OM-AEK Athènes (3-1) : La Canebière Académie profite

0

De vrais amis.

Aïoli les sapiens,

En ces temps où le principal critère conditionnant l’humanisme de notre société réside dans la couleur de peau de celui qui crève, l’amitié entre notre club et l’AEK Athènes représente un moment de fraternité qu’il ne faut pas laisser échapper. Certes, les enjeux sportifs étant ce qu’ils sont, il serait plus qu’important de leur rouster la gueule, pourvu que cela se fasse dans le respect et la bienveillance.

Les Grecs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, nous offrant de jolis et réconfortants cadeaux sportifs. L’ennui maintenant, c’est que la politesse commande de leur laisser quelque chose en échange au match retour. J’avais bien pensé à un Joaquin Correa emballé avec du papier cadeau et des faveurs, mais je me suis laissé dire que depuis la guerre de Troyes nos hôtes s’y connaissaient en présents empoisonnés.


Les Longorious Basterds 

Blanco
Clauss (Murillo, 88e) – Mbemba – Balerdi (Meïté, 88e) – Renan Lodi
Rongier– Kondogbia – Veretout (Nadir, 88e)
Ndiaye – Vitinha (Aubameyang, 74e) – Harit (Sarr, 74e)

Sorti blessé contre Nice, Lopez est remplacé par Blanco. Clmauss, lui peut reprendre sa place. Changement notable, l’équipe passe en 433 à la faveur de la titularisation de Kondogbia. Devant, Ndiaye et Harit permutent autour de Vitinha.


Le match

L’OM domine la première période sans franchement maîtriser son sujet. S’ils se montrent inoffensifs, les Grecs paraissent surtout attentifs à punir la première erreur de notre part. De notre côté et à l’image du match de dimanche, nos intentions louables se heurtent à une grande maladresse, à l’image d’un Ndiaye passant du sosie de Cristiano Ronaldo à celui de Saber Khalifa en l’espace d’une seule et même action. Illiman échoue ainsi deux fois face au gardien, à la conclusion d’actions qu’il avait pourtant magnifiquement menées.

De son côté, Balerdi affole un slipomètre bien trop calme en découpant un attaquant à l’angle de la surface, sans heureusement que la vidéo ne vienne pinailler sur la position de la faute par rapport à la ligne. Pour une fois, l’adage « couille de Balerdi, but à la sortie » ne se vérifie pas, et les Grecs manquent leur coup-franc.

Mieux encore, Ndiaye lance ensuite Clauss dans le dos d’une défense inattentive. Le centre de Jonathan est comme souvent parfait, et Vitinha envoie Vida dans le gazon pour conclure de près. Les arbitres vidéos sont appelés à se prononcer sur ce duel de poètes entre l’attaquant et le défenseur, pour en venir à la conclusion que ces deux grands dadais étaient assez costauds pour livrer leur combat sans que les arbitres n’aient à s’en mêler : but accordé (1-0, 27e).

Si un coup-franc concédé par Clauss aboutit à une tête, grecque au-dessus, c’est bien l’OM  qui continue à dominer, sans cependant offrir toutes les garanties. A 40 mètres des buts, notre Leo national commet ainsi une faute évitable dans un duel aérien : « couille de Balerdi, but à la sortie », cette fois nous n’y coupons pas. Coupe-franc vite joué, second ballon, jeu en triangle, égalisation… refusée pour un hors-jeu au début de l’action.


Cet avertissement sans frais a autant d’effet sur le jeu de l’OM qu’une condamnation de la Cour européenne des droits de l’homme sur la conscience de Chibrald Darmanin. L’OM entame la deuxième mi-temps avec moins d’intensité, moins de rigueur, moins d’allant. Alors qu’une fin nauséabonde comme nous avons si bien appris à les humer se profile, l’égalisation a le mérite de survenir suffisamment tôt pour abréger nos souffrances devant l’inévitable. Un long ballon anodin est mollement renvoyé par Mbemba, pas aidé par le retour tardif des milieux : Athènes peut ainsi développer une attaque rapide sur notre droite, conclue par un centre en retrait parfait. Miracle au point de pénalty : l’attaquant Pineda rate sa frappe d’une manière hautement comique ; contre-miracle immédiat, la bouse se transforme par pur hasard en magnifique dribble, qui remet le ballon dans les pieds de l’attaquant à trois mètres du but. L’avant-centre ne rate pas sa deuxième chance (1-1, 53e).

Sauf événement notable, a soirée paraît plus que mal embarquée. L’événement notable, ce peut être par exemple la liaison par hélicoptère Bogota/La Cayolle interceptée par la police et contrainte de se débarrasser en catastrophe de la marchandise pile au-dessus du stade. Cela expliquerait le pétage de câble du gardien grec, qui sur une passe en retrait se fait contrer par Vitinha et ne trouve rien de mieux à faire de ceinturer le Portugais. Niquage de tête d’un bel acabit, donc, mais qui n’est rien à côté de celui de l’arbitre, qui inflige un simple carton jaune à Stankovic, quand celui-ci était déjà en train d’enlever ses gants pour rentrer au vestiaire. Heureusement pour nous, les arbitres vidéo dans leur régie sont préservés de cette chute massive de drogues dures et, sans doute morts de rire, peuvent appeler leur collègue pour lui conseiller de venir sur la touche se passer la tête sous l’eau froide et, tant qu’à faire, revoir les images de l’action. Si notre musée des enculeries arbitrales y perd un chef d’œuvre, la logique est rétablie et Stankovic peut recevoir son rouge. Harit accueille son remplaçant comme il se doit, c’est-à-dire en lui pissant dessus d’un contre-tout en sang-froid (2-1, 60e).

A peine le temps de se demander comment nous réussirons à saloper ce retournement de situation inespéré, que l’OM se met à l’abri. Alors que notre équipe profite de sa supériorité pour monopoliser la balle, Kondogbia conclut une jolie préparation collective en alertant Lodi sur la gauche de la surface. Ayant déjà prouvé à son vis-à-vis Ambrabet l’étendue de son vice défensif, Renan lui montre alors le pendant offensif de la chose, en se laissant volontiers heurter par ce gros naïf. La ficelle est grosse, mais en même temps, c’est pas avec les arbitres d’OM-Lyon qu’il faudra compter en profiter. Voici donc un deuxième pénalty, confié cette fois-ci à Veretout pour une finition identique : formé à l’école Hugo Lloris des tirs aux buts, le gardien plonge un quart d’heure trop tôt, de sorte que Jordan n’ait qu’à déposer la balle côté opposé (3-1, 69e).

Les Grecs passent les vingt dernières minutes dans une résignation totale, cherchant simplement à éviter d’alourdir leur différence de but. Nos nouveaux entrants font pourtant tout le nécessaire pour inscrire ce quatrième but, mais ne parviennent qu’à faire travailler le gardien adverse. Sans doute rassuré de ne pas être venu pour rien, Athanasiadis pare successivement les tirs insuffisamment placés de Sarr, Aubameyang, et Kondiogbia, pour ne parler que des tentatives cadrées. Certes, Sarr réussit un tir dans un angle impossible mais l’arbitre, sans doute soucieux de nous éviter un choc trop violent ce dimanche, évite de se montrer trop bienveillant et annule le but pour un hors-jeu. Pour faire bonne mesure, un tir de Nadir dévié de la main par un défenseur nous permet une transition douce vers le week-end.

Peu significative compte tenu de l’auto-sabotage adverse à l’heure de jeu, cette victoire a le mérite de récompenser une équipe sérieuse, et de nous laisser espérer que les cataclysmes improbables peuvent aussi tomber sur la figure des autres de temps en temps.


Les joueurs

Blanco (3/5) : Tranquille, il n’a même pas pu profiter de la masterclass du gardien adverse sur le thème « comment ne pas arrêter un pénalty », lui-même n’ayant déjà plus grand-chose à apprendre sur ce plan.

Clauss (3+/5) : On se surprend encore à s’émerveiller de ses bons centres, comme si cela n’était pas normal de la part d’un latéral. C’est dire à quel point on a pu être traumatisés depuis des années.

Murillo (88e) : Déjà discret en temps normal, il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il détonne pendant ces dix minutes où la seule consigne était « par pitié, ne nous faites pas une dinguerie ».

Mbemba (3+/5) : Comme Clauss, sans parler de haute performance, on sera très satisfait d’avoir ça comme prestation de base.  Ce genre de match c’est comme le sexe ou la marmite de tripes, même quand c’est pas exceptionnel ça reste déjà super.

Balerdi (2/5) : En ce moment on regarde les filles regardent Miraculous à la télé. C’est un dessin animé où les personnages deviennent des super-vilains quand ils sont débordés par leurs émotions négatives. Je trouve qu’il y a beaucoup de ça dans la relation entre Leo et son entraîneur : quand Leo est susceptible de péter une durite à tout moment, l’entraîneur est ce super-héros qui tente à tout prix de faire ressortir le meilleur de lui-même. Plus qu’à imaginer Gattuso en collant intégral rouge à pois noirs et l’illusion sera parfaite.

Meïté (88e) : Chargé d’assurer les dix dernières minutes à la place de notre porte-poisse officiel, comme l’a dit l’entraîneur le football se joue sur ce genre de détails.

Renan Lodi (3/5) : Mis en difficulté par Amrabat, Papy Renan s’en est sorti en lui livrant toute la panoplie du vice footballistique : fautes utiles, accrochages de shorts, fautes provoquées, pénalty de roublard. Le seul truc qu’il n’a pas eu l’idée de lui faire c’est le doigt dans le cul sur corner, à croire qu’il n’existe pas l’équivalent du championnat départemental 2 de Saône-et-Loire au Brésil.

Rongier (3-/5) :Je sais pas, avec l’appui de Kondogbia on aurait pu imaginer voir Valentinprendre davantage de part au jeu. Sauf pour les tirs, là on est d’accord pour les laisser à Geoffrey.

Kondogbia (4/5) : Ah d’accord, là en effet on retrouve des concepts de l’ordre de l’impact, qu’on avait peut-être un peu perdu de vue. Pas qu’on ait quelque chose contre Ounahi, hein, m’enfin en comparaison Azzedine fait un peu ballerine au sein du vestiaire du XV de France.

Veretout (3+/5) : De la même manière contre le Rongieur, s’il a paru un peu moins en vue, c’est peut-être qu’avec Kondogbia ils se trouvaient trois pour effectuer le boulot qu’ils accomplissent habituellement à deux. Y voir matière à dégrader son évaluation serait digne d’un manager macroniste.

Nadir (88e) : Pas loin d’inscrire un but, mais son tir dévié de la main a été arbitré à la turpinoise (« T’es Marseillais ? Main involontaire, papéno. Ah, t’es Arabe en plus ? Six-mètres. »)

Harit (3-/5) : Témoin de la moindre qualité de son match, il n’a été plaqué au sol par un adversaire qu’une seule foisce soir. On salue néanmoins le sens des responsabilités et surtout la réussite sur ce pénalty.

Sarr (74e) : Plus efficace que la VAR, cet outil infaillible pour juger de la position de notre attaquant : si Ismaïla réussit son face-à-face avec le gardien, c’est qu’il est hors-jeu.

Ndiaye (3/5) : En équitation on a le métier de groom : c’est un professionnel de la préparation du cheval de compétition, un as du pansage, le champion du sellage, l’esthète du soin, le génie de l’organisation. Par contre faut pas lui demander de monter, ça par contre il le laisse aux pros. Bah Illiman c’est pareil, c’est un groom, mais pour but de football.

Vitinha (4/5) : On pouvait commencer par craindre un nouveau sommet de gêne, avec ce touchant mélange d’enthousiasme et de gaucherie qui n’est pas sans évoquer Sinok, le personnage des Goonies, ou encore Domagoj Vida qui, ça tombe bien, se trouve être le défenseur central de l’AEK Athènes. Tout jouette d’avoir trouvé un copain aussi délicat que lui, Vitinha a multiplié les efforts pour finalement prendre une part prépondérante au résultat.

Aubameyang (74e) : Match sans réussite mais néanmoins honnête pour Jean-Bite.


L’invité zoologique : Petros Mantreligieusalos

Figure puissante de l’imaginaire du kung-fu, la mante impressionne par ses poses martiales, sa voracité et sa violence. Insecte redoutable, la mante religieuse n’en reste pas moins un insecte, un coup de talon et c’est marre, c’est pas la petite bête qui va manger la grosse, merde quoi.

  • Les autres : équivalent pour nous du Sporting du Portugal l’an dernier, à savoir un adversaire prompt à l’autodestruction et à nous offrir des satisfactions à peu de frais.
  • Le classement :Chose qui n’était pas arrivée depuis longtemps, nous voici en tête d’un groupe de coupe d’Europe, un point devant l’AEK et Brighton. Avec un seul qualifié direct par groupe, voici qui n’est pas du luxe.
  • Coming next : cette aimable entrée en matière ouvre une séquence bien plus relevée, incluant la réception de Lyon (qui aura sans doute la très détestable idée de réussir contre nous son seul match de l’année), le retour à Athènes, la réception de Lille et le déplacement à Lens.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky pour les boycotteurs d’Elon. Rémy B. remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,

Blaah

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.