La Calcio Académie vous raconte la 9e journée de Serie A (21-22)
nouilles natures
Ciao ragazzi,
Journée numéro neuf, donc. Vous avez quand-même un sacré pot, vous le savez ça ? Je veux dire merde, vous suivez le meilleur championnat du monde dans le monde déjà. Assez fabuleux comme constat, non ? En plus on vous le raconte sur Horsjeupuntonet, donc on peut vous le raconter comme on veut tant qu’on ramène pas d’autre procès à la rédaction. Les maladies vénériennes on peut partager, la prison avec sursis non.
Enfin, on vous sait tous très attachés à la tradition. Vous traînez sur Horsjeu pour faire un peu vivoter les restes de votre conscience de gauchiasse surannée mais au fond vous aviez toujours été un peu Vieille France, et touche pas à ma crèche, mon pinard mon saucisson mes traditions et même que bon quand il y en a un ça va, c’est quand ils sont nombreux que hein bon… Et du coup nous comme on est des cyniques sans cœur, ni couilles, ni panache, et ben on nourrit le monstre conservateur qui vous bouffe le cœur.
Voilà, c’est bon ? Vous en avez marre de vous faire insulter par un manche à couilles de branleur de zèbres ? Désolé hein, la journée m’a pourtant comblé (un rigore des plus douteux à la toute fin du match pour empêcher l’ennemi juré de gagner) mais le monde lui m’emplit de vide chaque jour un peu plus.
Le cocktail de la semaine :
NULL & VOID
Un verre vide.
Si vous en avez encore la force, chialez un bon coup dedans.
S’il y a des larmes, rajoutez un trait de San Pe dedans parce qu’on est dans la Calcio Académie, bordel.
Torino – Genoa (3-2) :
Qui c’est le plus fort, le taureau ou le griffon ? Aujourd’hui, c’était le Toro. Dans un match fort plaisant, les locaux (ça veut dire les fous en espagnol) ont pris le meilleur sur un Genoa généreux dans l’effort (putain on dirait du rugby sans déconner) mais peu en réussite dans le dernier geste. Le Toro se donne de l’air et remonte à la douzième place, le Genoa se salernitanise à la dix-huitième place et risque de vivre une longue saison.
Buteurs : Sanabria (14e), Pobega (31e) et Brekalo (77e) pour le Toro, Destro (69e) et Caicedo (80e) pour les grifoni.
Salernitanale – Empoli (2-4) :
Les retrouvailles des promus n’auront pas été d’un grand suspense. Les Granata ont pourtant eu la gonfle, mais ils n’ont pas vraiment su qu’en faire. Faut dire que prendre quatre pions dans la craquette avant de commencer à jouer, ça met pas dans les meilleures conditions. Et ce petit enfoiré de Pinamonti qui y va de sa panenka pour le quatrième but de l’Empoli… Le goal de la Salernitanale a bien failli lui foutre son pied dans la gueule. C’eût été cocasse, clairement. On retiendra toutefois le grand match de Franck Ribéry, impliqué sur les deux buts de son équipe et toujours dispo, toujours debout, c’est bon de le voir donner du plaisir sur un terrain de football.
Buteurs : Ranieri (48e) et Ismajli (55e autogol) pour la Salernitanale, Pinamonti (2e et 45e s.p.), Cutroooooooooone (pardon) (11e) et Strandberg (13e autogol) pour l’Empoli Calcio.
Atalanta – Udinese (1-1) en une image :

surpriiiiiiiiiise !
Sampdoria – Spezia (2-0) :
C’est la première journée du championnat Ligure et personne n’en parle. Heureusement la Calcio académie est là, pour vous, fidèle au poste, attachée à toutes ces petites compétitions absolument inutiles. Le Genoa sort comme le grand vainqueur de l’édition 2020/2021. Une compétition remportée par le Genoa, ça donne déjà une idée du niveau de jeu. Pour rappel chez vous (un indice en bas de l’écran), nous vous redonnons le classement de la dernière édition :
Championnat de Ligurie 2020/2021
1. Genoa 8 Pts 6/3 + 3
2. Spezia Calcio 4 Pts 5/7 – 2
3. Sampdoria 3 Pts 5/6 – 1
Lo Spezia Calcio entame son championnat de Ligurie 2022 à l’extérieur contre la Sampdoria. Dominateur et appliqué, Lo Spezia s’incline contre le cours du jeu. Depuis le départ d’Italiano, les Aquilotti vivotent et peinent à reproduire l’exploit de la saison dernière. Pourtant, le jeu pratiqué n’est pas affreux. Souvent moqué, Thiago Motta doit se débrouiller avec un effectif bizarre qui tenait un peu debout grâce à la magie de son gourou Vincenzo Italiano. L’excellent Andrea Bonatti nous raconte dans son dernier article les frasques discrètes et les éléments de langage des nouveaux propriétaires Américains de Lo Spezia Calcio.
Derrière les photos de ces jeunes garçons en costard, mais sans cravate pour se donner un petit côté détendu (enfin, détendu façon Alain Juppé), aux cheveux gominés et aux dents trop blanches pour être honnête, derrière ce portrait de gendre parfait pour tout électeur des républicains, se cachent un discours creux. C’est bien beau de proclamer « Rimanere in serie A per lunghi anni” (rester en Serie A pour des années) mais c’est encore mieux de le démontrer dans les actes. Thiago Motta a dû composer avec les moyens du bord. Ce manque d’anticipation a empêché le club de pouvoir refaire des jolis coups sur le mercato. Cette année, il n’y aura pas de Pogeba magique, N’Zola déçoit ou se blesse, ça dépend des fois. Fallait pas trop jouer à l’alchimiste Junior. La Spezia jouera le maintien, à moins que ça soit l’inverse.
La Sampdoria remporte donc le match petit bras sur un CSC et une belle action collective, Gabbiadini décalant Candreva pour le break presque définitif. Malgré la victoire, les locaux n’ont pas l’air d’être totalement serein. C’est bien, ils sont lucides. Il faudrait être fou ou aveugle pour espérer quelque chose de cette bouillie de football proposé par les hommes de Roberto D’Aversa.
Ah tiens, on allait oublier de vous parler de Verde. Le bougre réduit le score sur un but de dingue comme il en a l’habitude. Un but qui ne sert à rien, mais un but qui vous fera du bien. Nous vous conseillons de jeter un œil (le gauche plutôt) au résumé ci-dessous.
Buts : CSC, Candreva / Verde
Inter – Juventus (1-1) :
C’est l’histoire d’un mec…
Vous connaissez sans aucun doute le sinistre Thierry Mariani, plutôt généreux quand il s’agit d’être parfaitement con. Vous avez peut-être déjà entendu parler de Francis Mariani, aucun lien de parenté avec Thierry si ce n’est un certain gout commun pour l’amitié en gang, le roi de l’évasion. Sa page Wikipedia commence ainsi : « Éleveur de bovins ». Pas besoin de te divulgacher la biographie du type si tu ne le connais pas, tu te doutes un peu à l’avance que le gars n’est pas resté totalement focalisé dans sa branche professionnelle très longtemps. Doit pas y en avoir des masses des éleveurs de bovins dans Wikipedia. Bref, Francis, l’élevage ce n’est pas trop son truc. Il préfère les casses, se faire arrêter et s’évader, la vie de malfrat, un homme de contrat, du genre résiliation définitive et ce n’est pas souvent à l’amiable. Autre Mariani connu, l’histoire du Coca Mariani ne vous est probablement pas inconnue. On parle de ce Coca Corse qui aurait inspiré le Coca Cola, en guise de clin d’œil sympa à son ancien mentor, Coca Cola Company décide de les attaquer en justice pour les faire crever. C’est mignon hein ?

On a retrouvé Maurizio et ses copains après le match pour un petit café tranquille
Et puis, il y a Maurizio Mariani. Celui-là, il est arbitre. Tous les weekends, il écume les pelouses italiennes (ce n’est pas une métaphore de mauvais gout, merci de votre attention) comme une âme en peine. Il attend un appel, un peu d’attention, un bisou. Tu sais ce que c’est d’être arbitre ? Alors imagine-toi arbitre en Italie. A part arbitre en Colombie, ou arbitre de Pakistan-Inde, je ne vois pas d’endroit plus galère. On s’est déjà posé la question de savoir pourquoi les gars veulent devenir arbitre ? Leur truc c’est l’ordre, les choses bien rangées, leur dicton préféré c’est genre « Quand c’est fait ce n’est plus à faire » ? Ou alors c’est le parfait contraire. C’est le gars qui aime souffrir « ahhh tous ces sifflets ça m’excite, ça me donne envie d’écouter Susanna de Celentano à fond les ballons ». On sait qu’il existe chez les psychologues, un bon nombre de ravagés du bocal, chez les docteurs des malades qui s’ignorent, pourquoi le métier d’arbitre échapperait à la règle ? C’est mon hypothèse personnelle. Le gars adore se faire siffler. C’est son trip, son kiff ultime. Alors quand la VAR l’appelle à la dernière minute du temps règlementaire, Maurizio flaire le bon coup. Comme un cocaïnomane à la perspective d’une poudreuse et d’un stylo bic, Maurizio sent le plaisir monter en lui. Il regarde plusieurs fois l’image sur sa petite TV. Meazza commence à vibrer, les sifflets sont de plus en plus appuyés. C’est con, il serait bien resté encore un peu devant l’écran quelques minutes de plus mais il doit faire attention Maurizio. Faut pas faire le con. Faut pas se faire remarquer. Il sort de sa guitoune. Il est bien, les mains moites, la gorge sèche. C’est le moment de recevoir sa bronca et ses tombereaux de merde verbale. Maurizio ferme les yeux. C’est son moment, c’est son trip.
Dybala égalise et la Juventus repart avec le nul. Mais ça, il s’en fout Maurizio. Samedi prochain, il sera à Brescia, à Empoli ou à Padoue. Il foulera les pelouses, à l’affut d’un instant de grâce aussi fugace qu’intense. L’Inter se réveille avec un mal de crane. Après avoir dominé le premier acte, les hommes d’Inzaghi ont une nouvelle fois reculé et abandonné le ballon. L’égalisation de la Juve est certes grotesque mais ce sont bien les Nerazzurri les premiers responsables du match nul. Et ça, il ne faudrait pas l’oublier.
Buts : Dzeko / Dybala
Hellas – Lazio (4-1) :
Un quadruplé, mesdames, messieurs, un quadruplé. Giovanni Simeone, annoncé comme condamné au football, vient d’inscrire quatre buts et terrasser la Lazio de son paternel. Pas facile d’être « un fils de » dans le football. Pourtant le fiston joue devant quand le vieux jouait milieu défensif. Mais la comparaison est presque obligatoire, incontournable. On étalonne le pedigree ou la vivacité du regard. Giovanni n’a pas réussi à percer à la Fiorentina. C’est Vlahovic qui explosera. Il débarque en Sardaigne revanchard. De revanche, il n’en prendra point. Il aligne les prestations indignes, médiocres, sans jus, sans imagination, sans folie ni envie. El Cholito part en prêt à Verona. Vous connaissez la suite de l’histoire.
La Lazio s’incline lourdement contre l’Hellas et Giovanni a obtenu un sursis
Buts : Simeone X4 / Immobile
Bologne – Milan (2-4) :
Match épique entre Bologne et Milan, avec pas moins de 6 buts, 2 rouges, 1 csc et 1 but d’Ibrahimovic notamment.
Milan mène rapidement 2-0 et envoie Bologne dans une sauce terrible… Malgré les absences notables (Maignan, Theo, Kessie, Brahim), Milan s’en sort et rentre aux vestiaires avec une grosse avance et un joueur de plus sur le terrain. Rien ne peut leur arriver. Rien ? Et bien si, rien n’est jamais facile avec ce club, et Bologne remonte son retard et égalise à 2-2. L’incroyable se produit, Bologne a même davantage d’occasions que Milan. Soriano décide donc de saborder son équipe tout seul en découpant Ballo Touré et prenant lui aussi un rouge, préjudiciable à son équipe.
Milan marquera deux fois en fin de match, par son milieu salvateur Bennacer et par Ibrahimovic en toute fin de match, ce qui ne sauve pas sa prestation médiocre.
Milan est en tête de Serie A avec Naples et signe là son plus beau départ depuis la saison 1954-1955 avec 8 victoires et 1 nul en 9 matchs.
Buteurs : Ibra csc, Barrow ; Leao, Calabria, Bennacer, Ibrahimovic
Roma – Napoli (0-0) :
La série du Napoli s’arrête. Ça reste un excellent résultat pour les gli azzurri. Humilié en coupe d’Europe par une équipe de bucherons solidement préparés, la Roma se devait de répondre. Elle le fit, enfin partiellement. Elle bouscula le Napoli. Mais Anguissa, une nouvelle fois impeccable (de frein), et ses coéquipiers ne sont pas nés de la dernière pluie. Ils reviennent dans le match. Ils ont aussi les quelques occasions qui te donnent quelques regrets à l’issue du match. Au final, le match est nul est logique. La Roma a répondu présent et le Napoli n’a pas cédé.
But : Non identifié
Sassuolo – Venezia (3-1) :
Le Venezia FC est certes le club hype de la saison, mais cette équipe est vraiment très plaisante à suivre. Okereke ouvre le score sur une magnifique lourde en lucarne, rien que ça… mais comme souvent, Venise coule en 2e période, et encaisse 3 buts en 30 minutes, pour finalement prendre une valise, notamment garnie par un magnifique but de Berardi et d’un csc (le même qu’Ibra) par Henry.
Buteurs : Berardi, Henry csc, Frattesi ; Okereke
Fiorentina – Cagliari (3-0) :
Victoire facile de la viola, et retour très marquant d’un homme qui n’avait pas scoré depuis 3 matchs. Un homme dont vous allez entendre parler et dont vous avez, bien entendu déjà entendu parler.
Dusan Vlahovic, Serbe né en 2000, très grand par la taille et le talent, magnifique pied gauche comme le montre son superbe coup franc en lucarne face au gardien sarde.
Voyez plutôt :
Pour Cagliari, la saison va être longue… et déjà une 19e place à la 9e journée.
Buteurs : Biraghi, Gonzales (sp), Vlahovic
Note Artistique de la journée (4/5) :

Vous revenez quand ?
Vlahovic à l’OM !
Est-ce que Maurizio Mariano a quelque lien de parenté avec Mauricio Vincello ? (Je parle de l’académicien, je précise au cas où)