande de voir l’OM entreprendre enfin sa marche en avant. Oui, mais donc, en face, c’était Rennes.

 

Les transferts

Il n’aura échappé à personne qu’après deux mois de suspense agrémentés d’un tour du propriétaire offert à la Commanderie, Mario Balotelli demeure finalement dans son club niçois. Plus que l’échec du recrutement en tant que tel, pari risqué et dans des conditions en effet inacceptables, c’est la danse du ventre de la direction tout l’été durant, alourdie par une communication plus qu’aléatoire, qui aura fait planer le doute sur le sérieux du club dans cette période de transferts.

Cerise sur le tas de bouse, même le départ de Clinton Njie qui semblait pourtant acquis a été annulé in extremis par le Sporting de Lisbonneduportugal. Officieusement pour cause d’échec à la visite médicale, officieusement parce que les Portugais ont fini par vérifier nos dires sur l’énergumène : « oui oui, Clinton remplacera exactement Bryan Ruiz, lui aussi est d’ailleurs un spécialiste de l’extérieur du pied ». C’est un argument qui pouvait fonctionner avant Youtube.

Bref, pas de grand nom sur le poste de buteur, des postes prioritaires (milieu, latéral gauche) toujours à pourvoir et Njie encore là : au train où allait le mercato, la direction pouvait s’attendre à recevoir sur la tête des quantités de merde à faire fermer toutes les plages de Marseille. C’était sans compter l’effet du râteau niçois sur Jacques-Henri Eyraud, à qui l’humiliation a fait perdre toute son éducation protestante jusqu’à lui faire fondre sa carte bleue pour se passer les nerfs. Voilà comment, en une journée, Rudi Garcia se retrouve avec un Kévin Strootman quasi-prêt occuper la place laissée vacante par André-Frank Zambo Anguissa : un miracle si soudain qu’on en viendrait presque à l’interpréter comme un cadeau d’adieu d’Erzulie.

 

L’équipe

Pelé

Sarr – Rami – Kamara (Lopez, 45e) – Amavi

Luiz Gustavo – Sanson

Thauvin (Njie, 90e) – Payet Ocampos

Germain (Mitroglou, 63e)

Tellement compissés par les crocodiles dimanche dernier qu’ils n’en ont pas fini de se nettoyer, Sakai et Caleta-Car sont remplacés par Sarr et Kamara. Devant, cela reste classique.

 

Le match

Sur la lancées de nos première mi-temps poussives contre Toulouse puis Nîmes, ces quarante-cinq minutes initiales nous voient évoluer sans rythme ni grâce, avec l’entrain du fonctionnaire à qui l’on demande de se remettre à remplir des tableaux Excel alors qu’il lui reste encore de ses vacances des souvenirs plein la tête et un peu de sable dans la raie.

En face, du blocquéquipe mastoc achève de rendre le début de match insipide au-delà d’un amoncellement de coups-francs et corners, à peine capables de faire frissonner les slips chez les âmes fragiles. L’affaire se décante à notre grand dam en fin de période, quand un grand coup de tatane parmi d’autres se transforme en ballon empoisonné pour Kamara. Prenant modèle sur Caleta-Car dimanche dernier, Boubacar se complique un duel au départ très abordable, jusqu’à se faire dépasser par son adversaire comme un alcoolique sous respirateur artificiel. Un déficit d’engagement que n’éprouve pas son compère Adil Rami, qui tente de sauver la situation d’un somptueux hippopotacle : le geste envoie illico Ismaïla Sarr sur orbite, et le ballon sur le point de pénalty. Bourigeaud transforme la sanction d’un contre-pied (0-1, 37e).

Attendue, lamentable et lapinesque, la déroute se précise juste avant la pause, quand Pelé savonne sa prise de balle sur un centre manqué ne présentant aucune espèce de danger. Sarr (toujours le leur, pas le nôtre), se saisit du cadeau et finit l’action en rigolant (0-2, 45e+1).

À la reprise, Lopez remplace Kamara, en difficulté et averti. Maxime prend place dans un milieu de terrain qu’il doit contribuer à dynamiser, pendant que Luiz Gustavo recule en défense centrale. Le jeu n’en reste pas moins brouillon, malgré un surplus d’intensité qui nous conduit à accumuler les corners. Obtenu par Sarr (le nôtre cette fois, pas le leur), l’un d’entre eux est joué à deux par Thauvin et Payet. Le centre de Dimitri atterrit sur Luiz Gustavo, qui place un coup de boule puissant sur le poteau : le ballon rebondit sur le gardien au profit de Lucas Ocampos, absolument vomitif ce soir balle au pied mais toujours aussi précieux lorsqu’il s’agit de se jeter sur la balle comme un berger allemand sur une couille de facteur (1-2, 54e).

Bis repetita cinq minutes plus tard, si ce n’est cette fois-ci que le coup de tête de Rami trouve l’extérieur du poteau. Malchance ? Attendons un peu : un peu plus tard encore, Lucas Ocampos adresse un centre que Mitroglou, nouvellement entré, effleure de son cheveu gras. Cherchant vraisemblablement à dégager en corner, Bensebaini place au fond de ses filets l’amour de coup de tête qu’aucun de nos attaquants n’a encore réussi cette saison (2-2, 72e).

Avec vingt minutes à jouer, l’espoir de vaincre est aussi grand que la crainte de voir les Rennais nous enterrer pour de bon, tant nous laissons des espaces béants en contre-attaque. Fort heureusement, nos adversaires maîtrisent autant que nous l’art délicat de la passe-à-contretemps-qui-salope-une-action, si bien que le match s’achève sans occasion notoire de part et d’autre. Le soulagement d’avoir rattrapé une situation très mal embarquée ne tempère que partiellement l’agacement, l’inquiétude même, de voir l’OM encore si loin du haut niveau, dans l’engagement physique comme dans le jeu collectif.

 

Les joueurs

Pelé (1/5) : Lui ne se blesse pas en prenant un but idiot, ce qui, vu le niveau d’exigence ambiant, suffit à en faire le titulaire du poste.

Sarr (2/5) : À la différence de Tintin, les aventures de Bouna et l’orteil cassé n’ont pas eu grand chose de palpitant.

Rami (1/5) : Cohérent avec sa coupe du monde : l’apport sportif ne saute pas aux yeux mais en revanche, c’est pas le dernier pour la déconnade.

Kamara (1+/5) : Mis sur le banc malgré un bon premier match, il retrouve le 11 de départ et entame d’ailleurs la rencontre sur la lancée de sa dernière performance. Survient alors à la 20e minute le triptyque « faute de concentration – carton jaune – retenue excessive ensuite », qui suffit à transformer notre fougueux espoir en sosie de Jean-Claude Gaudin sous perfusion de daube.

Lopez (45e, 2/5) : L’ardeur de la jeunesse (époque : apprentissage de la propreté).

Amavi (2/5) : Lui aussi, on dirait un discours de Sophie Marceau, on sent bien que les intentions sont là mais c’est brouillon comme pas possible. Et lui n’a même pas un nichon à montrer pour faire diversion.

Luiz Gustavo (2+/5) : On connaît tous l’effet de Luiz Gustavo sur notre libido footballistique, le tout est de connaître son délai d’action. Pour l’instant, en termes d’attente avant érection, on est plus proche du strip-tease de Maryse Joissains que du Viagra.

Sanson (4-/5) : On peut certes lui reprocher l’absence de gestes décisifs, mais en attendant Morgan était partout à la récupération comme à la transmission. Un peu comme une huile d’olive des Baux dans une salade de boulons, ce n’est pas lui qui a rendu le tout immangeable.

Thauvin (1/5) : Beau, blond et bronzé, Florian a un côté Jean-Paul Belmondo. Le souci, ce dimanche, c’est qu’il avait surtout l’air de Jean-Paul Belmondo maintenant.

Njie (90e) : Après son départ avorté à Lisbonne, le Destin exigeait de lui une action de légende, que ce soit le but décisif ou un ramasseur de balle assommé d’un extérieur du pied en touche. Son entrée anonyme fut donc une véritable faute de goût.

Payet (2+/5) : De jolis corners. Pour le reste, il a autant contribué à la construction du jeu que Manuel Valls à celle d’un monde meilleur.

Ocampos (2+/5) : Dans la mythologie, « voir le match de Lucas Ocampos » vient de dépasser « coucher avec sa mère » au classement des meilleures raisons de se crever les yeux. Le bougre s’en sort tout de même avec un but et un centre décisif, ce qui confine à l’escroquerie du siècle.

Germain (2/5) : Phalène Germain a de nouveau papillonné partout sur le terrain, avec une présence et une constances certaines, pour un résultat que même les théoriciens du chaos s’accordent à qualifier d’imperceptible.

Mitroglou (63e, 2/5) : Inverse du précédent, il a adopté la constance et la vivacité du menhir. En termes châtiés, on dirait qu’il a « pesé », sans trop préciser sur quoi.

 

L’invité zoologique : Hamari Traoraie

Poisson cartilagineux, la principale caractéristique de la raie est de ne ressembler à rien. Elle inspire ainsi au baigneur un dédain qui peut être fatal, tant un coup de dard venimeux est vite arrivé. Or, chacun sait que pour éviter la menace que représente la raie, il est primordial de s’en sortir les doigts (de la raie, oui). Les Olympiens ont failli l’apprendre à leurs dépens.

– Les autres : S’ils ont recruté Clément Grenier dans le seul but de nous faire du mal, pour une fois c’est raté. Pour le reste, une brave et honnête équipe qui gagnerait à savoir quoi faire du ballon, particulièrement en contre-attaque.

– Le classement : Promo du mois d’août : pour un match de la peur joué, un match de la peur offert : rendez-vous donc dimanche prochain à Monaco, pas mieux lotis que nous et notre neuvième place.

– Le moment MTVMG : 11 minutes seulement pour voir l’arbitre s’adresser à notre entraîneur en lui disant « maintenant, taisez-vous Monsieur Garcia ». Sans doute un record de précocité, même si la proximité de l’action litigieuse avec les bancs de touche a sans doute abusivement facilité cette performance.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Anthony Ch. remportele concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 commentaires

  1. Encore une acad du meilleur (dé)gout, bravo mais comment se fait il qu’un M.Gauthier constamment aussi dégueulasse passe t’il entre les mailles du filet ?

    • Boh, il a été correct hier. J’aurais pas craché sur une petite obstruction en faveur d’Ocampos en 2e mi-temps, mais dans l’ensemble il n’y a vraiment pas de quoi se plaindre.

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