Liverpool – Arsenal (5-1) : La Gunners Academy termine l’année en beauté

Se faire farcir pendant les fêtes, ne serait-ce pas ça, finalement, l’esprit de Noël ?.

Salut vous tous,

Il est des traditions pénibles de Noël auxquelles on n’arrive pas à déroger, tant on se demande parfois comment l’on pourrait s’en passer. Les remarques racistes de Tonton Jean-Jacques à table pour les uns, la maman (ou la mamie) qui trouve que tu ne manges rien alors que tu viens d’ingérer péniblement le quinzième plat du menu (sur trente-deux) pour d’autres, ou encore l’effondrement traditionnel d’Arsenal au moment des fêtes.

Cette fois-ci pourtant, même si l’équipe avait clairement tourné en sur-régime durant plusieurs mois, nous autres supporters avions quand même envie d’y croire. Parce que l’état d’esprit de l’équipe est excellent, parce que nos joueurs ont plusieurs fois réussi à s’extirper de situations compromises depuis le début de la saison et surtout parce qu’au match aller, ils avaient réussi à tenir la dragée haute à la meilleure équipe du championnat depuis un an. De quoi se dire qu’un miracle de Noël était possible.


ZE GAME :


La composition concoctée par Emery suscite pas mal d’interrogations : que fait Lacazette sur le banc ? Pourquoi Maitland-Niles joue-t-il ailier, si ce n’est pour rendre hommage à Laurent Blanc et à son utilisation de Matthieu Debuchy ? Et surtout Lichtsteiner titulaire, au vu de ses prestations depuis le début de la saison, tu es vraiment sûr Unai ?

Tout ne commence pas si mal pourtant. Après dix premières minutes dominées par les Reds, Kolasinac intercepte une relance mal assurée d’Alexander-Arnold et sert Iwobi. Le Nigérian s’offre un une-deux de toute beauté avec Ramsey, avant de délivrer un petit bonbon de centre au deuxième poteau pour Maitland-Niles, de sorte que le gamin n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets (0-1, 10e)

A l’instar du match contre Manchester United, Arsenal prouve cependant une fois de plus son incapacité à tenir un hold-up. A peine quatre minutes plus tard, Salah tente une percée. Sokratis lui prend le ballon, mais Lichtsteiner remet généreusement le cuir dans la course de Firmino. Le Brésilien n’en demandait pas tant et égalise (1-1, 14e). Période de fêtes oblige, notre défense estime qu’offrir un but n’est pas assez, Torreira perd un ballon bêtement aux quarante mètres dans la minute qui suit, ce qui permet à Firmino de signer sa première victoire en Coupe du Monde de ski, dans la catégorie slalom (2-1, 16e). Quoique cette métaphore paraît finalement inappropriée, les piquets de slalom étant conçus pour gêner le skieur, ce qui n’est pas le cas de nos défenseurs.

On admirera le talent de Torreira pour le ventriglisse

Est-ce la fin du calvaire, nous demandons-nous ? Que nenni, il fallait supporter un autre club, répondent les Moires. Taquines, elles décident même de couper le fil reliant les yeux de nos joueurs avec leurs cerveaux, les empêchant ainsi de mettre Salah hors-jeu sur un long ballon dans la boîte de Robertson. Le roi des Poteaux Bizarres en profite pour remettre tranquillement le ballon à Sadio Mané, qui transperce Léno (3-1, 32e). Ne me demandez pas où se trouvaient nos défenseurs sur cette action, la réponse pourrait vous blesser. 

Alors que nos joueurs tentent timidement de réduire la marque avant la pause, Allisson profite de notre absence de repli pour lancer Salah sur l’aile droite. L’Egyptien s’enferme contre la ligne de sortie de but, mais l’arrivée impromptue d’un Sokratis faisant preuve de la sobriété et de la retenue de Gérard Butler dans le rôle de Leonidas incite l’ailier Scouser à chercher le penalty, que Sokratis et M. Oliver lui accordent sans difficulté. Salah transforme lui-même (4-1, 45e)

Après une telle boucherie, on imagine qu’Emery va taper du poing sur la table, quitte à effectuer ses trois changements dès le retour des vestiaires, sortir un défenseur pour faire entrer Lacazette et… on assiste au remplacement de Mustafi par Koscielny. Le message est clair, on ne veut pas que l’addition soit plus salée encore.

Coup de chance pour nous, Liverpool décide de souffler. Les trois points étant acquis, autant respirer avant leur choc contre Manchester City. Par conséquent, il ne se passe pas grand-chose au cours du second acte, si ce n’est un nouveau pénalty concédé cette fois par Kolasinac. Effectivement, celui-ci est plutôt sévère, d’autant plus que M. Oliver ne sifflera pas pour une faute similaire sur Lacazette en fin de match, mais quant tu es mené 4-1, est-ce que tu peux vraiment la ramener ? Firmino ne tremble pas et s’offre ainsi un hat-trick (5-1, score final).

Certes, les erreurs individuelles de nos défenseurs ont pesé lourd dans la débâcle du jour, mais nous avons suffisamment dit du bien d’Emery pour reconnaître que cette défaite est pour lui. Entre des choix tactiques douteux, une gestion de l’effectif qui pose question (Torreira va vraiment jouer tous les matches, ou bien ?) et une animation offensive encore trop dépendante de l’état de forme d’Özil ou de Ramsey, Unai a du boulot et va devoir s’y mettre rapidement. On ne peut pas rivaliser contre la meilleure équipe du championnat quand le meilleur appel en profondeur de la seconde mi-temps est l’oeuvre de Koscielny…

A peu près toutes les variations autour de la journée de la marmotte ayant été utilisées dans ces colonnes, nous ne rajouterons pas une nouvelle couche cette fois. On se contentera d’espérer que Sven se bouge les fesses pour nous dégoter enfin de quoi éviter de passer pour des chariots défensivement à chaque opposition contre un gros.


ZE BÂCHES :


Leno (1+/5) : On lui dit qu’il a le droit, de temps à autres, d’empêcher les tirs adverses de finir au fond ?

Lichtsteiner (0/5) : Selon la dernière rumeur en date, la longévité de Jeanne Calment ne serait qu’une supercherie orchestrée par sa fille, qui aurait usurpé l’identité de sa mère dès les années 30. Autant cette histoire paraît incroyable, autant la prestation de Stephan ce soir ne peut s’expliquer que parce qu’il a été remplacé par son fils Noé Fabio.

Sokratis (1+/5) : Le pire, c’est qu’au fond, je suis persuadé qu’il a un bon petit potentiel. Mais défendre comme ça sur le pénalty de Salah, c’est criminel.

Mustafi (1-/5) : Non mais ne t’inquiète pas, Shkodran. On comprend, ce n’est pas grave, c’est la faute de l’alignement de tes collègues, du vent et de l’arbitre. Histoire de te mettre un peu au vert, je te propose d’aller tester un petit camp de vacances à ces coordonnées : 67° 30? 51? N, 64° 05? 02? E. Tu m’en diras des nouvelles. Remplacé à la mi-temps par Koscielny (2/5) qui, même sur une jambe, a plus rassuré en quarante-cinq minutes que notre arrière-garde en une demi-saison.

Kolasinac (1-/5) : Et sinon, à ta salle de sport, ils ont un appareil pour muscler ce qu’il y a entre les deux oreilles ? Remplacé par Guendouzi (non noté), entré en jeu en fin de match, alors qu’on se faisait déjà rouler dessus et qui n’a donc rien pu faire.

Maitland-Niles (2+/5) : Le meilleur Gunner sur le terrain. Non content d’éteindre Robertson, il a su également se distinguer par son apport offensif, ponctué par son premier but en Premier League. De la gnaque, de la polyvalence, on va avoir besoin de lui dans la rotation, c’est certain. 

Torreira (1/5) : Oh bah tiens, faire jouer l’intégralité de chaque match à un jeune qui découvre la Premier League, à un poste hyper exigeant physiquement ne serait pas une bonne idée ? Les bras m’en tombent. 

Xhaka (1+/5) : On a vu au match aller que lorsque Granit a du monde derrière lui pour faire le sale boulot, il peut orienter le jeu et casser des lignes avec ses passes. Sauf que cette fois, derrière lui, c’était plus une tentative de réhabiliter le défunt festival andouille et cornichon de Bèze qu’une vraie défense.

Iwobi (2-/5) : J’ai aimé sa volonté d’aller au charbon et son amour de passe décisive pour Maitland-Niles. J’ai beaucoup moins aimé sa façon de courir comme un poulet sans tête et de tenter des gestes techniques inutiles dans des zones dangereuses.

Ramsey (1+/5) : Il serait de bon ton de clarifier pour de bon sa situation au club, parce que lui refiler le brassard pour qu’il s’en aille dans dix jours me les briserait quelque peu. Je ne dis pas toutefois qu’il a été plus affreux que la plupart de nos joueurs (loin de là), mais on est en droit d’attendre du capitaine qu’il joue du didgeridoo dans les tympans de ses coéquipiers pour les réveiller dans ce genre de match.

Aubameyang (1+/5) : Il a touché sept ballons en première mi-temps. Quatre d’entre eux étaient des coups d’envoi. Ça vous situe le contexte. Remplacé par Lacazette (non noté), dont il faudrait m’expliquer ce qu’il a fait, d’une part pour être mis sur le banc comme un malpropre de cette façon, et d’autre part pour n’avoir le droit de rentrer qu’une fois la défaite acquise. Je comprendrais tout à fait qu’il se sente humilié.


IF NOTE :


  • L’avis d’en face vous sera prochainement fourni par la Reds Academy. J’ai hâte de savoir ce qu’en pensent les copains, car j’ai vraiment pas l’impression que leurs joueurs se soient foulés plus que ça.
  • D’ailleurs, en parlant de Liverpool, entre la défaite des Spurs contre Wolverhampton et la volonté affichée de City de miser sur la C1, je vois mal comment ils vont arriver à se saborder cette année. Mais pensez quand même à perdre un petit match en chemin les gars, hein.
  • Enfin, vous en avez déjà entendu parler un peu partout, mais je ne saurais que trop vous conseiller l’excellent documentaire « Sunderland Till I Die » sur Netflix, tant il reflète tout ce qu’on aime dans le foot anglais. Et puis c’est toujours bon de voir qu’il y a toujours plus banter que nous.

Sur ce, bise sur vous, pas de bêtises au volant en rentrant du réveillon et passez de bonnes fêtes.

Johny Kreuz

Johny Kreuz

J'ai autant de clubs de cœur qu'Alex Oxlade-Chamberlain a de neurones. Seul supporter non-basque de Bilbao et Cazorliste convaincu.

7 commentaires

  1. Je ne saluerais qu’une chose, la promptitude de l’académicien à fournir un travail de qualité moins de 24h après l’accident industriel.

  2. Vraiment splendide ce GIF. Rien que l’insertion m’émeut (infoutu de le faire sans galérer depuis plus d’un an).
    Sinon, c’est beau ce que vous faites. Perdre contre Liverpool je veux dire.

    De là à dire que nos joueurs « se sont pas foulé »… Disons que c’était pas le meilleur match sur les 19 joués ; Robbo un ton en-dessous, Fabi qui rate plusieurs passes, pas mal de pertes de balles… Mais c’était pas aussi moyen que le début de saison.

  3. Je n’ai rarement vu une équipe prenant autant de buts, plus qu’évitables, je dirais tragicomiques. Cela doit être dur pour tous ceux qui ont rêvé avec les Gunners. On assimile souvent Arsenal et beau jeu mais nous avons tendance à oublier que la solidité a jadis été une de vos forces. Si avec cela, Tony Adams n’a pas replongé… Mon cher Johny, je vous souhaite une année 2019 moins poreuse (et laissez Pablo où il est).

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