OM-Brest (3-0) : La Canebière Académie se met au chaud
Mission vacances.

Aïoli les sapiens,
« Camarades joueurs,
Malgré les vents contraires, les blessures et la fatigue, vous avez su traverser ce mois d’octobre dantesque avec les honneurs. Vous êtes à ce jour en tête du championnat de France : vous pouvez désormais jouir de douze jours de trêve bien méritée. Il est temps de retrouver vos femmes délaissées, de prendre dans vos bras et ces enfants que vous n’avez pas dû grandir. Ceux d’entre vous qui n’ont pas de charges familiales se rendront au quartier des plaisirs pour rattraper la jeunesse qui leur a été volée par les devoirs footballistiques. Guerriers, vous avez droit au repos.
J’ai néanmoins ouï dire que certains d’entre vous, pendant ces douze jours, seraient appelés sous les drapeaux de leurs contrées natales. Ces hommes, je les mets solennellement en garde : faire preuve d’enthousiasme à cette perspective serait une faute professionnelle. Vous n’avez qu’une seule patrie, Marseille, vous n’avez qu’une seule bannière, l’Olympique. C’est à l’Olympique que vous réserverez la quintessence de votre corps. Votre fatigue est telle que la moindre de vos fibres musculaires doit, pendant ces douze jours, être entourée de toutes les attentions et préservée de la moindre sollicitation.
Ceux d’entre vous qui sont blessés ont déjà la chance de s’épargner des voyages fastidieux. Ceux-là consacreront la trêve à leur rétablissement. Nous exhortons tous ceux d’entre vous qui le peuvent à les rejoindre : à cette fin, nous avons mobilisé les meilleurs médecins de la ville. Le chef de notre service médical, le docteur Tirofian, a rassemblé la crème de la crème des seize arrondissements, cinq médecins d’élite qui ont prescrit à eux seuls 12 978 jours d’arrêt de travail pour le seul mois d’octobre sans jamais se faire repérer par la Sécurité sociale. Au moindre souci d’ordre médical, je vous ordonne d’aller les consulter. Ne négligez pas un simple rhume : avec le bon certificat administratif, il peut aisément se transformer en coronavirus nécessitant un isolement de douze jours. Nos médecins ninjas savent faire passer un grain de beauté pour un mélanome nécessitant absolument des examens de contrôles poussés devant impérativement se tenir pendant les douze jours à venir. Ceux d’entre vous qui souffrent d’hémorroïdes devront impérativement le signaler au Docteur Tirofian, afin qu’il les fasse passer pour une recto-sigmoïdite purulente avec complications impliquant un repos complet de douze jours.
J’ai constaté que certains d’entre vous, pourtant internationaux, sont sortis hier soir du terrain sans boîter ni faire une grimace de douleur. Cela est inadmissible. Prenez exemple sur Nayef, que nous avons pu exfiltrer du terrain avant la fin du match afin que nul dans son pays natal n’ignore qu’il se trouve sérieusement blessé. Ce sont de telles attitudes qui faciliteront le travail de nos médecins : à l’heure où je vous parle, le Docteur Tirofian a déjà expédié au Maroc un certificat actant de la nécessité absolue que Nayef observe un repos total de douze jours.
Pour ceux d’entre vous qui n’auraient pas réussi à trouver le moindre prétexte à dispense médicale, il reste possible de générer un scandale qui vous privera durablement de toute sélection en équipe nationale. Si vous souhaitez recourir à cette technique, vous devez OBLIGATOIREMENT passer par notre équipe agréée, n’essayez surtout pas de générer votre scandale vous-mêmes : nous sommes friands de scandales artisanaux uniquement pour les joueurs à l’achat, comme Mason [NDLR, honte à nous], mais vous qui êtes déjà chez nous, il est hors de question de diminuer votre valeur marchande. Nous avons des principes. C’est pourquoi, notre cellule « éléments de langage » est à votre disposition : une équipe de dix volontaires parlant 36 langues, aidée par les techniques d’intelligence artificielle les plus pointues, qui a préparé pour chaque nationalité une sélection de paroles à prononcer publiquement ou à publier sur les réseaux sociaux, pour garantir une exclusion efficace de votre équipe nationale sans nuire à votre valeur sur le marché. Cette équipe est constituée d’anciens de l’institut Jacques Sègue-La de manipulation des masses : le « va te faire enculer sale fils de pute » d’Anelka, c’était eux : même si vous êtes trop jeunes pour vous en souvenir, ça devrait vous parler.
Malheureusement, malgré la panoplie d’outils mis à votre disposition, certains n’ont pas réussi à se faire exempter du déplacement dans leurs équipes nationales. À ceux-là, que je ne nommerai pas mais dont j’espère qu’ils ont honte de leur comportement, j’adresse cette mise en garde solennelle : nous vous avons à l’œil. Vous pouvez encore vous rattraper lors de votre premier entraînement : nous exigeons qu’au moindre contact avec un partenaire, vous vous tordiez de douleur au sol, conformément à la formation qui vous a été donnée par notre équipe théâtrale. Nous vous avons ouvert une ligne téléphonique directe avec notre service presse : des communiqués sont déjà prêts pour nous indigner du traitement réservé par les équipes nationales à nos forces vives. Ceux qui réussissent par cette voie à obtenir un rapatriement sanitaire en moins de deux jours ne seront pas sanctionnés.
Si, malgré nos attentions, certains d’entre vous se trouvent tout de même amenés à jouer un match, nos consignes sont claires : il vous est absolument interdit d’effectuer un effort, je serai in-trai-table sur la question. Le dispositif « roulade de douleur + communiqué indigné + rapatriement d’urgence » restera bien sûr activé. Ceux qui persistent à disputer réellement la rencontre se verront privés de leur prime de Noël s’ils obtiennent une note supérieure à 3/10 dans la presse locale. Ceux qui seront désignés « homme du match » verront leur voiture immédiatement brûlée sur le parking de la Commanderie. Et, par-dessus tout, ceux qui se blessent réellement seront convoqués d’urgence dans les sous-sols de la Commanderie où ils seront confiés aux bons soins de notre seconde équipe médicale (celle dirigée par le Dr Charcutescu, de l’université Eli Roth de Bratislava).
Joueurs, je suis confiant dans votre patriotisme et votre dévouement à l’Olympique. Je compte sur vous pour que ces douze jours vous permettent de recouvrer les forces qui nous seront nécessaires pour repartir au combat le moment venu. Allez en paix et Vive l’OM. »
Les Longorious Basterds
Rulli
Murillo – Pavard– Aguerd (Egan-Riley, 78e) – Emerson
Vermeeren – Gomes (O’Riley, 70e) – Højbjerg (Bakola, 86e)
Greenwood (honte à nous, Vaz, 78e)– Aubameyang (Mmadi, 86e) – Paixão
Malgré les absents, cette équipe a quand même de la gueule, une gueule à se prendre un Monsieur Lapin de derrière les fagots si elle merdait contre Brest, par exemple. On apprécie le retour à la défense à quatre, dont le mérite est avant tout de densifier le milieu de terrain.
Le match
L’OM n’a pas l’intention d’être contrariant. J’aime bien quand l’OM n’a pas l’intention d’être contrariant. Du « taper, taper, taper » de bon aloi nous permet de matraquer la surface adverse sans perdre de temps, avec un petit atelier « ouvertures en profondeur » pas dégueu. C’est ainsi que Greenwood (honte à nous) adresse une merveille de passe longue pour Aubameyang, dont le contrôle permet à Jean-Bite d’aller défier le gardien en face-à-face. Il se confirme ici que notre attaquant est de l’école Clinton Njie du « je suis bon seulement quand j’ai pas le temps de réfléchir » : servi dans un fauteuil, Jean-Bite faussequeute un piqué rasqueux à côté du cadre.
Brest est près de nous faire payer ce raté quand, suite à un duel perdu, Mboup est lancé dans le dos d’un Murillo en pleine sieste. Le face-à-face est similaire au précédent, avec cependant un petit détail qui fausse la comparaison entre les attaquants : notre gardien à nous, dans les un-contre-un, c’est Goldorak. Rulli évite ainsi la contrariété d’une sortie de mammouth, et on peut déjà spoiler la fin de match : à la 9e minute de jeu, Brest s’est ici procuré sa seule occasion digne de ce nom.
Les débats s’enlisent quelque peu après ces débuts trépidants. Effectuons donc une avance rapide jusqu’à cette 24e minute, quand Angel Gomes casse un peu notre routine d’approches infructueuses, par le truchement d’une jolie lourde de loin. Chardonnet contre le tir de la main, certes pas aussi évidente que L’ÉNORME PATASSE DE L’ESPACE nous ayant valu l’enculerie Atalantesque, mais suffisante pour qu’un arbitre normalement constitué accorde le coup-franc. Puisqu’il semble avoir le pied chaud, Angel réédite la tentative, en contournant le mur à mi-hauteur. Rien de redoutable a priori pour un gardien de Ligue 1, pourtant Majecki se désarticule complètement, jusqu’à ressembler à ces bonshommes publicitaires gonflables qui ondulent en faisant « flblblblblbl ». La prise de balle est à l’avenant, un bon savon qui laisse passer la gonfle dans la cage (1-0, 25e).
Si quelques micro-alertes persistent du fait de sautes de concentration, l’OM déroule globalement le plan prévu sans grande opposition. C’est au tour d’Højbjerg de téléguider un amour d’ouverture pour Paixão. La sègue se poursuit avec le délicieux contrôle d’Igor, qui sollicite le une-deux avec Aubameyang. Parfaitement lancé, Paixão est bousculé par Lala et obtient le pénalty. Greenwood (honte à nous) transforme à contre-pied une main dans le slip (2-0, 33e).
Jean-Bite satellise ensuite une reprise de volée à la retombée d’un excellent débordement de Paixão. Tout se déroule sans accroc, jusqu’à ce qu’une erreur grossière d’Aguerd ne fasse monter inutilement le slipomètre : Nayef se fait déposséder de la balle par Mboup qui, à la lutte avec notre défenseur, s’écroule comme une merde dans la surface. La simulation immédiatement sanctionnée par M. Delajod n’atténue guère nos sueurs acides du sillon interfessier, jusqu’à ce que les images confirment la justesse de la décision.
Impact au milieu, créativité devant : le bilan à la pause est positif, manquant juste de concentration défensive et d’occasions converties pour que l’on s’assure une deuxième période totalement décontractée.
En outre, Brest nous facilite la tâche, passant les 45 minutes restantes à s’effriter aussi inéluctablement qu’une conviction socialiste. Le gardien breton retrouve un peu de dignité en évitant un troisième but précoce, quand un pressing de Vermeeren permet à Greenwood (honte à nous) d’accélérer et de tenter un tir croisé, bien détourné.
Le milieu de terrain domine, la défense s’accommode sans trembler des rataillons qui lui parviennent, et quelques actions d’éclat parsèment cette partie tranquille. Seul un nouveau sieston défensif à l’heure de jeu nous fait passer un frisson (modéré). Le dernier quart d’heure s’avère un peu plus décousu : on aurait pu craindre que les lignes olympiennes, plus distendues, nous exposent à quelque danger, mais le collectif brestois est quant à lui complètement démantibulé. L’aile gauche brestoise se transforme en buffet à volonté, où nos attaquants se servent comme des galavards. Au terme de l’un de nos innombrables raids sur les boulevards offerts à notre droite, O’Riley déborde et centre à ras de terre pour Aubameyang, qui cette fois-ci s’applique parfaitement sur sa reprise en pivot (3-0, 82e).
Face à des Brestois négligeables, un OM sûr de soi a offert ce que l’on était exactement en droit d’attendre : une victoire sans accroc, parsemée de quelques moments de jeu sympathique. Alors que notre équipe tourne sur trois pattes, la séquence se clôt honorablement, tout en haut du classement de Ligue 1. Dans douze jours, c’est une autre séquence qui s’ouvre, avec, on l’espère, une infirmerie enfin vidée.
Les joueurs
Rulli (4/5) : Profession : éviteur de contrariété.
Murillo (3-/5) : Un peu branleur en défense mais il était couvert par la mutuelle Rulli, celle qui propose un breste-à-charge zéro.
Pavard (3+/5) : A retrouvé son imperméabilité à toute fantaisie. Il y a un Brestois qui est venu essayer de le chatouiller, il s’est heurté à une statue de l’Île-de-Pâques. Dix tonnes de basalte dans les gencives, ça fait réfléchir les autres avant de venir au duel.
Aguerd (3/5) : « À l’attention des renseignements de Sa Majesté le Roi. J’atteste par la présente que Nayef Aguerd soutient l’indépendance du Sahara occidental, trouve que Sa Majesté, je cite, ‘a un peu vieilli’, et a déclaré un jour, je cite également, que ‘le vrai tajine c’est quand même le tajine tunisien’. Je ne doute pas qu’avec toute la clairvoyance que l’on connaît à Sa Majesté, Sa Majesté ne manquera pas de le déclarer indigne de représenter notre pays et le condamnera à rester à Marseille pour se rep… pour méditer sur ses tristes propos. Signé : Pablo Al-Unguryya, citoyen consciencieux. »
Egan-Riley (85e) : Maillon crucial de l’opération « vous voyez bien qu’Aguerd est trop blessé pour aller en sélection ».
Emerson (3/5) : Pour garantir sa tranquillité, Emerson a transformé son côté en marécage de Shrek : « Je suis moche, je pue, et de toute façon je pulvérise le premier qui vient m’emmerder. N’approchez pas. »
Vermeeren (3+/5) : Un bon match de troisième ligne de rugby, celui qui découpe l’adversaire et qui met toute son équipe vers l’avant à chaque plaquage. Dans ce contexte, les contrôles ratés c’est rien du tout, ça ajoute au charme du bourrinage.
Højbjerg (4/5) : « À l’attention des services de renseignements de sa Majesté le Roi. J’atteste par la présente que Pierre-Emile Højbjerg soutient l’indépendance des Îles Feroë, a traité la Reine Mary de, je cite, ‘gros tromblon’, et a déclaré un jour, je cite également, que ‘faut qu’ils arrêtent de tout faire mariner dans leur vinaigre de merde, depuis que j’ai découvert l’huile d’olive ça n’a quand même rien à voir’. Je ne doute pas qu’avec toute la clairvoyance que l’on connaît à Sa Majesté, Sa Majesté ne manquera pas de le déclarer indigne de représenter notre pays et le condamnera à rester à Marseille pour se rep… pour méditer sur ses tristes propos. Signé : Pavlo Løngoriårnesen, citoyen consciencieux. »
Bakola (86e) : Maillon crucial de l’opération : « vous voyez bien qu’Højbjerg est trop blessé pour aller en sélection ».
Gomes (3+/5) : Angel Gommage a enlevé toutes les peaux mortes de son jeu, qui a retrouvé douceur et éclat.
O’Riley (70e) : Facteur-clé pour marquer ce troisième but, qu’on pouvait voir à des kilomètres.
NB : Et hop, au passage on cale enfin ce calembour qui correspond à ma note « vanne inédite à faire sur O’Riley et une chanson célèbre ». Le professionnalisme, ça s’appelle.
Greenwood(honte à nous, 4/5) :
– Mehdi, tu pourrais me passer mon papier à en-tête « Pablo Jah Longoriaïrieman », s’il te plaît, j’ai un courrier à envoyer à la Jamaïque ?
– Non mais ne te casse pas, il a déjà refusé la sélection.
– Ah bon ? Ah, c’est dommage, pour lui j’avais le dossier déjà tout prêt, lol.
– mdr.
Vaz (78e) : Enfin un match où il peut entrer sur le terrain sans avoir pour mission de sauver le monde.
Paixão (3+/5) : Des promesses, beaucoup d’inconstance, et le sourire permanent. Contre Brest, voici une description qui nous évoque énormément le souvenir de Nemanja Radonjic. Sauf qu’à la différence du légendaire Prince Fada, si Igor rigole tout le temps, c’est parce qu’il a un tempérament jovial, pas parce qu’il voit passer des fées sur des licornes.
Aubameyang (4-/5) : L’avantaged’avoir zobbé une action aussi énorme en tout début de rencontre, c’est qu’il a eu tout le match pour se rattraper. N’empêche qu’un jour, ses ratés finiront par coûter cher (« À l’attention de son Excellence le Président de la République du Gabon. Je signale à votre attention l’appréciation d’un site footballistique français reconnu pour son expertise, qui montre bien que Monsieur Aubameyang n’est pas fiable et que sa présence en équipe nationale serait trop risquée pour le pays. Signé : Pablo Mbongoria, supporter patriote et vigilant »).
Mmadi (86e) : Encore quelques minutes gagnées, à savourer avant que le bataillon des blessés ne redevienne opérationnel.
L’invité zoologique : Soumaila Coulibaliste
Le baliste est un poisson chatoyant et coloré dont la crédibilité pâtit hélas de la gueule de con inexpressive qu’il arbore en toutes circonstances. Voici ses observations.
- Les autres : Un gardien qui sabote et dix équipiers qui se laissent victimiser. Voici des adversaires comme on les aime.
- Le classement : Lens atomise Monaco et nous rejoint en haut du classement. Restent à jouer Strasbourg-Lille et Lyon-PSG, avec donc la certitude que plusieurs d’entre eux y laisseront des plumes.
- Coming next : Retour aux affaires corsé avec le déplacement à Nice vendredi 21, qui inaugurera une série de trois semaines à deux matchs. En attendant, on recharge les batteries et on a une grosse pensée pour notre Moké.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Didier A. remporte le concours zoologique.
- Noël approche : Nous devrions incessamment ressortir le jeu régional que tout le pays nous envie : « LA PASTORALE ENGATSE – The ultimate crèche-fighting game », qui comme son nom l’indique est un TCG de combat de santons de Provence. On n’a pas encore tout à fait fixé le prix et les modalités, mais ça viendra dans la semaine : sois vigilant et ne manque pas l’occasion du cadeau de Noël qui déchire.
Bises massilianales,
Blaah
Merci
Je hais les 13 novembre
#unverrepourmoké
Ah fatch ! Merci pour cette lecture qui donne le sourire, comme d’habitude.
#unverrepourmoké
Je pense que Joaquim Correa nous manque énormément cette année avec tous ces blessés.
Attention de pas trop ébruiter la seconde équipe médicale, celle du sous-sol, on a besoin de quelques millions encore pour de futurs transferts…