Bernard Lions répond au questionnaire Proustballe

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Bernard Lions s’est allongé sur un canaproust spécial à trois étages.

Le comité vous l’avait annoncé début novembre, la grande découverte des acteurs du média football est en marche, en Proust.

Le même questionnaire, élaboré à partir de celui de Proust, et en partie avec votre aide sur le forum (enfin, ce sont surtout les gros membres qui se sont tapé le boulot…), a été envoyé à pléthore de journalistes, agents, joueurs, dirigeants.

Pour le moment, ce qui est normal en ces temps de ‘personal branding’, beaucoup de journalistes ont répondu. Et un agent (on vous laisse deviner lequel).

Comme un symbole, ce sont Vincent Duluc et Daniel Riolo qui inauguraient cette nouvelle rubrique la semaine dernière, Philippe Auclair y répondant ce mercredi, vous avez eu certains plaisirs à lire le Professeur B(u)RP, et c’est aujourd’hui Bernard Lions de L’Equipe qui s’allonge sur le canaproust.

Attention, Wikibiographie avec des diplômes :

Après un baccalauréat B (Économique et social) passé au Lycée André-Honorat de Barcelonnette, en 1988, il part à l’université d’Aix-en-Provence où il obtient une maîtrise en droit public, mention bien, quatre ans plus tard, puis un DEA en sciences politiques, en 1993.

La même année, il participe à un programme européen Erasmus. Cela lui permet de décrocher en parallèle un diplôme d’études de l’histoire des doctrines politiques européennes (DEHIDOP) à l’université de sciences politiques de Milan.

Il revient en France pour effectuer son service militaire. Après ses classes au 9e régiment de commandement et de soutien à Nantes, il rejoint le Service d’informations et de relations publiques des armées (SIRPA), établi aux Invalides, à Paris.

Affecté à la cellule de la Cinquantenaire, il se retrouve juché sur un car podium transformé en musée itinérant pour participer en tant qu’animateur de plage aux commémorations du cinquantième anniversaire de la Libération de la France (Normandie, Paris, Sud de la France, Est).

Une fois dégagé de ses obligations militaires, il débute sa carrière de journaliste au bi-hebdomadaire de football, But, en septembre 1994.

Il collabore également aux mensuels Le Foot, Le Sport.

En février 1997, il intègre le grand quotidien sportif L’Équipe, en tant que vacataire. Titularisé au sortir de la Coupe du monde de football de 1998 pour laquelle il avait signé un contrat à durée déterminée, il devient tour à tour rédacteur, reporter et grand reporter à la rubrique football.

Il intervient également comme éditorialiste humoriste dans l’émission du week-end de Stéphane Lelong, Un jour avec, diffusée sur L’Équipe TV, lors de la saison 2007-2008.

En septembre 2008, il intègre l’émission d’Olivier Ménard L’Équipe du soir, sur L’Équipe TV, comme consultant sportif aux côtés notamment de Pierre Salviac et Thierry Bretagne. Il devient alors le « Docteur Love » du foot français. En septembre 2009, il devient chroniqueur dans l’émission 100% Foot diffusée le dimanche soir sur M6, en alternance avec Vincent Duluc.

1. Le principal trait de caractère dans votre travail ?
Passionné.

2. La qualité que vous souhaitez voir chez un journaliste sportif et celle que vous préférez chez une journaliste sportive ?
Etre un voyou. Une journaliste sportive étant par définition une femme, elle finit rarement avec un flic.

3. Votre principal défaut dans l’exercice de votre métier ?
Ne pas être un voyou. Ecrire ce que je dis, comme je le pense.

4. votre rêve de bonheur footballistique ?
Voir une fusée à trois étages décoller. Même si je l’ai tirée à Blanc, elle existait.

5. Quel serait votre plus grand malheur de journaliste sportif ?
Arriver à la 85e minute d’un match des Girondins de Tigana à cause d’Air France et de l’amateurisme de ceux qui gèrent l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle et me dire :  » Merde, j’ai rien raté !  » Mais avec le Bordeaux de cette fin 2010, Air France et Roissy, ça ne risque pas de m’arriver…

6. Quel serait votre plus grand malheur de supporter ?
Arriver dans un stade encadré par des CRS armés jusqu’aux dents qui leur restent, me faire fouiller par des stadiers à l’entrée, me retrouver parqué dans un coin du stade entre deux grillages pendant le match et me voir raccompagné comme du bétail jusqu’à mon bus dans lequel je ruminerais pendant des heures la nouvelle défaite de mon équipe qui ne serait même pas venue me saluer pour me remercier au coup de sifflet final.

7. Le pays où vous désireriez évoluer ?

La France, le pays de Platini.

8. Peut-on supporter plus d’un club ?
Oui, s’ils véhiculent les mêmes valeurs.

9. Le plongeur/simulateur que vous aimez quand même ?
Rocco Siffredi. Même s’il a failli me filer des complexes à mon adolescence, il avait quand même un sacré coup de rein quand il tombait tout seul sur plusieurs adversaires. Quels simulateurs ces Italiens !

10. Vos journalistes sportifs favoris en prose?
Vincent Duluc, mais beaucoup moins depuis qu’il m’a plagié ma coupe de cheveux au point qu’on me confond désormais avec lui dans la rue (merde, suis pas gros ! Juste un peu enveloppé….), Patrick Lafayette, Laurent Moisset, Philippe Brunel et Pierre Ménès, rare type que j’ai connu capable d’avoir terminé son papier alors que moi, j’avais juste fini de pisser et venais à peine d’allumer une clope.

11. Vos poètes préférés ? Dans le foot bien sûr.

William Prunier et Gaël Givet. J’aime entendre leurs mots censés et plein d’humanité sortir de leur gueule de tueurs à mains nues. Comme quoi, il faut toujours se méfier des clichés et des apparences.

12. Vos héros de fiction footballistique favoris ?

Santiago Munez, le héros du film Goal. Il est Mexicain, comme une partie de ma famille, et j’ai vu les films dans les longs courriers m’amenant en vacances. Que de bons souvenirs.

13. Votre (joueur) artiste favori ?

Eric Cantona, avant qu’il ne se laisse rattraper puis dépasser par son image, telle une mouette qui finit écrabouillée contre un chalutier. Pov’ sardine. Manquerait plus qu’il vide son compte en banque…

14. Vos héros footballistiques actuels ?

Messi, footballeur à papa et antithèse parfaite de Cristiano Ronaldo, prototype du footballeur du XXIe siècle.

15. L’erreur d’arbitrage qui vous a fait sourire ?
Celle qu’a commise un ami arbitre en accordant par erreur un but parce qu’il était en train de penser à sa chérie qui venait de le larguer après leur retour de vacances au Maroc. Ca lui apprendra à vouloir être un flic des terrains.

16. Vos noms favoris de joueurs ?

En 2004, c’était Jankulowski. J’ai séduit une très belle jeune femme au cours d’un de ses matches à l’Euro au Portugal en lui expliquant la passion du Tchèque pour les sports d’hiver. Après Vergerolle, j’ai fini Cocu et dans le Kaka. Aujourd’hui, c’est Pignol, plus Sassus, avec qui on me confondait dans les discothèques à Saint-Etienne au point que, reconnaissant, il me surnomme encore aujourd’hui  » Jumeau « . Le pire, c’est que tout est vrai ! (sauf pour la Pignol) J’aime bien aussi le Brésilien Allan Dellon.

17. Ce que vous détestez par-dessus tout dans le foot ?

Les footballeurs qui n’aiment pas le foot. Il y en a de plus en plus. Nos centres de formation qui se contentent désormais de former des footballeurs et plus des joueurs de football.

18. Le cas de dopage qui vous fascine / intéresse le plus ?

Celui du Brésilo-Tunisien Santos. Sochaux avait fait passer une batterie de tests à ses Africains à leur retour de la CAN en Tunisie. Un labo parisien, peu au fait des us et coutumes dans le foot, avait fait tout ressortir. Sochaux avait alors retiré Santos illico presto de la feuille de match contre l’Inter. J’avais révélé l’affaire. Incident diplomatique jusqu’en Afrique où le Maroc, battu en finale par la Tunisie, avait demandé à la rejouer. Au retour, à San Siro, Santos avait été tiré au sort pour pisser par l’UEFA, qui l’avait aussitôt déclaré négatif. Et l’affaire a été enterrée. Le plus beau cas de dopé négatif de ma carrière.

19. La réforme que vous admirez le plus dans le foot ?
L’autorisation donnée aux arbitres de porter des maillots de couleur. A côté, la vidéo ou leur professionnalisme, c’est de la gnognotte.

20. Où et comment aimeriez vous exercer votre métier pour la dernière fois ?
Au Paradis, le plus tard possible. Comme ça, je serais sûr d’y être monté (ce qui n’est franchement pas gagné) et de pouvoir continuer à me taper plein de matches sans avoir à bosser.

21. État présent de votre esprit professionnel ?
Professionnellement présent. Encéphalogramme stable.

22. Votre statistique préférée ?
Le genre de stat comme la possession de balle qui ne veut rien dire car on la confond avec l’utilisation du ballon et laisse croire que le football doit s’analyser comme de la NBA. Et la créativité bordel !

22. Faute qui vous inspire le plus d’indulgence ?
Boulette (c’est le surnom que j’ai donné à ma chérie, footballeuses à ses heures).

23. Votre devise et votre devise de club préférées ?
 » On n’a rien donné tant qu’on n’a pas tout donné  » (ou un truc comme ça) du président Molinari.  » Allez les Girondins, à fond ! A fond les Girondins  » (avé le geste) du feu président Chaban-Delmas qui nous faisait bien marrer avec mes potes quand on était jeunes et surtout, le très complexe  » Dai ! dai !  » (Allez ! Allez !), que crient tous les Milanais (joueurs, entraîneurs, dirigeants, kinés, magasiniers…) avant chaque match dans le vestiaire après que le capitaine a posé sa main sur celle de son entraîneur et ainsi de suite. C’est simple et diablement efficace à ce qu’on m’a raconté. Comme le  » màs que un club  » du Barça. Tout est résumé en quatre mots.

24. Si votre média était une équipe, quel poste occuperiez-vous ?
Attaquant, mais pas buteur, j’étais trop nul au foot.

25. Quelle est votre célébration de but préférée ?
Quand un joueur embrasse le blason de son club scotché sur son cœur en courant en direction du public, histoire d’être sûr que tout le monde le voit. Le plus beau témoignage faux cul qui soit du foot moderne.

26. Quel est votre stade préféré ?
Le Chaudron, qui est à la France ce que Giuseppe-Meazza de San Siro est à l’Italie.

27. Votre occupation préférée en dehors du foot ?
Le cigare. Je préfère le fumer que le prendre. D’ailleurs, j’en fume un en répondant à votre questions.

28. Votre CSC préféré ?
Celui que j’ai mis lors d’un tournoi en Italie. C’est un des seuls buts que j’ai marqué dans ma longue carrière d’attaquant ventripotent et inoffensif.

29. Si vous n’étiez pas journaliste, dans quel corps officieriez vous ?
Dans celui, bien fait, qui voudrait m’accueillir.

Conclusion…

à qui voudriez-vous que ce questionnaire soit posé ?
A Marcel Proust. Ca lui aurait fait les pieds d’avoir répondu à un questionnaire.

29 thoughts on “Bernard Lions répond au questionnaire Proustballe

  1. Ouais, bof !
    Ah si : c’est peut-être les réponses qui se rapprochent le plus de l’esprit « horsjeuien » ou « horsjeuois ».
    Es-ce du passage de pommade pour ne plus être dans le comité ?
    Je vous rassure, son niveau est plus faible que le votre (là c’est un vrai passage de pommade).

    Un petit truc aussi : ses réponses répétées contre les flics. Bizarre de détester l’uniforme pour quelqu’un qui a participé à la propagande de la grande muette
    Moké doit en être tout retourné.

  2. Enfin un qui ne se prend pas au sérieux. Ouffff, on allait finir par croire qu’ils sont tous con.

  3. @jah : la pommade c’est comme la vaseline, ça t’aide a dépasser la douleur anale mais ça ne veut pas dire qu’elle va disparaitre totalement.
    Tu prends les gars du comité pour des Pierre Ménès ? Ils n’ont pas d’amis dans le milieu sinon ils nous demanderaient pas de la thune.

    Sinon CRS et flic c’est different. Moké ne se sent pas visé.

  4. J’ai rien capté à sa blague sur AirFrance et le 0-0 des girondins. Je pense que c’est une blague à trois étages, il manque le glan*.

    Sinon il m’a l’air amusant et appliqué dans son travail.

  5. Mouais bof aussi…un peu trop beauf sur les bords, ça se veut drôle mais ça ne l’est pas…et ça donne l’impression de ne pas se prendre au sérieux mais c’est tout le contraire…j’ai vraiment du mal avec tout ces journalistes ventripotents et suffisants de l’équipe…c’est vraiment un journal de merde!

  6. « …et Pierre Ménès, rare type que j’ai connu capable d’avoir terminé son papier alors que moi, j’avais juste fini de pisser et venais à peine d’allumer une clope. »

    Ceci explique cela, un papier écrit le temps d’un pipi n’est bon qu’à se torcher.

  7. Franchement, celui ci c est aussi mon prefere. En plus il detourne intelligemment certaines questions. Et puis il y a deux ou trois piques bien senties. T’as vu Moke, je suis du meme avis que toi. Tu viens avec ta pommade?

  8. Euh ouais, hormis sa réponse pleine d’ironie sur sa fameuse fusée à trois étages, je trouve qu’il a un humour un peu ras des pâquerettes… Et puis admirer Ménès parce qu’il est capable de pondre une analyse le temps d’un pipi, bof, BHL peut pondre un livre dans le même laps de temps.

  9. J’ai trouvé ça pas mal,et puis il a la rigueur intellectuelle du mec qui réfléchit quand avant de répondre.

    Après ma question pour ceux qui jugent son niveau est peut on empêcher à un homme qui tire autant de revenus de son activité professionnelle de ne pas devenir cynique? L’Equipe est hégémonique, et les histoires de fusée à 3 étages passent comme maman dans papa. Par ailleurs, l’équipe n’a pas vocation à éduquer le public mais à le divertir.
    Pierre Ménès peut bien écrire ses articles le temps d’un pipi, car je pense que n’importe quel lecteur de Hors jeu peut à la demande écrire un article stylé maison « l’Equipe » le temps d’une bouteille de pastis pour le premier, et le temps d’une clope pour le deuxième au bout du troisième.Les ventes suivront, et les lecteurs ne se rendront même pas compte que le journaliste à changé.

    Bref tout ça pour dire que le questionnaire est pas mal, les réponses contiennent du l’humour, mais que invariablement les journalistes qui y répondent sont de belles baltringues cyniques et sans ambitions selon moi.

  10. Très bof, j’attends encore un gars/une fille dont les réponses seront toutes bonnes. Il a au moins le mérite de pas trop se prendre au sérieux.

  11. C’est le questionnaire que j’ai le plus apprécié, il semble bien cool le Nanard.

  12. @Dim : Moké mange des chattes (dis bonjour à Gwendolyne), pourquoi tu poses des questions dont tu connais déjà les réponses ?

    Tu ne peux pas nier que le gars a une approche plus sympathique du questionnaire que d’autres. Puis il ne parle pas politique ni auto promo, perso ça me plait plus.

    Enfin bon, chacun ses goûts, la merde a le sien.

    @footrich : T’en es, Moké l’a su dès ton premier commentaire.

    @Pipo : L’ambition c’est très subjectif.

  13. @Pipo : « comme maman dans papa ».
    Chez nous c’ est papa qui va dans maman mais bon, chacun fait ce qu’il vaut, question de culture.

  14. Ahahah d’où viens tu Jah?
    Papa mets les fesses en bombe, mord très fort l’oreiller,et attends que l’orage passe.That’s how it works.

  15. C’est tellement poétique que ça donne envie d’être amoureux.
    Reste plus qu’à trouver un papa.

  16. Moké : le bonhomme est clairement plus appliqué que les autres.

    « bouffer de la chatte » en lisant horsjeu, j’aimerais bien assayer

  17. L’auto dérision sur la fusée à 3 étages lui est-elle venue comme ça ou quelques esprits malins lui ont-ils rappelé le ridicule de cette métaphore?

    Oui

    Non

    Je ne sais pas

    Sinon, le moins lourd à lire depuis le début. Et il n’ya absolument pas de quoi admirer Ménès et sa supposée rapidité. Tout le monde peut le faire.

  18. Beaucoup de réaction 1er degré sur cet article !
    Admirer Menes pour ses articles-pipi … Vous connaissez l’ironie ?
    Quant à l’épisode Air-France/Roissy/FCGB c’est du vécu tout simplement.
    Très bon questionnaire, probablement trop bon pour la plèbe visée :)

  19. Rien que pour ça :

    3. Votre principal défaut dans l’exercice de votre métier ?
    Ne pas être un voyou. Ecrire ce que je dis, comme je le pense.

    Le gars qui cite un « défaut » pareil doit quand même bien s’aimer…

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