Sochaux-Nancy (3-0) : la Chardon à Cran académie dévisse.


Derby pour les uns, simple visite de courtoisie à son harem pour les autres, le déplacement à Sochaux ne laisse personne indifférent. Garcia lui-même l’apprend à ses dépends puisqu’il doit déjà composer avec une avalanche de blessés, les envies de départ sordides d’un de ceux sur qui il comptait le plus, et la sourde présence du goinfre Da Cruz, toujours à guetter le moment propice pour lui taxer son dessert à la cantine. Dire que ses titulaires habituels ne se connaissent déjà que depuis deux mois n’est cependant pas une excuse, même avec leurs remplaçants : le naufrage repose en grande partie sur un vieux de la vieille.


Les notes :

Sourzac 2/5
Sacré cadeau de la part de ce lâche de Valette que de le laisser prendre les cages dès que le niveau s’élève en face : ils frappent, ils font des têtes cadrées, ils ajustent leurs tirs quand ils n’ont pas d’opposition…fusillé trois fois de suite, il a noté pour plus tard que c’est moins compliqué avec une défense, en général.

Karamoko 2/5
Peut-être celui qui a le moins sombré des quatre de derrière, mais c’est surtout parce que les buts ne sont pas venus de son côté. Nul doute toutefois que si les Sochaliens avaient décidé de le viser, il se serait mis au niveau de ses camarades et aurait pris le bouillon comme un grand.

El-Kaoutari 1/5
Fautif sur deux buts sur les trois des Sochaliens (regardez donc son marquage sur le premier but, il oublie de quel côté sont ses cages, le pauvre). Un manque de lucidité inhabituel pour celui qui est généralement le premier à apporter de la sérénité dans notre défense. Faudra lui mettre une rustine pour le prochain match.

Lybohy 2/5
Prestation particulièrement terne n’ayant laissé aucun souvenir à votre serviteur. À partir du moment où il n’a fait aucune intervention emblématique, aucune passe vers l’avant ni n’a violenté un innocent lionceau, moi je ne vois pas l’intérêt d’en parler plus que ça.

Muratori 0/5
Parlons plutôt de Vincent, tiens, oui. Le voir enchaîner, brassard au bras, depuis le début de saison, c’était quand même pas désagréable. On s’avoue qu’on y a cru, qu’on s’est dit que si les blessures le laissaient enfin tranquille, ce bon Vince allait nous claquer une saison de daron et redevenir le Dani Alves de la Ligue 2 qu’il fut un temps quand on jouait la montée. Et puis peut-être un peu tôt mais certainement pas trop tard est arrivé ce match contre Sochaux qui allait nous montrer que non, il n’est pas de retour, mais qu’un fantôme de joueur a pris possession de notre couloir gauche et de notre capitanat, le tout dans un corps qui ressemble à s’y méprendre à celui de Vincent Muratori. Un fantôme d’apparence sympathique, donc, mais pas franchement armé pour aller se frotter à de grossiers Doubistes. Tant que cette supercherie n’aura pas été révélée au monde, il faudra sévir : zéro.

Nguiamba 1/5
Bon, on ne va pas vous embêter jeune homme, car vous êtes un fort gentil garçon. Mais si vous espérez revenir, on risque de trouver ça pas très chrétien de votre part de devoir compter sur de nouvelles blessures de vos camarades.

Nguessan 2/5
On n’a pas attendu longtemps avant qu’il mette toute sa proverbiale intensité au service de courses agressives, de tacles de roquets et de vilaines poussettes de sortie de boîte de nuit. À tel point que ses adversaires ont pris peur (ou ont eu une bonne idée, allez savoir, ils menaient depuis la première minute, c’est plus facile pour faire ce qu’on veut) et se sont mis à systématiquement sauter le milieu.

Rocha 2/5
Une belle frappe manquée de peu, beaucoup d’envie et un peu de déchet technique ; pour ce qu’on en a vu et avant de subir l’effacement dû au saut du milieu (voir ci-dessus), c’était pas mal mais manquait grandement de liant.

Vagner 1/5
Sanction qui nous coûte plus à nous qu’à lui. Le Cap-verdien n’a pas manqué d’essayer mais a énormément manqué d’espace pour s’exprimer, de coups-francs à transformer et de soutien de la part de ses petits copains, qui semblent un peu trop s’être habitués à le laisser créer des miracles tout seul. Pas cons, en face ils l’ont ciblé avec ciment et parpaings, bien conscients aussi que couper le Vagner du reste de l’équipe, c’était s’assurer que personne n’allait rien faire de vraiment bien.

Cissokho 2/5
Ah il est rapide. Oh il est rapide. Eh qu’il est est rapide. Il est, vous en conviendrez, drôlement rapide. Qui a dit « drôlatiquement rapide » ?

Gueye 2/5
Pourquoi avoir cru qu’il était Olivier Giroud ? Parce qu’il est grand ? Sans déconner Jean-Louis, on aurait peut-être pu évaluer son niveau technique avant de balancer des grands ballon vers ce pauvre homme esseulé, lui qui n’a pas été doté de la capacité de contrôler un ballon correctement ni d’assurer une déviation de la tête, non ?


Pas de note artistique, de toute façon on a été à chier.

On va plutôt parler d’autre chose, vu que Horsjeu accepte qu’on se le permette de temps à autres, alors ne crachons pas sur l’occasion qui nous est donnée.

Le football aime les symboles. La plupart du temps, ils sont idiots à proportion du sourire qu’ils dessinent sur le visage benêt des commentateurs (le point limite étant Christian Jeanpierre comme chacun sait). Mais parfois, il arrive que le goût d’écrire « Communsymbole » avec la dose d’ironie adéquate nous quitte, et que la convocation de ce symbole appelle des pensées plus graves, plus sérieuses, plus dures aussi.

À Nancy, on ne fait pas seulement exception pour le pâté lorrain, la mirabelle ou la lose chevillée à notre club. À Nancy, on a Olivier Rouyer, qui est un des rares joueurs à avoir osé le coming out, à apprendre de son propre chef au monde le fait qu’il est gay et l’assume et ne craint pas de conséquences. Joueur, international multi capé, entraîneur de notre club et désormais journaliste dyslexique, Rouyer fait partie de ces figures locales qui rappellent ponctuellement qu’un passé à peine moins que glorieux a enrobé la Lorraine, la vraie.

Et puis donc à Nancy, on a désormais cette interruption de match, si courte fut-elle, pour des raisons que personne n’a cachées : l’arbitre a entendu des chants homophobes, il a appliqué le règlement. Putain de symbole.

Tout pourrait se résumer à ces quelques faits rapportés, mais il a fallu que d’autres autorités, plus haut placées, celles-là, s’approprient le problème et nourrissent une polémique qui n’en aurait pas été une si les supporters n’étaient pas les boucs-émissaires privilégiés des préfets dans notre pays. Tout cela nous mène à devoir clarifier les choses puisque réseaux sociaux et médias de masses pétris de méconnaissance du terrain et relayant aveuglément la parole officielle se sont empressés d’alimenter les confusions.

Les chants entendus sont homophobes. Oui, crier « Les Messins sont des pédés » est une manière de les réduire à une prétendue homosexualité considérée comme dégradante. Est-ce si difficile d’y renoncer ? On a du mal à le penser. Comme dit lors de notre podcast (oh la pub gratos) et répété à l’envi, ce « folklore » des tribunes tel que l’a nommé la ministre Mme Maracineanu appartient à d’autres époques, et il serait temps désormais que les supporters le comprennent et fassent le deuil de ce type d’injures. Il en reste tellement qui ne dégradent pas la personne humaine que j’avoue même avoir du mal à comprendre comment on peut en rester à d’inélégants appels à la sodomie comme quelque chose de sale et indigne alors que chacun sait que tous les hommes et surtout les hétéros les plus affirmés adoreraient sentir le bout d’un annulaire leur titiller la prostate sous la couette.

Alors maintenant que le problème est devenu national, que chaque rouage hypocrite de la machine à broyer les libertés des supporters a pris sa part dans ce gros gâteau médiatique et en a fait bombance avec obscénité, les supporters crient, dénoncent et attirent l’attention sur le fait que ce sont eux, toujours eux que l’on martyrise et ils ont bien raison. Comment comprendre que l’on nous demande d’arrêter de chanter alors que l’on nous interdit déjà de jouer du tambour, de boire quelques bières alcoolisées, d’aller soutenir notre équipe dans le stade des autres au nom de décisions toujours plus ineptes, d’allumer quelque innocent fumigène ou d’exhiber une banderole piquante ? N’en a-t-on pas trop fait pour encore aller se mêler des paroles, alors que c’est désormais presque la moitié des stades de France qui se trouve désespérément dépourvue des parcages d’où partent le plus gros des animations ? Ne pourrait-on nourrir un dialogue, tenter d’ouvrir une discussion, essayer seulement de sensibiliser les supporters à cette chose qui semble leur échapper ?

Olivier Rouyer n’a certainement pas raison d’appeler à des sanctions toujours plus féroces contre les clubs en cas de débordement. Par cette posture punitive, il semble prendre les parti des instances, ces infâmes nids de bureaucrates prompts à envoyer les matraqueurs cachés bien au chaud dans leurs bureaux lambrissés. Mais Olivier Rouyer, en dépit de sa maladresse, parle en son nom. Non pas comme allié mais comme victime. Cela ne devrait échapper à personne tant le sujet est brûlant, mais l’on trouvera toujours de petits cerveaux étriqués dans des boîtes crâniennes plates pour lui reprocher. De la même manière que de bons gros abrutis reprocheraient à une femme violée de l’avoir cherché par une pose lascive ou une tenue trop appétissante.

À mesurer les forces en présence, on pourrait croire à un inconciliable. Pour autant, les points de vue doivent muter vers une solution par le haut afin d’empêcher de nouvelles interruptions, voir des sanctions bien plus préjudiciables. Que chaque parti campe sur ses positions devrait nous inquiéter. Rouyer a affirmé son envie d’aller au contact des supporters, non seulement à Nancy mais partout ailleurs. Il doit être soutenu par autres chose que des déclarations tapageuses de la part des instances et de ministres qui se singularisent la plupart du temps par leur incurie et leur incompétence. De leur côté, les supporters ont un examen de conscience à effectuer. S’ils n’embrassent pas la cause des LGBTQI+, ils doivent au moins prendre acte que certains chants, certaines insultes et certaines conduites ne peuvent rester impunis, quand bien même leur perpétuation s’abrite derrière le cache-sexe du « tout le monde le fait ». Aussi la ligue, au moins dans ses initiatives théoriques, ne peut pas être renvoyée systématiquement à sa prétendue hypocrisie si les supporters cautionnent les chants. Chacun a sa part à faire. Pendant ce temps-là, pas mal de monde regarde ça d’un œil consterné, à commencer par les premiers concernés, mais ça ne se bouscule pas au portillon pour leur donner la parole…

Marcel Picon


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Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

2 commentaires

  1. Marcel Picon, si je ne connaissais pas déjà les plaisirs du chatouillage de prostate, j’aurais très envie que tu m’y initie.

    BA

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