Nice-OM (1-0) : La Canebière Académie prend le Balerdix-neuf
On the road to Les Goudes again

Aïoli les sapiens,
Somme toute, l’optimisme ou le pessimisme tient avant tout aux attentes que nous avons de la vie. Par exemple, quand l’idéaliste ne voit plus rien d’autre que la noirceur de l’actualité, le fataliste sait se concentrer sur la seule information qui compte encore pour l’avenir de la planète : l’Angleterre ne sera pas championne du monde de rugby. Autant on n’a trop rien dit pour Gaza ou le réchauffement climatique, autant ça, ça aurait vraiment été insoutenable.
Pour l’OM, c’est pareil : pour se lamenter de cette énième défaite imbécile, encore fallait-il conserver au fond de soi un espoir qui confine à la naïveté béate. Là d’accord, si on considère que l’OM lutte pour le titre, la défaite à Nice est assurément une très mauvaise nouvelle. En revanche, quand tout porte à croire que cette saison sera l’une de celles où notre club effectue sa métamorphose périodique en annexe du cirque Pinder, on en serait presque rassuré de voir que nos joueurs ne sont pas des viers marins intégraux, voire qu’ils savent pas mal du tout se démerder au football, et qu’avec les vents favorables on pourrait même caresser l’espoir fou d’accrocher un strapontin en Ligue Europa au lieu de passer une année à dormir dans le ventre mou.
Les Longorious Basterds
Lopez (Blanco, 59e)
Clauss (Murillo, 46e) – Mbemba – Balerdi (expulsé, 78e) – Renan Lodi
Rongier– Ounahi (Veretout, 56e)
Sarr – Harit (Meïté, 81e) – Ndiaye
Aubameyang (Kondogbia, 81e)
A l’exception du retour de Lodi à l’aile gauche, le onze de départ ne change pas par rapport à notre dernière victoire.
Le match
La langue italienne a ceci de magnifique qu’elle permet de sublimer n’importe quel concept, même le plus dégueulasse. Par exemple, quand tu dis « salsifis au jambon », l’Italien chante « prosciutto scorzonera », quand tu dis Darmanin l’Italien crie « dimettiti in fretta, testa di cazzo », et quand tu te dis « ce match est chiant », les entraîneurs italiens te répondent « c’est un match tactique ».
Malgré la quasi-absence d’occasion dans toute la première période, reconnaissons néanmoins que c’est l’OM qui montre la meilleure attitude. Du pressing épisodique mais efficace, une maîtrise du ballon et de l’occupation du camp adverse, bref du tout bon gâché cependant par un manque à la fois d’adresse et de spontanéité à l’approche de la surface. De l’autre côté, Nice se concentre exclusivement sur ses tâches défensives sans rien produire d’autre, si ce n’est justement deux ou trois bourdes de relance dont nous, manches que nous sommes, ne parvenons pas à tirer profit.
Le seul incident notable de cette première période (à l’exception d’un but de Sarr justement refusé pour hors-jeu) réside dans la démission des adducteurs de Jonathan Clauss, suite à un grand écart involontaire sur un dribble adverse. Peu après la pause, Pau Lopez y va aussi de sa tuile musculaire, pressé par Gattuso de dégager au lieu de relancer court, et voulant tellement bien s’exécuter qu’il y flingue son quadriceps au passage.
Cette deuxième mi-temps voit Nice un peu plus présent dans les duels, ce qui permet à nos adversaires de s’installer dans notre camp. L’entrée de Veretout à la place d’Ounahi nous permet cependant de renforcer nos offensives, avec notamment un joli décalage pour Sarr qui frappe comme une mule dans le petit filet.
Juste après, un joli centre de Murillo trouve Harit qui, d’une belle tête, oblige Bulka à se détendre. Rongier nous gratifie ensuite d’une ouverture dimitripayesque dans la course d’Aubameyang, qui emmène parfaitement son ballon mais salope le final de l’action, son petit piqué tout pourri devant le gardien échouant à l’extérieur du poteau.
Ah, au fait, vous vous souvenez des épisodes précédents, quand on remarquait la relation quasi-filiale qui semble unir Balerdi à Gattuso ? Ca sent l’appui, ça sent la confiance, d’où découle inévitablement la sérénité, ce que ne démentent d’ailleurs pas ces 75 premières minutes. Que vous dire ? Ca fait combien de temps qu’on le connaît, Leo ? Trois ans ? Bah voilà, on arrive encore à se faire avoir. C’est précisément au moment où on l’oublie, on l’on commence à ne plus se caguer dessus à chaque ballon qu’il approche, où même on pourrait se prendre dans un moment de totale perte de lucidité à l’apprécier, que Leo décide de péter un câble pour détruire spectaculairement son match, et le nôtre par la même occasion. Alors qu’il maîtrisait une main dans le slip rien de moins que Terem Moffi, la pépite du moment en Ligue 1, le voici qui s’engatse avec son remplaçant et récolte au passage un carton jaune à la 75e minute. Trois minutes plus tard, revoici notre héros au duel avec Rosario à l’angle de notre surface, où il stoppe l’action d’une magnifique obstruction de troisième ligne sud-africain : voici le deuxième carton jaune, ne remerciez pas, c’est cadeau. Et bien sûr le chef d’œuvre ne serait rien sans son bonus inévitable, car comme le dit l’adage : « quand on a assisté à une cagade de Balerdi, le but qui lui succède est encore de Balerdi. »
Sur le coup-franc qui suit, Guessand échappe donc à Rongier et Murillo pour placer un coup de tête imparable (1-0, 79e).
Soucieux de ne pas laisser à notre défenseur tout le mérite d’un match qu’ils ont largement contribuer à saboter, nos attaquants s’appliquent à rater ensuite d’autres énormes occasions, à l’image d’Illiman Ndiaye qui pladupiésécurise à trois mètres des buts une nouvelle jolie ouverture de Veretout.
L’OM conclut ainsi une performance certainement pas infâmante, mais gâché aux moments cruciaux par des attitudes qui mériteraient de figurer dans tous les manuels de psychiatrie au chapitre sur l’acte manqué. Autant dire que nous continuons de nager dans l’incertitude quant à ce que ce collectif est ou non capable de nous offrir.
Les joueurs
Lopez (2/5) : Dispensé de vannes pour raisons médicales. Ce garçon a l’air suffisamment anxieux comme ça pour qu’on n’en rajoute pas.
Blanco (59e, 3/5) : Rien à signaler hormis ce but imparable. On en profite pour une annonce : nos gardiens ont la particularité de mettre une éternité à dégager lorsqu’ils ont le ballon en mains, et ça ne nous étonnerait pas qu’un arbitre finisse par s’en apercevoir. Si.
Clauss (2/5) : L’Equipe de France, on leur envoie un type qui n’a rien demandé pour faire le gugusse au nom de l’honneur du drapeau, et ils nous rendent un type qui tient à peine debout. L’Equipe de France, c’est le SNU du footballeur.
Murillo (46e, 3-/5) : Toujours aussi sérieux et sobre, mais aussi irrégulier dans ses centres, pour lesquels il a toujours du mal à régler l’Amir.
Mbemba (3+/5) : Un bon match qui aurait pu être gâché par deux grosses erreurs de relance que le Destin, sans doute concentré sur le cas de notre Pierre Richard argentin, s’est montré prompt à pardonner.
Balerdi (2-/5) : La balerdise authentique, l’unique, celle que l’on ne voit pas venir, le coup de tonnerre dans un slip serein. On a beau le détester officiellement depuis le match contre Annecy, malgré tout, quand un tel sens du suicide sportif se marie aussi bien avec la poisse intersidérale, on ne commente plus, on admire.
Renan Lodi (3-/5) : S’aligne lui aussi sur la tendance « bien mais pas top ». Il semblerait que notre effectif soit absolument dépourvu de joueur latéral complètement pété du casque, ce qui paraît contraire à la charte d’éthique des défenseurs latéraux.
Rongier (3+/5) :Ca c’est le match pour lui. Pas trop de bordel, ça fait régner l’ordre en en sifflotant et en faisant des moulinets avec la matraque, ça s’amuse parfois. Pas comme ces matchs avec tous ces sauvageons qui l’obligent à courir dans tous les sens.
Ounahi (1/5) : Lui on ne peut pas accuser la trêve internationale, il était déjà comme ça en partant.
Veretout (56e,3+/5) : A la différence d’Ounahi, il s’est dit que donner de bons ballons aux types en bleu et pas à ceux en rouge nous aiderait à attaquer plus efficacement. Bon, dans la pratique cela a revenu à offrir des perles à des gorets, mais sur le principe, c’était une entrée bien sentie.
Sarr (2/5) : Le quota d’un geste maîtrisé à la perfection pour quatre autres torchés au Cointreau, dans l’absolu je suis pas contre, faudrait juste éviter de choisir précisément l’action où t’es hors-jeu.
Harit (3/5) : Ah bah t’es marocain en visite chez Eric Ciotti, fallait pas t’attendre à démarrer un sprint sans que avoir aussitôt trois mecs pour te plaquer au sol.
Meïté (81e) : le temps qu’il se prépare à entrer en jeu pour compenser l’expulsion de Balerdi et éviter de prendre un but, ben… on avait déjà pris un but.
Ndiaye (2/5) : Rappel : les noms africains commençant par « N » ne se prononcent pas « Enne ». Par conséquent ne dites plus « Illiman Hennediaye » mais dites « Illiman Niaï ». Surtout ce soir.
Aubameyang (1/5) : Bravo Jean-Bite, ça c’est qu’on appelle le geste décisif de l’avant-centre qui fait basculer un match.
Kondogbia (81e) : N’ayant pas pu entrer pour tenir le score, il a tenu ce qu’il a pu.
L’invité zoologique : Jérémy Boa
Le boa constrictor est un chasseur à l’affût, ce qui en langage scientifique désigne les grosses feignasses qui se contente d’attendre qu’une proie soit suffisamment con pour passer à leur portée. Il est donc un invité particulièrement approprié pour commenter le match de ce soir.
- Les autres : tristes à pleurer mais efficaces. On aurait du faire comme eux : réserver nos dingueries pour les réseaux sociaux.
- Le classement : notre adversaire du soir nous rejette à sept points et (quasiment)à dans l’autre moitié du tableau.
- Coming next : Trois réceptions à venir dans les quinze jours qui viennent : Athènes, Lyon et Lille. Il serait bien venu de ne pas en sortir en crise. Enfin, en re-crise.
- L’explication : revenons à l’attention des non-Marseillais sur cette petite nuance sémantique locale, qui veut que pour aller se baigner aux Goudes, nous prenions le (bus) 19, mais que pour aller se jeter aux Goudes (suite à un événement particulièrement honteux), il est de bon ton de prendre le Baler19.
- Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Renaud D. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah