Rennes-Betis (3-3) : La Breizhou Académie rate son hold-up

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Un Roazhon Park plein comme un oeuf, une ambiance comme rarement on en a vu : Le Stade Rennais accueille le Real Betis pour le premier seizième européen de son histoire. Il est temps d’en écrire une nouvelle page, glorieuse on l’espère.

La composition :

Incertain jusqu’au matin du match, Bourigeaud est finalement laissé sur le banc. Hunou est donc titularisé en pointe, Niang sur l’aile gauche. Bensebaini est trop juste, Zeffane le supplée.

Koubek – Zeffane, Mexer, Da Silva, Traoré – Grenier, André – Niang, Ben Arfa, Sarr – Hunou.

Le match :

Ma plus grande crainte – à part de prendre 6-0 ou d’arriver tout nu à l’école primaire, mais ça c’est un autre sujet – était que le Stade Rennais soit paralysé par l’enjeu et que le Betis nous prenne à la gorge, lui qui est réputé pour son jeu de possession.

Ô surprise, c’est tout l’inverse qui se produit. Ben Arfa part dans un rush sur l’aile droite, Niang embarque les centraux avec un appel plein axe ce qui libère Zeffane, trouvé côté gauche. Le latéral envoie un centre-passe laser, au deuxième poteau Hunou propulse le ballon au fond (2e). Wow. Rennes 1-0 Betis.

Et les Rouge et Noir ne s’arrêtent pas là. Ils pressent haut une équipe du Betis qui aime relancer court et de loin. Sarr perce la défense et obtient un coup franc. Ben Arfa oblige Robles à détourner le ballon sur sa barre. Sur le corner qui suit, la défense sévillane cafouille, Sarr repend, la défense re-cafouille et Javi Garcia finit par tromper son propre gardien (9e). On se frotte les yeux. Rennes 2-0 Betis.

Paradoxalement, c’est un nouveau coup dur pour le Betis qui va amorcer leur emprise sur le match. Junior, le latéral gauche, sort sur blessure, remplacé par l’ailier Lainez (27e). Le petit mexicain sera un putain de caillou dans notre chaussure.

Progressivement, les Andalous confisquent le ballon, ils finiront d’ailleurs à 75 % de possession. Les Rennais reculent et se mettent à la faute. André prend son jaune habituel – il sera suspendu au match retour – et Koubek doit s’employer devant Loren. Dans la foulée, sur une troisième perte de balle bretonne à 40 mètres des buts, Lo Celso réduit la marque d’une frappe loupée. Rennes 2-1 Betis.

38e, 40e, 42e : Un centre qui passe devant tout le monde, deux frappes de Lainez et Loren stoppées par Koubek, il y a le feu dans la défense rennaise. Pourtant, sur l’une de leurs seules incursions dans le camp adverse depuis vingt minutes, les Rouge et Noir vont reprendre le large. Trouvé dans la surface, Sarr est déséquilibré. Sur indication de l’arbitre de surface, le point de pénalty est désigné. Alors une précision : certes, Sarr en rajoute, mais après avoir revu plusieurs fois les images, je vous le dis : il y a contact, donc péno. Sans trembler, Ben Arfa marque d’un contrepied parfait. Rennes 3-1 Betis.

Si on m’avait dit qu’on rentrerait au vestiaire avec deux buts d’avance et 25% de possession…

https://twitter.com/Mateliot/status/1096105504970031105

Au retour des vestiaires, le Stade Rennais hérite d’un truc très en vogue cet hiver : une sacrée chiasse. Sarr est contraint de sortir, blessé sur l’action du pénalty et est remplacé par Bourigeaud (48e). Message aux cons qui pignent « gneu gneu Sarr il est tout le temps par terre », bah ouais mes foireux, c’est parce qu’il se fait savater en permanence.

A peine le temps de pleurer notre attaquant, que Canales fracasse le poteau sur un amour d’enchainement contrôle de la poitrine-reprise de volée (51e).

Sans notre arme offensive la plus dangereuse, on perd encore 10 mètres sur le terrain et le Betis reprend sa domination sans partage du ballon. Les Bretons s’entêtent à relancer court, mais sont systématiquement pressés et perdent les ballons trop vite. Seul éclaircie, Niang oblige Robles à une parade à l’heure de jeu.

Mais dans la foulée, le SRFC encaisse un but sur sa kryptonite : les coups de pied arrêtés. Sur un coup franc de Joaquin, Sidnei est laissé complètement seul au deuxième poteau et n’a qu’à fusiller Koubek de la tête (62e). Rennes 3-2 Betis.

Un jour peut-être on arrêtera de prendre la moitié de nos buts sur ces putain de CPA. En attendant, on continue à s’enfoncer avec une nouvelle blessure, celle de Grenier, remplacé par Gélin (70e). C’est pourtant pas sur ce qu’on a vu qu’on aurait imaginé une blessure, m’enfin…

Le Betis ne s’affole pas et continue de faire tourner le ballon tranquillement en cherchant la faille. Les Rennais, de plus en plus fatigués, sont arcboutés devant leur surface. Stéphan tente de bétonner encore plus en faisant entrer Bensebaini à la place d’Hunou. Les Rouge et Noir évoluent en 5-5-0. Alors qu’on pensait tenir ce foutu petit but d’avance, l’inévitable Lainez douche le Roazhon Park dans les arrêts de jeu. Sur un nouveau corner, la défense rennaise perd deux duels aériens consécutifs, Lainez envoie une reprise qui passe entre les jambes de Bensebaini. Rennes 3-3 Betis.

Cette fin de match est cruelle car les Rennais pensaient tenir cette courte victoire. Mais au vu de la supériorité flagrante du Betis, ce match nul relève de l’exploit. Il permet aux joueurs et aux 3000 supporters qui iront à Séville d’espérer encore, même s’il faudra absolument corriger les erreurs pour se qualifier. Au final, les Rouge et Noir ont livré vingt minutes parfaites avant de subir la domination adverse. Mais ils se sont battus avec leurs armes et n’ont pas rougir de leur match, bien au contraire. Soyez fiers de vous, nous on l’est.

Les joueurs :

Koubek : 3-/5. Fébrile en fin de match, il ne peut pas grand-chose sur les trois buts et il a maintenu l’équipe en vie en première période.

Zeffane : 3/5. Une passe décisive, de l’intensité et de l’engagement face à Joaquin et Lainez, deux gros clients. Bensebaini aura du mal à regagner sa place et ça sera justifié.

Mexer et Da Silva : 2/5. Ils ont repoussé de nombreux assauts, mais ils ont trop souvent été pris dans leur dos et encore une fois, ont sombré sur les CPA défensifs.

Traoré : 3+/5. Et si c’était lui, notre meilleur joueur ?

Grenier : 1/5. Sale soirée pour lui, totalement noyé dans le milieu sévillan. Blessé, il est remplacé par Gélin (70,e, non noté), qui a failli délivrer une passe dé à Hunou, stoppé illicitement sans que l’arbitre ne siffle (SI !). Sinon, lui aussi a été dépassé. Il faudra hausser le ton la semaine prochaine, bonhomme.

André : 2/5. Un match qui lui aura permis de mesurer l’écart entre le bon (lui) et le top niveau (eux). En plus, il sera suspendu au match retour.

Niang : 3/5. Sur sa lancée, il nous sort un bon match, en défendant comme un mort de faim et en étant le Rennais le plus dangereux après la sortie de Sarr.

Ben Arfa : 3/5. Une passe clé, le CF qui amène le 2e but, le péno marqué sur le 3e. Mais au milieu de ça, de nombreuses pertes de balles ultra dangereuses (celle du 1er but sévillan) et un impact inexistant en 2e période.

Sarr : 3/5. Encore de nombreuses fautes subies/obtenues, encore une sortie sur blessure. Sa sortie a sans doute été le tournant négatif pour nous, tant il faisait peur et défendait efficacement. Remplacé par Bourigeaud (2/5), qui ne savait même pas s’il pouvait jouer le matin même. Autant dire que ça a été dur.

Hunou : 3/5. Buteur dès la deuxième minute, il s’est dépensé sans compter sur le front de l’attaque. Mais il a beaucoup couru dans le vide et, épuisé, il a laissé sa place à Bensebaini (80e, non noté) : tu pouvais pas la sortir cette foutue frappe, plutôt que de t’affaler comme un pantin ?

Marco Grossi

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