OM-Braga (3-0), La Canebière académie déboîte dans la sérénité

C’est vrai, elle est finie cette phase de poules à la con ? Vous êtes certains ? On peut se mettre à jouer sérieusement alors ? Soit.

Aïoli les sapiens,

Fluide et sereine comme un slalom olympique (pour un nombre de spectateurs à peu près équivalent), la performance de l’OM a vu nos héros maîtriser leur sujet du début à la fin : esquivant les obstacles, déjouant les pièges, alliant l’élégance des trajectoires au tranchant des attaques, l’OM conclut ainsi la première manche avec une avance déjà confortable – pour peu que l’on s’abstienne de se casser la gueule dans la seconde. Au cours de ce mois de février que je n’aurai pas peur de qualifier de Dantesque®, l’OM a su fournir la dépense physique nécessaire pour s’éviter une dépense nerveuse préjudiciable.

 

L’équipe

Pelé

Sarr – Rami – Rolando – Amavi (Sakai, 58e)

Lopez – Luiz Gustavo

Njie – Payet (Zambo Anguissa, 78e) – Ocampos

Germain (Thauvin, 70e)

La blessure de Mandanda contre Saint-Etienne force la titularisation de Pelé. Pour le reste, Garcia remanie son équipe dans des proportions acceptables, en préservant Sakai, Thauvin, Sanson. Et Mitroglou, aussi, oui, si l’on veut.

 

Le match

Vous vous souvenez de la phase de poules, de ces longues minutes d’ennui passées par notre équipe à se tripoter mollement en attendant que ça se finisse plus ou moins bien en fonction des aléas de la rencontre ? Vous vous en souvenez ? Parce que nos joueurs, eux, non. La horde sauvage agresse d’entrée les touristes portugais, si bien que Bouna Sarr vient contrer un dégagement quasiment à la ligne de but adverse. Payet en profite pour  adresser un centre tendu dans les 6m, que Germain reprend en surgissant dans le dos de son défenseur (1-0, 2e).

Malgré des réglages défensifs à parfaire et une propension hélas retrouvée à ne jouer les corners qu’à deux, l’OM ne relâche pas son effort. Pressés comme une soupe de roche dans un torchon, nos adversaires ne doivent qu’à leur gardien de ne pas sombrer. Celui-ci vient s’opposer à Lucas Ocampos, seul dans une défense apathique, puis met en échec Sarr en angle fermé, et se fend enfin de ce que l’on nomme dans le jargon la raie du soir en sortant superbement une volée limpide de Njie. Quand l’énergumène en vient enfin à être battu, c’est tantôt un défenseur qui vient le suppléer sur la ligne (Njie, à la réception d’un très beau mouvement), tantôt la transversale qui vient s’opposer à nos desseins (Payet, sur coup-franc). Aussi dépassés soient-ils dans le jeu, les Portugais se chargent cependant de nous rappeler, au travers de deux actions slipométriques, que l’accident reste toujours possible.

Le début de la seconde période est plus laborieux, ce qui s’explique aisément vu les efforts entrepris au cours des 45 premières minutes. Dans une attitude plus gestionnaire, l’OM est parfois dominé, mais la défense et Pelé écartent les quelques menaces sans trop de souffrance. Notre second souffle ne tarde pas à survenir, validant ainsi les préceptes de notre préparateur physique Paolo Rongoni : « si ma méthode ne te tue pas, elle te rendra plus fort. »

Or donc : ça presse, ça tacle, ça récupère, ça harcèle, si bien que les occasions font leur retour. Un amour de centre de Payet est repris par Ocampos d’un somptueux extérieur du pied-kung-fu, un geste qui aurait sans nulle doute mérité d’être élu plus beau but de la soirée si seulement le gardien n’avait pas eu l’idée d’interposer sa vilaine trogne devant le ballon. Après sept minutes d’interruption et la transformation du portier en sosie nasal de Gérard Depardieu après trois litrons, le jeu reprend par une touche olympienne. Nous avons tout le loisir de déployer notre action, ce qui autorise Maxime Lopez à lancer Hiroki Sakai. Sur son mauvais pied, le Japonais tente la méthode clintonjiesque, à savoir le fameux extérieur du droit grotesque. L’hommage d’Hiroji à Clinton est complètement raté, puisque cet extérieur s’avère tout sauf ridicule : il s’agit bien d’une passe parfaite pour Germain, qui reprend sans contrôle (2-0, 70e). Bilan de ces sept minutes : au lieu d’encaisser un but somptueux, le gardien se fait fracasser le pif, se fait soigner, et encaisse un but sympa sur la remise en jeu. Cela en valait vraiment la peine.

Germain peut sortir fêter son doublé, et laisse la place à Thauvin. Celui-ci commence par exécuter un double une-deux avec Lopez, qui l’amène au cœur de la surface finir le tout une main dans le slip (3-0, 74e).

L’essentiel étant acquis, le seul enjeu de cette fin de match consiste à éviter, dans l’ordre : le but à la con, les blessures, les cartons. Tous ces objectifs sont atteints sans trop de peine face à des Portugais exténués, et qui auraient même pu repartir avec leur bagage alourdi de quelques buts. Le gardien, toujours lui, ainsi que la mansuétude de l’arbitre autorisant les défenseurs à déboîter Sarr puis Ocampos en pleine surface sans préjudice, maintiennent le score à ce niveau qui reste tout à fait acceptable en vue du retour.

 

Les joueurs

Pelé (3+/5) : Comme le vier marin, il est incapable de faire marche arrière, ce qui n’est pas sans entraver sa capacité d’intervenir sur les centres lobés. Cette pinaillerie mise à part, son match a consisté en un jeu au pied toujours serein agrémentée d’une jolie sortie-mastic sur un centre vicieux.

Rami (4/5) : Les joueurs de Braga n’ont pas été dépaysés en constatant que nous aussi, nous avions un rocher de 20 mètres de haut et 120 000 tonnes dans le stade. Sauf que nous on n’est pas cons, on l’a mis devant le but.

Rolando (3+ 5) : « Oh tiens, on va affronter une charnière Rami-Rolando, on va surtout envoyer des ballons aériens et des duels physiques, je le sens bien. »

Sarr (4+/5) : Si Bouna Sarr avait changé de sexe plutôt que de changer de poste, il aurait étonné moins de monde.

Amavi (3/5) : Après quelques minutes à prendre ses marques et un carton jaune, Jordan a livré une prestation de reprise, sobre et efficace.

Sakai (58e, 4/5) : Il réussit plus de passes décisives en étant placé sur son mauvais pied. D’ici à ce que lui aussi se pose des questions sur sa nature profonde de footballeur, ya pas des kilomètres.

Lopez (4-/5) : Un peu perdu voire parfois dangereux du fait de son inattention, il est tout d’abord apparu comme maillon faible avant, sur les deux derniers buts, de se promener et de poser ses couilles comme tout le monde sur la défense et le milieu portugais.

Luiz Gustavo (4/5) : Besogneux dans l’élégance, élégant dans le labeur, cet homme est beau comme une affiche de propagande soviétique.

Njie (3+/5) : Imprévisible même pour son propre cerveau. Il est déjà fatigant rien qu’à le regarder, alors j’imagine à peine comment on sort d’un math à défendre contre lui. C’est un coup à finir en HP.

Payet (4+/5) : Le niveau de jeu qui va bien assorti d’un supplément « rentre-dedans » qu’on ne lui avait pas vu depuis qu’il avait défoncé Cristiano Ronaldo à l’Euro 2016. Il faut croire que les joueurs portugais, c’est comme les oranges maltaises : une fois qu’on les a goûtés on ne veut plus en presser d’autres.

Zambo Anguissa (78e) : A fini de pousser les milieux de Braga à la dépression par des dribbles aussi soudains qu’efficaces.

Ocampos (4/5) : A l’heure où nous écrivons ces lignes, les Portugais ne sont toujours pas arrivés à l’aéroport : la faute à Lucas Ocampos qui a d’abord mordu les fesses d’un défenseur dans les vestiaires, puis refusé de rendre le tibia du latéral, et reste présentement accroché avec les mâchoires au pneu arrière gauche du bus. Et il ne les lâchera pas tant qu’ils ne l’auront pas laissé marquer son but.

Germain (5/5) : Presse, passe, se rend disponible entre les lignes, revient défendre à 40 mètres de notre but quand Maxime Lopez fait du tourisme, et marque deux fois. De quoi donner aux éducateurs des envies de mettre des tartes au prochain petit branleur qui leur expliquera « non, moi je peux pas participer aux efforts défensifs, vous comprenez, coach, je suis obsédé par le but. »

Thauvin (70e, 4/5) : Un but précoce qui a le tort de le faire verser dans une relative facilité, mais c’est vraiment histoire de lui trouver des choses à redire.

 

L’invité zoologique : Diogo Figueirascasse

On la connaît mal, elle a une drôle de tête, mais surtout, une fois passée au court-bouillon elle est délicieuse à déguster. La rascasse était donc l’invitée appropriée pour évoquer cette soirée aux filets bien garnis.

– Les autres : Bouffés physiquement, dispersés au bout de deux minutes, perdus collectivement et sans grande réaction. Bref, ils sont passés à côté de leur match, bien aidé en cela par notre pressing d’affamés.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Just Wide remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

7 commentaires

  1. J’ai éructé de joie en voyant cette complicité entre Lopez et Thauvinho sur le 3e but.

  2. Entrée directement dans le top 3 des punchlines de Blaah :
    Sarr (4+/5) : Si Bouna Sarr avait changé de sexe plutôt que de changer de poste, il aurait étonné moins de monde.

    Les dernières perfs du roi Bouna sont quelques peu étonnantes, il est en train de devenir bien plus qu’une alternative à ce poste, à voir sur la durée.
    Cette équipe n’en finit plus de m’étonner depuis plusieurs semaines, le récital offert hier soir et les prestations depuis le début d’année sont à un niveau que je n’espérais plus, pourvu que ça dure !

  3. Merci.

    Encore une fois, le commentaire sur Njie a illuminé ma gueule de con.

  4. Sarr a vraiment progressé dans les relances. Comme l’a dit un autre commentateur, il est clairement plus qu’une alternative à Sakai, même si ce dernier me semble mieux préparé pour un match contre le PSG.
    Sinon, j’ai trouvé Njie plutôt bon, très bon était d’esprit malgré quelques maladresses habituelles.

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