Nancy-Versailles (0-2) : La Chardon à Cran académie regarde en l’air

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attention à la chute dans le puits

La spirale. Tu ne la voyais pas venir, tout à ta contemplation d’un ciel de traîne pas loin du sublime qui était en fait l’extrémité cachée d’un de ces atroces excroissances de tempête. Les perturbations avancent en boucle comme l’hippopède d’Eudoxe, servent parfois la soupe deux fois au détour d’une rotation accélérée. Les petits mouvements arrondis ont cette tendance à attirer la sympathie avec leurs jolies boucles blondes et quelque ondulation moutonnante. Regarde : un ballon par exemple. Il tourne, tourne, roule au ralenti et titube penaud à tes pieds jusqu’à l’arrêt complet, l’illusion du contrôle. C’est mignon, un ballon. Ça paraît innocent, comme ça. On ne se doute pas que sa surface de contact avec le reste de la matière enferme toute la violence, la cruauté et la bêtise du monde et que c’est précisément à ce point là qu’un fabriquant cynique a collé l’écusson de ton club. Toi, tu es la matière dans laquelle est imprimée l’infamie pour toujours, la poisse malléable que l’on fait durcir au four pour fabriquer de jolis bougeoirs aux enfants. Si tu portes un message, c’est certainement un slogan inventé par Laurent Wauquiez ou la traduction en néerlandais de la notice de ce vieil aspirateur de table défectueux qui recrache les miettes de fromage au lieu de les garder. Pour l’espoir, on te verra au salon de l’humour.


Le match

Hérésie et démagogie ont porté cette équipe jusqu’au plus hautes sphères de l’espoir lorrain, là où on avait oublié que la marche était trop haute à force de ne voir que le mur. Ce serait oublier que Benoît Pédretti compose avec un groupe pré-rincé par une pré-saison plus occupée à s’inquiéter de savoir s’il n’allait pas devoir faire jouer des phacochères et ses enfants avec le maillot frappé du chardon dans des divisions champêtres où le terrain penche d’un côté et le gazon est coupé une fois par mois à la serpette. Ce serait oublier que Gauthier Ganaye est un grandissime enfant de personne sans organe ni moralité et qu’il participe, en bon macroniste, à la rétractation pénienne généralisée en France qui conduit à cette vertigineuse baisse de natalité (tant mieux, d’un côté : disparaissons). Ce serait oublier encore qu’Albert Cartier… eh bien Albert Cartier. Ne mérite même pas une vraie phrase.

Aussi donc on assiste à tout ce que le football a de plus cruel car nos joueurs ne réalisent même pas un mauvais match et semblent dirigés par un plan tactique raisonnable, mais l’évidence frappe par deux fois : à trop vouloir défendre sans oser bousculer qui que ce soit, on pratique un football de sainte-nitouche fringué en costard de couille molle avec de l’argent sur son compte en banque. Ça devrait être l’inverse vu que c’est Versailles en face, mais il faut croire que les bourgeois consanguins sont dans le fond assez mal élevés puisque ce sont eux qui nous balancent des gnons. On les regarde ouvrir le score et on obtient un péno dans la foulée, hélas expédié sur la barre par Gomel. Peu de temps après, on les regarde d’un peu plus loin mais cela ne les décourage pas. La défense qui fronce les sourcils ne fait pas craindre grand chose à l’oppresseur possédant, ça l’amuse, même. Le voilà qui frappe de loin et qui transperce le gardien du club prolétaire sans management horizontal ni actionnaires bienveillants pour la planète.

Avec deux buts de retard, le public venu en masse se la boucle à l’unisson avec les joueurs, qui souhaitent sans trop parvenir à le masquer à nos yeux de se faire vite faite renvoyer dans leurs doux foyers par le coup de sifflet de l’officiel. Pendant ce temps-là, derrière nos écrans, on ne se caille peut-être pas les couilles ni ne ressent la fatigue de galoper après son triste sort, mais on ne souffre pas moins à la vue de ce pénible spectacle. Eh, c’est pas de votre faute, on a juste ça chevillé au corps.


Les notes

Sourzac 2/5
Pas le retour souhaité pour l’âme damnée et aimante de l’équipe. Des jours meilleurs viendront.

Carlier 1/5
Ah le malheureux, il a perdu son sens commun au point de retourner le flingue contre sa propre famille. Le moment où il a pressé la détente nous a fait plus mal qu’à lui mais en dernière instance, le couperet de la note lui retombe dessus : double peine.

Pellegrini 2/5
Seul quidam à employer la violence dans son équipe de moutons, il ne prendra pas pour les autres dans ces lignes. Au bout du compte, la défaite est la même pour tous mais on a voulu lui rendre plus douce.

Bussmann 1/5
Non.

Tayot 2/5
Qu’est-ce qu’il y a sous ton grand chapeau. Voilà, c’est con mais il fallait la faire, ça soulage.

Delos 2/5
Pourquoi tu marques plus de buts ? C’était bien.

Carnot 2/5
Bien mais pas top, disons qu’il porterait bien son nom si un joueur nommé Stanislas (ou Youssouf Hadji) le côtoyait.

Gomel 1/5
C’était pas ton jour ok, mais fallait pas nous le gâcher non plus.

Nangis 3/5
Le gros pépère a tout donné et ce tout au long du match, contrairement à quelques petits caniches hémophiles que l’on ne nommera pas.

Cissé 2/5
Il a semblé bien seul comme cette dame qui attend toujours l’amour dans son cabriolet BMW à l’angle de la place de la Commanderie (oui elle n’est plus là depuis longtemps, je sais. Mais c’est pas l’amour qui l’a emportée).

Farade 1/5
Un point par ballon touché, grossièrement.

Marcel Picon

1 réflexion sur “Nancy-Versailles (0-2) : La Chardon à Cran académie regarde en l’air

  1. Bien content de ton retour en nationale fanfare monseigneur Picon !!!
    Quelle belle prose crépusculaire pour enjoliver notre karma asanalien au parcours et football toujours aussi lunaires…!
    C’est aussi beau que du John-Olivier-Arthur Rambo, bravo…

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