OM-Cannet-Rocheville (4-1), La Canebière académie ne gâche pas les fêtes

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Not so far from the lapin.

Blaah et lapin

Aïoli les sapiens,

Michel Fourniret, Francis Heaulme, Émile Louis, Guy Georges, autant de patronymes qui fleurent bon la France anodine mais éternelle, celle du pâté en croûte et des illuminations de Noël, des ronds-points, du Tour de France et des pages associatives de la presse quotidienne régionale. Des noms à jouer un personnage « so french » avec béret et baguette sous un air d’accordéon, dans un film de Noël américain. On ne va pas se mentir, pour un Nordahl Lelandais qui annonce franchement la couleur, combien de noms, lus sur une boîte à lettres, laissent plutôt subodorer l’innocent amateur de géraniums que le psychopathe violeur, option démembrement à vif ?

En football c’est pareil. On ne s’est jamais fait éliminer par l’Association sportive des Bouchers de la Castagniccia ou la Katiba footballistique takfiriste d’Aulnay-sous-Bois, nos bourreaux ont toujours porté des noms innocents tels que l’Union sportive Jeanne d’Arc Carquefou, l’Union sportive Quevilly, l’Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon ou le Canet-en-Roussillon Football Club. Autant dire que lorsque l’adversaire du jour se présente sous les couleurs de l’Entente sportive Cannet-Rocheville, club de National 3, croire à une victoire facile s’apparente à une inconscience qui confine au négationnisme. Certes le match a lieu au Vélodrome, certes le terrain et le temps sont exempts de toute chausse-trape, certes l’entraîneur a plus ou moins affiché en interview sa résignation à nous donner son cul. Mais voilà, nos traumatismes sont tels que tous ces facteurs supposés rassurants semblent au contraire échafauder ensemble le scénario du plus grand ridicule de l’histoire olympienne.

Finalement, on se voit presque surpris de n’avoir vu l’OM navrant que pendant 45 minutes, avant de se consacrer pendant les 45 suivantes à éviter toute faute de goût. Il faudra donc attendre 2022, tas de charognards, pour avoir droit à votre traditionnelle académie lapinesque de rouste légendaire.


Les Longorious Basterds

Mandanda
Lirola (Rongier, 68e) Balerdi – Alvaro – Amavi (Targhalline, 78e)
Guendouzi– Gueye (Gerson, 68e)
Harit (Dieng, 59e) – Payet – De La Fuente (Luis Henrique, 59e)
Milik

Saliba et Ünder sont préservés. Sur la pelouse, l’équipe aligne un mélange de titulaires habituels et de remplaçants, le fait le plus notable étant le repos enfin gagné par Luan Peres au profit d’Amavi.


Le match

Deux buts dans les premières minutes, un autre dans le courant de la première période, la suite anecdotique, l’académie torchée en un quart d’heure, on est à l’heure pour l’apéro puis regarder Stade 2 pour voir quels blaireaux se sont fait éliminer.

Sauf que ceci, c’est un scénario normal, et que bien évidemment ça ne se passe jamais comme ceci chez nous. Reconnaissons cette constance à l’OM de Sampaoli : que nous jouions en face du PSG, de la Lazio, du Lokomotiv Moscou ou de l’Entente sportive Cannet-Rocheville, on ne change pas notre style de jeu. Hélas. Le ballon tourne entre nos orteils ronronnants sans que l’idée d’aller percuter un peu la défense adverse ne nous effleure réellement. Dans le premier quart d’heure, seul Milik a réellement l’occasion d’ouvrir la marque après un service de Payet, mais ajuste mal son petit lob.

De plus, même si l’effectif a largement été renouvelé à l’intersaison, notre arrière-garde du jour est composée de véritables grognards, des gardiens scrupuleux de l’identité olympienne qui savent mieux qu’aucun autre comment foirer un match dans les grandes largeurs. Ainsi, sur un bête ballon perdu au milieu de terrain, Alvaro et Amavi couvrent le hors-jeu. L’Espagnol court vaguement derrière Coré, l’attaquant cannetan, en prenant bien soin de lever le bras tout au long de l’action, des fois que le juge de ligne ait envie deux heures plus tard de changer d’avis. Steve, quant à lui, fête sa titularisation en écartant les jambes juste ce qu’il faut pour se faire souiller (0-1, 17e).


L’histoire est en marche, et ce n’est pas la timide réaction de l’OM qui semble pouvoir la contrarier. Certes, nos joueurs mettent un peu plus d’intensité, pressant haut et récupérant force seconds ballons dans le camp adverse, ce qui nous amène à cette interrogation : pourquoi n’avez-vous donc pas débuté le match de cette façon, bande de foutriquets ? Surtout, même élaborées dix mètres plus haut, nos combinaisons semblent toujours davantage destinées à faire bander les analystes à tableau noir que les préposés au tableau des scores. Seul De La Fuente semble manifester quelque intention de provoquer la défense, foirant toutefois ses centres avec une régularité qui force l’admiration. Bref, ça pue.

Une nouvelle fois, les équipes amatrices montrent qu’elles disposent d’un niveau de base suffisant pour rivaliser avec les clubs professionnels. Pour bien nous le rappeler, un défenseur de l’Entente sportive Cannet-Rocheville prend d’ailleurs soin de prouver à tout le stade qu’il est capable de défendre aussi bien que Jordan Amavi : alors que De La Fuente est servi par Payet et exécute une conduite de balle chaussé de ses plus beaux fers à repasser, Lahouel le rattrape et lui fait subir un amour d’hippopotacle en pleine surface. Pénalty (transformé par Milik) et deuxième carton jaune, la farce est finie même si nous n’y sommes pas pour grand-chose (1-1, 39e).


Les Olympiens ont le bon goût de rendre la seconde période anecdotique. La barre transversale empêche bien Milik d’entamer le suspense dès la reprise, mais l’inéluctable survient peu avant l’heure de jeu. Goûtant les espaces sur l’aile droite depuis quelques minutes, Guendouzi s’y voit servi par Harit, et adresse aussitôt un centre à ras-de-terre qui prend la défense à revers. Seul, Milik pladupiésécurise à contre-pied (2-1, 58e).

L’Entente Sportive Cannet-Rocheville fait le dos rond, s’appliquant à ne pas prendre d’autre but avant d’attendre les dernières minutes pour nous fister de n’avoir pas su alourdir la marque. Cet espoir est anéanti avant tout affolement du slipomètre, après une récupération haute de Guendouzi. Mattéo décale aussitôt Luis Henrique à droite de la surface, qui lui aussi fait preuve d’une louable application pour ajuster le gardien (3-1, 77e).

La fin du match permet de soigner les stats avec un triplé de passes pour Guendouzi, et de buts pour Milik. Servi par Payet, le premier devance la sortie du gardien, permettant au second de se jeter pour conclure de près (4-1).


Le match se termine comme on l’aime : haie d’honneur de nos joueurs pour nos valeureux adversaires, un Cannettan demande sa compagne en mariage sur la pelouse, bref, c’était une belle journée de football et tout le monde est content. Comme quoi, ça peut tellement bien se passer, les dimanches, on comprend d’autant moins toutes ces équipes qui s’échinent à vouloir gâcher la fête en nous éliminant.


Les joueurs

Mandanda (1-/5) : Un socialiste aura plus vite fait de me convaincre que Manuel Valls est de gauche qu’Olmeta ou Di Meco de me convaincre que Mandanda a encore sa place à l’OM.

Lirola (2/5) : De gentilles actions en début de match, qui font penser aux grimaces de Goudurix le Gaulois : ça peut éventuellement faire peur à sa petite sœur.

Rongier (68e) : Un rôle de garde-frontière européen : on regarde les pauvres se débattre, et on n’agit que si on n’a pas le choix (en leur mettant la tête sous l’eau).

Balerdi (2/5) : Chacune de ses interventions traduisait la sérénité née d’une préparation mentale de pointe (« ne pas faire le con ne pas faire le con ne pas faire le con oh putain il y a le ballon qui arrive ne pas faire le con ouf j’ai pas fait le con. »)

Alvaro (1/5) : Plutôt du genre à tendre le bras comme un lyonnais à son arrivée, il tend désormais le bras comme un Comorien (Kassim Abdallah en l’occurrence). C’est la magie de Marseille, bébé.

Amavi (1/5) : Adéquate préparation mentale pour ce réveillon, où tu vas partager la table avec ce cousin que tu ne croises qu’une fois dans l’année pour constater qu’il est toujours aussi gênant.

Targhalline (78e) : Quand soudain, l’OM lance un jeune dans des petits chaussons ouatés au lieu de l’envoyer en première ligne d’un gros traquenard des familles.

Gueye (3-/5) : Rien d’affriolant, mais vu que Pape était l’un des rares à maintenir un niveau minimum quand on faisait n’importe quoi en début de match…

Gerson (68e) : Solide sans oublier de se faire plaisir, avec un petit enchaînement sombrero-frappe du meilleur effet.

Guendouzi (4/5) : C’est marrant, quand un joueur fait l’effort de jouer à son niveau contre des amateurs, on a l’impression que les choses sont tout de suite plus faciles pour lui.

Harit (1+/5) : Une simulation dans la surface qui lui vaut de se mettre l’arbitre dans le pif, et de se voir priver ensuite d’un pénalty cette fois évident. Un calcul d’autant plus regrettable que ce n’est pas avec ses phases de jeu qu’Amine allait sauver son match.

Dieng (59e, 2+/5) : Belle volonté, très disponible comme d’habitude, mais Cheikh a eu le tort ou la malchance de ne pas profiter de ce match pour réamorcer la pompe à buts.

Payet (2+/5) : Moyennement en réussite avant, au vu de la tournure du match, de passer dans un mode économie d’énergie bien compréhensible.

De La Fuente (2+/5) : Un processus de prise de décision qui n’est pas sans rappeler celui de l’Éducation nationale (on ferme les yeux et on envoie un truc au pif en assurant que tout va bien se passer).

Luis Henrique (59e, 3/5) : Une entrée très volontaire, sur la lignée de sa dernière apparition, et qui lui vaut enfin de se voir dépuceler du but.

Milik (4-/5) : Pas déstabilisé par son début de match pas terrible, il a fini par faire le boulot sans état d’âme. On veut revoir ça au niveau supérieur maintenant.


L’invité zoologique : Omar Tatou

Le tatou est un animal mignon et surtout, un animal qui fait pas chier. Il se roule en boule dans son coin à la première contrariété et ne s’oppose pas plus que ça aux braconniers qui veulent le vendre comme pied de lampe. L’invité approprié pour évoquer un adversaire qui a su se tenir à sa place (après quelques rappels de bienséance, certes).

– Les autres : Vont longtemps ressasser ce carton rouge idiot, qui nous sauve à un moment où ils nous avaient tout entiers plongés dans un seau de fange bien grasse.

Coming next : Pour bien enchaîner en cette période festive, il serait du meilleur effet de victimiser Reims en championnat mercredi.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Personne ne gagne le concours zoologique (j’aurais pu faire gagner Dromadame, mais après Éric Roy qui a passé son match à complimenter toute la section LR des Alpes-Maritimes sur France 3, ça aurait fait trop de conflits d’intérêts pour aujourd’hui).


Bises massilianales,

Blaah.

5 réflexions sur “OM-Cannet-Rocheville (4-1), La Canebière académie ne gâche pas les fêtes

  1. match à 7:45 ici,
    j’ai passé la presque totalité de la première période à trouver un moyen de me prendre et la 2ème à célébrer les buts avec la même joie que Milik…je ne sais pas si c’est l’heure trop matinale, mais je tiens à remercier l’arbitre de ne pas avoir ajouté de temps en plus.

  2. Le commentaire sur Alvaro me laisse un arrière goût délicieux et persistant en bouche.

    Celui sur de la Fuente me rappelle pourquoi je suis amer et en permanence en colère.

    Tes commentaires sur l’EN me rappellent qu’il y a encore 2 ou 3 personnes dans ce pays qui se soucient de l’education de notre marmaille. Merci.

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