« Vous serez sur le terrain et seuls »

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L’éditroll de Frantz-Christophe Van Dustgroski

« On fait bien des grands feux en frottant des cailloux »

Avant d’être les stars qu’on vous a permis d’être, avant d’être les preuves de la vulgarité épaisse que vous avez bien voulu devenir, vous restez des gamins qui courrez derrière un ballon. Des professionnels, certes, rompus à ce genre de préparations, d’enjeux, de défis, dans la victoire… comme dans la défaite.

Personne n’a clairement évoqué ce biais, mais finalement, pour vous, un match c’est forcément une victoire ou une défaite, comme vous savez assez bien le répéter, « l’important c’est de prendre les matchs les uns après les autres ». Cela n’est pas valable aujourd’hui. Il y aura d’autres matchs de l’équipe de France, vous allez retrouver rapidement les semaines folles avec vos championnats respectifs, éventuellement la coupe d’Europe, mais cette échéance, il est peu probable que vous la retrouviez un jour. Pour certains, ce sera le dernier match en équipe de France.

Rien que ce constat devrait pouvoir vous apporter ce supplément d’âme dont tout le monde parle, avec lequel tout le monde aurait voulu vous voir armés dès le match aller. Cela n’a pas été le cas, mais c’est du passé, le score est bien inscrit sur le papier. Et de ce côté de l’écran, nous sommes faibles de notre passion mais forts de ce feu qui fait que nous aimons ce sport. Tout reste possible. A commencer par l’impossible. Et rien que pour ce pari stupide, nous avons envie d’y croire, de croire en cette sélection plus qu’en ces individualités si souvent défaillantes. Nous n’effaçons rien et voulons écrire cette belle page après celle moins glorieuse de vendredi, juste pour que cette histoire à laquelle nous sommes tant attachés, finisse par être belle.

Nous ne pensons même pas à juin 2014 et à un Maracana bleu-blanc-rouge, juste ce soir. S’il faut déposer les armes, il n’est pas concevable de le faire sans se battre, c’est le sens de l’histoire dont on nous rabat les oreilles à nous aussi depuis l’école primaire. Ce n’est pas parce qu’on a vu la sélection aller au plus haut que nous voulons qu’à chaque fois elle renouvelle cet exploit. Nous acceptons mal le ridicule. Sans parler de l’avenir de la France comme certains ont pu le mettre en avant ce week-end, soyons sérieux, vous n’êtes qu’une distraction, un loisir, demain j’irai travailler de la même manière et les jours d’après aussi. Evidemment que le football restera ma passion mais vous n’en serez plus les porte-étendards, juste des joueurs détestés.

C’est dans ce contexte que vous allez devoir trouver des ressources et l’envie d’aller au bout. Il est possible que des sifflets retentissent rapidement, ce serait stupide, mais les excès ont un côté versatile, superficiel auquel vous n’échapperez pas. Vous serez sur le terrain et seuls. Nous n’essayons pas de vous faire porter notre fierté par procuration. Nous essayons de vous faire partager notre passion. Nous espérons qu’elle vous emportera comme elle nous emporte chaque semaine lorsque nous éructons bière à la main devant vos matchs. Chacun sa place.

C’est ce que nous ferons aussi ce soir, derrière nos écrans, plus fort que vendredi..

Frantz-Christophe Van Dustgroski

7 thoughts on “« Vous serez sur le terrain et seuls »

  1. « Nous acceptons mal le ridicule ».

    Je ne me sens pas ridicule sous prétexte que les Ukrainiens ont réussi à enchaîner quatre passes de classe et une temporisation magnifique sur leur premier but et que Hugo n’a pas eu la chance que ses deux contacts avec la balle soient suffisants pour la bloquer à chaque fois.

    Il n’y a rien eu de ridicule dans cette défaite, le score inverse n’aurait choqué personne. Bordel, on a été un peu moins bon, on a perdu, merde quoi. Pas de quoi bousculer une charrette.

  2. Possible qu’il parle d’un ridicule au sens plus large, qui inclut la CDM 2010, Nasri-Menez en 2012, et tout un tas d’autres choses.

  3. J’ai compris aussi un ridicule sur l’accumulation des défaites ou des situations à la con, le match de vendredi, il n’ya rien de ridicule si c’est le meme truc ce soir, bah sportivement, c’est mérité de perdre.

    Ce qui me gêne, c’est quelle bière boire?

  4. Dont on nous REBAT les oreilles…
    Je vais te rabattre les oreilles moi, tu vas voir. Ou plutôt non tu ne verras plus tellement qu’elles sont grandes.

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