La Garrincha académie, première

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Une saison avec Arlavignon, ça vous change un homme.

brasil

La saison européenne est sur le point de s’achever et c’est le moment choisi par le Brésil pour débuter son championnat domestique, Brasileirão pour les intimes. Le déroulement d’une saison est pour le moins particulier. Tout d’abord, une 1ère saison consacrée aux championnats régionaux et qui voient s’affronter des équipes hétéroclites dans chaque région du pays. Cette 1ère saison achevée, place maintenant à la 2ème. Au programme, 20 équipes, 38 journées s’étalant de mai à novembre. Rien à battre de la fin de la Libertadores et de la Copa América en juillet, le Brasileirao est totalement décalé et, comme on dit chez moi, c’est ça qu’est bon ! Tu veux flamber, faire le mariole et dire dans quelques années « ouais, enfin, moi, ça fait trois ans que j’le connais »? Le Choa t’emmène au pays de Garrincha et Jorge Ben Jor. Et on dit obrigado. Et gooooooooool aussi.

Palmeiras (Sao Paulo) / Botafogo (Rio do Janeiro) : 1-0.
Le Choa a une tendresse particulière pour Botafogo et pour cause : c’est le club de Mané Garrincha (un peu de pub ne fait pas de mal). Pour ce premier de la saison, L’Alviverde a globalement dominé les débats et Botafogo est parvenu à préserver le nul pendant plus d’une heure grâce aux arrêts de Jefferson, de sa barre transversale et du strabisme d’Adriano. Cependant, l’Estrela Solitaria a cédé face à Palmeiras sur une chouquette de Kléber, ancien du Dynamo Kiev, à la 64ème minute. Crochet du droit, patate de forain à l’entrée de la surface du gauche, golaço.

Santos (Sao Paulo) / SC Internacional (Porto Alegre) : 1-1.
Affrontement entre le vainqueur de la dernière Copa Libertadores et celui qui rêve de lui succéder. Désireux de garder ses forces, les Peixe (les Poissons) ont aligné une équipe totalement différente lors de cette journée inaugurale. Tous sauf un, Keirrison, sur le banc lors de la victoire face aux Guaranis de Cerro Porteno mercredi dernier. Il faut dire qu’il avait mérité sa place VIP puisque le meilleur buteur du Brasileirao en 2008 (avec Coritiba) a ouvert la marque sur penalty (28′). Toujours traumatisés par leur défaite en demi-finale du Mondial des Clubs face au Tout-Puissant Mazembe et éjectés en 1/8 de finale de la Libertadores par des Carboneros de Penarol pourtant peu en verve lors de l’apertura de l’Uruguayo, les Colorados n’ont mis que 6 minutes pour revenir au score par un but de Zé Roberto, rien à voir avec l’ancien du Bayern. Ce même Zé Roberto aurait même pu donner la victoire aux siens mais une claquette réflexe d’Aranha l’en empêchât. Pour ceux qui veulent admirer Neymar, Elano and co., il va falloir attendre au moins jusqu’à août.

Flamengo (Rio do Janeiro) / Avai (Santa Catarina) : 4-0.
Entrée en lice tonitruante pour Ronnie et ses potes. Quatre galettes dans le filet, net et sans bavure. Auteur du doublé Coupe/championnat carioca, le Mengao annonce la couleur afin de reconquérir le titre acquis en 2009 et récupéré par Fluminense, l’ennemi héréditaire en 2010. En face, l’équipe de Florianopolis (ville de Guga Kuerten au passage) a fait figure de victime expiatoire. Pour son premier match en championnat brésilien, l’Argentin Dario Botinelli n’a mis que 22 minutes pour ouvrir le score. Il a dû en planter des plus difficiles quand même… La 2ème période a été un chemin de croix pour Avai qui a encaissé 3 pions lors de la dernière demi-heure par Ronaldinho (63′), Thiago Neves (69′) et Diego Mauricio (87′). Pour les amateurs de pagode, d’arabesques et de colonie de vacances, Fla sera vraiment l’équipe à suivre. Et voir Ronnie en Master of Ceremony, ça n’a vraiment pas de prix!

Fluminense (Rio do Janeiro) / Sao Paulo (devinez) : 0-2.
LA grosse affiche de cette 1ère jornada entre le champion en titre et le triple champion de 2006 à 2008. Malgré la présence de Diego Conca, élu meilleur joueur du précédent exercice et de Deco, Flu a été battu sur sa pelouse par la Tricolor Paulista par des buts de Dagoberto (33′) et Lucas (47′) tout juste 18 piges et qui a mis toute la défense du Fluzao dans le vent. Pour la touche vintage, Rivaldo, revenu de ses périples en Grèce (Olympiacos et AEK) et en Ouzbékistan après un passage éclair à Cruzeiro en 2004, est entré pour les 5 dernière minutes. Bon sang mais c’est bien sûr.

Ceara (Fortaleza, Ceara) / Vasco da Gama (Rio do Janeiro) : 1-3.
Descendu à l’étage inférieur en 2008 et remonté la saison suivante, Vasco a ménagé le suspense avant de battre Ceara. Mené au score à la 65ème minute grâce à un but de Clebao, bien aidé par une boulette de Prass, le Geante da Colina a réalisé un dernier quart d’heure de feu pour arracher ce premier succès. En 2 minutes seulement, Bernardo (sans Zorro ni Tornado) a inscrit un doublé (77′ et 79′) en faveur des coéquipiers d’Eduardo Costa, ancienne étoile filante de Liguain. Le second but du joueur de 21 ans prêté par Cruzeiro est une merveille à ce propos. Enfin, au terme d’une action collective rondement menée, Jefferson a enfoncé le clou d’une frappe puissante dans un angle impossible (88′).

América Mineiro (Belo Horizonte, Minas Gerais) / Bahia (Minas Gerais) : 2-1.
L’América, club formateur de Tostao, a remporté les 3 points grâce à l’apport de son banc en 2ème période. Pourtant, c’est Bahia qui avait pris les devants peu avant la demi-heure de jeu grâce à un penalty généreux et transformé par Souza, prêté par Corinthians (28′). Dès la reprise, les Coelhos (les Lapins) reviennent au score par l’intermédiaire de Rodriguinho, entré à la pause et auteur d’une frappe imparable en pleine lulu (49′). Et à moins de 5 minutes du terme de la rencontre, c’est Alessandro qui donne la victoire à l’América, quelques secondes après son entrée en jeu (86′). A noter parmi les rangs de l’América, la présence d’un certain Dudu qui, apparemment, mène une double vie.

Grêmio (Gaucho) / Corinthians (Sao Paulo) : 1-2.
O Imperador Adriano blessé, c’est le Levezinho (le Léger) Liedson, revenu au pays après 7 ans de bons et loyaux services au Sporting Portugal, qui anime l’attaque du Timao. Avec réussite puisque c’est lui qui a offert la victoire au Corinthians à l’orée du dernier quart d’heure. Mené au score à la 59ème minute à cause d’un penalty transformé par Douglas (au chocolat), le Coringao revint d’abord au score également sur penalty, provoqué par Liedson et transformé par Chicao (66′). Enfin, 7 minutes plus tard, Liedson se chargea lui-même de marquer le 2ème but de son équipe.

Atlético Mineiro (Minas Gerais) / Atlético Paranaense (Coritiba, Paranà) : 3-0.
Autre carton de la Jornada avec Flamengo, le duel des Atlético s’est achevé sur une victoire sans appel de l’Atlético Mineiro. Le Galo, premier vainqueur de Brasileirao en 1971, n’a mis que 5 minutes pour ouvrir le score par Toro. Puis, à la 23ème minute, c’est Magno Alves qui reprenait victorieusement un corner rentrant, donnant un avantage définitif au club formateur de Claudio Caçapa. Ce même Magno Alves s’offrit un doublé grâce à une superbe tête plongeant à un quart d’heure de la fin.

Coritiba (Parana) / Atlético Goainiense (Goiania, Goias): 0-1.
Un dégagement du gardien, une déviation de la tête, un centre, une-deux, centre au 2ème poteau, cageot. Il a fallu 17 secondes à la Locomotiva Rubro-Negra pour marquer le but de la victoire face au Verdao, tout juste sacré champion du Paranaense. Comme quoi, pas besoin de toujours faire 2 milliards de passes avant de tirer.

Figueirense (Santa Catarina) / Cruzeiro (Minas Gerais) : 1-0.
Le 2ème club de Florianopolis présent dans ce Brasileirao a battu le Cruzeiro de Brandao (qui ne jouait pas) sur la plus petite des marges et avec le but le plus moche de cette 1ère journée. En effet, l’Alvinegro l’a emporté grâce à un cafouillage entre le gardien Fabio et son défenseur Marquinhos Parana qui a marqué contre son camp (48′). Eliminée de la Libertadores dès les 1/8 alors qu’elle était la grande favorite, la Bestia Negra n’a pas réalisée l’entrée en lice qu’elle espérait. A part ça, Dudu serait entré en jeu pour Cruzeiro. Putain de Stakhanoviste!

Choa do Arelate

21 réflexions sur “La Garrincha académie, première

  1. Avant de commencer, peut-on m’expliquer comment se déroule le championnat brésilien « brasilieno » par rapport aux championnats des états (carioca, paaulista, etc.).

    Lequel commence en premier? Existe il un chevauchement des calendriers? Le championnat est coupé en deux ou pas comme en Argentine (apertura et clausura)?

    En fait j’ai rien capté!!

  2. @ Omario :
    Les championnats d’état commencent toujours la saison, historiquement, le Brasileirão est jeune, il date de 71, mais a pris plusieurs formes et existe sous la forme actuelle depuis les années 2000.
    Les championnats d’état sont plus anciens, on peut penser qu’ils étaient aussi plus simples à organiser du fait de la faiblesse des infrastructures au regard de la taille du pays.
    Ils ont toujours étés antérieurs et considérés comme plus importants jusqu’a l’histoire récente.
    Aujourd’hui, les écarts sont très importants dans les estaduaux, sauf à SP ou Rio ou on trouve plus d’équipes de serie A et Serie B.
    ET Da-lhe Gremio !!!!

  3. @Nuno Grotesque

    Merci pour les infos, donc les équipes jouent d’abord une dizaine de matchs dans leur états avant de jouer une quarantaine de matchs à un niveau national.

    Y sont forts ces brésiliens, jouer deux championnats la même année. Le doublé est possible??

  4. Arles, Rott’, Portugal, Brasil, le Choa est comme Régis, il est partout. La comparaison s’arrêtant là, of course. Putain de Stakhanoviste !

    Obrigado à toi l’arlésien. C’est vraiment sympa d’avoir des nouvelles du Brésil, c’est frais, ça tombe bien, ça va durer tout l’été ?

    @ Omario, le Choa te répondras mieux que moi, mais je crois qu’ils disputent d’abord leurs championnats régionaux puis ensuite le Brasileiro, un championnat national classique à 20 clubs et 38 journées.

  5. @ Omario : et encore, le championnat nationnal et les championnats d’ état c’ est une chose mais…
    La Coupe Intercontinentale, Copa Libertadores, Copa Mercosur, Coupe du Monde Club, Amérique du Sud Champions Club, Libertadores Supercopa …
    Sans compter que pour certains clubs le Tournoi Rio-São Paulo et le trophé Havelange ont l’ air aussi important …

    Pour y comprendre quelque chose il faudrait savoir où ont joué Garrinche, Pelé, Ronaldo Juni et autres…. quels étaient les antagonismes, les faits de gloire et les apports à la selecao.

    Mais c’ est trop de boulot et je ne sais pas si nos neurones de footeux occidentaux peuvent comprendre tout ça .

  6. Peut-être qu’ un topic sur le forum pourrait nous initier ?
    A toi la balle !
    Maintenant que t’ est L2 t’ auras le temps !

  7. Fatche les gars! Je rentre à peine du bar (je fêtais l’anniv’ d’un pote et j’ai commencé avant minuit!) et je vois tellement de commentaires!

    1) Merci.

    2) Nuno a tout dit.

    3) Jah: je parle de la Libertadores sur mon blog et pour le topic, va falloir au moins attendre juillet because fucking partiels.
    Les demis retours de CL sont jeudi et vendredi. Je ferai un papier samedi normalement. Santos et Penarol ont gagné 1-0 à l’aller respectivement contre Cerro Porteno et Vélez.
    Pour les antagonismes, les joueurs historiques, je ne voulais pas tout mettre dès la 1ère journée car ça aurait fait trop lourd. J’en mettrai un peu à chaque fois. Pour Garrincha, j’ai écrit cela dit ;)
    Le foot sud am’ c’est le oaï et c’est pour ça qu’on l’aime!
    Sinon, t’as du bol, j’ai pas la tilde sur mon ordi :)

    4) Loulou (et Dudu par la même occaz’): vous avez eu connaissance de mon identité officielle. Vous êtes dans le secret maintenant :)

    5) Oxianor: pour un Gardois, t’es sympa :D

    6) la 2ème journée a eu lieu ce week-end et l’Atlético Mineiro nous la joue vintage! Patience: mercredi ou jeudi, la Garrincha Acad’ reviendra!
    Merci à tous pour cette 1ère!

  8. Aaaah mes yeux. De toute façon je m’attendais au pire avec un paulista. Du moins si j’en crois la photo et cet horrible maillot porté par un badaud. Je dis ça, mais je possède un collector 1991 avec le no. 10, celui d’un certain Raí, bien connu des parisiens.

    Déjà c’est Rio DE Janeiro, merci. Le « Fluzao » qu’il faudrait peut-être renommer « Flouzé » pour le coup, c’est un ennemi historique, pas héréditaire. On se le passe pas forcément de père en fils, des fois dans la même famille des gens peuvent supporter des clubs différents, voir même ne pas regarder le foot du tout. Bref, ce Fluminense, de toute façon, c’était du bluff. Avec Fred avant-centre, ça ne pouvait être qu’une blague, arrêtons les bêtises, enfin…

    Sinon je te propose de faire comme la coutume locale, de mettre la ville puis les initiales de l’état, ça sera plus simple que de tout mélanger. Parce que le coup du Bahia à Minas Gerais me laisse très perplexe.

    Sinon Garrincha n’est pas paulista, bien évidemment. Même s’il est né à Pau Grande, dont le « pau » peut faire penser à paulista. C’est un carioca « de souche » comme on dit chez vous. « Pau Grande » fait aussi penser à autre chose, les gros membres ne peuvent pas imaginer à quel point le nom de ce quartier leur est proche.

    Evidemment c’est maintenant que je me rends compte que l’académie n’est pas écrite par Garrincha, mais par Choa d’Arelate, qui est peut-être paulista après tout. Tant pis, je vais pas jeter ma blagounette quand même.

  9. Dudu qui joue à l’América, comme un symbole de sa rivalité contre l’Atletico.

  10. @Pascal6-Edern: ‘ffectivement, je m’ai gouré pour le ‘de’ Janeiro. J’ai dû mélanger avec le nom officiel de Flamengo (Clube de Regatas DO Flamengo). J’ai des excuses, je ne suis pas lusophone.
    Puisque t’as voulu faire le malin, on ne dit pas voir même, juste voire et on n’écrit pas voir mais voire. Faut pas m’faire caguer!

    Pour les noms entre parenthèses, je précisais le championnat régional de l’équipe et non sa localité. J’aurais dû préciser, ce sera fait la prochaine fois.

    Il doit y avoir une private joke sur Garrincha à Sao Paulo et j’ai rien compris, ce qui devait être le but.

    J’essaierai de m’améliorer la prochaine fois, j’ai 37 journées pour ça.

    @Dudu: ;)

  11. En tout cas merci, c’est du gros boulot. Voire même du très gros boulot, si j’ai bien compris.

  12. Un paulista est un natif de l’état de Sao Paulo, à ne pas confondre avec le paulistano qui est un habitant de la ville de Sao Paulo, c’est un peu comme bosnien et bosniaque. Allusion à la photo de ce bel académicien, où l’on voit clairement un supporter de Sao Paulo, club détesté par la moitié du Pays, mais adoré par quelques paulistanos, et un de mes cousins à Rio.

    Et pour Pau Grande (commune d’origine de ce bon Garrincha), le traducteur Google sera bien plus explicite:
    http://translate.google.fr/?hl=fr&tab=wT#pt|fr|pau%20grande

  13. Comme un symbole , je parlait ce matin du fait qu’il soit dommage de ne pas avoir d’acad’ sur le championnat brésilien. Maintenant c’est fait . Merci.

  14. @ Oxianor : c’est a peu près ça, sauf qu’il faut tenir en compte qu’il y’a un Mercato entre ces deux compet’qui ne dépendent pas l’une de l’autre. De plus, à mon souvenir, il y’a 26 équipes dans le championnat brésilien ça fait une ch*** de matchs si tu ajoutes à ça la libertadores et autres coupes continentales, tu arrives a comprendre assez facilement les démarrages poussifs de certains brésiliens qui arrivent en Europe.

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