Chelsea – Manchester United (3-1) La Raide et Vile Academy était ivre

Ca commence à mal finir.

avantmatch

 

– « Tu peux répéter ? »
La température avait chutée dans le manoir. Sans doute un problème d’isolation. Les travaux traînent, les ouvriers, condamnés à des tourments éternels en Enfer n’étaient sans doute pas les mecs les plus qualifiés pour retaper l’infernale demeure. Mon inspection surprise du chantier en ce samedi après-midi avait été judicieuse…

Mais ce frisson dans le dos venait d’ailleurs.

Face à moi, ma succube affichait un sourire triomphant. De ceux qu’elles affichent en général quand elles te font brancher l’aspirateur, te font céder sur le programme tv, t’annoncent que « non il n’y a plus de bière tu devras te contenter d’eau ».
– « Tu peux répéter ? répétais-je…
– Tu m’as très bien compris, dimanche, on sort.
– Mais je… Parce que Chelsea – Manchester United quand même. 17 heures. Coup d’envoi. Crucial. Kiné des blues.
– Et alors ?
– Ben ma petite plaie d’Egypte, je dois voir ce match absolument, Wayne Boulet est totalement indisponible, il est parti apprendre « l’art de la tenaille dans la torture de l’ex-bloc soviétique ». C’est un atout pour sa formation.
– Et bien tant pis pour vous. Dimanche on déjeune à l’extérieur.
– Au restaurant ? Avec ta mère ?
– Non avec des amis.
– Ah.
– En banlieue. D’ailleurs oublie pas ta carte, faudra prendre deux RER différents.
– Mais ma petite peste noire, comment… Je.. Aaaaaah. »

S’en suit un malaise, un basculement dans la troisième dimension. Des gens, Châtelet les Halles, des trains, la banlieue, des immeubles, partout. Un repas. Des bières. Ah au moins la sélection est de bonne facture. Ah. Et le vin. Je l’ai bien choisi. Il est 15heures. Je suis joyeux. Je me suis bien conduit. J’ai le droit de filer. Retrouver la civilisation. Le trajet est interminable…

 

composition

 

Je checke l’équipe sur mon mobile. Jones est de retour en avance. Mouais. Young est titulaire, Kagawa sur le banc. Alors là non. Il y a vraiment quelque chose que je ne m’explique pas avec la gestion de Moyes, c’est incensé. Vraiment.
Je marche tel un robot dans les couloirs du métro, et la colère m’emporte.
Non putain, non Ashley Young.
Impossible!
Il me faut rentrer. Il me faut mes clopes. Et pendant que je file en direction de l’appartement de ma douce désolation (qui m’héberge pendant les travaux si tu as bien suivi), je t’offre donc la compo :

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Subs : Lindegaard / Smalling / Fletcher / Cleverley / Giggs / Kagawa / Hernandez

 

livedirect

 

Et je me présente en bas de l’immeuble. Et je vais pour ouvrir la porte. Et je n’ai pas les clés. Evidemment. A 30 minutes du coup d’envoi, je suis à la porte de appartement. Damned.
Il faut réagir.
Téléphone. Allomatch. Le bar le plus proche diffusant le match est à 7 kilomètres.
En metro j’irai plus vite qu’à pied. Je suis un génie.
16h56, je surgis des profondeurs abyssales des limbes de Charles de Gaulle-Etoile.
Et j’entre avec perte et fracas dans le bar convoité :

– « Une pinte de Grim’ taverniste!
– Allez vous asseoir Ô sombre augure, je m’en vais vous l’apporter à votre place.
– Mais par la barbe de Mephistophélès, c’est Bein Sport à l’écran. Quel est donc cette trahison ?  (non je sais pas pourquoi j’ai décidé d’utiliser un style aussi lourdingue pour ce dialogue, taisez vous)
– Un problème, votre diablerie ?
– Et comment mécréant. Penses-tu que j’ai traversé ta capitale en hâte pour voir Toulouse – Monaco ?  Tu te fous de ma gueule, tu veux que je t’égorge avec ma pinte ? Une fois que je l’aurai vidée et brisée sur le rebord de la table ?
– Oh non votre sublime monstruosité, seulement c’est la patronne, ma femme qui contrôle la télécommande.
– Diantre. Ici aussi. Femme. Chelsea – Manchester, Canal + Sport. Maintenant. Non, ça c’est Canal +. Toujours pas, ça c’est Canal + Cinema.  Là voila. C’est pas trop tôt.

Et United donne le coup d’envoi. Que dire, sinon, « on a été beau. Oui, les Rouges Diables ont enchanté le match, noyé les hommes de José Mourinho avec force et conviction ».
Pendant 15 minutes. Notre premier quart d’heure a sans doute été parmi les plus beaux moments de la saison question rigueur et pressing.
Ashley Young s’offre même une superbe occasion face à Cech après un bon travail de Carrick et Welbeck.
Et c’est le début de la fin : Corners tirés à la rémoise, Chelsea qui petit à petit sort la tête de l’eau, David Luiz qui enfile son costume de Super Salope en toute impunité…
Et enfin Eto’o. Eto’o qui s’amuse avec Jones. Eto’o qui frappe. Carrick qui détourne. De Gea qui pleure. 1-0.
Ma pinte disparaît en un trait. Mon voisin de tablée s’éloigne, apeuré. Je commande une seconde pinte et jette un coup d’oeil au premier ticket de caisse que j’avais négligé : 9 euros.
9 euros la pinte.

Tout est foutu. Tout est vain. Il va falloir casser le PEL. Et en plus regarder Manchester lutter dans le vent.
Car c’est ce qu’il s’est passé. Une fois en tête Chelsea a proposé ce qu’il sait faire de mieux, défendre fortement, au delà du footballistiquement correct (David Luiz encore une fois) face à un Manchester United quelque part abattu, dépassé, lorsque les ailiers accéléraient.
J’entends Stéphane Guy raconter que Valencia « est une des rares satisfactions de United cette saison » que « Chelsea gère bien ses transferts, financièrement« .
Je m’enfonce.
Et Manchester s’enfonce alors qu’Eto’o claque son doublé. Cinq Mancuniens autour de lui, pas un seul qui se dit que tiens peut-être un mec seul à l’entrée des 6 mètres, ça peut-être dangereux.

Retour au vestiaire à -2. Cruel, mais pas immérité.

Retour des vestiaires pour un -3 rapide. Le temps pour Evra de sortir sur blessure. Qui. Eto’o ? Comment ? Sur un corner bien frappé face à une défense toute molle. Le grand Saméto, tout en opportunisme s’offre le triplé.
Et moi ma troisième pinte. Après tout, je ne sais pas si j’aurai des enfants un jour, pourquoi m’embêter à leur constituer un héritage ?

50 minutes de jeu et c’est déjà foutu. Dans un état second je lie connaissance avec mon nouveau voisin de table « grand fan d’Eto’o ».

A nouveau seul sur ma banquette, les sirènes de l’ambulance s’éloignant, il ne me reste que mes yeux pour pleurer, alors qu’à côté de moi, une cliente entame un bol de soupe.

Un bol de soupe ?
Mais qu’est-ce que c’est que ce dimanche à la con ?

[Il faut mettre cette musique là]

Je suis dans un bar non respectable.
A dilapider ma monnaie.
Entouré de cons.
A voir Manchester United se faire dépecer par un Chelsea pourtant loin des sommets.
« Mais qu’est-ce qui nous arrive ? » hurle-je en me jetant sur le carrelage à genoux, agrippant de ma poigne de fer le tablier du garçon de café.
« Comment peut-on renoncer de la sorte ? »
« Pourquoi un triplé d’Eto’o ? De toutes les punitions, celle-ci est inexorablement un châtiment divin. Ah vieux barbu sans scrupule tu t’offres là ta revanche sur les Enfers, en plaçant tes enfants de choeurs en tête du classement et en nous faisant plier face à l’adversité weekend après weekend.
Tu ne t’en sortiras pas comme ça. Nous ne renoncerons pas.

Enfin je crois.

Je le crois quand je vois le plus beau des Chicharito venir marquer un but plein d’opportunisme.
Non Manchester n’est pas mort, son petit coeur bat encore. (oui j’ai honte moi aussi)
Patron remets en une sur la table. Quitte à partir, autant le faire dignement.

Ouais non, pas comme Vidic avec son carton rouge là. Je veux partir tout seul.

Maintenant désossez moi Sunderland mercredi et allez chercher cette finale de coupe. Avant que je vous batte la croupe avec des chaînes. Et des clous.

 

diables

 

De Gea (2/5) : Il peut donc se rater, on l’avait oublié.

Evra (1/5) : Oui bon. Mais de là à aller faire croire qu’il a simulé sa blessure, vous en êtes encore à ce niveau d’enfantillage ? Vous connaissez l’égo du bonhomme. Il pourrait prendre 15 petits ponts qu’il te ferait retenir sa passe réussie comme le geste du match.

Vidic (1/5) : Tout est chaos, a côté. Tous mes idéaux : des mots abîmés… Je cherche une âme, qui pourra m’aider, je suis d‘une génération désenchantée. Désenchantéeeeeeee…

Evans (2/5) : Les erreurs, la responsabilité en moins.

Rafael (3/5) : S’il y en a un que je peux sauver à l’arrière c’est lui. A droite, puis a gauche, il a fait ce qu’il pouvait, amorçant même quelques offensives. Courage. Et surtout ne te blesse pas.

Jones (1/5) : Une très bonne idée de le faire revenir sur ce match. Très bien. Je ne veux même pas revoir les images de peur d’assister à nouveau à cet horrible crochet qu’Eto’o lui colle sur l’ouverture du score.

Carrick (2/5) : Une très belle ouverture sur Young en début de match. Puis plus grand chose.

Young (1/5) : #FreeShinji

Januzaj (3/5) : « Allez fiston, c’est toi qui doit nous faire gagner, alors cours partout et fait ce que tu peux ».

Valencia (2/5) : #BuyMata

Welbeck (2/5) : On ne peut pas marquer toutes les semaines. Et surtout pas quand c’est un match très important. Non faut pas.

Les suppôts de Satan :

Smalling pour Evra, 51e (NN) : Plus fort que tous les autres défenseurs du monde parce qu’on a pas pris de buts quand il était là.

Hernandez pour Young, 56 (NN) : coeur avec des plumes de corbeau et du sang de vierge.

 

bonus

 

Ta gueule. 

 

Inferanal Kisses,

Luke Seafer

Si tu veux que Horsjeu.net survive, que tes académiciens préférés puissent être fournis régulièrement en jeunes vierges et en litres de Bloody Mary jusqu’à plus soif, par l’Editeur, ce bel homme, alors tu peux faire un geste en versant une maigre contribution financière mensuelle (Satan te le rendra) ou même un don unique qui n’engage à rien.Clique ici

Sinon, Luke Seafer est aussi sur Facebook  et il veut des amis, plein, parce qu’il était toujours tout seul dans la cour de récré et personne ne venait lui parler. Peut-être à cause de la chauve-souris sur son épaule, de ses briques de sang pour le goûter… On ne sait pas trop. Mais viens lui faire coucou, ça lui fera plaisir. Et si tu veux faire encore plus, tu peux aussi devenir fan de la Raide et Vile Academy. Quant à Wayne Boulet, il craque carrément son slip et te file son identité secrète. Comme ça. Tu peux aussi lui faire coucou. 

Et tiens, Luke est aussi sur Twitter  et il trouve que c’est une invention de Satan un truc aussi addictif, donc n’hésite pas à lui faire coucou. Tiens et Wayne Boulet vient de s’y mettre aussi.

3 thoughts on “Chelsea – Manchester United (3-1) La Raide et Vile Academy était ivre

  1. Les academies des Raides Evils, c’etait deja chouette avant, mais cette année, je n’en manque pas une.

    NedZepp, fan d’Arsenal et membre de la MMUFE (Moyes at Man U ForEver.

  2. J’ai vu ça en jouant à un jeu de société très bien, c’était drôle, mais drôle.
    Puis 9€ la pinte sympa.

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