Stade Rennais-Amiens (3-1) : La Breizhou Académie est sur courant alternatif

Le Stade Rennais, c’est le 110 m haies d’International Track & Field : tu bourrines sur les boutons comme un damné pour finir par te prendre une haie et finir dernier. Tu gagnes à l’arraché conte Toulouse ? Tu te fais éliminer contre Cluj. Alors certes, Rennes-Amiens c’est aussi excitant qu’un porno crypté, mais c’est tout ce qui nous reste, comme quand tu avais 14 ans sans le code parental.

La composition :

C’est son anniversaire, Camavinga retrouve donc sa place de titulaire. Morel est préféré à Maouassa, tout comme Gboho à Del Castillo, tandis que Niang et Hunou permutent.

Mendy – Morel, Gnagnon, Da Silva, Traoré – Camavinga, Bourigeaud – Hunou, Gboho, Raphinha – Niang

Le match :

Je vois plusieurs qualités au squash : le niveau d’entrée requis est suffisamment faible pour s’amuser, contrairement au tennis, au palet ou au MMA par exemple. De plus, le squash constitue un excellent défouloir, puisque la mollesse de la balle permet d’envoyer des parpaings de malade sans risquer de blesser l’adversaire ou d’envoyer ladite balle en orbite. Enfin, les efforts violents et répétés amènent à se taper une bonne suée. Bref, le squash est une activité très chouette, malgré le fait qu’elle soit majoritairement pratiquée par des trentenaire à casquette Ralph Lauren en arrière et doudounes sans manches.

Alors tout ça c’est très bien, mais quel rapport avec le match qui nous occupe dans ces lignes ?, me direz-vous. Je vous répondrai que dix lignes sur un sport de raquette seront toujours plus intéressantes à lire qu’un résumé de notre première demi-heure. En gros : un nouveau spectacle du Stade Rennais Circus Club, avec les formidables numéros « panique défensive », « manque d’engagement » ainsi que « erreurs techniques de débutant ».

Le dernier quart d’heure est paradoxal : les Amiénois concrétisent logiquement leur domination par Guirassy (35e, douce ironie, Rennes 0-1 Amiens) et l’on se dit qu’on n’a pas fini d’en chier. Pourtant, moins de cinq minutes plus tard, Hunou égalise de façon aussi inélégante que providentielle (39e, Rennes 1-1 Amiens). Il est facile d’analyser a posteriori, mais il est fort probable qu’Amiens aurait gagné s’ils étaient parvenus à la pause en étant devant.

Malgré une intervention de Da Silva sur sa ligne après une mésentente clownesque entre Mendy et Gnagnon (50e), ce sont bien les Bretons qui prennent l’ascendant dans le deuxième acte. Coaching gagnant – ou chanceux, c’est selon – de Stéphan, qui lance Del Castillo à l’heure de jeu. Deux minutes plus tard, Du Château enchaîne un grand pont et un échange avec Raphinha avant d’adresser un centre à ras de terre que Niang reprend d’une jolie Madjer (62e, Rennes 2-1 Amiens). Dans la foulée, Raphinha profite d’un nouveau travail de Del Castillo pour exploser la barre de Gurtner. Bordel de cul, il va bien finir par marquer, c’est pas possible, rien que pour que les commentateurs arrêtent de nous rabâcher le montant de son transfert.

Les dieux du football nous entendent enfin à un quart d’heure du terme : après une interminable consultation vidéo, Niang obtient un pénalty pour une faute de Chedjou. L’attaquant sénégalais, tireur attitré, confie le ballon à Raphinha, qui ne tremble pas et marque son premier but en Ligue 1 (77e, Rennes 3-1 Amiens). Rideau.

Malgré une première période ratée, le Stade Rennais s’impose par deux buts d’écart face à un adversaire coriace. Il faut savoir les prendre, ces victoires étranges. En attendant, on a vu des choses positives, notamment la concrétisation de la montée en puissance de Raphinha, la belle entrée de Del Castillo, l’élégance de Niang et plus généralement de vrais beaux mouvements de football offensif. On est sur la bonne voie.

Les joueurs :

Mendy : 3/5. Plusieurs mésententes avec ses centraux, preuve que la sérénité est toute relative. C’est peut-être son état naturel, mais j’ai l’impression à chaque gros plan TV qu’il est vénère sa mère.

Morel : 2+/5. Notre meilleur attaquant de la tête. Dommage qu’il soit défenseur.

Gnagnon et Da Silva : 2-/5. Plus Laurel et Hardy que Riggs et Murtaugh.

Traoré : 2/5. Il a raté absolument tout ce qu’il a tenté. Hamari Montebourg.

Camavinga : 4/5. C’était son anniversaire, c’est pourtant lui qui a été cadeau.

Bourigeaud : 3-/5. Du déchet en première période, mieux par la suite. Pour autant, c’est lui la hargne de l’équipe.

Hunou : 3/5. Poste inhabituel pour lui, où il a plus de mal à exprimer ses qualités. Ce qui ne l’a pas empêché de mettre un nouveau but de renard. Pippo Hunoughi. Remplacé par Gélin (89e), pour bloquer les éventuelles fuites urinaires.

Gboho : 2/5. La marche de la titularisation était un peu haute. Remplacé par Del Castillo (60e), qui est entré dans la banque sans faire toc toc toc.

Raphinha : 4/5. ENFIN. Enthousiasmant dans le jeu, il marque enfin ce premier but. Espérons que ça le libère.

Niang : 5/5. Ceux qui critiquent sa prétendue nonchalance n’ont rien compris. M’Baye abat un travail dingue sur le terrain, il l’a encore prouvé avec un but et un péno provoqué, il pèse, il agace, il menace. Et surtout, il confirme à quel point il est un pilier du vestiaire : son geste d’offrir le péno à Raphinha est d’une classe folle. Incroyable comme il s’est transformé depuis son arrivée. From El Hadji Diouf to Micka Pagis real quick. Remplacé par Siebatcheu (89e), apparemment.

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ALLEZ RENNES

Marco Grossi

Marco Grossi

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