OM-Bastia (1-0), La Canebière académie se décrispe

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Aïoli les sapiens,

Disons-le tout net : la saison est réussie voire, n’ayons pas peur des mots, est allée au-delà de nos espérances. Ces deux illustrations devraient en convaincre les plus réticents, voire porter un coup fatal à la progression de l’athéisme dans nos contrées tant, comparé au mois d’août 2016, le résultat en mai 2017 relève du miracle le plus irrationnel.

En dix mois, nous sommes par exemple passés de cela à ceci…

 

… et que dire de ceci.

 

Entamée avec la quasi-certitude de vivre une galère confinant à l’agonie, la saison s’est d’abord éclaircie à la constatation du nombre de clubs parvenant à être encore plus nuls que nous. Suivi de recrutements prometteurs, le rachat est venu augurer de lendemains heureux ; vinrent ensuite les confrontations contre Paris et Monaco dont nous sortîmes avec l’anus en feu, certes, mais toujours en vie et déjà ambitieux. L’Europe est devenu un objectif de la saison, que cette ultime victoire contre Bastia est venue valider. C’est une performance qui se savoure, mais qui engage : avec un effectif qui s’annonce étoffé, nous ne devrons viser pas moins que :

– la 2e place en championnat : si l’on peut tolérer un certain temps pour rattraper Monaco, c’est un devoir d’aller chercher Lyon et Nice. De toute façon, le Projet® ne peut se passer de qualifications régulières en Ligue des Champions ;

– NB : si jamais, pour une raison inimaginable, le PSG n’était pas relégué administrativement en Ligue 2 suite à la révélation de sa fraude fiscale, l’objectif précédent pourra être abaissé à la 3e place ;

– la qualification pour les groupes de Ligue Europa : le Projet® ne peut se passer de confrontations régulières à haut niveau ;

– un parcours enthousiasmant dans l’une des trois coupes (France, Ligue, Europe) : le Projet® ne peut se passer d’exaltation ;

– une influence accrue dans les instances de la LFP : le Projet® ne peut se passer de pénaltys ;

– si ce n’est pas trop demander, quelques victoires de prestiges contre Lyon : le Projet® ne peut se passer de finir par niquer leurs mères (NB : au cas, tout à fait improbable certes, où le PSG ne serait pas relégué en raison de sa fraude fiscale, il sera de tout aussi bon ton de niquer leurs mères également).

 

Avant un bilan plus détaillé de la saison, revenons sur ce match qui nous aura valu les remerciements de la Ligue 1 entière en dispensant ses sociétaires de déplacements à Furiani la saison prochaine.

L’équipe

Sertic est blessé, et Sakai revient de suspension. Le changement le plus notable reste la titularisation de Cabella à la place de Payet, suspendu.

 

Le match

Devant l’emporter pour assurer son maintien, Bastia campe pourtant dans son camp sans autre ambition que d’attendre les faux-pas de ses concurrents au maintien. Il en résulte une domination olympienne aussi totale qu’inefficace, et une crispation croissante à compter du quart d’heure et de l’ouverture du score de Bordeaux à Lorient, qui nous prive alors de la 5e place.

L’OM se procure des occasions par grappes, avec quelques brèves séquences de pression sur le but bastiais au milieu d’une première période globalement calme. La palme du sabotage revient une fois de plus à Morgan Sanson, dont le bégaiement face au but n’est pas sans évoquer nos plus grands acteurs comiques.

Quand le but se révèle à Morgan Sanson.

Côté bastiais, pas grand-chose à signaler si ce n’est quelques contre-attaques qui, mieux négociées, auraient pu s’avérer tout à fait slipométriques. La seconde période est du même acabit, entre domination olympienne permanente, pénurie d’occasions et a fortiori de but, et contre-attaque bastiaise vaguement menaçante (le pluriel est ici superflu).

C’est en voyant ce que se permet Rolando que l’on peut s’interroger sur la volonté réelle de Bastia de rester en Ligue 1.

Au moment où chacun se résigne à vivre une fin de rencontre pénible et à l’issue potentiellement navrante, l’impensable survient. Brutal, jouissif, apaisant, à l’image de ce contrôle fiscal pendant lequel, après 1h15 passée à éplucher factures et fiches de paie, l’inspectrice pose ses lunettes carrées puis, sans un mot, grimpe à genoux sur le bureau et va déboutonner l’usager du Trésor public pour lui prodiguer une fellation (NdA : je ne me souviens plus du film auquel ce scénario me fait penser mais je suis à peu près certain qu’il n’a pas été primé à Cannes). Ainsi, Lorient égalise contre Bordeaux tandis que, après une jolie combinaison avec Thauvin, Lopez dépose un centre sur la tête de Gomis : Leca est pris à contre-pied (1-0, 74e).

Relégable du fait de ce but, Bastia réagit par ce qui n’était pas loin d’être son jubilé en Ligue 1 : en lançant une générale (bien aidés par Vainqueur, il est vrai). Le sang-froid arbitral prive les Corses du carton rouge qui manquait pour que leurs adieux à l’élite aient vraiment de la classe. Au lieu de cela, tout le monde se calme et, si les changements défensifs de Garcia amènent nos adversaires un peu plus souvent à proximité de notre surface, plus rien de notable ne se produit : les Olympiens peuvent partir en vacances avec le sentiment du devoir accompli. Quant à savoir lesquels embarqueront de nouveau avec nous la saison prochaine, c’est une autre histoire…

Les joueurs

Pelé (3-/5) : Une relance anale pour pimenter un peu l’une de ses clineshiteu les plus aisées de la saison.

Fanni (2/5) : Le plus rigolo, ce sera l’an prochain au premier pénalty concédé par Laurent Koscielny pour avoir frôlé l’avant-centre de la narine gauche : « vous vous souvenez, avec Rod Fanni au moins on ne prenait pas de but ».

[NdA : cette appréciation a été rédigée juste avant que le défenseur susnommé ne pète ma vanne et un tibia adverse pendant Arsenal-Everton]

Rolando (3/5) : Toujours sa lenteur légendaire au démarrage, ce dont n’ont pas su profiter les Bastiais.

Sur coup de pied arrêté en revanche, quand Rolando a le temps de se lancer, eh bien il se lance.

Sakai (4-/5) : On peut louer sa force mentale, grâce à laquelle nos quolibets de début d’année n’ont pas touché sa chair de Nippon. Peu ennuyé hormis deux petits-ponts anecdotiques, et fort intéressant dans ses combinaisons offensives, il lui manque juste un peu plus de témérité en un-contre-un.

Evra (3-/5) : Une première mi-temps à se demander s’il avait réellement récupéré de sa gastro, avant de faire parler expérience et sang-froid pour assurer la seconde.

Vainqueur (4+/5) : Des récupérations autoritaires y compris en pleine surface, un souci de se projeter en attaque, et en petit bonus un engrainage de bon aloi. Un exemple de ce que l’on veut la saison prochaine… avec toi ?

Vouloir calmer William alors qu’on commençait juste à s’amuser… Rudi Garcia est un rabat-joie.

Lopez (4+/5) : Le genre de lycéen qui tourne autour de sa prof de français toute l’année scolaire, et qui se décide à lui rouler une grosse pelle le dernier jour avant les vacances. Il ira loin, ce petit.

Zambo Anguissa (83e) : Après la nouvelle réussite de son sort de titularisation éternelle, nous ne saurons trop conseiller à Erzulie de prendre un mois de repos bien mérité. En fonction des recrutements qui seront effectués pour la saison prochaine, il se pourrait bien que l’on assiste au tout premier cas documenté de burn-out chez les dieux vaudous.

Sanson (2/5) : Peu en vue, sauf quand il crève l’écran en vendangeant une nouvelle occasion. A son poste, l’inefficacité devant le but c’est un peu comme les convictions écologistes dans un gouvernement : une tare légèrement gênante mais qui sera vite corrigée par le staff.

Doria (87e) : Dieu seul sait ce que la saison prochaine lui réserve, mais il restera à jamais la Salière de Botafogo, celui qui a mis les Lyonnais dans la saumure.

Cabella (2+/5) : Il a fait de son mieux, avec le seul tort de devoir faire oublier Payet.

Njie (67e, 2/5) : Entrée relativement anonyme de Njio le Sconse, qui aura traversé la saison sans autre fait d’arme que d’avoir calmé Furiani au match aller. On ne pouvait décemment pas infliger la même punition aux Bastiais au retour, la relégation et les matchs à huis-clos sont largement suffisantes. Oui, même pour eux.

Encore que Clinton mériterait de faire un bout de chemin supplémentaire avec nous, ne serait-ce que pour se rappeler d’où l’on vient.

Thauvin (4/5) : Pas de coup d’éclat décisif : il s’est contenté de pisser continuellement sur la défense. Sereinement, sans haine, et pour notre plus grand plaisir.

Gomis (3+/5) : Une parfaite imitation du yucca en pot pendant la totalité du match, à une exception : cette 74e minute où il plante le but en toute décontraction. C’est assez énervant, surtout pour l’adversaire.

L’invité zoologique : Gaël Daniche.

Comme le rottweiler, il est agressif, aboie fort. A la différence du rottweiler, il se fait renvoyer à la niche à coups de pied au derche après s’être fait tondre et parfumer. Le caniche est l’invité approprié pour parler de notre adversaire lors de ce match et, plus globalement, de toute la saison.

– Les autres : Ca sentait très fortement la résignation, tout de même.

– Les images : Petite fête de fin d’année.

– Le classement : Cinquièmes, donc, tel est notre classement ferme et définitif (à moins cependant que la LFP ne rehausse tout le monde d’une place quand elle aura relégué le Paris-Saint-Germain pour fraude fiscale).

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Homerc remporte le concours zoologique. Résultats du classement général dans le prochain bilan de fin de saison (il y aura un prix spécial du jury, mais chut…).

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

19 commentaires

  1. Ciao le sconse et merci pour rien.

    Quelle galette encore du petit Lopez.

    C’était une putain d’incroyable belle saison.

        • Garder la forme en y mettant les formes, ce style inimitable est bien plus qu’une signature, une raison d’être à conjuguer à tous les modes et tous les temps.

  2. « il lui manque juste un peu plus de témérité en un-contre-un. »

    Sakaï ne serait pas assez… kamikaze ?

  3. Bravo et merci Blaah de nous avoir accompagné durant toute cette année dite de transition et qui nous aura vu finir à une belle 5ème place. Une place d’honneur qui nous aurait déçu il y a quelques temps mais qui parait inespérée cette année lorsque l’on repense au début de saison. Assez heureux de constater le sérieux de la nouvelle organisation en place, ça va nous faire bizarre de vivre une intersaison sans scandale ni remous autre que les actualités du mercato. Heureusement la presse aura de quoi s’occuper cet été avec la relégation administrative du PSG en ligue 2, dossier positionné tout en haut de la pile de nos instances gouvernementales.

  4. merci pour la chair de Nippon et pour l’ensemble de ton oeuvre cette année.

  5. Un grand merci pour ta ténacité et ton (Danny) brio. La saison fut longue mais cette académie à su la sublimer. Elle fut sublimanal.

    Au fait pour la récompense spéciale du jury je sais à quoi vous pensez mais sachez que je refuse. Je pense qu’elle doit aller à quelqu’un de plus méritant que moi. Merci quand même. Tchousse.

  6. Le commentaire sur Sanson: pas mieux.

    Merci beaucoup pour ces académies.

  7. Un franc merci pour ton travail et ta capacité à faire passer les coups les plus chiants de cette saison plus facilement. Sur ce, je me tire.

  8. Blaaah, j’espère que tu seras encore l’année prochaine et celles d’après. En te lisant je me dis que l’on a de la chance que tu REPRESENT la Canebière Académie.
    une groupie un peu poilue…

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