OM-Atalanta (0-1) : La Canebière Académie nique la police

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Tu le sens, mon gros venin à avaler ?

Aïoli les sapiens,

Aujourd’hui Médiapart a publié les vidéos prises par caméras-piétons des gendarmes lors des manifestations contre les méga-bassines. En soi, rien qu’on ne savait déjà : les forces de l’ordre sont remplies de bourrins violents et sadiques, pour qui l’engagement dans la fonction publique relevait moins d’une volonté de servir l’État et le peuple que d’un moyen bien utile de casser la gueule des plus faibles que soi. L’illégalité règne au vu et au su de tout le monde : que le pouvoir s’en accommode très bien, cela n’étonnera personne. Qu’il y ait par contre des Smicards pour balancer des « bien fait pour vos gueules tas de pouilleux » et des « je soutiens les FDO », ça s’approche déjà plus curieusement du syndrome de Stockholm.

Mais sociologiquement il y a encore plus étonnant : ces personnes bien éduquées, qui reconnaissent les défaillances systémiques des institutions, mais qui, dès que la gent arbitrale se livre à un vol éhonté, balancent des « non mais vous n’aviez qu’à défendre et bien jouer au foot, aussi » et des « je soutiens les arbitres ».

Les faits montrent pourtant que d’un point de vue sociologique, ces deux corporations supposées faire régner l’ordre et la justice gagneraient à être considérées sous un regard global, mais néanmoins objectif et détaché de toute passion excessive, vous nous connaissez.

Personnellement, quand l’actualité m’irrite, je retrouve la paix intérieure en me plongeant dans la contemplation de cartes postales. Si l’on y fait bien attention, il y en a toujours une adaptée à l’actualité.


Les Longorious Basterds

Rulli
Murillo Pavard– Egan-Riley (Gomes, 79e) – Aguerd – Garcia (Mmadi, 91e)
O’Riley – Højbjerg
Greenwood (honte à nous)– Aubameyang Paixão (Vaz, 72e)


Préservé contre Auxerre, Aguerd fait son retour dans le 11 de départ : un soulagement, alors que l’infirmerie ne désemplit pas et qu’Emerson est suspendu.  Les réapparitions de Greenwood (honte à nous) et Paixão rendent à l’équipe une allure plus digne, qui masque cependant un banc de touche quasi-prépubère.

Le match

Alors, la question pouvait se poser : « vu la fatigue et les blessés, est-ce qu’il ne faudrait pas purement et simplement bazarder ce match et nous concentrer contre Brest ce week-end ? ». Sportivement, on n’aurait pas été loin du choix rationnel, plutôt que de masser nos forces pour trois malheureux points dans une compétition que nous n’avons de toute façon aucune chance de remporter… ah, attendez, on m’appelle à l’oreillette.. qui ça ? Le service compta ? Ah oui, c’est vrai, trois points et la prime de victoire qui va avec. J’ai un oubli, voudriez-vous me rappeler à combien elle s’élève je vous prie ?

Ah oui, deux millions d’euros la victoire, quand même. Bon, on va peut-être faire l’effort, dans ce cas.

Cela étant, on veut bien tolérer avec la plus grande bienveillance l’incapacité de nos joueurs à répéter les efforts intenses aussi souvent que nécessaire, à condition bien sûr que la fatigue et les blessés ne soient pas un prétexte pour jouer comme des caguettes. Et sur ce plan, on a bien voulu être gentils contre Angers ou Auxerre, mais là, ce soir, vous fûtes déplaisants. Eh si. 

L’OM laisse le ballon aux adversaires, ne presse pas en bloc, ne défend pas en avançant, bref renie toutes les belles dispositions entrevues en début de saison pour se présenter en victime. La sanction ne tarde pas à tomber, de même que Krstovic dans notre surface de réparation. Un ballon récupéré par De Roon est en effet envoyé dans la course de l’attaquant, que ni Egan-Riley ni Aguerd ne marquent. Laissant traîner le pied juste ce qu’il faut pour s’embroncher dans la sortie de Rulli, le Bergamasque obtient le pénalty. Rulli va chercher au ras de son poteau la tentative de De Ketelaere et ravale l’incident au rang d’avertissement sans frais.

Pas soutenus par un bloc planqué à l’arrière, nos joueurs offensifs ne parviennent pas un brin à combiner entre eux. Il faut une passe précise d’Højbjerg pour enfin offrir à Aubameyang une position de tir, que le gardien claque en corner.

L’OM se ménage quelques éclaircies à compter de la demi-heure de jeu. Greenwood (honte à nous) attire ainsi à lui quatre adversaires et peut libérer Højbjerg à l’entrée de la surface. En position idéale, Pierre-Emile cague pourtant son tir comme un Valentin Rongier des grands soirs.

La politesse est rendue juste après de manière quasi-identique : Lookam amuse toute la défense avant que le ballon ne parvienne à Krstovic, qui satellise sa reprise.


À la pause, notre jeu est tellement pauvre que le gouvernement a proposé de le taxer. Pour autant, après une demi-heure de franche galère, l’OM est parvenu à équilibrer quelque peu les débats. Les rapports de force n’évoluent guère après la pause. Le gros défaut de l’OM réside dans son manque de créativité, laquelle repose presque exclusivement sur Greenwood (honte à nous). Comme c’est le cas depuis plusieurs matchs, le milieu de terrain ne fonctionne tout simplement pas, et les duels physiques ne sont pas au niveau requis pour la Ligue des Champions.

La meilleure illustration en est fournie par ce cabestron d’Egan-Riley, qui monte au duel aérien en tournant le dos comme s’il avait peur de se faire mal. Cela suffit à créer le décalage, qui s’achève par un centre de Bellanova repris par Lookman. L’arbitrage vidéo remonte jusqu’à l’an pèbre pour trouver en tout début d’action un hors-jeu, qui invalide généreusement le but.

Ce miracle est suivi d’un changement significatif : Egan-Riley sort pour Gomes, et il est fort probable (ou en tout cas souhaitable) que ce remplacement acte le décès de la défense à cinq. Non seulement celle-ci ne procure pas davantage de sécurité, mais en plus elle contribue à ôter un joueur du milieu de terrain, où Højbjerg et O’Riley nécessiteraient pourtant des renforts. Certes, le renfort en question s’appelle Angel Gomes, mais tout de même, après 80 minutes passées en sous-nombre absolu dans ce secteur, il était temps de se rendre compte du besoin de densifier un tantinet.

Tout ceci nous mène tranquillement vers les dernières minutes, gentiment dominées par l’OM. Après quelques escarmouches, Murillo offre un ballon en or à Vaz, qui n’a malheureusement pas le cran de tenter la reprise sans contrôle. À ce niveau, voici qui ne pardonne pas, ce dixième de second perdu suffit au défenseur pour revenir d’Endoume et lui enlever la balle.

La pression s’accentue, et un centre dévié de Greenwood (honte à nous) est mal contrôlé par Ederson, qui s’aide pour  rétablir la situation d’une ÉNORME PATASSE DE L’ESPACE, laquelle n’échappe à personne sauf à l’arbitre. Qu’à cela ne tienne, nos joueurs se touchent légitimement la nouille en attendant que l’action cesse et que l’arbitre aille constater les images par lui-même. Sauf que l’action, en l’occurrence, s’arrête quatre-vingts mètres plus loin : Samardzic efface O’Riley et Garcia, pas plus concernés que ça, puisque cette séquence est appelée à être annulée par la vidéo, et place un joli tir en lucarne. Oui, joli, bravo garçon, mais maintenant, si tu veux bien, on va passer aux choses sérieuses et à la chorégraphie habituelle : l’arbitre va porter la main à son oreille comme un chanteur corse, il va faire YMCA avec ses bras avant de courir sur le bord de touche, constater L’ÉNORME PATASSE DE L’ESPACE d’Ederson, refaire YMCA avec ses mains et tendre le bras vers le point de pénalty. Je veux dire, c’est à la portée du premier venu, c’est niveau facile sur Just Dance.

Eh bien non. Comment ça, non ? Bah non, y a but. Et l’ÉNORME PATASSE DE L’ESPACE, alors ? Ya rien, circulez. De Zerbi a beau coller sa tablette sous le nez de l’arbitre, et récolter un carton jaune au passage, c’est une décision ahurissante qui vient de faire transiter en latéral vers l’autre camp les trois points (et les deux millions d’euros, donc). Le pire sera encore ceux qui, pour justifier l’injustifiable, tordent le règlement à la fois dans l’esprit et dans la lettre. Je veux dire, face à la vérité des images, quand le seul argument devient « les arbitres sont sacrés et il faut respecter leurs décisions en tout temps et en tous lieux », on peine à voir la différence avec la page Facebook de « Karine Coiffure *émoji bleu-blanc-rouge* » quand elle soutient la dernière bavure policière.


La réaction olympienne est d’ailleurs plutôt sage, reprenant le jeu après avoir moyennement marronné, quand on aurait tout autant compris qu’ils fassent un sit-in dans le rond central jusqu’à ce que l’arbitre aille vérifier cette putain de vidéo, quitte à perdre sur tapis vert.

Le temps additionnel ne sert qu’à nous donner encore plus de regrets, montrant un OM enfin pressant et pas loin d’obtenir l’égalisation, par Gomes puis Greenwood (honte à nous). Les limites de l’équipe sont grosso modo les mêmes depuis un mois ; on aimerait juste parfois dépendre uniquement de notre football pour le meilleur ou pour le pire, qu’il s’agisse en Ligue 1 d’emmancher Lorient ou Le Havre sur des cartons rouges ultra-généreux, ou bien de nous faire pigeonner à l’échelon supérieur où cette fois, c’est nous qui sommes les bizuts dont on passe la bite au cirage.


Les joueurs

Rulli (4/5) : Si Geronimo était un super héros, ce serait Super-Laviestunepute : il accomplirait plein d’exploits surhumains, mais à la fin, les méchants gagneraient toujours parce que la vie est une pute.

Murillo (2+/5) : A occupé le terrain avec prudence et intermittence, comme un ours réintroduit dans les Pyrénées. À tout prendre, on aurait préféré l’écrevisse de Louisiane : c’est moins gros mais ça nique tout sans demander la permission.

Pavard (3-/5) : Pas de conneries, c’est déjà un bon point. Avec son CV, on aurait aimé qu’il se fasse un peu moins oublier, tout de même.

Egan-Riley (2+/5) : Pas si pire que d’habitude, mais n’oublions pas que si le match s’est terminé dans la zumba que l’on sait, c’est aussi parce qu’un but a été refusé pour un hors-jeu repêché de n’importe où. À ce moment, t’inquiète pas que ton duel indigne du haut niveau, on l’aurait enjolivé bien, bien comme il faut.

Gomes (79e) : Sa manière de tirer le frein à main quand toute l’équipe se projette à l’avant va vraiment finir par lui procurer des baffes. Il fallu attendre le temps additionnel pour qu’il joue enfin spontanément, quand l’équipe était en Angel Grostress.

Aguerd (3/5) : Le taulier. Avec un Balerdi ou même un Pavard démarabouté, ça tient vraiment la baraque sans recourir à un troisième défenseur.

Garcia (1/5) : Note pour plus tard : même en cas de pénalty évident, penser quand même à essayer de défendre sur la contre-attaque. On va faire comme en manif, on va monter une légal team avec plein de conseils avisés : c’est déjà suffisant de se faire démonter gratuitement la gueule, mieux vaut ne pas en plus tendre le bâton pour se faire battre.

Mmadi (94e) : Un nouveau minot fait ses débuts, par la force des choses. Tout le meilleur à lui.

Højbjerg (3-/5) : Peu bandant au-delà du raisonnable, mais que l’on se prenne à imaginer ce que donnerait notre milieu de terrain sans lui et on n’aura pas fini de faire des cauchemars.

O’Riley (1-/5) : Faut pas compter sur lecar vidéo, c’est un peu un magic bus où il se passe parfois des trucs inexplicables.

NB : Voilà, j’ai trouvé enfin le morceau qui correspondait à ma note « vanne inédite à faire sur O’Riley et une chanson célèbre ». Ce qui m’ennuie maintenant que j’ai enfin trouvé son calembour, c’est que je vais devoir parler de ses matchs, et ce sera pas facile parce qu’en ce moment, il me rend fada, O’Riley.

Greenwood(honte à nous, 3+/5) : S’est démené pour maintenir le jeu marseillais en vie. Tant qu’il y a du mouvement il y a de l’espoir.

Paixão (1/5) : Déjà qu’il n’y arrive pas en ce moment, il faudrait peut-être aussi que ses coéquipiers lui évitent de devoir dribbler trois joueurs pour avoir une situation intéressante.

Vaz (72e) : Vient d’apprendre qu’en Ligue des Champions, on a rarement un quart d’heure pour agir dans la surface (sauf Ederson qui a eu le temps de se faire couler un bain et un café entre son mauvais contrôle et SON ÉNORME PATASSE DE L’ESPACE, mais je ne voudrais pas ressasser).

Aubameyang (1+/5) : Sa bonne volonté n’est pas en cause, mais on aurait dit un neurone esseulé dans le cerveau de Renaud Muselier : ça gigote mais ça ne produit rien, faute d’être connecté au reste.


L’invité zoologique : Isak Hyène

La hyène a beau être cataloguée parmi les charognards, ce n’est pas une raison pour que ses proies viennent faire du twerk sous ses crocs déguisées en steak Charal. Charognard, certes, mais surtout opportuniste. Voici ses observations.

  • Les autres : Ont eu le mérite d’entamer leur match dans des dispositions d’esprit propices : au combat, et vers l’avant.
  • Le classement : Nous passons sous la ligne de flottaison, à la 25e place. Le contrat reste le même pour réémerger : taper les deux Belges à l’extérieur et l’un des deux Anglais à domicile.
  • Coming next : Essayons de passer une trêve apaisée avec un dernier effort contre Brest samedi.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Thibault D. remporte le concours zoologique qui serait sans doute très serré si on pensait à compter les points.
  • Le souvenir : en ce triste 5 novembre, on pense bien sûr à celles et ceux qui ont perdu la vie il y a 7 ans dans les effondrements de Noailles. On n’oublie pas.
  • L’agenda : Ce samedi 8 novembre, c’est Motchus Laïve au Hero Festival, à 11h45 au Parc Chanot. Si jamais tu veux agrémenter ton avant-match avec des belles et bonnes personnes, c’est là que ça se passe.
  • Noël approche : Nous devrions incessamment ressortir le jeu régional que tout le pays nous envie : « LA PASTORALE ENGATSE – The ultimate crèche-fighting game », qui comme son nom l’indique est un TCG de combat de santons de Provence. On n’a pas encore tout à fait fixé le prix et les modalités, mais ça viendra dans la semaine : sois vigilant et ne manque pas l’occasion du cadeau de Noël qui déchire.


Bises massilianales,
Blaah

5 thoughts on “OM-Atalanta (0-1) : La Canebière Académie nique la police

  1. En gros va falloir que O’Riley sorte une batterie de matchs de zinzin pour qu’on en soit baba quoi…

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