Croyez-le, croyez-le pas, le Choa fait des rêves prémonitoires. Pas de la grande littérature hein, faut pas abuser. Mais quand je me suis réveillé en ce jeudi matin (bon je dis matin mais c’était quand même assez proche de l’après-midi), il me revint subrepticement en mémoire que j’avais fait le songe que Braga éliminerait Benfica dans son stade bucolique (dans les prés). Loin de moi l’idée de me prendre pour Tirésias (oui, je lis Sophocle et j’me la pète) mais, pour le coup, je suis assez fier de moi. C’est dommage que je hais les paris parce que je me serais fait un bon petit paquet de biftons et j’me serais payé un bon gros Double Whopper chez Burger King..

Dénué de suspense, le Choa n’a pas regardé l’opposition entre Villareal et Porto. Néanmoins, au cours ce match retour, Falcao en a profité pour battre le record de 15 buts inscrits par Jürgen Klinsmann lors de la campagne victorieuse du Bayern Munich en 1995/1996. Avec 16 galettes depuis le début de la compétition, le Colombien affole les compteurs et sera la principale attraction de la finale à Dublin. La saison dernière, Jorge Jesus était le patron du Portugal. En effet, il permit au SLB de retrouver un titre que les Benfiquistes n’avaient pas remporté depuis 5 ans, sous l’ère Trappatoni. Or, le Capitole n’est jamais loin de la Roche Tarpéienne et Jesus est désormais en position plus qu’inconfortable et ce en dépit de la victoire en Coupe de la Ligue la semaine dernière face à Paços de Ferreira. Car s’il a redonné ses lettres de noblesse au Glorioso, Jesus restera pour la postérité l’entraîneur à la tête de l’équipe qui en a pris comme aux boules contre Porto tout au long de la saison: 5-0 à l’aller avec le viol de David Luiz par Hulk, la perte du titre à la Luz et l’élimination en Taça, une nouvelle fois à la Luz. Jeudi soir, pour « célébrer » la 100ème défaite européenne des Encarnados, les Lisboètes ont été reçu par 200 supporters qui les ont copieusement insulté.

Il faut dire que la prestation des Aigles n’a pas été bien fameuse. Pour ceux qui ont lu la précédente Balcalhau Académie (parabéns!), j’avais émis la possibilité que la titularisation de Jardel, expulsé en Liga lors d’un match sans enjeu, en lieu et place de Sidnei était susceptible de poser problème. Cela n’a pas loupé. En effet, sur le but de Custodio, la charnière Luisao/Jardel s’est trouée et a offert le but de la qualif’ aux Archevêques. Par ailleurs, c’est la force du collectif de Braga qui a clairement supplanté celui du SLB. C’est la 17ème fois d’affilée que Benfica encaisse au moins un but. Et les passages à vide de Roberto, les plus belles mains palmées d’Europe, n’excusent pas tout, du moins pas sur ce match. Perméables, les Aigles ne soutinrent pas la comparaison avec des Archevêques soudés qui avaient davantage d’envie. Peut-être aussi que le turn over instauré depuis que le titre s’est envolé a causé plus de torts que de bienfaits aux titulaires traditionnels. De plus, dans ses cages, Artur Moraes a servi show et a repoussé les tentatives benfiquistes, notamment celles de Coentrao et Gaitan dans le money time. Et puisqu’il faut toujours un peu de chance, lorsqu’il fut battu, son poteau et son défenseur Paulao le sauvèrent.

Enfin, la suspension d’Aimar a été fort préjudiciable pour le Glorioso. Remplacé par Carlos Martins, son ombre a pesé dans les phases offensives. Pourvoyeur de ballons et parfois même buteur, le Clown (rien à voir avec Max Zander) a cruellement fait défaut à ses coéquipiers. Remplacé par un Carlos Martins complètement paumé, son ombre a pesé dans les phases offensives. Fort peu en veine cette saison, Jorge Jesus n’a pas brillé par ses choix, à l’inverse de Domingos Paciência. Déjà au match aller, Paciência avait préféré consolider le résultat obtenu bien que négatif (2-1) en faisant entrer Kaka’, un défenseur,à la place de Lima, un attaquant, à la 85ème minute.

L’ancien buteur de Porto savait que son équipe pouvait tomber Benfica au retour. L’affrontement houleux de la 22ème journée de championnat l’avait démontré au demeurant. Malgré la suspension de Vandinho, capitaine et buteur à l’aller, Braga a pu compter sur l’apport décisif de Custodio, héros hier soir. Quand tu as la baraka, il te peut rien t’arriver.
De plus, Benfica a l’attaque la plus surcotée du football européen actuel. Sur le papier, évoluer avec El Conejo Saviola et Tacuara Cardozo, ça le fait. Empiriquement, c’est ignoble. Si le SLB a été éliminé par le Sporting Braga, il le doit en partie à la faillite et à l’inutilité de la paire sud-américaine. Entre maladresses (Saviola) et transparence (Cardozo), le duo n’a su convertir les nombreuses occasions obtenues. Si la saison 2009/2010 de Cardozo avait été exceptionnelle, l’opus 2010/2011 est pérave. Longtemps blessé, Tacuara lasse par ses loupés, son absence de mobilité. Le coup franc inscrit à l’aller était l’arbre qui cachait la forêt. Et que dire de Saviola? Virevoltant au début de sa carrière, l’Argentin n’est plus que l’ombre de lui-même, même si la Fortune l’abandonna sur sa frappe qui s’écrasa sur le montant.

Si la qualification de Braga met en exergue la réussite de Paciência, il ne faut pas oublier le travail de fond également effectué avant lui par un certain…Jorge Jesus. Cette victoire est un peu la sienne bien que cela lui coûte aujourd’hui. Conspué par ses supporters, Jesus a malgré tout reçu l’appui de son président Luis Filipe Vieira et son directeur sportif le Maestro Rui Costa. Mieux, JJ a reçu l’appui remarqué d’Andre Villas-Boas qui l’a pourtant martyrisé comme jamais cette saison. Normalement, il devrait poursuivre sa mission sur le banc des Aigles lors de sa dernière année de contrat. Et il a clairement affiché ses ambitions en affirmant qu’il ramènerait le club sur la plus haute marche du podium.

La qualification de Braga pour cette finale 100% portugaise paraît surréaliste quand on se remémore la rouste infligée par Arsenal en Champion’s (6-0). Mais après avoir dégagé une bonne partie de l’effectif au mercato hivernal, Paciência est parvenu à re-mobiliser ses troupes pour, en plus de réussir un parcours européen remarquable (éliminations de Liverpool, du Dynamo Kiev et de Benfica, excusez du peu), revenir sur les talons du Sporting Portugal pour l’obtention de la 3ème place. Présumé en partance pour le banc du Stade José Alvalade du SP, il n’est toujours pas acquis que Paciência partira de Braga au soir de la finale. Ce qui est certain en revanche, c’est que l’ancienne gloire de Porto a de belles années de coaching devant lui. Auteurs d’une partie admirable grâce à leur ténacité et leur abnégation, il semble néanmoins peu probable que le Sporting Braga parvienne à renverser la montagne portiste. Les Dragons sont tout simplement sur une autre planète cette saison et il est difficile à l’heure actuelle de voir un autre vainqueur que Falcao, Hulk and co le 18 mai prochain. Mais avec une telle envie de réussir, les Archevêques seraient bien capables de réussir un nouvel exploit.

 

Résumé en slow motion du match de Villareal/Porto:

Résumé de Braga/Benfica:

Bonus du Choa, ne le remerciez, ça lui fait plaisir:

 

Choa d’Arelate

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