OM-Montpellier (4-1) : La Canebière Académie retrouve l’envie d’avoir envie

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La vie trouve toujours un chemin.

– Non mais en fait ça fait des mois que je voulais me séparer de Gattuso, mais il fallait le temps pour que techniquement le projet soit prêt.
Quel projet ?
Ce petit film vous l’expliquera :

« Bonjour ! Je suis Mister Couilles. Je vais vous guider à travers la fascinante histoire des couilles dans le football. Nous revenons an août 1973, dans la baie de Cassis : Mario Zatelli prend le frais sur sa terrasse quand un petit moustique se pose et le pique au scrotum. Enivré par la teneur en rosé de Provence du sang qu’il vient de boire, le moustique vole en zigzag jusqu’à la Calanque de Port-Miou, où il s’empègue dans la résine d’un pin. En 2024, nos équipes de recherche ont arpenté les Calanques pour retrouver des billes de résine figées depuis des décennies, et ont trouvé ce moustique conservé dedans. Tout s’enchaîne alors : il a suffi d’extraire du sang de moustique l’ADN encore intact encore intact des couilles de Mario Zatelli et de l’injecter dans l’espèce qui de nos jours en est génétiquement la plus proche, l’entraîneur français à survêtement. C’est sous vos yeux que le miracle s’accomplit. »

– C’est ainsi que je vous présente Jean-Louis Gasset et Ghislain Printant, les fleurons de mon projet Jurassic Coach ! Qu’en pensez-vous ?
– Que dire… le monde a changé si radicalement et nous courrons tous pour le rattraper. Je ne voudrais pas tirer de conclusion hâtive mais… Jean-Louis Gasset et nos joueurs… deux espèces séparées par 65 millions d’années d’évolution viennent tout d’un coup de se retrouver face à face, comment serait-il possible d’avoir la plus petite idée de ce qui va se passer ?
– On a tâtonné, c’est sûr, mais ce n’est qu’un retard. Tous les grands projets ont des retards. Quand ils ont ouvert Disneyland en 1956, rien ne marchait. Rien.
– Oui, oui mais Pablo, quand les pirates des Caraïbes se détraquent, Rachid Zeroual ne vient pas menacer de nous casser la gueule.
– Quand nous retrouverons le contrôle…
– Vous n’avez jamais eu le contrôle, c’est ça l’illusion !
– Oh et puis merde, de toute façon une fois que c’est lancé, c’est lancé. J’ai dépensé sans compter.
– Non, ça c’était pour Vitinha, Gasset il n’a rien coûté.
– J’avoue. Mais regardez leurs deux premiers matchs nom de nom !
– Ok, mais c’est toujours comme ça : d’abord des « oooh » et des « aah », et puis après il y a des « sauve qui peut » et des hurlements .


Les Longorious Basterds 

Lopez
Mbemba – Gigot (Meïté, 84e) – Balerdi
Sarr – Veretout (Ounahi, 80e) – Harit – Kondogbia (Gueye, 64e) – Merlin (Garcia, 64e)
Ndiaye (Onana, 80e) – Aubameyang

Clauss suspendu, Papy Gasset assume encore davantage son 352 en plaçant Sarr dans le rôle de piston droit. Le patriarche obtient également le droit de sortir Gueye du placard. A la différence de Gattuso, notre entraîneur peut enfin compter sur un effectif quasi-complet, et à la différence de Gattuso, il choisit d’en tirer quelque chose de cohérent.

En bon professionnel, Jean-Louis Gasset a commencé par prendre acte du travail effectué par Gattuso à la Commanderie.

Le match

Malgré les réussites du tandem Gasset-Printant sur le mental de l’équipe, nous devons aussi constater que les Olympiens entament une deuxième fois de suite leur match avec leur gros nez rouge et des pompes de clowns, et qu’il faudrait voir à ce que cela ne soit pas le début d’une habitude. Alors que Gigot cherche à tataner le ballon jusqu’à Saint-Joseph du Redon, la balle ripe sur sa chaussure dans un grand « ziiiip », s’offrant à Tamari qui n’a plus qu’çà ajuster sa tête devant Lopez (0-1, 5e).

Pire, si l’OM paraît vouloir se tenir plutôt bien dans le jeu, la défense de l’OM, elle, n’obéit à aucun schéma de groupe ni horaire de parc d’attractions : c’est l’essence même du chaos. Un corner sème ainsi le oaï dans la défense, qui repousse le ballon péniblement à l’entrée de la surface. Ferri en profite pour expédier le ballon sur le poteau, avant un rebond sur le dos de Lopez et une sortie miraculeuse en corner.


Passées ces dix premières minutes analo-slipométriques, l’OM domine largement les débats mais voit sa progression entravée par une multitude d’erreurs techniques. Balerdi doit même se fendre d’un tacle de patron pour couper une contre-attaque en sous-nombre. Celma étant, à compter de la demi-heure de jeu, la pression olympienne se fait si intense que, maladresse ou pas, les occasions en notre faveur finissent par s’accumuler. A la lutte pour reprendre un centre de Veretout, Sarr force le défenseur à rendre le ballon à Ndiaye. Illiman envoie le coup de rein qu’il faut pour percer en pleine surface et égaliser d’une sacoche sous la barre (1-1, 31e).

Le ballon ne quitte plus le camp montpelliérain et, à la suite d’un nouveau corner, Kondogbia exécute un amour de dribble derrière la jambe d’appui et lourde en pivot, qui à dix centimètre près aurait pu constituer le but de l’année. L’OM se procure ensuite de nombreuses situations de tir, sans parvenir à cadrer.

D’une montée rageuse, Mbemba lance ensuite Sarr sur l’aile droite avant de poursuivre sa course dans la surface adverse : Ismaïla lui remet le ballon, et Chancel centre au deuxième poteau pour Aubameyang, qui conclut une main dans le slip notre premier but sur une action collective de qualité depuis l’extinction des dinosaures (2-1, 43e).

L’OM passe tout près de nous servir sa spécialité, l’égalisation immédiatement après un but, quand Merlin se troue et offre un surnombre aux Pailladins. Kondogbia met en échec cette contre-attaque, avant que le poteau ne sauve une nouvelle fois Lopez sur le corner qui s’ensuit.


Comme contre le Shakhatar, à une première période mitigée succède alors une seconde mi-temps dominée sur tous les plans. Aplatis dans tous les duels, les Montpelliérains ne parviennent plus à affoler notre arrière garde et sont réduits à multiplier les fautes sur nos joueurs offensifs. Intenable, Ndiaye se procure encore deux occasions, puis à l’heure de jeu se trouve lancé par Aubameyang à gauche de la surface. Si a première vue le tacle désespéré de Kouyaté semble toucher le ballon, la vidéo lui appose le label « hippopotacle de charcutier qualité certifiée » et offre à Jean-Bite l’occasion de signer le doublé, d’un pénalty tiré à contre-pied (3-1, 62e).

Les Montpelliérains totalement dépassés, le seul obstacle à la victoire de l’OM ne peut que résider dans l’OM lui-même. On apprécie d’autant plus la volonté des Olympiens de ne pas se replier et de maintenir encore et toujours le ballon dans le camp adverse, comme cela devrait être le cas pendant la totalité de tous les matchs face aux équipes mal classées.

Le match ne serait pas complet sans que Gigot ne se jette comme un demeuré sur un ballon qui traîne : ce que Samuel n’avait pas anticipé, c’est le retour de Pape Gueye qui, tout émoustillé de retrouver les pelouses, se jette sur le même ballon de la même manière en criant « COPAAAAAIN », et vient coller une grosse semelle dans les côtes de son propre capitaine. Scène cocasse mais qui n’influe en rien le destin du match : à la 82e minute, Onana lance Sarr dans le dos d’une défense déjà dans le bus de retour. Auabmeyang a lui-même un temps d’avance à la réception du centre, mais Sacko le prive du coup du chapeau, au prix d’un but contre son camp (4-1, 82e).

C’est pourquoi on s’inscrira ici en faux contre la banderole des Fanatics « la victoire n’atténue pas la colère ». Si, après les 16 masturbations réglementaires consécutives à ce match, on peut le confirmer, la victoire atténue un tout petit peu la colère, quand même. Ce qu’elle n’atténue pas en revanche, c’est cette sensation de gâchis en constatant ce que cet effectif peut accomplir et ce qu’il était devenu par la main des scatophiles Marcelino et Gattuso. La colère n’atténue pas non plus la lucidité : des adversaires autrement plus coriaces se profilent, et il faudrait un miracle pour que nous ayons un résultat positif à sauver cette saison. Raison de plus pour savourer au jour le jour de menus plaisirs comme celui offert ce soir par notre équipe.


Les joueurs

Lopez (4/5) : On a suffisamment dit que Pau ne disposait pas de la force mentale essentielle à tout gardien de but de haut niveau, pour saluer en revanche sa maîtrise de cette autre compétence encore plus fondamentale : la grosse chatte.

Mbemba (4/5) : Laboureur inlassable d’un côté droit qu’il n’a jamais quitté, comme un agriculteur de la Coordination rurale mais sans le côté fils de pute.

Gigot (2/5) : Surtout ne bougez pas. Sa vue est basée sur le mouvement.

Meïté (84e) : Au lieu d’entrer pour pallier une suspension ou une commotion cérébrale de Gigot, Bamo le supplée pour une blessure aux côtes. Il faut varier les plaisirs.

Balerdi (3+/5) : Ce qu’il fait, quand il faut, où il faut, et surtout pas plus qu’il n’en faut.

Sarr (4/5) : A quoi ça tient, un changement tactique. Tu passes au musée de l’OM, tu récupères un imperméable et un paquet de cigarettes Belga et hop, t’as Ismaïla Sarr qui devient la réincarnation d’Abedi Pelé.

Veretout (3+/5) : C’est certain que niveau tenue, c’est plus solide que la dentelle de Casablanca.

Ounahi (80e) : Les deux poteaux montpelliérains ou la qualification rocambolesque en Gambardella c’est peu de chose, mais Ounahi qui réussit une passe offensive, c’est vraiment ce qui nous fait dire que ce dimanche était celui de tous les miracles.

Kondogbia (4/5) : Longoria crée Gattuso, Gattuso détruit l’équipe, l’équipe détruit Gattuso, les supporters détruisent tout le monde, Kondiogbia hérite de l’équipe.

Gueye (64e, 3/5) : Arraché du loft par Jean-Louis Gasset, il n’a pas donné à notre entraîneur l’occasion de regretter son choix.

Merlin (3/5) : Presque déçu de son match, alors que récemmentce genre de performance suffisait à faire briller le joueur dix mètres au-dessus de la médiocrité collective.

Garcia (64e, 3/5) : Pas de faute de goût.

Harit (3/5) : Alors que plusieurs de ses coéquipiers connaissent une éclosion spectaculaire, Amine reste plutôt dans le registre de la germination lente. Il faut dire que la propension de ses adversaires à le désherber dès qu’il fait mine d’accélérer un peu n’aide pas à son développement.

Ndiaye (4/5) : Révélation : dès qu’il n’est pas encadré par un coach qui s’est mis en tête de lui faire manger de la merde par pelletés de dix kilogrammes, Illiman paraît un joueur de football tout à fait convenable.

Onana (80e) : Une ouverture décisive pour Sarr, même si on n’attendait rien de particulier de sa part c’est un petit cadeau qui fait toujours plaisir.

Aubameyang (4/5) : Du mouvement autour de, lui, un second attaquant à ses côtés, et Jean-Bite cesse définitivement d’être aux Gabonais absents.On a juste perdu six mois à s’en rendre compte.


L’invité zoologique : Téji Savavier marin

Cela faisait trop longtemps qu’une holothurie n’était pas venu livrer ses observations, voici qui est réparé.

  • Les autres : Nuls, mais aussi et surtout nuls et malchanceux : dans la course au maintien, c’est souvent l’ingrédient des champions.
  • Le classement :  la relégation semble ne plus représenter qu’une menace lointaine, c’est déjà ça. Pour ce qui est de sortir du ventre mou, nous ne sommes pour l’instant guère plus avancés.
  • Coming next : Tâchons de nous amuser encore un peu contre Clermont la semaine prochaine : la perspective ensuite d’affronter le Villarreal de Marcelino et de nous faire pisser dessus par ce petit être en cas d’élimination s’avèrera autrement plus crispante.
  • Les jeunes :Un but donné à la 88e mais une égalisation à la 97e, une victoire aux tirs au but malgré deux tentatives manquées et deux autres qui passent par miracle à travers le gardien, et voici nos jeunes qui passent en quart de Gambardella. Que l’OM se soit fait une spécialité de l’improbable, c’est connu, mais que cela joue en sa faveur, c’est plus exceptionnel.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Homerc remporte le concours zoologique. Félicitations également à Arnaud Nordinde, qui intègre le podium des calembours les plus fréqsents derrière son prédécesseur Daniel Congre et l’intouchable Nicolas Palourde.

Bises massilianales,
Blaah

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