Nîmes-Dijon (2-0) : La Crocro Académie remonte le temps

Sex, drugs and Téji Savanier

L’analepse

Avril 2016 – Noir. Une rue, la nuit. Une devanture de bar, à Paris. Un homme, ivre, titube sur le pavé en répétant la même phrase « On est en Ligue 2, collègue ». Il finit par s’affaisser sur le trottoir, la tête rentrée dans les épaules. Comment il rentra chez lui ce soir, l’histoire ne le dit pas.

Dans les moments euphoriques ressurgissent les souvenirs douloureux. C’est presque automatique. Les victoires du NO cette saison m’ont toujours fait revivre les galères passées, m’ont toujours fait marché dans les godasses de celui que j’étais quelques années auparavant. Parfois, dans cette brève métempsycose, se jouait quelque chose de l’ordre du sublime. Cette victoire à la maison contre les adeptes de la moutarde qui nous assure a priori le maintien dans l’élite m’a ainsi replongé dans le Nîmes-Lens de 2016, match que j’avais maté à la télé, exilé loin de mes chères terres languedociennes, relégué dans un environnement hostile où l’amateur de foot lambda portait un maillot floqué «Ibrahimovic». Ce match, qui officialisait le maintien des Crocos en Ligue 2, fait figure aujourd’hui d’acte de naissance d’un groupe et d’un entraîneur. La saison avait démarré avec les neuf points de pénalité infligés au club pour de sombres histoires de paris et de vin rouge. Mais le NO est éternel, n’en déplaise à ces pitres de la Ligue. A l’époque, une bien belle acad’ avait été pondue. Merci à Johnny Précaire pour le souvenir.

Back to the future. BB nous sort une compo un chouille différente du match à Nantes, avec Bobichon positionné plutôt en ailier reculé, façon Matuidi en EdF ou quelque chose comme ça. Un 4-2-4 avec un ailier reculé, à moins que ce ne soit un 4-4-2 avec Thioub en électron libre ? Toujours est-il qu’on se retrouve avec ce bellâtre de Baptiste Guillaume titulaire pour la deuxième fois d’affilée, avec le croqueur en chef Bouanga qui lui tourne autour.

Bernardoni

Alakouch – Briançon – Landre – Maouassa

Thioub – Ferri – Savanier – Bobichon

Bouanga – Guillaume

LE MATCH

On est bien. On est même très bien. C’est pas un immense match au niveau technique mais c’est nous qu’on tient la gonfle. Deux premières grosses situations : un débordement de Bouanga qui échoue d’un poil de bite à suffisamment redresser son centre en retrait ; un décalage pour Bobichon qui vendange, puis un rush de Thioub bien lancé par Bouanga, qui tire en angle fermé. On notera aussi que Baptiste Guillaume, après un choc, se retrouve affublé d’un bandage sur l’ensemble du crâne, ce qui ajoute une touche comique à son match assez quelconque.

La lumière arrive finalement par Téji « Couille » Savanier. Sur une récupération au milieu de terrain, Ferri glisse le ballon dans l’espace, TJ s’avance sur quelques mètres et voit le gardien parti cueillir des pâquerettes : ni une ni deux, sa frappe est limpide, tendue comme un string, et  Bobby Allain ne peut qu’esquisser un plongeon de type « otarie échouée sur la banquise » en accompagnant du regard le ballon qui vient mourir dans son but, tandis que le stade exulte (1-0, 28e minute). Punaise. Merci, couille.

La fin de la mi-temps s’écoule avec une certaine maîtrise côté rouge. La prestation assez transparente de Guillaume est parachevée au retour des vestiaires lorsqu’à la suite d’une frappe de Bouanga repoussée, il nous offre un raté, mais alors, tellement énorme qu’on pourrait le qualifier de mitroglesque. Le ballon finit sa course sur l’autoroute et mon doigt finit métaphoriquement dans le cul de sa connasse de mère.

Juste avant, Bernardoni nous avait gratifié d’un arrêt réflexe hallucinant sur une tête à bout portant du gros Julio Tavares. T’es vraiment sûr que tu dois repartir à Bordeaux, Paulo ? Quelle tristesse…

La seconde mi-temps n’est pas complètement maîtrisée, même si on sent les rouges supérieurs. Il faut attendre la fin du match pour la libération. Et quelle libération : Bobichon hérite de la balle plein centre après une récupération de Maouassa, se retourne et envoie instantanément une mine dans la lucarne droite, ajoutant une ligne à sa légende personnelle. Une fée du football s’est un jour penchée sur son berceau en prédisant « tu ne marqueras que des buts sublimes, Antonin. C’est pour compenser ton nom, vu que personne te prendra au sérieux ». Merci à elle (2-0, 83e minute).

LES COLLÈGUES

Bernardoni (4/5). Julio Tavares a déclaré après le match : « J’ai marqué le but mais Bernardoni l’a arrêté ». Gordon who ? On va te regretter, punaise.

Alakouch (4/5). J’insiste, mais une saison ou deux de plus dans les pattes au même rythme de progression feraient de lui un très très bon. Une aisance balle au pied assez jouissive, malgré toujours quelques oublis.

Briançon (3/5). Oui, sur l’ensemble du match il a mis Tavares dans sa poche MAIS sur l’action qui débouche sur l’arrêt monstrueux de Bernardoni, notre ami Tonio le lâche au marquage, alors voilà. Allez, tu es déjà l’égal de Gérard Piqué, plus qu’un petit effort et tu seras aussi fort que Stéphane M’bia.  

Landre (3/5). Ben ma foi, pas mal.  Pas de tacles de fada, pas de gros retard de placement, qu’est ce que tu nous fais là ?

Maouassa (4/5). Très solide. Propre dans les remontées, tranchant balle au pied.

Ferri (4/5). Evidemment, quand tu te pignoles sur un joueur qui ne jouait plus à Lyon, tu te dis que ton club n’est pas un cador. Mais on s’en branle, non ? En ce qui me concerne, si on pouvait garder Jordan une saison de plus, je signe de suite.

Savanier (5/5). De la classe. De la hargne. De la vista. Du coffre. De l’amour. Prolonge, Téji, par pitié. A ce rythme-là, dans 5 ans tu auras ta statue devant les arènes à côté de Nimeño.

Bobichon (5/5). Positionné en ailier, rôle peu habituel pour lui. On a vu qu’il n’avait pas les réflexes, mais il a bien compensé par sa qualité de passe. Et puis il y a surtout ce but sublime, ce coup de rein suivi d’une lourde dans la lucarne. Un jour, il y aura des vidéos « Antonin Bobichon’s skills » sur Youtube.

Thioub (3/5). Plutôt bien, en tout cas souvent dangereux, et jamais avare d’effort défensifs.

Bouanga (3/5). Pas dégueu ce soir, il aurait mérité mieux sur son déboulé en début de match, et il est impliqué dans pas mal d’actions dangereuses.Remplacé par Ripart, qui a eu le mérite de faire expulser Haddadi. 

Guillaume (1/5). Une blessure, un raté et puis c’est à peu près tout. Remplacé par Alioui à l’heure de jeu, qui a apporté plus de présence.

Allez la bise, té

Karoud

Karoud Fider

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