Suède-Mexique (3-0) : La Valhalla Académie se paie Zlatan (même si c’est cher)

« Il n’y a pas de danse sans que le diable y mette sa queue » Les Mexicains en savent un rayon à ce sujet. Tout se paie les gars, tout se paie…

L’Académie suédoise a pris le temps de se ressourcer. Il le fallait après cette terrible désillusion. Ce but à la dernière seconde de la « Mannschaft » condamnait les « Blagult » à un exploit contre les Mexicains. Pourtant les Suédois avaient admirablement joué contre les Allemands. La rivalité entre les deux pays n’est certes plus la même que dans les années 50. Les Scandinaves ne sont ni boycottés, ni menacés chez les cousins germains (ça n’a aucun rapport avec votre mari madame Boutin). Mais perdre à la dernière seconde ravivent les tensions et compliquent les espoirs de qualification.


För Sverige i tiden

Janne Andersson n’est pas un original, ni un déconneur de première. Il est rigoureux, sérieux et pragmatique. Ce n’est pas vraiment le genre de gars que tu invites pour animer une soirée dansante. Mais on ne lui demande pas de jouer au joyeux luron. Dans cet exercice, Zlatan est imbattable. Il est devenu le personnage incontournable de la publicité VISA. Il a toujours été excellent dans ses rôles publicitaires ou pour vendre ses livres. Juste avant le match contre le Mexique, Zlatan se moque de ses coéquipiers en critiquant la prestation des « Blagult » contre l’Allemagne : « Je pense que j’aurais pu faire bien mieux qu’eux ». Il confirme sur ESPN qu’il aurait aimé jouer cette Coupe du Monde « Je me bonifie avec l’âge, l’âge n’est qu’un nombre ». Le gars se présente comme un seigneur, comme un héros irremplaçable et infaillible, comme le capitaine courage qui porte son pays sur ses épaules solides. Mais il ne se gêne pas de créer la polémique, de se moquer de ses anciens coéquipiers juste avant un match essentiel. « Få betalt för gammal ost » Tu vas payer pour ce vieux fromage, en d’autres termes, le retour du bâton, tu vas avoir (oui, les suédois parlent comme maître Yoda).

Tu disais quoi déjà ?


Janne Andersson n’est donc pas un rigolo mais il a des idées et des convictions. Contre le Mexique, il garde son 4-4-2 « Viking », une tactique académique, sérieuse, sans chichi. Il prend soin d’écarter le pauvre Durmaz de l’équipe type. Les Chicanos ont impressionné après les deux premiers matchs sans pour autant jouer un football véritablement chatoyant. Ce n’est donc pas le moment de faire dans l’originalité. Bordel, on a créé Ikea, les meubles en kit au nom à la con. On meuble l’Europe entière en donnant l’impression à chacun de lui offrir une décoration personnalisée. On sait faire dans l’illusion. Nous sommes même les meilleurs dans ce domaine. (à lire sur une mélodie d’André Rieu si possible, plissez les yeux pour un rendu Sépia du meilleur effet) Dans les tribunes, vous verrez nos suédoises, des gars virils aux casques de Vikings, un maillot jaune vif et des discours enflammés. Mais nous continuerons à jouer notre football, à notre façon, sans être des esthètes, sans être des génies, en défendant avant tout pour mieux contrer (vous pouvez arrêter de plisser les yeux et faîtes donc fermer sa gueule à André). On garde nos fabuleuses métaphores sur la mythologie Viking pour le huitième de finale (spoil : à la fin, les Suédois gagnent).


Le match :

2e : Berg remet de la tête dans la surface, Granqvist et Toivonen ratent de peu la reprise. Nous ne sommes pas habitués à une attaque dès les premières minutes. C’en est presque inquiétant.
5e : Forsberg balance une saucisse dans la surface, Ochoa se rappelle à ses heures corses et décide de franchir les limites autorisées en toute impunité. Mais il n’est plus à Ajaccio le bougre.
10e : Les Mexicains font le spectacle dans les tribunes. Mon petit doigt me dit que ça ne durera pas ainsi tout le match.
12e : Granqvist, qui visiblement a troqué sa caravane pour un camping-car nouvelle génération, joue de la tête sur Berg qui fait du Berg (ça finit au-dessus même si l’intention est bonne)

Allégorie de Marcus Berg devant le but.

17e : Carlos Vela enrôle sa frappe. Robin ne fait pas le malin, il était probablement aux choux (Hiboux, Cailloux)
19e : Lustig centre pour Forsberg qui nous fait une Marcus Berg (au dessus même si c’était bien senti. Toujours 0-0
26e : Carton jaune pour Sebastian Larsson après une caresse nordique sur Lozano. L’arbitre, insensible aux câlins un brin viril, se montre inflexible. Le précieux numéro 7 des « Blagult » sera suspendu si son équipe se qualifie pour les huitièmes (il sera suspendu hein).

« Ca joue »

29e : Chicharito fait une main dans la surface avec le mouvement de bras et tout. L’arbitre qui n’avait rien vu du tout se fait appeler par l’assistant vidéo. Le pauvre Chicharito était déjà en train de s’excuser auprès de ses coéquipiers, de ses fans et des quarante-trois putes qui les attendent à l’hôtel. A la surprise générale, Nestor Pitana décide de ne pas siffler le penalty prétextant que, de toute façon, la Suède allait se qualifier facilement et que si c’est pas sûr, c’est quand même peut-être (hop en toute discrétion).
30e : Sur le Corner, Berg s’arrache et oblige Ochoa à un exploit tout surpris que Marcus se décide à cadrer.
37e : « Toivonen n’a pas marqué un seul but en Ligue 1 » Et si on demandait à Dupraz son avis ? (On y reviendra, promis)
50e : Claesson (l’homme à suivre selon notre académie de présentation) rate de façon spectaculaire sa reprise offrant, par la même occasion, une balle de but à Augustinsson au six mètres. Buuuuuuuuuuuut 1-0.
57e : Sortie du soldat Larsson, fatigué et légèrement blessé. Il sera à nouveau en forme après avoir bouffé du sanglier (si vous ne comprenez pas pourquoi, attendez de lire l’académie suivante)
60e : Berg s’infiltre dans la surface et pousse trop son ballon qui va finir tranquillement en sortie de but. C’était sans compter sur Moreno qui tacle un peu au hasard. Penalty et Buuuuuuuuuuuuut de Granqvist. Les « Blagult » y sont !!!
69e : A l’image de ses coéquipiers, Chicha tente de faire l’exploit tout seul.
73e : On se rappelle avec bonheur des déclarations de Pascal Dupraz « Toivonen n’a pas le niveau ». En effet, on le constate depuis un mois…
74e : Thelin prolonge la balle sur une longue touche. Alvarez, absolument seul, panique et marque contre son camp. Heureusement, il n’est pas Colombien… Buuuuuuuuuuuuuuuuuut 3-0.
79e : « Mais ce n’est pas possible, Thelin fait toujours le mauvais choix. » Je ne veux pas en rajouter mais à Bordeaux, on le sait depuis un moment.

L’immense Kiese Thelin (on sait, c’est un peu gratuit, mais c’est parfaitement assumé)

De la 80e à la fin du Match : Les Chicanos essaient et jouent enfin avec un semblant de collectif. C’est bien trop tard. Les dernières émotions viennent des tribunes avec des supporteurs fixés sur leur portable.
90e + 5 : 3-0, la Suède se qualifie et termine en tête de son groupe. Prends ça Zlatan…

Tenez, Monsieur Andersson, vos clefs pour les huitièmes


Les Notes :

Robin Olsen (3/5):
Pour son magnétisme (les mexicains incapables de cadrer)

Lindelof (3/5) :
J’ai cherché Maja dans les tribunes pour illustrer son match. Luke Seafer peut être rassuré, le gamin va mieux dans sa tête et ça se voit.

Granqvist (3/5) :
De loin, on pourrait croire qu’il a quelques kilos en trop. Et pourtant, Andreas est présent à chaque fois au combat. Il marque encore un penalty remarquablement tiré. Il amène ses camarades en huitième. Il est le véritable symbole de cette équipe. Pour autant, pas sûr qu’il puisse faire des publicités pour VISA dans les années à venir.

Augustinsson et Lustig (3/5) :
Dans le système de Janne Andersson, les deux latéraux ont une place prépondérante. Ils coulissent pour offrir à Forsberg et Claesson des solutions, ils défendent sur les actions mexicaines et ils doivent compenser dans l’axe les (rares) montées de Granqvist. Et ils font très bien le travail.

Larsson (3/5) :
Il s’est donné corps et âme dans ce match. Pour son engagement, il récolte un carton (plutôt logique) et une sale blessure. A Odin de faire le nécessaire. Remplacé par Svensson qui a fait le travail.

Ekdal (3/5) :
Jamais rassasié remplacé par Hijelmark à la 80e pour l’anecdote.

Claesson (3/5) :
Précieux quand il réussit ses dribbles, il l’est encore plus quand il rate ses frappes. Il n’était pas forcément attendu dans le onze, il a gagné sa place. On comprend pourquoi (ne parlez pas de Durmaz, enfin si vous pouvez maintenant, on s’en fout. On est qualifié)

Forsberg (3/5) :
On avait eu le droit à « Tranquille Emil » depuis un mois ; Forsberg nous sort son meilleur match au meilleur moment.

Berg (3/5) :
Il provoque un penalty et tire au-dessus une paire de fois. Du bon Marcus. Remplacé par Thelin à la 70e pour troller les mexicains.

On n’oublie pas nos lecteurs qui nous lisent sur leur lieu de travail. C’est cadeau. Ça tombe encore sur Berg et on  continuera ainsi. Ça nous porte chance.

Toivonen (3/5) :
A ce rythme, Ola ne va pas tarder à en faire une.


On se retrouve tout bientôt pour un huitième explosif contre les Suiches. On a hâte d’y être. En attendant ce jour, perdez-vous sur Horsjeu.net et venez tailler le bout de gras sur twitter.

Eric Sonkisson

Chacun de nous porte un fou sous son manteau, mais certains le dissimulent mieux que d'autres. Envoyé Spécial chez les Vikings, voisin de Tomas Brolin et de Stefan Edberg

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