Columbus – Montréal (2-1) : L’Impact Académie a (encore) vrillé

Afin d’entrapercevoir un semblant de football, l’Impact Académie a craqué son PEL.

L’Impact Académie est à temps partiel. Ça fait bientôt six ans que ça dure et ça n’est une surprise pour personne. Le plus fâcheux, car nous, on n’est pas payé pour le faire, c’est que l’équipe donne le ton. Oh, pas que si l’Impact gagnait tous ses matches, vous auriez une Académie systématique, loin de là. Mais, et ça vous surprendra peut-être, nous essayons ici de parler football. Et pour parler football, il y’a quelque chose d’absolument nécessaire : le football.

Certes, vous avez lu ici moult papiers où le football, s’il occupait la base de la réflexion, devenait secondaire dans sa pratique. Nous aimerions alors vous causer du coeur, de l’âme d’une équipe. De gars qui, avec ce qu’ils ont dans le calbute, pourraient ouvrir un bowling. Mais là encore, la substance vient à manquer, comme un éjaculât de pré-adolescent. Le match contre Toronto nous l’a une nouvelle fois prouvé, entre des matches d’un niveau toujours plus pathétique.

Heureusement, à deux, c’est mieux. Et si notre système nerveux est désormais aussi déglingué que celui de feu Vincent Lambert, les quelques neurones gogols qui s’interconnectent peuvent encore pondre des merveilles comme celle qui va suivre. Crédit à Kurtis qui, au contraire de votre serviteur à la corde au cou, tente de trouver des solutions pour ramener non pas la coupe à la maison, mais le football à Montréal.

Et Dieu sait qu’on en a besoin.

À la recherche du temps perdu

L’existence, tout comme suivre l’Impact de Montréal, n’est honnêtement pas un hobbie fait pour tout le monde. C’est triste quand des gamins se font sauter le caisson ou lâchent complètement l’affaire avec ce club. Mais inutile de froncer les sourcils face à ce genre de décision. Faut être de bonne constitution pour s’infliger ce long-métrage épuisant.

Suivre l’Impact est un sport de combat qui dure depuis des années, un long film d’auteur moldave convenu et, si chaque seconde passée devant l’écran a été une pénitence, il y a peu de chance pour que la fin de l’intrigue soit beaucoup mieux. On ne devrait pas vous plaindre si vous décidez de vous casser au milieu. Pas question d’être un vrai supporter ou de petite constitution : l’Impact est une passion pour névropathes. Cet état de fait malheureux s’est confirmé contre le Toronto FC, ennemi honni durant des lustres, accueilli ici avec une hospitalité qu’on souhaiterait moins coutumière.

« Où le combat est grand, la gloire l’est aussi. » Voilà donc ce que nous apprend Honorat de Racan qui n’a probablement pas dit que des conneries mais qui, pour le coup, ne devait pas être un grand sportif, encore moins amateur du bleu-blanc-noir. Parce qu’à Montréal, on ne s’emmerde plus trop avec ce genre de valeurs chevaleresques. 

Le 101 de la 401 

Ce n’est jamais facile de se traîner au stade, le supportérisme n’est pas un devoir (même si beaucoup de bons petits soldats s’empressent de charger ceux qui abdiquent). Ce n’est jamais facile de se pointer trois heures avant la partie, se fumer une cigarette au pied de ces tribunes qui vrombissent des espoirs d’autres ouvriers qui, comme nous, enfilent leur bleu de travail, blancs d’une semaine au turbin, noirs sous les yeux et dans leur cœur un peu meurtri. Car c’est triste de penser que cette fête est devenu un travail comme un autre. Il faut supporter l’Impact par réflexe, un encouragement à gauche, un coup de tambour à droite, en scrutant la cloche qui, comme la pointeuse, tarde toujours à sonner la victoire. Alors t’engueules tes voisins, tu t’engueules toi-même mais, au final, tout le monde s’en cogne. Car devant nous, y’a rien. 

Y’a une équipe qui se fait balader par l’adversaire qu’elle voudrait secrètement être. La petite entreprise qui bande sec sur les multinationales et leur modèle, qui se voudrait aussi grosse que le bœuf et, au final, n’en retire que les méthodes cyniques, la communication robotique et n’assume jamais ce qu’elle est. Un petit club. Un petit club qu’on voudrait aimer de tout notre cœur. Personne ne devrait rêver du libéralisme. J’ai du pognon donc je gagne, ça marche 99% du temps en MLS et c’est terrible, c’est à gerber, pour une ligue qui se veut paritaire.

Atlanta, le LAFC, Toronto, Seattle et même New England peuvent se le permettent, grand bien leur fasse. Gros clubs, petites valeurs. C’est d’autant plus ridicule de vouloir être ça quand tu n’as pas la matière première : la planche à billets qui tourne à l’infini. Et sous ton nez, les solutions pour être dans tes fondations une équipe qui remplit son stade et fait rêver son peuple, même si elle gagne pas toujours. Petit club, petites valeurs.

Pour grandir, en fait, il faudrait réfléchir comme de sales gauchistes, faire de l’Impact de Montréal un ascenseur social avec une Académie qu’on respecte et une équipe première qui existe pour ses jeunes plein de promesses. Pour le prix annuel de sensiblement deux Novillo et un Camacho, ça prendrait une deuxième équipe-tremplin et faire valoir le seul fait d’arme en carrière de Rémi Garde finalement : sa capacité à reconstruire sans un radis une équipe de jeunes aux dents longues. Mais pour ça, il faut perdre des matches, prendre des tôles pendant un, deux ans. Faut savoir attendre. Ces matches, on les perd de toute manière avec une équipe qui ne nous dit plus rien, même si, désormais, par l’intermédiaire d’un président bavard, elle nous parle beaucoup.

Il y a tant de choses à dire qu’à un moment donné, t’arrives plus à les dire. Tu bégayes, tu t’énerves, tout t’énerve. T’as peur de plus pouvoir parler, un jour, tant tes frustrations rencontrent le mur de l’indifférence. Mais tu continues à aimer, même si devant toi, devant nous tous, les sans-grades, les oubliés, y’a rien.

Rêvons plus con

Des fois, il faut dire des trucs sur ce rien là. J’aime à croire qu’on le fait plutôt bien. Alors ami lecteur, en mon nom, je te remercie. D’une part parce que tu continues à cliquer sur l’Académie malgré nos évidentes crises de flemme. Ensuite, parce qu’après York, MNUFC, Columbus, la dernière prestation anale suce-nommée, tu te demandais bien ce qu’on pourrait raconter sur une succession de défaites parfaitement à chier. Rassure-toi, absolument rien. J’en déduis que si tu es là, c’est soit par pitié soit parce que te faire ravaler le fondement au verre pilé ne te fait plus rêver.

Mais l’appel du grand reportage est trop grand. Et en temps que journalistes sportifs assermentés, pas assez cultivés pour commenter l’athlétisme mais toujours trop pour lancer un podcast de soquère, il est de notre devoir de justifier le passage imminent de l’Académie en Premium, tel un Mediapart de l’analité. Nous le savons, la matière première n’étant que peu prompte à susciter l’émoi, il nous fallait trouver d’autres ressources. Mais une fois annulés tous les merveilleux teasings sur l’arrivée de telle ou telle star internationale finlandaise, naissant dans le meilleur des cas sur le dark-Twitter, et souvent plus probablement dans une conversation sous Selecto post-match, nous voilà résignés, bien conscients de ne pas disposer des capacités surnaturelles nécessaires pour écrire quelque chose d’à peu près viable.

Ayant quelques bases en matière d’ésotérisme, il est temps pour nous de révéler un SCOOP. Le moment est bien choisi, les fions parfaitement alignés avec les astres et le vent plutôt faible.

Ragondins Champion’s Project

Vous le savez, chez l’Impact Académie, le soccer est une passion. L’argent aussi.

Après des années passées à insulter la concurrence sur Twitter, il nous semble opportun de passer un palier, d’entrer dans une nouvelle dimension, de faire de l’Académie un acteur majeur du soccer québécois.

Les quelques success-stories estampillées MLS de ces dernières années nous ont convaincus de suivre le chemin du progrès. Saputo a réussi dans le beurre demi-sel, Will Ferrell a fait fortune dans la comédie pétomane, soit deux domaines dans lesquels le succès de l’Académie apparait comme une évidence. Il n’en fallait pas plus pour que votre blog préféré décide à son tour d’acheter une équipe afin de l’assoir dans l’élite du soccer canadien.

Le choix fut cornélien, vous vous en doutez. Il nous fallu faire preuve de pertinence (comprendre : descendre brièvement sous la barre des trois grammes) pour insuffler nos capitaux dans le bon club.

Après avoir éliminé Toronto parce qu’il faut pas déconner non plus, l’Impact parce qu’il fallait dealer avec sa fan-base, Québec parce qu’on ne les aime pas et Ottawa parce qu’on préfère démarrer au Canada, nous avons fait une offre au club présentant le plus beau potentiel. De ce fait, l’Impact Académie devient propriétaire à 51% des Ragondins de Montréal-Boucherville (ou d’Hochelaga, ça dépend des terrains libres) pour une somme tenue secrète mais la presse parle déjà de plusieurs dollars.

Alors, bien évidemment, vous vous demandez comment l’Académie a pu s’offrir ce club de prestige et c’est bien normal. Nous avons rencontré les dirigeants, joueurs, maire d’arrondissement ainsi que diverses associations et le discours tenu a su convaincre l’ensemble des acteurs du bienfondé de l’opération.

La promesse d’un recrutement quatre étoiles pour la saison 2020, d’injection de fonds de Barbie’s Resto Bar Grill Quel Festin ainsi que la perspective de la construction d’un formidable outil connecté au Wifi ont trouvé écho auprès d’une base solide de supporters qui veulent avant tout pouvoir aller sur Snapchat pendant le match et seriner en 140 (ou 280, balek) caractères qu’Urruti est une buse. Contrairement à son illustre frangin du grand Montréal, les Rongeurs ne seront pas en reste quant à la création immédiate d’une équipe réserve dans une réserve : dès 2021, les transfuges de l’Académie de l’Académie (vous suivez ?) évolueront dans une réserve autochtone, pour faire le plein d’expérience et de cartouches de clopes à prix cassés.

C’est donc en toute confiance que l’équipe de soccer locale nous a été offerte et nous nous engageons, la signature de Mauricio raide bourrée faisant foi, à honorer nos promesses. Une place en finale de MLS dès notre première saison au sein de l’auto-proclamée élite, avec pour fantasme assumé d’ouvrir en douceur l’Impact de Montréal à chaque confrontation.

Un logo, un slop, une âme.

Compte tenu de nos nouvelles responsabilités dans la gestion des Ragondins, nous avons bien évidemment décidé d’intégrer ses résultats dans le classement élite. Notre objectif de la première saison sera une place dans les six (ou sept, balek) premiers, ce qui ne sert à rien puisque nous avons également décidé de supprimer les play-offs.

Pour les profanes qui ne connaîtraient pas encore le RCMB (c’est le nom du club et ça ne veut pas dire « Regarde C’est Ma Bite »), nous ferons une large présentation des joueurs, du staff, du palmarès et des attraits touristiques dans un article à suivre. La plupart des connaisseurs pourront tout de même s’en servir de piqûre de rappel avant de lire les comptes rendus qui continueront d’affluer en ces pages, sur d’autres petits clubs comme l’Impact de Montréal, par exemple.

Et si les résultats sont là, on ne se gênera pas pour vous vendre des maillots et des mugs encore plus cher qu’un grilled-cheese au Stade Saputo.

Car il est important de laisser s’exprimer les talents émergents, cette chronique est destinée à accueillir des chefs d’oeuvre dans un style allant du merdico-cubique au débilo-gribouillage abstrait.

Aujourd’hui, évidemment, il convient de décrypter le blason du RCMB, comme le ferait n’importe quel service de communication-marketing de n’importe quel club de blaireaux. Ou de ragondins, c’est à peu près le même genre de bestiole.

Sur les bons conseils de mon avocat et huissier de justice repris de justice, Maître Véreux, j’ai décidé, pour cette Académie, de faire un break des notations.

La première raison, c’est que noter individuellement des joueurs de football n’a aucun putain de sens. À la limite, ça se tiendrait pour le gardien, mais comme le nôtre est Evan Bush, il vaut mieux s’en passer. Bien que tout rincé qu’il soit, il est loin d’être le plus gros branlos de l’équipe.

Certes, les notes horsjeuïennes ont également vocation à tourner en dérision les notations des médias de type sportifs que la plèbe considère comme la panacée du journalisme sportif, car elle n’ose pas s’avouer à elle-même qu’elle est incapable de lire plus de huit lignes consécutivement, et qu’il est plus facile de dire « ce gros nul a raté toutes ses passes » que de pondre et/ou comprendre une analyse tactique.

Ce qui nous même à la seconde raison, qui est en réalité la seule et l’unique : insulter des mères n’a jamais apporté quelconque constructivité, bien que renommer certaines génitrices de tous les noms d’oiseau du livre prévient les ulcères. Les hommes du président, et leur laïus à chacun, reviendront dès que l’équipe aura décidé de pratiquer quelque chose qui ressemble, même de loin, à du football. Ne jouons pas aux cachotiers, ça pourrait prendre du temps.

Ainsi, votre serviteur ne se contentera que d’un mot, à l’adresse de celui qui a doublé le trou de la couche d’ozone à grands coups de chicha ces derniers mois : Cheh.

Retrouve Horsjeu sur les rézosocio, mais également ses fidèles sbires Kurtis Larsouille, aussi rédacteur de la Canuck Academy à ses heures perdues, et Mauricio Vincello.

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Mauricio Vincello

Vraie fausse légende du soccer montréalais (ou l'inverse), Mauricio Vincello, après une carrière bien remplie sur les terrains des Amériques, a décidé de prendre sa grosse plume pour conter au commun des mortels les folles aventures de l'Impact de Montréal.

4 commentaires

  1. Perso pour l’étoile du logo je pensais plutôt que ça rappellerait la forme de votre anus après un match, mais c’est vous qui voyez.

    • On vise une clientèle familiale. Mais nous prenons bonne note de vos suggestions pour le maillot third

  2. Y’a pas plus de Ragondin au Canada que de gus dans les tribunes de l’EA Ligue 1 Game …
    choix parfait donc pour l’entente Franco-MLSienne

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