PAOK-OM (0-1), La Canebière académie est efficace
Y avait pas de quoi en faire un fromage.
Aïoli les sapiens,
L’ENFER DE THESSALONIQUE. LE BOURBIER DU PAOK. LA DANTESQUERIE DU STADE TOUMBA. Eh mon vier, jouer à se faire peur ça va bien cinq minutes. L’entraîneur grec a eu beau essayer de nous faire le coup du Ronquinquant, après trois fumigènes et dix minutes de pression, il a bien fallu parler football. Et à ce jeu, sans être génial, l’OM a su faire parler la différence de niveau pour passer sans trop trembler. Enfin, si, je ne dis pas que trois ou quatre slips sont tombés au champ d’honneur hier soir, certes, mais bon, pour un quart de finale en terres hostiles, ce serait sacrément faire la fine bouche que de prétendre que les choses ne se sont pas très bien passées.
Les Longorious Basterds
Mandanda
Lirola – Saliba – Caleta-Car– Luan Peres
Guendouzi – Rongier – Gueye
Harit – Bakambu (Ünder, 71e) – Payet (Kolasinac, 88e)
Dieng, Gerson et Kamara sont suspendus, tandis que Milik n’est pas encore apte à la reprise. Balerdi et De La Fuente (mais qu’est-ce qu’il a, lui, au fait ?) sont également blessés. Si le 11 de départ affiche néanmoins une fort belle tenue, le banc ne compte que trois joueurs expérimentés : le complément est apporté par les U19, voire plus jeunes encore (M’Madi, Moustier, Pitou, Bertelli, Benyahia, en plus de Ngapandouetnbu).
Principal ajustement dû aux absences, Rongier quitte son poste de milieutéral pour jouer pleinement milieu de terrain. Sur le côté droit de l’attaque, Harit est préféré à Ünder.
Le match
L’OM entame le match de la manière adéquate, en tout cas de la manière adéquate pour prendre un but d’entrée et s’offrir 90 minutes d’enfer et de pets liquides. La présence sur les deuxièmes ballons est inexistante et le marquage aussi laxiste qu’une commission de discipline de la Police nationale. C’est ainsi que dès la 5e minute, un grec est trouvé seul à la réception d’un centre, et voit son tir trop croisé tout près d’être dévié par un attaquant. L’OM propose bien deux belles actions, mais reprend la marée peu après : Mandanda pare un premier tir, avant une nouvelle RAIE sur le corner qui s’ensuit, sur lequel une énorme erreur de marquage laisse un adversaire seul à moins de six mètres.
Pour autant, malgré notre propension à sauter à pieds joints devant chaque piège qui se présente à nous, nous nous tirons de ces dix premières minutes sans égratignure. Nous restaurons l’ordre un peu plus loin de notre surface et commençons à obtenir des occasions en titillant une défense grecque prompte à la panique. Payet manque son tir après un bon travail d’Harit, avant que le défenseur central du PAOK ne colle la balle sur son propre poteau dans une action pourtant dépourvue de tout danger.
Le cadeau suivant est le bon : Guendouzi intercepte une première relance et se projette dans la surface après un relais de Bakambu. Matteo exécute alors un fort joli centre à ras-de-terre, qui permet à Payet de surgir au premier poteau pour placer de près son extérieur du droit préféré (0-1, 34e).
Si Luan Peres et Saliba écartent de manière autoritaire les tentatives de nos adversaires, ceux-ci parviennent néanmoins à trouver quelques espaces slipométriques. Une occasion énorme survient ainsi juste avant la pause, quand Lirola se fait souiller d’un crochet : le centre aboutit à une remise de la tête, que Mandanda détourne avant qu’elle n’arrive à destination. S’ensuit une reprise contrée par un attaquant grec restée au sol, avant que Steve ne finisse par ramener définitivement le calme.
Revenu à son meilleur niveau, Steve nous gratifie même de quelques progrès dans le jeu au pied, avec une somptueuse ouverture pour Bakambu juste après la reprise. Cédric voit son joli tir sans contrôle filer de peu hors du cadre. Le gardien grec n’est pas en reste, s’opposant à Gueye au terme d’une belle action collective. L’OM cherche à se mettre à l’abri mais, malgré tous ses efforts, Ingeson ne parvient toujours pas à réussir son CSC : son tacle destiné à intercepter un centre de Payet finit cette fois-ci au ras du poteau.
Mollassons, les Grecs se réservent sans doute pour un baroud d’honneur dans le dernier quart d’heure : il serait de bon ton de plier le match avant cela. L’OM se partage entre un mode gestion plutôt efficace et pépère et quelques accélérations, permises notamment par l’entrée d’Ünder. Hormis une volée sur un corner mal repoussé, et sur laquelle Mandanda brille encore, nos adversaires ne nous posent guère de problème.
Ledit baroud d’honneur se manifeste en effet dans les dix dernières minutes, bien aidé par une perte de balle de Rongier juste devant notre surface. Lancé seul face à Mandanda, l’attaquant tire de peu à côté, ce qui ressemblait fort à un chant du cygne. Steve doit cependant s’employer à l’orée du temps additionnel sur une reprise en pivot, le corner s’ensuivant aboutissant à un dernier tir dangereux mais encore hors cadre.
Les occasions concédées contre un adversaire pourtant très inférieur auraient certes pu faire tourner l’histoire à l’aigre, et nous rappellent les progrès à accomplir en termes de maîtrise. Pour autant, jamais en position d’être éliminé ni même de devoir jouer une prolongation, s’offrant un joker après une demi-heure de jeu et se tirant finalement de l’affaire sans blessé ni suspendu, l’OM est loin d’avoir passé la soirée la plus tendue de son histoire européenne.
Les joueurs
Mandanda (5/5) : Un prophète ressuscité à Pâques < notre prophète ressuscité au PAOK.
Lirola (2/5) : Très clairement troublé par L’ENFERRRRRRRRRR DU STADE TOUMBA non je déconne, c’est juste qu’il est à côté de ses pompes comme depuis le début avec Sampaoli.
Saliba (4/5) : Tellement dominateur, qu’il se croit en mesure sur chaque action de faire le petit enchaînement d’école « feinte de corps – protection de balle – passe propre ». Je ne dis pas que je regrette Alvaro-la-grinta, mais faut avouer qu’un simple coup de tatane de temps en temps soulagerait nos valvules cardiaques.
Caleta-Car (3/5) : Un match somme toute assez discret, les collègues étant le plus souvent présents aux endroit où ça chauffait.
Luan Peres (3+/5) : Les attaquants grecs allaient beaucoup trop vite pour un Luan Peres qui court, mais clairement pas assez pour un Luan Peres qui tacle.
Rongier (4-/5) : Une grosse perte de balle en fin de rencontre qui emporquège à peine le match majuscule du Rongieur. Ah, il paraît aussi que c’est lui qui lâche le marquage sur l’action slipométrique de la 9e minute : la majorité des lecteurs consultés à ce sujet conseillent néanmoins de charger Lirola, dans le doute.

Guendouzi (4-/5) : Dans ce combat acharné visant à faire commettre à l’autre des pertes de balles suicidaires, Mattéo n’a pas toujours été à la fête. Pour autant le résultat est là : c’est lui qui repart avec les deux oreilles et la queue.
Gueye (4-/5) : Comme pour Mattéo, les péhaoquiens nous ont trop malmené la surface pour qu’on puisse prétendre à un match parfait de nos milieux. Il n’en demeure pas moins que dans l’engagement Pape s’est très largement montré à la hauteur de L’ENFERRRRRRRR DU STADE TOUMBA. Et qu’il a montré aux Grecs que savoir jouer au football, ça compte un peu aussi.
Harit (2/5) : Capable d’imiter Maradona sur un dribble et Michaël Cuisance sur la passe qui s’ensuit, c’était très troublant.
Payet (3+5) : Outre la qualification, une victoire offrait également en bonus l’assurance que son but sensationnel du match aller ne tomberait pas immédiatement au musée des chefs d’œuvre inutiles. Or donc, on n’est jamais mieux servi que par soi-même – et par un caviar de Guendouzi, certes.
Kolasinac (88e) : Même pas une petite bagarre à se mettre sous la dent. Il faut dire qu’ici c’est une coupe d’Europe de gens élégants et civilisés, on n’allait pas faire comme ces sauvages d’Atlético-City non plus.
Bakambu (3-/5) : D’un côté c’est agaçant de le voir aussi souvent hors-jeu, de l’autre ça ne fait que nous rappeler ce que c’est d’avoir un attaquant qui tente des appels en profondeur.
Ünder (71e) : Pas mal mais on attend avec impatience qu’il retrouve sa réussite, comme – exemple pris au hasard – quand il avait souillé Donnaruma le mois dernier.
L’invité zoologique : Alexandru Mitriton
Le triton est un animal qui excite les puristes de la zoologie et de la protection de l’environnement. On en fait tout un foin mais en fait, quand on y regarde bien, ça reste une petite chose fragile et insignifiante.
– Les autres : L’ENFERRRRRRR DU STADE TOUMBA du moins le temps que la pyrotechnie finisse de se consumer. Ajoutons à cela des joueurs ni transcendés ni talentueux ni efficaces, et comme dirait mon camarade Luke Seafer, le seul enfer de la semaine, ça sera l’Enfer du Nord dimanche.
– Coming next : On verra bien dimanche si le PSG a envie de se sortir les doigts au moins une fois dans sa saison, Girondins style. Finalement, entre des échéances européennes importantes et de la Ligue 1 contre des clubs moyens – où là effectivement la prise de points sera impérative – on est à deux doigts de pouvoir considérer qu’on se rend au Parc sans trop de pression.
– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Johny Kreuz remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah.