La LOSC académie note Lille-Caen (3-1)

Michel Saint-Doux nous a fait peur, mais en fait il cause bien de foot.

Et la vérité fut mienne. C’est donc en ce dimanche saint, après avoir ravalé et ma fierté et mon vomi, que je me décidais à conter aux lecteurs de Horsjeu.net les visions divines qui sont les miennes depuis le début de cette saison 2010-2011 bénie des dieux mais c’est après une analyse psychologique poussée que l’éditeur, ce bel homme, autorisa la publication de ce papier.

Il faut bien voir qu’en tant qu’apôtre du prophète Garcia, et de ses archanges Hazard, Sow et Gervinho, je fus frappé par la foudre il y a bien longtemps mais la modestie due à mon rang m’empêcha jusqu’alors de témoigner des miracles qui se font jour chaque fois que le LOSC foule une terre à sanctifier. Moi, Michel Saint-Doux, tel un Sarko crucificateur de Kadhafi, décidait de partir en Croisade, à la conquête de l’académie lilloise. Ainsi soit-il.

Je m’en vais donc vous raconter comment les infidèles caennais ont hier soir subi le courroux de nos insatiables héros. Le temple de Villeneuve d’Ascq, comble comme pour un jour de prêche de monseigneur Gaillot, chauffé à blanc par le soleil du Nord et la bière sans alcool, sentait bon la violation des interdits. Le genre de jour où j’aime à regarder sous les jupons des bonnes soeurs du couvent de Luchin. Mais n’abusons pas des bonnes choses, car comme le dit Saint Mathieu : « Veillez et priez, afin que vous n’entriez point en tentation : car l’esprit est prompt, mais la chair est faible. ».

Nous avons donc vu du football, du vrai, du pur. 28 tirs du côté du bien, 13 du côté du mal. Le bien triomphe toujours. Je soupçonne tout de même le démon de s’être aventuré dans nos rangs pendant les trente premières minutes, où malgré une mainmise sans partage, les croisés lillois ne parvenaient pas à nous faire grimper au 7ème ciel, notamment sur ce pénalty une nouvelle fois raté par Cabaye, le troisième consécutif. Mais point d’affolement dans nos rangs, car la foi peut renverser des montagnes. Surtout lorsqu’elles sont aussi plates que les plaines de Normandie. Ainsi à la 30ème, comme un symbole, c’est Cabaye, notre grand rédempteur, qui déposait le ballon sur la tête de Chedjou, seul au milieu du désert caennais. La suite, bien que compliquée par une fin de première mi-temps amorphe, ne fut que la poursuite d’un long fleuve tranquille, avec un 2-0 signé Hazard à la 61ème puis le but du 3-0 inscrit par Sow douze minutes plus tard, son vingtième en ligue sainte cette saison. La charité chrétienne m’oblige à vous citer le but de El-Arabi, à la 86ème, mais c’est tout pour le côté obscur.

Le LOSC continue donc à suivre le chemin qui mène au titre et se permet même de creuser un peu plus l’écart sur Rennes en attendant les matchs de l’OL et de l’OM. En espérant que ces derniers enverront un peu plus en enfer le plus grand ennemi du bien, le RCL.

Les brebis :

Landreau (4/5) : Alors que Rozehnal ouvrait la voie du but à Mollo, Saint Landreau, que ton nom soit sanctifié, lui barrait la route et le renvoyait faire ses preuves au séminaire des loosers. Quelques sorties risquées mais efficaces pour bien faire comprendre aux impies que le samedi soir on ne viole pas un temple, même à 3 kms de Roubaix. Dois-je reparler de l’anecdote de la 88ème?

Debuchy (4/5) : A dû parcourir la distance du pèlerinage pour Saint-Jacques-de-Compostelle en 90 minutes. Alors qu’il m’a fallu 6 mois, on ne devrait jamais se détourner du droit chemin pour découvrir la route des vins. Bien que son apport offensif lui fasse parfois oublier son travail défensif, il reste l’un des chouchous de ma paroisse. Si M.Blanc capte la voix des sages…

Rozehnal (2/5) : A dû passer un pacte avec Satan pour tenter de faire vaciller mes croyances. A cru bon d’ouvrir la mer Rouge mais n’avait pas compris que Mollo n’est pas un cousin éloigné de Moïse mais bien un païen du camp adverse. +1 parce qu’il joue à Lille quand même, et que je lui ai collé quinze Ave Maria à réciter pour qu’il soit pardonné. Rami, tes fidèles t’attendent, vite.

Chedjou (3/5) : Ouvre le score, distille montées rageuses et prises de risque malvenues en défense. Match solide dans l’ensemble.

Béria (3/5) : S’il a parcouru autant de chemin que Debuchy, il ne connaît pas la même réussite. Plus en difficulté dans les un contre un et malheureusement peu efficient en attaque. Mais pour le coup, on ne peut pas lui en vouloir parce que, s’il multiplie les montées sur son côté gauche, ses coéquipiers ne le servent que rarement. C’est ça de jouer dans le même troupeau de brebis que Debuchy.

Mavuba (3/5) : Comme à l’accoutumée, il a récupéré nombre de ballons égarés par les Caennais. Et comme à l’accoutumée, il a su les redistribuer avec aisance. Le guide du troupeau.

Cabaye (3/5) : – 1 pour son penalty (encore) raté, + 1 pour cette merveille de corner déposé sur la tête de Chedjou. A su faire alterner le jeu lillois quand il le fallait, notamment au moyen de divines transversales pour Debuchy. Pourtant Beria il les attendait ces ballons. Un Ave Maria pour la route, ses pénaltys pourris pourraient lui attirer mes foudres.

Balmont (Balmont/5) : L’Élu. Son retour coïncide avec celui du soleil sur le Nord-Pas-De-Calais, comme un symbole. Mais surtout il redonne tout son éclat au jeu lillois. Il court partout, il tacle tout ce qui bouge, il sait faire des passes et des belles en plus. On l’a même vu frapper. Michel Saint-Doux prie chaque seconde pour lui et remercie Dieu de s’être penché sur son berceau et de l’avoir fait si moche. Sinon ça fait longtemps qu’il ne serait plus là.

Hazard (3/5) : -1 pour le nombre incalculable de déviations manquées et pour faire semblant de défendre. Ma Bible dit pourtant bien que tu ne feras point semblant de défendre. Mais il est jeune, riche et beau, je lui pardonne. Sinon a pas mal combiné, essentiellement, sur le côté droit avec Debuchy et/où Gervinho. Inscrit le but libérateur en reprenant une frappe de Debuchy détournée par Seube. Il y a quelque chose de divin chez lui bien qu’il n’ait pas fait assez de différences individuelles selon moi. Et moi je sais.

Gervinho (5/5) : +1 pour toutes les fois où je sors de ma réserve pour asséner des insultes bien senties afin de soulager la frustration qui me gagne lorsque Gervais se la joue un peu trop soliste. Punis-moi mon Dieu car j’ai pêché. En effet, ce samedi il avait décidé de rejoindre le troupeau et il m’a ébloui de sa classe, que dis-je aveuglé même. Il a multiplié les cassages de rein comme Rocky les pains, obtenu un pénalty et offert une passe décisive à Sow. Omniscient.

Sow (3/5) : 20 buts, qui l’eût cru ? Sûrement pas moi, nom d’un grand bonhomme. Si l’on excepte sa technique quelques fois, comment dire… inégale, il reste un joueur costaud, toujours bien placé et peu avare d’efforts physiques et même doué d’une certaine intelligence de jeu. C’est avec ce genre d’attaquant que l’on remporte des ligues saintes.

Les remplaçants :

Gueye (non noté) : 20 minutes de jeu. Le temps qu’il faut pour montrer qu’on a du talent mais qu’on est encore un peu jeune pour mettre sur le banc l’un des trois rois mages du milieu.

Frau (non noté) : J’ai cru au miracle. Et puis non il est bien rentré.

Obraniak (non noté) : De Melo n’est pas rentré donc on ne l’a pas vu. Ah si, il s’est pris un jaune direct après son entrée.

Le Prophète :

Garcia : A éclaté de rage après qu’Hazard se soit, une nouvelle fois, fait démonter. Le stade a tremblé, on ne fâche pas un prophète. Et d’après ce que je l’ai vu accomplir Teddy Tamgho a du souci à se faire.

Les infidèles : Il faut bien reconnaître que devant, cette équipe a de quoi faire peur à quelques équipes de ligue sainte. Mais face à Dieu en personne, ça ne suffit pas. Il faut aussi savoir défendre. Néanmoins, une des équipes qui m’a le plus plu au temple de Villeneuve d’Ascq cette saison.

Le parcage visiteur : Sodome et Gomorrhe. C’est bien ça quand une trentaine de personnes se trouvent dans un endroit clos, sont plus alcoolisées qu’un gros membre en visite dans une distillerie, plus grasses que Gignac qui aurait mangé Ronaldo (le vrai), et se sautent dessus pendant deux heures ? Michel Saint-Doux est sorti du stade traumatisé, déterminé à convertir ces ignorants à la Sainte parole. Ou pas.

6 thoughts on “La LOSC académie note Lille-Caen (3-1)

  1. Dur de ne pas voir dans le slalom gervinhien un peu de lumière sainte. Mais sachons être humbles, et rendre les rotules caennaises laissées sur le terrain par les défenseurs de la Bête sur la chevauchée fantastique du Messie du Barça du nord.

    Et prions tous ensemble pour donner énormément de travail à l’impie Ruffier lors de la prochaine Croisade (mes amitiés à Guéant, qui croit que les étrangers viennent tous de l’autre côté de la méditerrannée. Et le Prince Albert alors ?? )

  2. Depuis l’enfance, je supporte ce club et c’est vraiment un plaisir de la suivre cette saison. 10 ans qu’on est dans le haut du classement mais depuis la saison dernière on se régale.
    Quoiqu’il arrive un grand merci à rudi garcia pour le travail accomplit en esperant que le ponpon sera de la partie. Merci au président. Tout le monde se moque de notre stade et du manque d’ambiance mais sachez que 1000 nouvelles personnes visitent la construction du stade tout les dimanches depuis 2011. Beaucoup de personnes ne se déplacent pas au stadium et mattent les matches via foot + en attendant le nouveau stade.
    Notre agglo comporte 1 000 000 de pers et ça commence à vibrer de plus en plus fort. Donc comptez sur nous à l’avenir :D

  3. C’est le fan-club d’Aulas ici, on dirait.
    Et cette histoire de « Lille, le Barça du nord », lourd, très lourd, ri-di-cu-le… un peu comme « Lloris à Arsenal » ou « Coupet l’aurait vous-savez ».
    Quand VA sera en tête de la L1 à 9 journées de la fin, ils auront peut-être leur académie de chtis eux aussi..

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