Nancy – Bastia Borgo (1-0) : la Chardon à Cran Académie ne cherche pas d’excuses

L’ennemi du peuple

Un chat attire toujours la confiance de ses maîtres en minaudant, en effectuant des trucs un peu cons internetogéniques et en montrant ponctuellement (une fois par mois maximum) qu’il est capable d’affection envers ceux qui remplissent sa gamelle. Ce parasite à quatre pattes a la fâcheuse habitude de puer de la gueule, d’énucléer des enfants sans autorisation et de fourrer ses sales poils humectés de sa bave pourrie à peu près partout où il est possible d’en trouver (parfois même il dépose un pull-over entier sorti tout droit de son estomac dans vos godasses, mais faut pas le brûler parce qu’il est si utile contre les… contre les quoi connard, les moineaux ?), mais ce n’est là que bagatelle au regard de sa coutume la plus insupportable qui consiste en chier dans votre cuisine, de préférence au moment où vous prenez votre premier café. Aussitôt l’odeur mais aussi la méchanceté pure et simple de l’acte vous plongent dans une fange d’humeur scabreuse et font remonter certains désirs enfouis de violence gratuite qu’il s’agit encore et toujours de juguler car l’attachante boule de poil a de toute façon déjà déguerpi et il ne vous reste plus qu’à baigner dans votre slip au centre d’une brume triste face au vide malodorant que vous a une nouvelle fois réservé l’existence ce matin.

Albert Cartier, s’il n’appartient pas à cette engeance pseudo-féline vouée à déféquer sur nos plates-bandes tandis qu’elle mâchonne le cadavre d’une innocente musaraigne qu’elle s’apprête à déposer sur la seule chemise propre que vous possédez, partage néanmoins certains attributs du bouffeur de Sheba : un sens de l’orientation digne d’un manche de pelle bourré dans une fête foraine moldave, l’autonomie en apparence bien aiguisée mais en réalité la débrouillardise d’un patron du CAC40 quand il doit afficher un bilan positif sans l’aide des deniers publics, l’expressivité d’un Anglais au pinacle de son hommage à la charogne d’une charogne couronnée.

Mais Albert se réserve le droit suprême d’aller encore et toujours plus loin dans l’ignoble et, lui aussi, de déféquer une mare nauséabonde au beau milieu de la table du repas dominical avec la décontraction qui caractérise les imbéciles heureux qui croient bien faire quand ils se pensent agir librement avec l’aval de patrons voyous. D’ailleurs il paraît que ce monticule de fumier nommé Gautier Ganaye repointe le bout de son mufle à Picot après deux victoires, comme par hasard. On a envie de s’incliner devant tant de noblesse de la part d’un modeste chef d’entreprise. Albert l’Obscur, donc, se prétend l’auteur génial du plan machiavélique à trois bandes qui permet à l’AS Nancy-Lorraine de remporter des matchs consécutifs, chose il est vraie inédite depuis des temps immémoriaux. Il reste à nos services d’investigation à déterminer s’il s’agit là d’une technique afin de nous planter ultérieurement un couteau dans le cœur plus tard quand on commencera à parler de remontée ou si, rétrospectivement, il se pourrait que peut-être mais nous n’en sommes pas encore certain, on joue contre des grosses buses que même le Nancy Handball pourrait battre un pied attaché dans le dos parce que le même esprit cosmosatanique génial à la poésie métaphysique nous a propulsés d’un geste lyrique dans des profondeurs plus abyssales que son âme.


Le match

L’euphorie de trop de victoires ne devrait pas effacer le constat inaugural qui s’est imposé à nous de toute évidence au terme du premier quart d’heure de jeu : ces braves indépendantistes nous en ont fait baver des ronds de chapeau à force de nous presser et de rivaliser d’envie, faute d’un talent supérieur pour la chose footballistique, avec nos joueurs. Ceci dit, une défense quoique remaniée en raison des blessures et guidée par l’aura bienheureuse de l’auguste Martin Sourzac a fait montre d’un talent certain pour ne pas encaisser de but, et sans y être pour grand chose s’il vous plaît, car comme on l’a vu, à l’envie des gars d’en face ne s’ajoutait pas la moindre capacité à viser Pierre Ménès dans un couloir.

Une fois ces effusions quelque peu douloureuses passées, Nancy pourrait reprendre le contrôle sur le match selon un cliché en vogue qui voudrait que lorsqu’une équipe se révèle incapable de produire du jeu, c’est parce que l’adversaire est en maîtrise. Vaste blague illustrée par la capacité très relative de nos avants à se créer des occasions franches ou du moins de faire exprès de s’en créer, ceci en dépit de quelques situations intéressantes sur coups de pied arrêtés. Les monteurs de sangliers touchent la barre sur un contre, la menace du couperet plane toujours, le doute n’est jamais loin : une soirée ordinaire à Picot.

On voit quand même un centre presque réussi de Gaëtan Bussmann en seconde période, chose qui augure le retour de la sécheresse, des orages ou des deux à la fois dans des proportions dantesques et ça ne rate pas : quelques instants plus tard, Lenny Nangis se sent pousser le sens de la passe de Paul Pogba et transperce toute la défense d’une ouverture dont Lamine Cissé ne tarde pas à se saisir pour aller défier le gardien adverse. La défense ne l’entendant pas de cette oreille, il est sévèrement découpé par une double prise qui ne vaut ni carton rouge ni scandale arbitral, on se demande bien pourquoi (réponse : parce que vous êtes tous tarés avec l’arbitrage, laissez les bosser et appelez Le Graët à la démission).

Signe indubitable que les choses vont mieux en Lorraine libre, on ne laisse pas Cissé prendre le ballon pour « se faire justice lui-même » et c’est au contraire le brave Lenny, auteur d’un super match, qui transforme la sentence et nous offre trois nouveaux points qui font plaisir en dépit de notre rancune tenace contre l’abominable Cartier qui a encore dégueulé ses croquettes sur le tapis.


Les notes

Sourzac 4/5
Sort des arrêts majestueux, plie le ballon à sa volonté, compte sur l’aide de ses poteaux et barre dans des moments opportuns, aime l’ASNL, ne viole pas de mineures.

Etchevarria 2/5
On va lui facturer les lettres de son nom à force, parce que en terme de rapport présence/utilité, on aurait mieux fait de toutes les garder pour le scrabble du dimanche.

Mendy 3/5
Oui monsieur.

Pellegrini 3/5
La bonne surprise car on se croyait dépourvu à ce poste mais il a pour l’instant tenu son rôle, certes contre des reboucheurs de taupinières, mais quand même.

Bussmann 2/5
N’a toujours pas changé sa bio Twitter de la honte et cherche à obtenir les bonnes grâces de son supérieur direct sans se soucier du regard aiguisé des supporters qui observent avec la plus grande attention ses centres au poteau de corner et ses frappes qui atterrissent au mieux sur le poteau.

Ndoye 3/5
Il pourrait sortir des matchs au niveau de Michael Essien qu’on assumerait notre mauvaise foi de bout en bout en mettant toujours une meilleure note à la production locale, c’est comme ça, c’est le tarif.

El Aynaoui 4/5
Parlons-en, tiens, du régional de l’étape : dépassement de fonction dans des moments-clé, acquittement appliqué de ses tâches en temps normal, ne va pas au clash avec son club à l’intersaison pour signer dans un sous-club de L2 alors que le staff compte sur lui… il ne sera peut-être pas le prochain Clément Lenglet mais il a déjà un truc de plus que beaucoup d’autres.

Nangis 5/5
Le match référence qui sanctionne une belle dynamique. Non content de nous avoir donné la victoire avec un péno pourtant pas très bien tiré, le bon Lenny ne rechigne pas à l’effort et semble capable de mener un ballon d’un point A à un point B volontairement sans chercher à révolutionner l’axiomatique. Modestie et réussite, des valeurs qu’on apprécie en ces temps obscurs.

Cissé 2/5
On n’arrive jamais à se décider pour savoir s’il en fait trop avec peu de talent ou si c’est le Robben blanc contrarié par des petits déchets de jeunesse (des déchets dans son jeu, on ne parle pas de ses coéquipiers. Enfin, pas tous).

Sakho 1/5
Non, alors non. On veut bien reconnaître des choses occasionnellement, parfois excuser vos vilains atavismes et fermer les yeux sur vos origines mais si vous produisez ce genre de match auquel il ne manque qu’un contre-son-camp pour réveiller notre racisme anti-grenat, on vous inscrit à la newsletter féministe de la France Insoumise, mon gros.

Robinet 4/5
La combativité d’une escouade ukrainienne sans même l’aura de BHL, le coffre d’une division blindée russe sans le crédit à la famille Le Pen. Il se pourrait qu’on l’aime assez vite beaucoup s’il reproduit ce genre de matchs, et sans comparaison honteuse cette fois.

 

Marcel Picon

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