Rennes-Toulouse (1-1) : La Breizhou Académie s’impatiente

La prochaine fois, ne surtout pas hésiter à gagner le match

L’impression de répéter la même chose depuis quatre matchs devient lassante. Alors on va faire court : après l’amère défaite à Amiens, réaction attendue à domicile contre Toulouse. Les trois points et rien d’autre. D’autant que le calendrier rennais fait cauchemarder : trois déplacements consécutifs à Astana (Europa League), Monaco et Saint-Etienne. Si on ne veut pas passer les prochaines semaines sous respirateur artificiel, il faut gagner.

El Professor Lamouchi c’est le lycéen en cours de chimie : il mélange tout ce qu’il a sous la main et il attend de voir si ça explose, si ça mousse ou si ça se termine bien. Aujourd’hui, compo sans vrai 9 et avec trois milieux axiaux. Pourquoi pas.


Ç’a l’air bordélique, hein ? C’est normal.


Le match :

Sur le terrain, Grenier se retrouve en position de sentinelle, tandis que Léa-Siliki et André évoluent un cran plus haut. Bourigeaud et Sarr animent les ailes tandis qu’HBA se balade un peu où il veut.

Dès l’entame, les Rouge et Noir semblent en jambes et pressent efficacement les Toulousains. Les occasions franches ne se bousculent pas, mais les Bretons dominent largement leur adversaire. Au quart d’heure de jeu, trois fois plus de passes et de possession pour les Rennais. Les Toulousains se contentent de défendre, bien aidés par la maladresse des joueurs de Lamouchi aux 30 mètres. On est vraiment sur un rythme post-prandial et seule la sortie sur blessure de Sarr à la 25e minute nous empêche de rejoindre les bras de Morphée. On sort définitivement de notre sieste en fin de première période : le Toulousain Leya Iseka est expulsé après s’être chauffé avec l’arbitre suite à une faute peu évidente de sa part. C’est Noël avant l’heure pour les Bretons, qui appuient sur l’accélérateur avant la pause. Malheureusement sans succès.

Au retour des vestiaires, Léa-Siliki est tout près d’ouvrir le score mais Reynet dévie la frappe du Rennais qui heurte la barre puis le poteau, sans personne pour la pousser au fond. L’agacement se fait sentir dans les travées du Roazhon Park : c’est bien la première fois qu’un Reynet nous fait chier comme ça #JeuDeMot.

Le schéma reste le même, à savoir que Toulouse a garé son bus devant Reynet, tandis que les Rouge et Noir tentent maladroitement de faire le tour. Jusqu’à la 68e et un pénalty sifflé en faveur des Bretons pour une faute de Todibo loin d’être évidente. Heureusement pour nous, la vidéo ne fonctionne pas et Niang en profite pour marquer son premier but avec le maillot à l’hermine. Rennes 1-0 Toulouse.

A l’approche des dix dernières minutes, tous les voyants sont au vert : on mène, on est en supériorité numérique, on a tiré 17 fois, eux une seule fois. C’est donc fort logiquement que Traoré croque lamentablement un face à face avec Reynet, alors que Siebatcheu, entré à la place de Niang, était seul aux 6 mètres. Trois minutes après, le même Traoré s’installe confortablement dans son transat et regarde Gradel ajuster un centre parfait pour la tête de Todibo. 88e minute, Rennes 1-1 Toulouse. Evidemment, dans le temps additionnel, Léa-Siliki trouve le poteau, tandis que Reynet, encore lui, sort magnifiquement une frappe de Bourigeaud.

Un match nul au goût de défaite rennaise et de victoire toulousaine. On devait prendre au moins 4 points cette semaine, on se retrouve avec 8 points en 8 journées. Ça commence à sentir la couche humide au Roazhon Park et les joueurs ne s’y trompent pas, qui sont allés discuter avec le RCK après la rencontre.

Match nul alors que tu menais au score à 10 minutes de la fin en supériorité numérique, allégorie.


Les joueurs :

Diallo : 3/5.

Appelé pour suppléer Koubek en difficulté lors des derniers matchs, Abdou’ a assuré l’essentiel, mais ne se montre pas plus rassurant que le portier tchèque sur les sorties aériennes. Interim, mais pas plus.

Traoré : 1/5.

Dans le système footballistique rennais, un latéral droit super relou appelé Hamari Traoré ne fait pas la passe à son attaquant de pointe en position idéale. Voici son histoire. TIN-TIN.

Da Silva : 3/5.

Toujours aussi solide dans les duels, toujours aussi absent dans la construction.

Mexer : 3/5.

Le mec qui regarde son cahier dès que le prof demande un volontaire pour venir au tableau. Tu sens qu’il y aurait mille endroits où il préférerait être que sur un terrain de foot, c’est désolant.

Bensebaini : 2/5.

Il va finir par jouer avec une écharpe et un bonnet tellement il laisse des courants d’air dans son dos.

Grenier : 4/5.

Non pas que son match ait été exceptionnel, mais il a été au four et au moulin : sentinelle en début de match, puis remonté à la mène avant de redescendre, il a tout fait pour organiser le jeu rennais. Au final, plus de 100 ballons touchés. Le problème est qu’il aurait sans doute aimé jouer globalement plus haut, mais il a trop souvent été obligé de redescendre au niveau des centraux, incapables de venir relancer plus haut. Et c’est un vrai problème.

Léa-Siliki : 3/5.

Bonne rentrée, de l’activité, de l’envie mais un manque de réussite cruel.

André : 2/5

Un petit stage de gestion de la colère ne lui ferait pas de mal.

Bourigeaud : 2/5.

Déjà qu’il peine à retrouver son niveau de la saison passée, voilà qu’il se fait piquer ses pénos par Niang.

Sarr : non noté.

Encore une sortie sur blessure. Doublement pénible, car sa vitesse aurait bien aidé face à une équipe toulousaine bourrine et attentiste, et puis ça flingue encore une cartouche de coaching très tôt. En plus il a quitté le stade avec la cheville strappée, espérons que ça soit bénin.

Remplacé par Niang (3/5), qui marque son premier but en Rouge et Noir. Cela dit, sur ce match il a paru assez indolent, heureusement qu’il compense avec des qualités naturelles d’un autre niveau. Mais attention à ne pas se voir trop beau.

Remplacé lui-même par Siebatcheu, qui aurait marqué son premier but lui aussi, si Traoré ne l’avait pas joué perso comme un CM2 dans la cour de l’école du Colombier.

Ben Arfa : 2/5.

Encore quelques éclairs de génie qui donnent des frissons. Il donne l’impression de pouvoir dribbler toute l’équipe adverse dès qu’il en a envie. On l’a senti plus à l’aise en électron libre en début de match. Mais il a trop rapidement disparu de la circulation, il doit peser beaucoup plus sur le jeu rennais.

Remplacé par Del Castillo, auteur d’une belle rentrée. Je le préfère largement dans ce rôle de joker et il a été l’une des raisons du regain de dynamisme breton à l’heure de jeu.

Un seul point pris dans la semaine, quatre matchs sans victoire, 8 points en 8 journées, c’est la soupe à la grimace au Stade Rennais. Et on risque d’en bouffer encore quelques assiettes, puisque ce sont donc Astana, Monaco puis Saint-Etienne qui s’annoncent. Autant dire qu’une victoire au Kazakhstan soulagerait grandement les sphincters bretons.

ALLEZ RENNES !

Marco Grossi

Marco Grossi

4 Comments

  1. Si Traoré est effectivement pourvu d’un cerveau (le mystère reste entier), il a dû bien gamberger après le match. S’il jouait pour mon équipe, je lui aurais absolument tout niqué, morts et vivants.

    • Puis vu la dynamique actuelle de l’équipe, pas impossible que son coéquipier lui ai fait part de son mécontentement en des termes fleuris

  2. Quelle tactique de merde quand même: que des créateurs/dribbleurs, personne à la finition. Le nombre de fois où les rennais on fait des décalages sur un côté mais ne pouvait pas en profiter car il n’y avait personne dans la surface… c’était désolant. Bourigeaud ou Niang sur une aile, quel drôle d’idée !!

    • Ca marchait un peu l’année dernière avec Khazri, mais Ben Arfa n’est pas encore au niveau pour ça. Et quand Siebatcheu est là, Traoré ne lui fait pas la passe…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.