Nice-OM (?-?), La Canebière académie ne tend pas l’autre joue

Aïoli les sapiens,

On subodorait notre collectif prompt au dégoupillage facile et aux bagarres inopinées, d’aucuns disaient même que la commission de discipline, qui nous avait déjà généreusement servis l’an passé, venait d’acquérir une imprimante A3 pour ses communiqués. Nos fiévreux espoirs d’acquérir cette saison des souvenirs éternels de ramponneaux bien placés le disputaient par avance à la certitude de voir des Guendouzi, des Gueye, des Sampaoli, rater un bon tiers de la saison. Bref, tout cela était écrit.

Tout, sauf l’hypothèse que les nôtres pourraient un jour se trouver tout à fait légitimes à péter un câble et vouloir savater toute une tribune. On excusera totalement Dimitri Payet, indirectement « coupable » à la 75e minute d’avoir provoqué l’arrêt du match en renvoyant en tribune la 108e bouteille qui venait de lui être expédiée sur la gueule. On pourra certes reprocher à Sampaoli ou Alvaro d’avoir démarré comme un pin varois sous un mégot, de même que le membre du staff olympien qui a traversé tout le terrain pour venir coller un pain totalement gratuit. Certes, nous allons sans doute recevoir un volume de suspensions à faire pâlir les commissions de discipline de district, mais rétrospectivement, nous avancerons l’idée que oui, ça les valait. 

Car en fait, hormis les claques distribuées par nos voyous, qui ce soir aura fait mine d’essayer de contrarier les hooligans niçois ? Une sécurité dépassée, sinon complice ? Des policiers supposés encadrer le week-end des gars avec qui ils raclent le reste du temps les mêmes écuelles pour bergers allemands nostalgiques ? Un arbitre qui fronce le sourcil en menaçant d’interrompre le match à la prochaine incartade, lesdites incartades se poursuivant 75 minutes sans discontinuer ? Le président niçois, paradant aux côtés d’une tribune transformée en meeting des identitaires et déclarant que l’entière responsabilité du fiasco relève des Marseillais qui portaient une jupe trop courte ? Et bien sûr, ces deux espèces qui trônent au sommet de la chaîne alimentaire des fils de pute, ces duettistes qui sont à l’état de merde humaine ce que Federer et Nadal sont au tennis, j’ai nommé à ma gauche la Ligue professionnelle de football et, bien à ma droite, les préfets. Prompts à dégainer restrictions, sanctions et interdictions en tout genre, de préférence pour les motifs les plus futiles, les voici qui s’accommodent d’un envahissement du terrain couplé à des agressions physiques sur les joueurs. Les voici qui, après plus d’une heure de palabres incompréhensibles, ordonnent la reprise du match, et offrent de fait un triomphe aux fauteurs de troubles après que l’OM refuse de se présenter sur le terrain. Dans ces circonstances, vous nous permettrez de trouver dans la rébellion olympienne l’allégorie de ces quelques miettes d’antifascisme qui subsistent encore, quand l’ensemble de la société et de ses institutions leur déroule le tapis rouge.

Pour finir, Pablo Longoria refuse de cautionner cette mascarade et renvoie tous ses joueurs dans le bus, seul moment de dignité d’une soirée lamentable. L’honneur est sauf, tout ce que nous pouvons attendre maintenant est de savoir, aussi victimes soyons-nous dans l’affaire, combien celle-ci finira par nous coûter.

À chaque fois que l’on pense la LFP incapable de tomber plus bas, celle-ci nous surprend encore.


Les Longorious Basterds

Mandanda
Saliba – Alvaro – Luan Peres
Kamara – Gueye (Rongier, 56e) – Guendouzi – Gerson
Ünder – Payet – Luis Henrique (De La Fuente, 56e)


Sur le plan des transferts, Benedetto part en prêt à Elche, tandis que notre Prince Fada Radonjic nous quitte sans doute définitivement pour le Benfica. On écrasera une larme furtive à la mémoire de ce grand pourvoyeur d’émotions, quoique rarement flatteuses. Lirola, quant à lui, est plus ou moins proche de l’OM selon le sens du vent et l’état des hémorroïdes du président de la Fiorentina. On espère seulement que Pablo Longoria aura pensé à consulter sa messagerie pendant cette soirée chargée, ce serait dommage d’avoir raté un appel important…

Sur le pré, car oui il restait tout de même un peu d’herbe entre les morceaux de plastique envoyés des tribunes, deux changements : Balerdi est suspendu après son dernier hippopotacle et se voit donc remplacé par Alvaro. Luis Henrique fait quant à lui son retour à la place de De La Fuente. Les latéraux et l’avant-centre, c’est comme une indignation d’Éric Ciotti sur les violences commises par des voyous de droite : théoriquement, ça existe, mais visiblement c’est encore pas le moment.


Le match (tronqué)

Faisons court, vues les circonstances et un résultat qui se décidera sans doute sur tapis vert ou lors d’un match à rejouer. En première période, Nice puis l’OM alternent des périodes de domination nette. Des deux côtés, les gardiens préservent le score malgré des occasions énormes : signalons, entre multiples parades, un double arrêt du pied chez un Mandanda enfin retrouvé et un face-à-face remporté par Benitez devant Under.

Notre facilité à nous faire transpercer les lignes sur des ballons anodins ainsi qu’une certaine faiblesse latérale, notamment à gauche, représentent des fragilités déjà vues. C’est ainsi qu’en seconde période, Luis Henrique perd un ballon sur la ligne médiane. Gueye vient bien prêter main forte à Luan Peres, mais se fait déposer comme une bouse par Lotoba, dont le centre est repris de la poitrine par Dolberg aux six-mètres (1-0, 51e).

L’OM se fait quelques frayeurs sur des contre-attaques niçoises mais parvient à réinstaller une certaine pression autour de la surface adverse. Celle-ci se matérialise par plusieurs corners, qui conduisent Ünder et surtout Payet à être pris pour des bacs de recyclage. Après qu’une énième bouteille mieux tirée que les autres le fait tomber, Dimitri exprime sa légère lassitude en réexpédiant l’objet à l’envoyeur. Nous-mêmes coutumiers des piquets de corners du Vélodrome transformés en annexes d’Emmaüs Pointe-Rouge lors des grandes occasions, on aurait mauvaise grâce à s’indigner plus que de raison. Cependant, lorsque dans la foulée des dizaines de Niçois débordent la sécurité une main dans le slip pour venir frapper nos joueurs, il semble objectivement possible de déclarer que la situation dérape. Le match est bien évidemment interrompu à cette 75e minute, le temps de séparer les protagonistes et de calmer Sampaoli parti pour démonter l’Allianz siège par siège – c’est même Pancho Abardonado qui se charge de le calmer, ce qui situe le niveau de tension de notre entraîneur. Alors que la plus élémentaire logique semblerait de mettre un terme définitif à la rencontre après ces incidents graves, les autorités tergiversent pourtant avant de demander la reprise du match une heure plus tard, comme si de rien n’était. Le motif de cette décision semble être : « on n’a pas envie de faire évacuer un stade avec de tels énergumènes, de toute façon on ne sait pas le faire et en plus on ne peut même pas taper dessus puisque c’est l’électorat du maire ». En termes diplomatiques, Longoria signifie aux autorités que ses joueurs ne continueront pas à ramasser des bouteilles et des claques dans la gueule au nom du maintien de l’ordre public. Le ballon est donc reposé sur le quart de cercle, l’arbitre constate l’absence des Olympiens et siffle la fin du match ;  les joueurs Niçois sortent non sans applaudir un public qu’ils jugent sans doute digne d’éloges, au cas où il se trouverait encore quelques âmes égarées pour estimer qu’il reste quoi que ce soit à sauver dans ce club.


Les joueurs

NB : La rencontre s’étant constituée de cinq quarts d’heure de football et d’un quart d’heure de bagarre, les joueurs seront évalués à due proportion de leur performance dans les deux disciplines.

Mandanda (4/5) : Drame personnel supplémentaire pour Steve, qui verra sans doute son match exceptionnel effacé des tablettes sur tapis vert et restera donc crédité à ce jour du total de zéro arrêt en championnat. Bagarre : la même mimique devant la tournure des événements que lorsqu’il encaisse un but. Un peu d’enthousiasme, nom de nom !

Saliba (4/5) : Présent et solide sans en rajouter, la caution sérénité de la bande. Bagarre : idem.

Alvaro (3/5) : Correct quoique surpris par Dolberg sur le but, mais je suppose que vu les circonstances vous n’êtes pas venus pour que je vous parle de football concernant Alvaro. Bagarre : le panache total ; un ballon dégagé dans la tribune plus quelques doigts bien sentis pour en faire descendre les quelques fils de Benito qui y restaient perchés, puis un face à face à un contre 100 pour une photo qu’il fera sans doute encadrer.

Luan Peres (2/5) : Pas loin du troisième CSC en trois matchs – si l’on prend en compte les tirs déviés. Soit il est très malchanceux, soit il se rend coupable d’un certain retard au duel, esseulé qu’il est sur ce côté gauche. Bagarre : frappé par un Niçois indéterminé, il arbore un bel hématome de victime qui sera parfaitement assorti à son dépôt de plainte pour cambriolage, effectué cette semaine. Bienvenue à Marseille, donc. En général, si on arrive à passer ce cap, après on est bien chez nous.

Kamara (3/5) : Pourquoi lui, pourquoi à ce poste, pourquoi faire ? Autant de questions avec lesquelles nous devons nous débrouiller. Bouba n’a peut-être pas davantage de réponses que nous, mais en attendant il parvient à s’en sortir. Bagarre : Boubacar s’est montré plutôt passif. Il faut dire qu’on lui demande déjà de récupérer, passer, attaquer et défendre, sa fiche de poste n’est pas extensible, non plus.

Gueye (2/5) : Pape qui gagne des duels, on connaît. Pape qui perd un duel mais qui arrache la jambe de l’adversaire dans l’action, on connaît aussi. Mais Pape qui se fait déposer en un contre un comme un camping-car hollandais sur l’ouverture du score, c’est une innovation assez troublante. Bagarre : le code d’honneur de Pape Gueye lui interdit de blesser des gens hors du jeu ; la boucherie, oui, mais toujours avec un ballon à proximité.

Rongier (56e) : Guère le temps de se mettre en évidence. Bagarre : exempté ; il s’est déjà fait exploser la bouche par une bouteille d’eau à Montpellier, il a déjà donné.

Guendouzi (3/5) : Une perte de balle slipométrique mais aussi des transmissions bien vives et perçantes. Bagarre : photographié avec une splendide marque d’étranglement ; on évitera de s’apitoyer, en imaginant plutôt ce que Mattéo a dû infliger à l’auteur. Si sa réponse a été à la hauteur, qu’une photo niçoise sorte et l’on pourra envisager le tribunal pénal international.

Gerson (3/5) : Ne joue pas à son vrai poste et est dépourvu d’avant-centre : pour disposer de telles conditions de travail il doit sans doute dépendre de l’Éducation nationale. Bagarre : précieux ; loin de l’ardeur désordonnée des Argentins, on sent la culture martiale brésilienne : solidité des appuis, poids de la frappe, maîtrise de la distance. Cependant un peu trop obnubilé par le ko, alors qu’il aurait pu finir au sol, un lui conseillera un stage chez les Gracie lors de son retour au pays.

Ünder (3/5) : L’activité habituelle avec même, soyons optimistes, un surcroît de spontanéité (même s’il a fondu dix mille neurones au moment de son face à face avec Benitez, comme le premier Njie venu). Bagarre : la petite déception de notre internationale de la marave est venue de la Turquie dont le représentant, à l’inverse de ses coéquipiers, a peu fait honneur à la réputation de ses compatriotes.

Luis Henrique (1/5) : Discret offensivement et pas d’une grande utilité pour contribuer à colmater les boulevards derrière lui. Bagarre : non noté car déjà au vestiaire au moment des incidents. J’espère qu’il n’a pas pour habitude de se masturber sous la douche, sinon cela a dû lui faire une drôle d’impression de voir ses coéquipiers rentrer un quart d’heure plus tôt que prévu.

De La Fuente (56e) : Si Konrad n’avait pas essayé de déborder, il ne se serait pas procuré de corners, Dimitri Payet n’aurait pas passé son temps à se faire jeter des bouteilles, et rien de tout ceci ne serait arrivé. Konrad de La Fuente est donc le seul et unique responsable des incidents, selon Jean-Pierre Rivère. Bagarre : en réserve. Un mec qui s’appelle De La Fuente au baston, c’est comme un Méga Dracaufeu-X dans un combat de Pokemon, tu ne le jettes dans l’arène que pour les grandes occasions.

Payet (4/5) : Encore un Dimitri de gala,distributeur de caviars et petits fours aux quatre coins du terrain (dont l’un aux attaquants niçois mais passons). Si ces cuistres avaient eu du goût, ils lui auraient envoyé du Dom Pérignon à la place de la Cristaline. Bagarre : lance un oaï monumental avant de venir un peu plus tard appeler tout le monde au calme, c’était beau comme une allocution d’Emmanuel Macron.


L’invité zoologique : Justin Pivert

Braillard, le pivert est à la rigueur tolérable quand il est seul, mais absolument insupportable quand il se fait entendre avec plusieurs congénères. Il est donc bien l’invité approprié pour évoquer cette rencontre, ce match perdu sur tas de piverts, donc.

– Les autres : Je pourrais parler de leurs attaquants séduisants ou de leur gardien décisif, mais vu qu’ils ont jugé utile d’aller applaudir les étrons qui leur servent de supporters, nous allons plutôt les inviter à aller se faire mettre.

– Le classement : on en reparle après la commission de discipline.

Coming next : La réception de Saint-Étienne est prévue samedi soir. Le suspense est total, ne serait-ce que pour deviner qui pourra jouer le match.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Blon remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

7 commentaires

  1. N’avez-vous pas oublié un « allons » dans la dernière phrase du paragraphe sur « Les autres » par hasard ?

  2. Encore merci pour ce moment (cher François)… réussir à me faire rire en ces temps c’était pas gagné.
    Je sens qu’avec le verdict de la ligue je vais continuer à avoir mal au fondement. C’est pas comme si il n’y avait pas eu Montpellier juste avant. Mais si on continue comme ça, l’arrêté préfectoral devra interdire aussi aux joueurs niçois de venir pour le match retour…

  3. Le texte sur Luis ma achevé de rire.
    Merci seigneur blaah de nous extirpé un sourire et un rire après de telles soirée.
    Puis je gagne le concours alors reste plus que voir sampa égorgé un estrosi et je suis au ange.

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