OM-Angers (2-2) : La Canebière Académie est dans le dur

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On achèvre bien les chevreaux.

Aïoli les sapiens,

En temps normal, ce troisième match d’affilée sans victoire, de loin le pire de la saison, aurait motivé le lapin habituel et nuée d’invocations aussi diverses que malveillantes à base de cyprès incandescents dans le fondement et de « ta mère c’est Martine Vassal ». Que nos joueurs soient des branleurs, c’est une éventualité qui ne peut pas être écartée, voire qui s’avère très probable pour certains (honte à nous). Mais ils sont surtout apparus hier comme des branleurs fatigués. Le fait que le grand méchant qatari lui-même trébuche et accumule les blessés nous laisse à penser que cette saloperie de Ligue des Champions essore les organismes jusqu’à promettre une belle génération de quadragénaires arthritiques. Il ne nous revient pas de nous montrer plus cégétistes que les concernés, dont la plupart acceptent de croquer sans exprimer le problème ; toujours est-il qu’il nous resterait un petit peu de gêne à pleurer sur la vie de termites que nous promettent les branle-pétain qui nous gouvernent, tout en redemandant du Rollerball deux fois par semaine. Je veux dire, on ne peut pas à la fois insulter la mère des gladiateurs qui ne courent pas assez vite tout en leur envoyant des émoji « prières » quand ils commencent à tomber comme des mouches.


Les Longorious Basterds

Rulli
Murillo (Pavard, 46e) – Egan-Riley – Aguerd – Emerson
Højbjerg – Vermeeren (Vaz, 46e) – Gomes (O’Riley, 46e)
Greenwood (honte à nous) – Aubameyang – Paixão (Nadir, 75e, Lirola 89e)


Balerdi et Weah s’ajoutent à la liste des blessés (Traoré, Kondogbia, Gouiri, Medina) : on a beau louer un effectif plus complet que l’an dernier, là, on commence à voir des trous.


Le match

Evacuons tout de suite les constats pour nous concentrer sur l’analyse : cette première mi-temps, c’était nul, de loin les pires 45 minutes produites par l’OM en ce début de saison. Il ne s’agissait même pas de possession de balle stérile, non, nous nous sommes tout simplement fait bouffer. Et pour le coup, autant on a souvent dénoncé la suffisance des pignoufs qui se contentaient des efforts minimaux contre les plus faibles, autant ce soir on avait tout simplement l’impression qu’il n’y avait plus de carburant dans le moteur. Et rien n’avait été fait pour arranger la situation, à commencer par la chavane qui aggravait un déchet technique déjà affligeant à la base. Incapables autant de se projeter que de couper les transmissions angevines, les milieux de terrain étaient totalement inutiles aussi bien aux attaquants qu’à la défense : de ce point de vue, si la réaction de De Zerbi à la mi-temps était appropriée, il n’en demeure pas moins que la composition de départ nous a fait perdre 45 minutes encore une fois.

45 minutes au cours desquelles l’OM ne s’est procuré qu’une seule occasion sérieuse, une relance rapide de Rulli relayée par Aubameyang vers Paixão. Le tir du Brésilien est repoussé par le gardien, avant que Greenwood (honte à nous) ne satellise sa reprise.

Dans la continuité de cette action, une bête passe en avant est cafouillée par Aguerd, qui se montre incapable de rattraper Chérif sur les 25 mètres qui suivent. Je veux dire, même quand notre roc, certifiés aplatisseur d’attaquants chevronnés, se fait souiller par un minot de 18 ans d’une équipe qui n’a pas vu de football depuis Raymond Kopa, c’est bien qu’il se passe quelque chose d’inquiétant. Au terme de sa course épaule contre épaule, l’attaquant allume Rulli sans pitié (0-1, 25e).

Une séance de tableau noir s’impose. Certes, les équipes professionnelles n’ont pas de tableau noir mais utilisent des Velleda, et c’est bien dommage : à défaut de coups de pied au cul malheureusement prohibés par le droit du travail, on se serait bien pris à imaginer De Zerbi réveillant ses joueurs avec de gros bruits de craie.

Alors séance tactique, tas de cons : ça, c’est Murillo qui dégage. De deux, Vermeeren, allez, hop, ça vous apprendra à pas aller de l’avant. Ah, et le troisième c’est mon préféré, allez Angel of Merci pour rien.

Les poncifs évoquent les coachings gagnants et coaching perdants, mais il est une catégorie que les bêtisiers gagneraient à mettre davantage en valeur : les coaching Pinder. Dans ces situations, dont l’entraîneur est d’ailleurs encore moins responsable que les deux précédentes, on classera avec délectation ces moments où, regonflés par une séance tactique et motivationnelle d’un quart d’heure, les joueurs reviennent sur le terrain le couteau entre les dents… et ne mettent pas cinq minutes à saboter comme des abrutis le plan prévu. Ici, c’est sur un corner mal renvoyé (une constante sur nos seconds ballons défensifs) qu’un centre angevin est détourné par Lefort dans la course d’Egan-Riley, qui nous colle un CSC du plus beau ridicule. Je veux dire, on a beau avoir montré quelques promesses dans le jeu, s’il faut à chaque match surmonter deux cagades défensives pour espérer des points, on ne tiendra pas longtemps le rythme des meilleurs. Pour cette fois, la VAR nous sauve en décelant un mini-hors-jeu de l’attaquant.

Il arrive souvent que même les gens les plus érudits et spirituels soient confrontés à UN domaine, dans lequel ils se conduisent inexplicablement comme des décérébrés. Exemple facile et immédiat : nous, quand il s’agit de l’OM. Eh bien pour les joueurs angevins, ce domaine, c’est le corner offensif. Alors qu’ils nous masterofpupettisent à leur convenance depuis le coup d’envoi, ceux-ci se mettent à monter comme des demeurés sur chacun de leurs corners, ce qui nous a d’ailleurs procuré notre seule occasion de la première période. Pas échaudés, ils remettent le couvert, et cette fois la punition survient. O’Riley envoie la sacoche parfaite devant, dans la course d’Aubameyang. Tagadap, tagadap, Jean-Bite s’échappe et, trop heureux d’avoir désormais un collègue en attaque, sert Vaz sur un plateau au second poteau (1-1, 52e).


Cette contre-attaque éclair ouvre enfin pour nous une demi-heure de football un peu plus digne. Le milieu de terrain produit enfin un impact réel vers l’avant, Robinio est intenable depuis son entrée, et nos adversaires commencent à être cramés des efforts produits depuis le coup d’envoi. Porté par un blocquéquipe enfin positionné dans le camp adverse, Emerson presse et récupère dès la première relance Angevine, et attention, là, on n’est pas loin du chef-d’œuvre. Vaz, encore lui, s’enchaîne un magnifique contrôle orienté pour éliminer un premier défenseur, suivi du crochet qui va bien pour expédier le deuxième, et conclut d’une sacoche au ras du poteau avec un sang-froid à faire passer Winston Churchill pour une drag-queen bipolaire (2-1, 70e).

A la peine collectivement, l’OM s’en remet ainsi au coup de génie du minot pour prendre un avantage inespéré. Il eût été de bon ton de nous mettre à l’abri, ce qu’une récupération d’Aubameyng aurait pu nous octroyer : Jean-Bite permet ainsi à O’Riley de mener un surnombre à trois contre deux mais, retrouvé par Matt, foire son tir en position pourtant idéale.


Sans dominer notre sujet, nous tenons la baraque tant bien que mal jusqu’à l’incident de la 85e minute : entré en jeu dix minutes auparavant, Nadir suscite l’inquiétude générale en étant victime d’un malaise, qui le contraint à sortir sur civière.

S’ensuivent dix minutes de temps additionnel et un stress défensif total de l’OM. En temps normal, on hurlerait contre cette rétractation gonadique absolue, qui remet en jeu des angevins qui n’en demandaient pas tant. Mais vues les circonstances physiques (Aguerd est perclus de crampes) et psychologiques, on comprend aisément que si les Olympiens s’arc-boutent sur leur surface en priant pour que ça se termine, c’est qu’ils n’ont pas les moyens de faire autrement.

Juste, des champions auraient tenu le coup malgré l’adversité et validé la victoire. Nos joueurs n’y sont parvenus et ne sont donc pas des champions. On se contentera de cela, quand bien même la façon dont a été encaissée l’égalisation représente une très forte incitation à insulter des aïeules. Alors que se présente un Angevin dans la surface, tout le stade hurle à l’unisson « PAS DE FAUTE, BORDEL ». O’Riley s’abstient tellement bien de concéder le pénalty fatal qu’il oublie tout simplement de défendre, tout comme Pavard et O’Riley dont les pseudo-interventions trahissent une détermination mugesque. Plus volontaire, Sbai enchaîne dribbles et contres favorables, jusqu’à ce que le ballon échoie à Camara en tout confort pour allumer Rulli (2-2, 96e).


Le resserrement général en haut du classement atténue la portée de ces deux points perdus : le championnat sera long, et s’il est une chose à laquelle nos joueurs doivent s’attendre, c’est qu’il soit un combat permanent. La Ligue 1 pullule certes de viers marins, mais maintenant que la saison bat son plein, les calendriers de maboule et les cascades de blessures nivellent les valeurs. En ce sens, la fatigue et les joueurs forfait ne constitueront guère d’excuses, puisque la majeure partie des équipes du haut de tableau y seront confrontées : ne nous attendons pas à jouer un football idéal à tous les coups, sachons prendre les points quand il le faut et limiter la casse dans les moments de méforme. Bref, c’est le moment de se sortir les doigts, mais certainement pas de laisser le doute s’installer.


Les joueurs

Rulli (3/5) : Ce serait le moment de ressortir un de ces petits miracles qui valent trois points, sans vouloir commander.

Murillo (1/5) : Après les insuffisances liées à son positionnement bâtard mais intéressant, Murillo a retrouvé sur l’aile droite une place conventionnelle et qui permet de mieux cerner les enjeux : en ce moment, il est juste nul.

Pavard (2/5) : C’était l’entrée idéale pour se refaire une confiance. Bon, d’accord, à côté d’Egan-Riley et dans une défense en panique totale, pas si idéale que ça.

Egan-Riley (2-/5) : Il est très mauvais mais si on ne le surnote pas, on n’a pas assez de marge pour sacquer ceux qui ont été mauvais ET déplaisants.

Aguerd (3-/5) : Si même lui se met à nous coûter des buts c’est vraiment qu’on ne peut plus se fier à grand-chose. La manière dont il a tenu la baraque ensuite a quand même quelque chose de rassurant, à la différence de ses douleurs de fin de match qui augurent de quelques semaines slipométriques.

Emerson (3/5) : Pas plus créatif que les autres, mais au moins il a tenu son côté et nous a offert le supplément « pressing décisif » pour le second but. Si tous avaient fait ce minimum, nous l’aurions eue sans problème, notre victoire moche.

Vermeeren (2/5) : Tellement latéral que depuis Villarreal, Marcelino va revisionner son match un Kleenex à la main.

Vaz (46e, 5/5) : Je m’étais promis de ne pas mettre des notes maximales contre des adversaires rhénés mais zob, Robinio a tout simplement réussi l’entrée parfaite.

Højbjerg (2+/5) : We gonna need a bigger barbecue.

Gomes(1/5) : La Angel Gomesse est dite : ça part en hiver pour un bled anglais quelconque mais solvable.

O’Riley (46e, 3-/5) : Une ouverture décisive et une autre passe qui aurait dû l’être : voici un bon bilan, salement terni par sa non-défense de la 96e minute. Entre l’un et l’autre, c’est à lui de nous montrer ce qu’est son Moi réel.

(je ne suis pas certain que j’aie bien trouvé le morceau qui répondait à ma note « vanne inédite à faire sur une chanson avec O’Riley », mais on continue à chercher…)

Greenwood (honte à nous, 1-/5) : OK, donc il déteint à la pluie, c’est bon à savoir. Si tu veux, ma fille a une astuce pour fixer ses pochoirs : un bon coup de fer à repasser chaud sur la gueule et je te garantis que ça tiendra sans faire chier (pour les pochoirs de Dromadette, prière d’aller sur https://www.instagram.com/leblaireau2.0/ ; ceci est une pub daronnage, c’est comme une pub copinage, mais de daron).

Paixão (1+/5) : Faudrait pas que ce soit son match contre l’Ajax qui représente une anomalie, en fait.

Nadir (75e) : Victime d’un malaise dix minutes après son entrée en jeu, les dernières nouvelles seraient rassurantes, a priori. Souhaitons-lui un prompt rétablissement.

Lirola (89e) : Alors que revoilà la sous-préfère. Le pire, c’est qu’il a produit plus de danger en dix minutes que Greenwood (honte à nous) en un match.

Aubameyang (2+/5) : Houlàlà, qu’ils valent cher, ces trois points catapultés avec le ballon dans les tribunes.


L’invité zoologique : Louis Mouton

Le mouton, c’est drôle soit quand on l’encule (option Michael Kael), soit quand c’est lui qui nous bouffe (option Black Sheep). Entre les deux, on a uniquement l’option Petit Prince et là, par contre on se fait chier (sauf quand c’est la sous-option Petit Prince de Gotlib). Bref. Rarement drôle dans le ton et utile seulement quand on le tond, telle est l’ontologie du mouton.

  • Les autres : Montrent aux autres équipes qu’on peut nous poser des problèmes autrement qu’en se mettant à dix derrière. Je ne sais pas si cela fait nos affaires mais en tout cas c’est meilleur pour le spectacle.
  • Le classement : Paris broute contre Lorient et Lens disjoncte à Metz. Monaco, Lyon et Strasbourg en profitent, pendant que nous sommes troisièmes dans un peloton compactissime. On va mettre quelque temps avant d’y voir clair.
  • Le retour : Jouezhautbois, résonnez musettes, Marcelin, oui, notre Marcelin, LE Marcelin, Marcelin est de retour. Que ma joie demeure : https://horsjeu.net/academies/montpellier-nancy-4-1-la-paillade-academie-revit/
  • Coming next : On aurait éventuellement pu tolérer un nul à Auxerre, mais maintenant c’est râpé, les points perdus ces derniers jours, il faudra bien commencer à les rattraper.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Diego Aïoli remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,
Blaah

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