Nancy Niort 1 – 2 La Chardon à Cran académie se flagelle violemment dans la défaite.

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Un rêve s’écroule

Je crois en Pablo Correa.

Surpris, bande de vampires impudiques à foie jaune ?

Alors que je devrais me lamenter sur mon sort dans un lit de douleur, une aiguille dans chaque bras, en train de donner des coups de pieds dans des enfants mignons et hurlant que je déteste la vie, cette garce, cette trainée sans cul… En dépit de tout bon sens, je me vautre dans une foi plus vivace que jamais en notre divin guide suprême, et je me réjouis d’imprimer une triste mine déçue sur vos visage de lecteurs ingrats. C’est que je vous sentais bien vous délecter de cette défaite à domicile qui nous condamne à un exploit improbable et qui nous inflige de souhaiter le plus ardemment du monde, comme des petits cul-bénis avides de miracles, que nos nombreux concurrents se prennent les pieds dans le tapis.

Notre montée en ligue Hein ne dépend donc plus seulement des performances de nos joueurs, ni en l’action bénie de notre coach maintenant, et pourtant je crois dur comme fer en ses principes rigides, en ses sorties médiatiques grotesques, en ses choix tactiques douteux (le tout comme ma bite).

En attendant, rien ne nous empêche d’insulter la terre entière d’une voix épaisse de pauvre hère aviné : pour peu que ça fasse du bien au moral, autant ne pas s’en priver. Surtout si c’est pour qu’elles roulent sur les mêmes rails d’indifférence que d’habitude en ce qui concerne l’ASaNaL…

Ce qui ne tue pas rendant plus fort, comme dirait tout le monde sans savoir ce que ça veut dire. Je me renforce donc dans la haine de la nature, cette petite peste à l’hygiène négligée, avec la résolution de celui à qui on ne la fera plus. La fatalité, Pablo : voilà notre ennemi intime ; le coup du sort imbécile qui place sur notre route glorieuse vers les sommets de la ligue d’Eux ce club inepte au nom tout aussi inconsistant : le chamois niortais.

Je suis aussi nul en nature qu’en histoire géo, mais je suis allé une fois en Deux-Sèvres, et je me souviens très clairement qu’il y avait certainement autant de chamois que de montagnes, là-bas. Non mais sans déconner, c’est quoi cette arnaque ? Est-ce qu’on les accueille en tant que « La Bananeraie Nancéienne », nous ? On pourrait peut-être renommer Picot « Stade Marcel Pol Pot » pour les recevoir, tant qu’on y est ? Ou les inciter à déguster nos succulents tapas typiquement lorrains si l’envie leur prenait de visiter la ville, ses favelas typiques, sa perspective Nevsky ou son Pont des Soupirs (ah non, nous c’est les FUSILLÉS, qu’il s’appelle)…?

Bref, le côté musée des horreurs de la ligue deux s’invitait une fois de plus dans notre sublime ville de Nancy pour altérer sans vergogne ni remords nos beaux principes footballistiques. Et tant qu’ils y étaient, ces rustres en ont bien profité pour essuyer leurs crampons sur nos roustons. Heureusement qu’on vit dans la plus belle ville du monde de l’univers de la Lorraine, parce que sinon le taux de suicide passerait surement de 85 à 100 %…

 

 

COMPOSITION

Continuiste de la superstition en constatant l’éclatante réussite de ses troupes après sa phénoménale série de deux victoires en deux matchs, Pablo colle une nouvelle fois Dembélé au chômage technique en reconduisant son 4-5-1. Derrière l’Imperator Youssouf le Second, Junior Dalé retrouve son aile droite et Coulibaly la gauche, tandis que Romain Grange est chargé d’animer le jeu dans l’axe.

Amadou et Walter, encore échappés de leur centre de rétention pour jeune délinquants, veillent devant la défense, elle-même composée de Cétout à droite, Sami et Lenglet dans l’axe, et de Badila à gauche (Muratori ne s’est pas encore remis d’un regard un peu appuyé de Vincent Hognon lors d’une séance où ils bossaient le placement défensif).

Dans les cages, Nadine Morano, ou sa meilleure amie noire, je ne sais.

 

LE MATCH

1ère mi-temps : chamois niortais contre chèvre nancéienne.

Après un voyage victorieux près du plateau de Caux, nos petits chardons mignons étaient tous très contents de fouler à nouveau une pelouse sainte, éthique.

Et ça s’est vite vu, avec un jeu propre à filer un orgasme explosif à n’importe quel castra : revenus des environs bourbeux de l’embouchure de la Seine adoucis et croquignolets comme des putains de ragondins, les Nancéiens en ont oublié qu’un match à domicile exigeait de commencer la rencontre en rentrant dans son adversaire comme un 48 tonnes dans un hérisson. Résultat, les chamois se sont baladés peinards, tourbillonant de la quéquette comme s’ils étaient en train de batifoler dans leurs landes moisies à la recherche d’amanites phalloïdes pour le gouter, ont pris la mesure de leurs adversaires imberbes, et ont décidé au bout d’une demi-heure qu’il en était assez ; il était temps de planter, maintenant.

Une fois leur forfait accompli, les Deux-sevrains se sont laissés tranquillement dominer, comme sûrs de leur force. Faut dire que leur défense, c’était pas vraiment celle de Chateauroux…quant à l’efficacité de nos attaques, c’était un peu comme la tentative récente d’un gars qui a cru pouvoir démolir une montagne avec son A-320 : le rapport de force n’était pas vraiment équilibré.

En bref :

-peu avant ce but de merde (vous ne croyez pas qu’il était beau, quand même), Saint Pablo avait égayé Picot depuis sa zone technique en reprenant d’une talonnade aérienne une très belle passe de Amadou. Définitivement le fait du match, côté Nancy. Toute comparaison avec un gratatakan habitué des gestes rocambolesques et des saillies à la George Abitbol est à exclure : je crois en Pablo et sa tonsure, pas en le Steven Seagal de la L1 et son catogan huileux.

-Grange a fait étalage de sa science de la balistique en pilonnant consciencieusement une à une toutes les tribunes disgracieuses de notre stade sur ses centres et coups de pied arrêtés.

-Les contres favorables étaient TOUS en faveur de Niort, ce qui était à peu près aussi agaçant que d’essayer d’arrêter Messi qui part en dribble dans PES en God mode.

-J’ai repris le double drinking à peine un jour après avoir fini de fêter la victoire au Havre. Je m’étais pourtant juré de ne plus tremper mon pastis avec du rosé à nouveau, mais que voulez vous, le printemps donne des idées…

À la mi-temps, le doute est de mise. La science pourrait peut-être faire quelque chose pour nous, Pablo, qu’en dites-vous ?

2ème mi-temps : jeu de dupes, jus de pute.

Repartis sur les mêmes bases, à savoir sans plus d’idées que notre gouvernement, les joueurs se conforment admirablement à la seule chose qu’ils sachent un peu efficace : sautons toutes les lignes, Dalé mettra bien sa tête quelque part, et Yousouf mettra bien un pied, un genou, un coude -peu importe-, qui trompera l’abomination en pantacourt et chaussettes roses qui sert de gardien aux buses d’en face.

Ç’a bien failli marcher une ou deux fois, jusqu’à ce que sur un corner, le pire se produise. Bien tiré par le buteur de la première mi-temps, très bien boxé de la tête par Barbet (un des mecs d’en face) superbement laissé libre de ses mouvements par nos défenseurs, excellemment accompagné du regard par Ndy à qui un marabout a dit à la mi-temps de ne pas regarder le ballon, qui est en fait la Gorgone. Manque de pot, il le suit des yeux et fait face au pouvoir de pétrification de l’antique salope, cloué qu’il est sur sa ligne. Il ne comprend pas : déjà sur le premier but…déjà sur ceux d’avant, aussi…toute sa vie, en fait. Toute ta vie t’as été une statue de pierre, en fait.

Il a donc fallu que notre coach a réaction constate que nous perdions 2-0 face à une équipe qui se bat pour rien de moins prestigieux que la première moitié de tableau pour qu’il lance enfin Mana Dembélé, qui n’a attendu que deux minutes pour scorer. Bon, c’était un penalty obtenu par Hadji peu avant, mais au moins il n’a pas tremblé, là où Grange aurait certainement tenté un lob audacieux sur le gardien, lui qui ne semble pas capable de tirer autre chose que des ellipses planétaires.

Évidemment, Nancy s’est mis à jouer au foot ensuite, contraints qu’ils étaient par le score. Manque de réussite, pas d’envie, jambes de bois lourdes, les kebabs avaient surement bouffé une cochonnerie au retour du Havre. N’allez jamais place Thiers les gars, c’est Rue St Dizier ou rue des Tiercelins qu’on mange des vrai kechbiches at home.

En bref :

-Peu après la réduction du score de Nancy, j’ai cru de plus en plus que l’égalisation était possible quand Ndy a fait mine de se blesser sur une sortie aérienne. Les plaisanteries du sort…

-Dalé, bien dans son match, demandait des coups-francs après avoir marché sur le ballon. Le dépit…

-Un début d’échauffourée estampillée Ligue d’Eux a quelque peu égayé le match : ça s’est poussé mollement, sans même se menacer front contre front. L’arbitre n’a même pas eu besoin de sortir de carton pur calmer tout le monde.

-Pablo a carrément sorti un défenseur central pour un attaquant : le tout pour le tout ou rien, mais on n’a eu que le rien.

 

 

LES NOTES

Ndy : 0/5 Les deux pieds dans le béton, Guy Roland sent sa fin arriver en respirant l’odeur fangeuse des chamois. Condamné, rivé à son poteau (de torture), exsangue, rien dans le slip, devrait changer son nom en Jean Michel Micropénis. Nul jusque dans ses dégagements, ce qui ne devrait étonner personne sachant qu’il tente d’être footballeur en chaussant du 36.

Cétout : 1/5 On a bien rigolé avec son nom, si bien qu’il prend lui-même les jeu de mots avec humour, désormais. Quant au football, ça reste un peu son violon d’Ingres. Comme son copain gardien, il n’a pas l’air décidé à trop bouger une fois qu’il a trouvé des appuis corrects ; mais bon, une mi-temps pour ça, c’est un peu long, non ?

Sami : 2/5 Papa défense a fait son possible pour décrocher la caravane aujourd’hui, mais les chamois, agiles et malins, ont bien compris que c’est en jouant au sol qu’ils avaient le plus de chances que le ballon passe loin, très loin des 12 neurones du grand Joel. Remplacé par Zitte (84è)

Lenglet : 2/5 Je crois qu’il est responsable au marquage sur le deuxième but. Il doit clairement se sacrifier sur le premier. Devrait être rendu à ses parents le temps d’un match, histoire de le responsabiliser un peu ; Pablo frise le ceinturon-elbow à force de cogner.

Badila : 0/5 Inoffensif devant et indéfensif derrière. Translucide sur le centre qui amène le premier but, mais loin d’être lucide quand il s’agit de centrer lui-même. Incompétent sur le corner qui amène le deuxième, mais un con pétant le feu quand il s’agit de mal se replacer. Il m’inspire : je fais des jeux de mot à son contact. Des jeux de mot 0/5.

Amadou : 1/5 Fonctions motrices en panne. Dysfonctionnement critique dans les rouages de l’esprit. Malformation congénitale de son sens du jeu. Court vite, mais en zig-zags. Mort clinique constatée sur le marquage. Est sorti à l’heure de jeu, et a directement regagné son sac en plastique longue conservation. Remplacé par Lusamba (65è).

Walter : 2/5 Cramé ? En tout cas il a fait l’impasse sur quelque chose qui faisait sa force il n’y a encore pas si longtemps : jouer vers l’avant. Forcément, quand un accélérateur ralentit le jeu, on crève tous d’asphixie.

Coulibaly : 1/5 Meneur de jeu n’est pas son poste, héros du jour non plus. Remplacé par Dembélé (62è)

Grange : 2/5 Très croyant en son seigneur dieu le père, Romain lui a dédicacé l’intégralité de ses coups de pieds arrêtés en tentant de les expédier au paradis. Vivant dans la foi et se repentant de sa tronche d’enfer en priant nuit et jour, il est devenu pisse-froid comme c’est pas permis, si bien que ses frappes n’ont jamais décollé du niveau purgatoire. Après avoir raté son suicide par pendaison, il ouvrit la Bible et lut : « Repends toi ».

Dalé : 2/5 A porté son nom comme Vladimir Poutine : tout le contraire de ce qu’il évoque. À la jeunesse et l’énergie supposées de Junior ont donc répondu la lourdeur et la dépression. Bon, au moins il ne bombarde pas des petits ukrainiens sans défense en se faisant passer pour un plat de frite sauce cheddar/barbecue, mais s’il pouvait essayer de nous prouver qu’il a moins de 63 ans, ça serait mignon.

Hadji : 2/5 Les membres ankylosés à force de porter toute l’équipe à bout de bi…de bras, Youssouf n’a pas pu exister. Un peu boulet à la finition, il a en plus rencontré la difficulté de devoir se porter lui-même. Quand Hadji ne va pas, rien ne va.

 

REMPLAÇANTS

Dembélé : 2/5 A touché un ballon, celui de son penalty ; heureusement, pour le mettre au fond. Il reste donc notre meilleur buteur, et simultanément, son large cavaco reste le meilleur détergent pour assurer à Pablo de pouvoir se mirer dans la splendeur parfaitement astiquée du banc. Cherchez l’erreur.

Lusamba : 0/5 L’inutile qui succède au superflu. À quelques rares exceptions près, y a toujours un blaireau sur le pré pour rappeler au monde entier que Nancy part avec le handicap de jouer chaque match à 10. Pas étonnant qu’on ne prenne jamais de cartons rouges…

Zitte NN Hapax footballistique. Même au cœur noir de l’adversité, Pablo trouve le moyen d’égayer mon moral malade en le faisant à nouveau courir. Polisson, va.

 

 

NOTE ARTISTIQUE DE L’EQUIPE : 2/5

C’est dur. Le crack est de mauvaise qualité, en ce moment, et la morosité guette. J’aimerais pouvoir me cacher derrière quelque excuse aulassiennes de type « notre budget est trop limité pour rivaliser avec des terreurs comme le Gazéléc ou Troyes », mais on est le deuxième budget de L2, bordeldenomdedieudepoilpubiendanslabouche.

J’aimerais aussi faire peser la défaite sur le climat ingrat de la Lorraine ou la qualité médiocre de notre pelouse. Dans ma mauvaise foi, j’irais presque jusqu’à souhaiter le retour des brutes du Feynoord, histoire de pouvoir à nouveau briser des tibias à coups de pierre en toute légitimité (c’est vrai, quoi, ces vandales avaient quand même démoli des vitrines rue Saint Jean, c’est une atteinte insupportable à la propriété privée). En revanche, je ne vais pas vous faire le coup du « passez moi un élevage de chatons, que je me défoule » : Marcel Picon ne martyrise pas les animaux, ce sont eux qui le détestent et lui infligent des tourments sordides.

Les notes sont sévères, très sévères. Ça me fait mal de devoir infliger de telles sanctions à une équipe qui se bat avec ses propres armes : bite, couteau, pas plus. Le plus rageant là dedans (entre toutes choses rageantes, puisque je déteste tout et tout le monde), c’est que Niort était largement à notre portée. Simplement, le fait qu’ils y aient cru plus que nous les a récompensés. Bravo à vous, puissiez vous mourir comme de vrais héros, dignement et sans trop de souffrances (enduits de napalm dans votre sommeil et brulés vifs par vos propres enfants, par exemple).

En conclusion et comme chacun s’y attend, je referme cette académie comme Pierre Ménès ferme sa gueule (ou Gwen Tagrenmer sa braguette) : au grand soulagement de tout le monde, mais jamais sans avoir lâché une dernière sentence lapidaire, au risque de s’enfermer dans son personnage obtus. Ce qu’il ne faut pas faire pour sublimer sa douleur…bref, vous pouvez bien tous vous unir pour empêcher Nancy de monter, vous ne pourrez pas me contraindre à ne plus le dire :

 

 

Je crois en Pablo Correa.

Marcel Picon

 

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