La Féria-Pont Académie revient

Le Choa a remis son ancien costume vite fait.

« On est encore là,

Prêts à foutre le souk

Et tout l’monde

Est cord-da! »

Suprême NTM, On est encore là.

 

Viscéral. Peu importe la division, les vicissitudes, mon attachement à l’AC Arles est viscéral. Le fait d’habiter en face du Stade-Founier peut-être. Le fait de retrouver ce lieu mité et mythique avec mes collègues certainement après deux années d’exil. Pour les supporters arlésiens, ceux de la première heure qui créèrent les premiers groupes en 2007 après une victoire aux pénos aux tirs au but contre Niort en 1/16ème de finale de Coupe de France en février 2007, finis les matches au Parc des Sports d’Avignon, nouvel antre impersonnel de l’AC Arles depuis la montée en L2 en 2009. Consternés par le déménagement total de la cellule pro dans le Vaucluse, par l’augmentation du prix des abonnements après la fabuleuse épopée en L1, l’absence de réduction pour les groupes de supporters et la fin des navettes pour les Arlésiens, nous avons fait un bien beau bras d’honneur aux dirigeants et réinvesti les travées de notre stade obsolète, tagué, aux grilles tellement rouillées qu’elles sont devenues entièrement marron, le blanc initial ayant disparu depuis belle lurette.

Atterrés par les départs de tous les joueurs « historiques », ceux qui participèrent aux montées en L2 et L1, affligés par une politique sportive aberrante et par la condescendance des dirigeants avec laquelle nous fûmes traités, nous avons refusé de continuer cette mascarade, assister à chaque match d’une équipe entraînée par un coach encore plus frileux que Jean Fernandez en maillot de bain sur une banquise en Alaska, feindre une passion qui n’existait plus.

Ainsi, cette saison, nous suivrons la réserve de l’AC Arles en Division d’Honneur. Certes, d’un point de technique, le club est le même. Néanmoins, d’un point de vue affectif, la réserve représente, selon nous, la véritable équipe d’Arles car composée de nombreux joueurs « de chez nous » et d’assez peu de joueurs extérieurs à la région ou de pros qui « descendent » pour prendre du temps de jeu.

A titre personnel, je n’aurai pas l’occasion de voir beaucoup de matches cette saison donc, pour célébrer ce back to basics, une Feria-Pont spéciale s’imposait.

 

Le match

AC Arles contre la réserve d’Istres, avouez que ça claque comme affiche pour un début de saison ! Ce samedi 3 septembre 2011, deux événements resteront gravés dans les mémoires. Si la médaille de bronze de Christophe Lemaître sur 200m assorti d’un nouveau record de France en 19’80 lors des Mondiaux d’athlé à Daegu fut un grand moment, peut-on raisonnablement comparer cette performance avec le fait que, pour la première fois dans l’Histoire du Football mondial, la réserve d’un club attire plus de spectateurs que son équipe première? J’exagère mais pas tellement car parmi les spectateurs du Parc des Sports, combien sont invités ? Cet après-midi, la tribune principale est au trois-quart pleine. Même à quelques matches de la montée en L2, le stade n’était pas aussi garni ! Officiellement, nous étions 400. En réalité, nous étions le double. Faut pas le dire trop fort, Salerno serait bien capable de nous faire payer les places !

Joies de l’amateurisme, Istres se pointe avec le mauvais jeu de maillots. Ben ouais, le mauve, outre que cette couleur soit ignoble, ça se confond légèrement avec le bleu. Du coup, les Istréens jouent en blanc avec les écussons de l’ACA.

Sur le pré, l’ACA domine sans conclure, Istres se contentant de procéder par contres. Sans un arrêt réflexe de Petit, Arles aurait pu rentrer aux vestiaires avec un but dans la musette. Le match bascule avec l’entrée en jeu de Martinez à la place de Luc. Associé à Jordan Galtier, oui oui le fils de l’entraîneur spécialisé en 0-0, Martinez fait basculer la rencontre, accélére le jeu et provoquet un penalty à la 58ème minute. Habitué de l’effectif pro, prêté à Luzenac de janvier à mai dernier, Anthony Güise le frappe de la pire des manières et Idir, auteur d’un grand match, détourne en corner. A la 71ème minute, Güise se rattrape et inscrit le seul but du match d’une frappe bien moisie. Merci la pelouse toute pourrie ! Victoire méritée pour les Acéistes qui commencent parfaitement leur saison qui doit aboutir, si tout se passe bien, à une montée en CFA2.

 

Les minots

-Petit-

-Pornin (cap), Gombert, N’Diaye, Abdelhamid-

-Pondesserre, Boutaleb, Savanier, Galtier-

-Luc, Güise-

Entrés en jeu: Ali Saïd à la place de Boutaleb (78′), Bacconnier à la place de Galtier (84′), Martinez à la place de Luc (53′).

 

Dans les tribunes

Après le premier match de championnat joué devant moins de 2000 spectateurs, soit environ 1000 spectateurs payants, Marcel Salerno avait demandé aux supporters de venir au Parc des Sports pour soutenir l’équipe. Bah, pourtant c’était simple, il suffisait de nous traiter avec davantage de considération. Du coup, tu te retrouves avec un stade vide avec des joueurs qui ont l’impression de jouer à huis-clos. Se rendant compte un peu tard de sa boulette, le président a dépêché Patrick Chauvin, président de la cellule amateur, auprès des dirigeants des « Suportaïre Arlaten » pour nous faire revenir. Caramba encore raté ! Installés sur un banc dans un coin sur la piste d’athlétisme, le trio Salerno-De Souza-Chauvin n’a pas pris le risque de s’asseoir en tribune présidentielle. A la pause, nous avons croisé le Loup Blanc des Alpilles à la buvette qui voulait certainement se la jouer populo avec sa pièce de 2€ pour s’acheter un Fanta citron. Notre démonstration a certainement dû l’énerver. Fatche, un tifo, une banderole de 10 mètres, des drapeaux, tout ça pour un match de DH, ça change de la morgue avignonnaise ! Celui qui chante pas est Barankaïre ! (nda: le groupe Barankaïre a été créé en 2009 lors de la montée en L2, passé en tribune Jean Rey en 2010 pour se mélanger aux Suportaïre Arlaten et masquer ainsi leur insignifiant effectif. Cette saison, ils sont derrière les cages. Ils sont 10).

Pendant toute la première mi-temps, les chants ont résonné dans le stade mais nous avons faibli en seconde avant de nous reprendre pendant les 20 dernières minutes. Pour nous aussi, c’est la reprise et les gorges doivent se remettre à niveau après 3 mois de vacances.

L’ambiance ressemble à celle du National. Les joueurs sont ravis d’avoir des gens pour les pousser, nous sommes contents de nous retrouver comme à l’époque où existait encore ce fameux « esprit ACA » avec Coach Estevan. Nous préférons suivre des joueurs qui nous représentent, même en DH, plutôt que de payer pour voir Pieroni et Butelle qui ont signé pour la simple et bonne raison qu’ils ont trouvé un pigeon pour leur payer un salaire alors qu’ils sont frits depuis un bail. A Fournier, nous nous connaissons tous, c’est intime. Nous pourrions être plus nombreux à chanter mais, ceux qui se cassent la voix au Vélodrome sont du genre discrets quand les spectateurs sont moins nombreux. Chanter à 50 est bien plus difficile qu’au milieu d’un virage, anonyme. Pas grave, nous avons l’habitude. En fin de partie, heureusement, les applaudissements pour rythmer l’air de « Chaud cacao », lancé par mon cousin, habitué des Costières et qui reprend un chant pailladin, ont augmenté. Les joueurs nous saluent (ce qui nous change des pros), tout contents de voir autant de monde pour un match de DH. On n’en demande pas plus surtout qu’on s’est bien marrés cet après-midi.

Pour célébrer cette victoire des Lions, notre retour dans notre stade, nous entonnons à la fin du match « Salerno fais-nous la bandido » sur l’air d’une célèbre chanson de feria. Toujours sur la piste d’athlé, le Loup Blanc des Alpilles nous regarde, désabusé. Les supporters sont là, pas au Parc des Sports ! Il pensait pouvoir faire sans nous, ce naïf ! Ici bât le coeur de l’ACA!

 

PS: Ceux qui veulent découvrir la feria, cette atmosphère de pastis vomi et de kebabs avariés, viendez à Arles ce week-end pour la feria du riz. Le Choa vous fera découvrir sa ville et toutes les bodegas dignes d’intérêt!

 

Choa d’Arelate

5 thoughts on “La Féria-Pont Académie revient

  1. Bravo, je suis admiratif de la motivation du Choa et ses multiples académies. Tu vends du rêve avec un match d’amateurs, c’est fort.

  2. En même temps sur tu laisses Jean Fernandez en slip de bain sur la banquise, tu le retrouves au bord de ta piscine, le sourire aux lèvres, et les poches bourrées de pesos.

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