OM-Manchester City (0-3), La Canebière académie ne fait pas le poids

Aïoli les sapiens,

Cette académie est sans doute la dernière avant un confinement dont les raffinements ultimes pourraient consister à ne restreindre les libertés que le soir et le week-end, les vaches à traire étant autorisées à s’entasser la semaine dans les transports en commun puis au bureau. Toute notion de plaisir et d’activité non productive sacrifiée au nom de la sauvegarde de la sacro-sainte économie, tout ça pour finir avec une santé publique en berne et malgré tout une récession économique de derrière les fagots.

La perspective est peu reluisante mais heureusement, dans tout ça, il reste le football. Le football est différent, le football donne de la joie et de l’espoir au peuple. Conscient de ces attentes, André Villas-Boas lutte contre la morosité du public en sacrifiant toute ambition de jeu au nom de la sauvegarde du sacro-saint résultat, tout ça pour finir avec un spectacle en berne et malgré tout une branlée de derrière les fagots.

Merci particulièrement à André Villas-Boas de tout faire pour nous changer les idées en ce moment.


L’équipe

Mandanda
Sakai  – Balerdi – Alvaro – Caleta-Car– Amavi
Rongier (Sanson, 63e) – Kamara– Cuisance (Gueye, 85e)
Thauvin (Payet, 77e) – Radonjic (Benedetto, 77e)

Bien consciente de sa qualité de petit poucet, l’Association forézienne Andrézieux-Bouth… l’Olympique de Marseille aborde ce match contre le favori du groupe avec les couilles bien protégées au fond de la doublure d’un slip en tungstène. Un 532 est proposé, évolutif en 352 au gré de la montée des latérauxmaisnonbiensûr je déconne le premier qui franchit la ligne médiane prend mon pied au cul. L’objectif étant qu’un malentendu se produise sur une contre-attaque, le Jean-Claude Dusse de Nis est convié en lieu et place de Dimitri Payet.


Le match

Comme prévu, l’OM se présente en victime, arc-boutés sur notre surface à arracher des ballons que nous perdons dans les cinq secondes qui suivent. Face au pressing intense des Mancucityziens, gagner la bataille du milieu de terrain n’est pas envisagé le moindre instant, tous nos joueurs ayant parfaitement intégré le principal ingrédient de la préparation mentale infligée par notre staff : la peur.

C’est ainsi qu’après un vaillant quart d’heure de résistance, Valentin Rongier récupère devant notre surface un énième ballon renvoyé par Alvaro. Traumatisé à l’idée qu’une possibilité de passe vers l’avant puisse exister, il panique et cherche une solution en retrait, foirant d’un bon mètre sa transmission à Caleta-Car. Duje est accablé avant même de songer à essayer de réparer la bourde, et De Bruyne peut tranquillement transmettre à Ferran Torres qui ajuste Mandanda (0-1, 18e).


L’OM passe immédiatement au plan B, déjà éprouvé en championnat et qui consiste pour l’essentiel à ne rien faire, continuer à serrer les fesses pour ne pas prendre de second but, et attendre que Valère Germain égalise par miracle sur corner à la 91e minute. Un inconvénient de taille se dresse cependant devant cet objectif : en n’entrant pas dans le camp anglais, nous allons du mal à nous procurer ne serait-ce qu’un corner. Notre belle action collective de la 29e minute, conclue par un centre raté de Cuisance, fait figure d’anomalie dans ce sombre tableau.

Plus tard, Balerdi rate un contrôle sous les narines de De Bruyne, dont la frappe frôle le poteau d’un Mandanda battu. Un combat défensif de tous les instants, deux bourdes dont une seule sanctionnée : si nous étions un club de N3 en coupe de France, le bilan serait honorable, et autoriserait tous les espoirs en seconde période.

Manchester City ronronne, et l’OM en profite pour jouer un peu plus haut. Un tir tendu de Thauvin vient même réveiller en sursaut Ederson, qui se trouve sur la trajectoire mais laisse la balle s’écraser sur le poteau à la plus grande joie des statisticiens qui peuvent désormais calculer nos probabilités de but sans être obligés d’utiliser la troisième décimale. City nous autorise encore une vingtaine de minutes à jouer à 40 mètres de leurs buts avant de sonner la fin de la récréation. Lancé entre Sakai et Balerdi, Foden centre : à la réception, Sterling devance Amavi pour remettre la balle de la tête puis, après un léger cafouillage, Gündogan conclut de près (0-2, 75e).

Démobilisé, l’OM craque à l’entrée de Mahrez. Celui-ci attire Sanson et Caleta-Car, qui laissent De Bruyne partir dans leur dos, pour un nouveau centre facile à destination de Sterling (0-3, 81e).


Manchester a joué à sa main, sans montrer une qualité de jeu exceptionnelle. Un OM plus offensif aurait-il pu les mettre en difficulté ou se serait-il exposé à une rouste plus violente encore ? Impossible de le savoir, puisque le propre de notre équipe est de ne jamais essayer. André Villas-Boas s’est rapidement convaincu des limites de son effectif et, pire, en a convaincu les joueurs eux-mêmes. Match après match depuis deux ans, plusieurs d’entre eux se sont persuadés qu’anéantir toute ambition de jeu contre des Metz ou des Lorient était le seul moyen de les endurcir et de les préparer à affronter la Ligue des Champions sans être ridicules. Or en termes de ridicule, celui-ci ne tient désormais qu’aux quatre matchs qui nous séparent d’un nouveau zéro pointé en Ligue des Champions ; notez que dans ces perspectives moroses, un piètre match nul passerait presque pour un objectif atteint.

Nous avons pourtant déjà vu tant de choses que notre entraîneur ne pourrait imaginer. Un stade Vélodrome en feu, surgissant de l’épaule de Brandao. Nous avons vu la coupe briller dans l’obscurité, près de l’Olympiastadion. Mais les moments de Villas-Boas se perdront dans le temps comme les larmes dans la pluie. Il est temps de mourir. 

Moi devant la vie.


Les joueurs

Mandanda (2/5) : Se faire fusiller de près, ça Steve en a toujours plus ou moins eu l’habitude. Se faire livrer par ses coéquipiers un si grand nombre de ballons comme autant de patates chaudes, en revanche c’était une nouveauté qui l’a un peu déstabilisé.

Sakai (2/5) : Foden et De Bruyne lui promettaient de prendre le bouillon, on a juste eu droit à une soupe maso.

Balerdi (2/5) : En tirant à côté, Kévin De Bruyne aura eu l’élégance de ne pas rendre son bizutage trop traumatisant. C’est le métier qui rentre.

Alvaro (2+/5) : Le Bill Paxton de notre équipe, valeureux second rôle dans notre combat contre les Aliens mais qui finit quand même par succomber parce qu’ils sont trop nombreux et trop forts.

Caleta-Car (2/5) : Terrible impression visuelle au moment de la passe ratée de Rongier, quand son cerveau reptilien a bondi pour se ruer vers une improbable interception et s’est immédiatement heurté au reste de son enveloppe corporelle qui soupirait déjà : « et meeeeerde ».

Amavi (2+/5) : Tombé d’épuisement et avec les honneurs quand Guardiola, en signe de respect, a fait entrer Mahrez pour lui couper les deux oreilles et la queue.

Kamara (3-/5) : Oh, un joueur au niveau Ligue des Champions. Bon, OK, pas un niveau Ligue des Champions exceptionnel, mais un niveau Ligue des Champions quand même.

Rongier (1/5) : Vous vous souvenez du Valentin Rongier 2019, qui agressait ses adversaires jusque dans leur propre surface et leur faisait perdre à la fois le ballon et 50 centilitres d’urine à chaque contrôle ? Eh bien le Valentin Rongier de 2020 joue comme s’il avait ça en permanence face à lui.

Sanson (63 e, 2/5) : Quand un chauffe-eau fuit, si on a les moyens on appelle un plombier, si on n’en a pas on appelle un copain qui a un rouleau de chatterton.

Cuisance (2/5) : Volontaire pour aller de l’avant, où sa tâche a surtout consisté à enterrer par maladresse les rares débuts d’actions construites.

Gueye (85 e) : Entré au moment où tout le monde était déjà en train de ranger.

Thauvin (2-/5) : Florian est un homme de statistiques, aussi relevons-nous sur ce match : un tir que le gardien a eu la bienveillance de laisser heurter le poteau, et 12583 soupirs destinés à montrer à quel point il se faisait chier autant que nous.

Payet (77 e) : Entrée boudeuse. Si l’on se met à sa place, on imagine bien à quel point il est difficile d’endurer les moqueries faciles des sempiternels bas-de-plafond, qui préfèrent ressasser jusqu’à la nausée son supposé surpoids plutôt que d’analyser en profondeur ses forces et le contexte collectif dans lequel il pourrait les exercer. On comprend à quel point cela doit être difficile de subir de tels imbéciles à longueur de journée. Tu veux que je te dise Dimitri ? Eh ben si tu veux qu’on arrête t’as qu’à maigrir ou arrêter le sport de haut niveau, gras-double.

Radonjic (2/5) : Pas plus productif que Thauvin mais une touchante naïveté d’enfant qui l’a conduit à ne jamais renoncer, lui. Sans doute ne se rend-il pas compte… c’est sans doute lui le plus heureux de nous tous, allez.

Benedetto (77 e) : Il ne comptait pas sur ce match pour se refaire, de toute façon.


L’invité zoologique : Edersornithorynque

Un jour Dieu eut fini de créer les animaux. Puis il considéra le matériel de rebut (quatre pattes, un museau, un corps une queue et une crête) et en fit le crocodile, comme chacun le sait. Puis il considéra son œuvre et dit : « Maintenant je vais prendre le meilleur de ces animaux et le mélanger pour former une espèces nouvelle.  – Ce sera beau ? demandèrent les anges. – Pas forcément, mais ce sera cher. » Et c’est ainsi que naquit l’ornithorynque.

– Les autres : C’est bête, si l’on avait été plus ambitieux, on aurait peut-être constaté qu’ils étaient prenables (ceci dit, si l’on avait été ambitieux, ils auraient peut-être simplement accéléré).

– Le classement : Porto gagne de son côté et revient sur l’Olympiakos. Notre niveau rendant peu probable une victoire en terre lusitanienne, le plus raisonnable (je n’ai pas dit réaliste) reste encore de battre les Grecs 2-0 au retour pour arracher la 3e place du groupe.

La radio : Si la bande n’est pas reconfinée d’ici là, rendez-vous demain jeudi à 18h30 pour « Passe ton ballon » sur la radio rk13.fr, votre rendez-vous footballistico-psychothérapeutique de la semaine.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Didier Soon gagne le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

5 commentaires

  1. Ce match pourrait préfigurer des corridas Européennes, lorsque nos clubs devront vendre tous leurs joueurs ’bankable‘ juste pour survivre au fiasco Mediapro… même si l’on peut considérer que ce phénomène a commencé depuis longtemps…

  2. Rohhh, la référence à Roy Batty : c’est un peu l’astuce ultime pour conclure en grande beauté un épisode bien laid.

    • ce match pourri me rappelle trop la déculottée chez les parigots la saison dernière, même état d’esprit, même conclusion…sauf qu’on avait encore plein de matchs pour de rattraper (surtout contre des équipes plus à notre niveau )
      alors qu’en C1 non et non

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