Villarreal-OM (3-1) : La Canebière Académie n’est pas Gijon, n’est pas Valladolid

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Close to rabbit

Le plus surprenant dans ce match, c’est peut-être que l’OM soit parvenu à se qualifier après avoir coché rigoureusement toutes les cases de la check-list : « réussir une élimination honteuse ». Cette académie a déjà été fournie en lapins légendaires, consécutifs à des déroutes toutes les plus navrantes les unes que les autres. L’Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon, la mère de toutes les roustes (et ses sœurs Grenoble et Canet-en-Roussillon). Le Feyenoord, avec son élimination par refus de combattre. La fantaisie annécienne, ou comment se dégager une voie royale vers le trophée avant d’enchaîner par le naufrage le plus pitoyable au tour suivant. Mais en onze ans sur Horsjeu.net (mâtin ! quel site !), nous n’avons jamais eu à vivre la honte absolue d’une élimination après avoir gagné le match aller 4-0. Vous me direz, personne en Europe n’a jamais eu à le vivre, à une exception près. Finalement, l’OM a fait tout ce qu’il fallait pour que le peuple marseillais communie dans le fracas de vaisselle et l’insulte aux mères mais, contre toute attente, a fini par emporter le dernier mot. La légende y perd ce que notre sérénité y gagne.


Les Longorious Basterds 

Lopez
Clauss– Mbemba– Balerdi – Meïté – Merlin
Ounahi (Luis Henrique, 78e) – Kondogbia – Veretout
Sarr (Harit, 46e) – Ndiaye (Aubameyang, 46e)

Vous me direz : « maintenant que Gasset remet une défense à 3, vous râlez encore, vous êtes jamais contents en fait ». Certes, le besoin de faire souffler quelques joueurs dont Aubameyang se conçoit parfaitement, de même que la volonté de gérer notre large avantage en privilégiant les contre-attaques. Il n’en demeure pas moins que l’ensemble laisse à penser que l’OM se prépare à subir le jeu ce qui, compte tenu de notre tranquillité d’esprit digne des meilleurs laxatifs, donne à nos adversaires aussi bien qu’à nos propres joueurs ce signal : « c’est possible ».

A noter d’ailleurs que le Géomètre lui-même se laisse aller à l’hérésie en alignant ses joueurs en 433. Il se murmure même que Marcelino aurait remplacé sa camomille d’avant-match par une infusion de chicorée, signe que cette soirée est vraiment celle de toutes les audaces.


Le match

Les toutes premières minutes montrent ce que tout le match aurait dû être : des joueurs de Villarreal repoussés loin de notre surface et quelques occasions aimables des olympiens comme autant d’olives à picorer pendant ce long apéro pépère.

C’est seulement au bout de dix minutes que le petit démon de la lose vient, avec ses sabots fourchus et ses cornes, se percher sur les épaules de chacun de nos joueurs pour leur suggérer qu’il serait beaucoup plus rigolo de faire de la merde. Je le sais, c’est le même qui vient quand j’ai 300 mètres d’avance contre ma fille à Mario Kart, pour me conseiller de me jeter du haut de la route arc-en-ciel. L’OM a réalisé le match parfait à l’aller ? Eh bien au retour on va faire exactement l’inverse de ce qui a marché, comme ça, juste pour voir. Duels perdus voire refusés, retard systématique, premières relances paniquées et interventions défensives à l’avenant : on vient à peine d’aborder la première période et déjà, la principale interrogation de ce match est de savoir si nous allons encaisser le but du 4-0 à la 94e ou à la 95e.

Balerdi lance les hostilités d’un duel digne d’un plat de moules-frites face à Sorloth, que Mbemba vient mettre en échec d’un tacle monstrueux d’autorité. Les coups-francs se succèdent aux abords de notre surface, et les tirs dangereux surviennent. Clauss fête sa convocation en équipe de France à sa manière habituelle, en se transformant en déchet sportif, dribblé deux fois sur la même action avant un nouveau tir slipométrique.

Pau Lopez doit ensuite s’employer pour parer une tête de Sorloth, qui venait promener son 1,95 m au-dessus de Mbemba, avant de voir le Norvégien remettre le couvert sur le corner qui s’ensuit, au-dessus. Puis Claus s’avère une nouvelle fois fantastique quand, un mètre devant sa propre ligne de but, il tente un dégagement contré par la tête de l’attaquant : il faut un réflexe incroyable de Lopez pour éviter à Jonathan un énorme moment de gêne.


A la demi-heure de jeu, une belle récupération de Mbemba permet enfin de lancer l’une de nos transitions tant attendues. Servi à droite, Ounahi trouve ensuite Veretout à l’entrée de la surface, pour une frappe en position idéale mais hors-cadre.

Dans la foulée, Guedes perce plein axe, nos milieux de terrains impuissants à ses trousses. Après quelques échanges, Femenia est trouvé à gauche et centre. Collé à Capoue quelques instants plus tôt, Ounahi décide de lâcher le marquage, comme ça, paf, une inspiration, et laisse son adversaire placer une tête piquée imparable (1-0, 32e).

Dans la foulée, un nouveau moment slipométrique à base de duels perdus et de dégagements aussi paniqués qu’approximatifs s’achève par un tir du même Capoue, de peu à côté.

Villarreal presse haut, et nous empêche d’autant mieux de tenir le ballon que nos relances suintent la trouille. Nous ne pénétrons que très épisodiquement le camp adverse, la meilleure occasion résidant dans une voilée juste à côté de Kondogbia après une percée de Sarr et un centre repoussé d’Ounahi.

A la pause, Gasset confirme sa stratégie d’offrir à nos forces vives de l’attaque un demi-match de repos, en faisant sortir Sarr et Ndiaye au profit d’Harit et Aubameyang. La paire ne tarde d’ailleurs pas à se mettre en évidence en s’offrant une balade à deux sur quarante mètres au cœur de la défense adverse. Subir et assassiner Villarreal sur contre-attaque, le plan était parfait : Amine finit de disperser la défense et offre à son attaquant le genre de caviar que Jean-Bite ne manque jamais. Mais le petit démon de la lose est toujours là et invite le meilleur buteur de l’histoire de la Ligue Europa à se transformer en Valère Germain juste pour le plaisir du suspense.

Et encore, on serait paradoxalement en peine de parler de suspense tant la merde intégrale servie par notre équipe écrit d’avance le scénario du match. L’énorme occasion manquée à un moment crucial, en coupe d’Europe c’est comme le premier coup d’un combo sur Street Fighter : si tout se déroule comme prévu, la rafale de baffes est inévitable jusqu’au KO final. Si je révise bien la notice, on devrait enchaîner par jab-jab-jab, mawashi-enculerie-arbitrale dans la mâchoire, pénaltobalerdise au foie et on finit par la prise fatale du temps additionnel.


L’item suivant ne tarde d’ailleurs pas à être validé, quand Guedes s’offre une nouvelle percée plein axe. Coéquipier d’Haaland en sélection norvégienne, Sorloth formera avec son compatriote la seule paire d’attaquants au monde à faire passer des défenseurs centraux de 90 kilos pour des cure-dents : c’est ici Meïté qui en fait les frais, finissant les gencives dans l’herbe après avoir chargé l’attaquant, qui ne semble même pas l’avoir senti. Le cyborg plie l’affaire d’un extérieur en pleine course, avant que l’assistant n’invalide le but pour hors-jeu. Si les images de l’action ne laissent guère de doutes, les arbitres vidéo prennent cependant un temps étonnamment long pour confirmer le hors-jeu… et finalement valider le but sur la base d’une image arrêtée ne correspondant pas au moment de la passe. L’UEFA c’est ça, l’alliance entre la tradition des meilleures élections présidentielles centrafricaines et la modernité des images trafiquées par le Parti communiste chinois. Le pire est que ne trouvant pas d’intérêt rationnel à les voir pratiquer une tricherie aussi éhontée dans un Villarreal-OM, on est bien obligés de se ranger à l’hypothèse de leur incompétence absolue. Bref, que les arbitres soient nuls ou soudoyés par des parieurs philippins, le résultat est le même, ça fait 2-0 et l’on ne parle même plus de l’état de nos slips ni même du canapé : ce sont carrément les tomettes en-dessous qui commencent à être attaquées par nos sécrétions diverses et nauséabondes (2-0, 58e).

La fin de rencontre n’est qu’une longue torture, Lopez repoussant l’échéance d’une RAIE à bout portant sur corner. Alors qu’ils ont encore deux buts d’avance, nos joueurs ne sont plus qu’un bloc de peur absolue. En retard comme souvent, Kondogbia prend un avertissement pour une grosse semelle, et surtout concède un énième coup-franc dangereux. Celui-ci est déposé sur la tête de Mosquera, marqué par dégun et qui peut se rattraper de son match aller cataclysmique (3-0, 85e).

Les Espagnols continuent sur chaque centre, chaque coup de pied arrêté, de dominer nos défenseurs ratatinés de crainte. Dans le temps additionnel, un long coup-franc mal repoussé aboutit à une lourde de Morales, que Lopez sauve d’une horizontale spectaculaire. C’est que le but aurait été contractuellement trop beau : selon la tradition, après un match comme celui-ci, une égalisation dans le temps additionnel c’est après un cafouillage immonde ou rien.

Et contre toute attente, il s’avère que ce sera finalement : rien. Alors que l’OM a obtenu une touche dans le camp adverse, Aubameyang fume son adversaire d’un double contact, et part à toute vitesse vers la ligne de but qu’il longe pour entrer dans la surface. Après avoir déposé toute la défense à lui seul, Jean-Bite sert Clauss, seul au second poteau, pour nous octroyer gracieusement une dernière minute de sérénité totale (3-1, 94e), là où le match entier aurait dû n’être qu’une joyeuse partie ce campagne.

Le premier gros raté de Jean-Louis Gasset et de ses troupes n’aura donc pas eu d’autre conséquence que de nous faire perdre deux ou trois années d’espérance de vie. Vu l’adversité quasiment insurmontable qui nous attend au prochain tour et les adversaires à venir en Ligue 1, le rappel est assez explicite : si les individualités comme le collectif ne sont pas au meilleur de leur forme dans les semaines à venir, il y a peut-être quelques roustes mémorables qui se préparent à l’horizon.


Les joueurs

Lopez (4-/5) : Trois buts dans la musetteet des relances au pied aussi abominables que celles des collègues, mais il faut reconnaître que dans la panique généralisée Pau a eu les réflexes de survie qui le démarquent des coéquipiers. Alors que la meute de loup attaquait le troupeau, Pau a été suffisamment lucide pour ne pas suivre ses congénères qui se jetaient de la falaise.

Clauss (2+/5) : Des matchs dégueulasses de Jonathan, on en a vus, mais sa première mi-temps a atteint des profondeurs insondables. Vu ce qu’il se préparait à lui envoyer dans la gueule par journalistes interposés, Mehdi Benatia s’est empressé de souscrire le Méga-Forfait Premium Illimité Deluxe 1600 téra-octets, tellement l’intégralité de la bande passante du pays valencien risquait de ne pas suffire à faire tenir toutes les insultes. Jonathan s’est sauvé en abattant son joker ultime à la toute dernière minute, ici aussi c’était une question de survie.

Mbemba (2+/5) : Hippopotacles du désespoir, dégagements dans la tête des copains, relances pisseuses perdant aussitôt les ballons qu’il venait pourtant de sauver brillamment… quand on voit à quel point même le placide Chancel a paniqué, on se dit qu’avec Gigot sur le terrain l’affaire se serait finie par des morts.

Balerdi (1/5) : Dans les couloirs, il est allé toiser Alexander Golgoth comme Rocky regardait Ivan Drago. A la différence du film cependant, c’est bien le colosse venu du froid qui a passé 90 minutes à lui ravager la figure, faisant perdre à Balerdi toute la crédibilité qu’il avait fini par gagner ces derniers temps. On était parti pour un film patriotique body-buildé de la Cannon, ça s’est fini en méditation sur les horreurs de la guerre du Vietnam. Encore une victoire des ordures wokistes démocrates végétariennes, tiens.

Meïté (2/5) : D’abord placé à gauche avant de migrer côté droit, Bamo est passé à la lessiveuse comme tout le monde. Si l’on voit le positif, on retiendra que la défense a encaissé les coups dans la gueule à n’en plus finir mais est parvenue à ne pas s’effondrer totalement. Elle a fait preuve de résilience pour faire société, comme dirait Fabien Galthié.

Merlin (1/5) : Le seul truc quoi le sauve, c’est que depuis son arrivée on n’a pas encore eu le temps de mettre son dossier sur le dessus de la pile. Encore que ça risque de vite changer : vu son match d’hier, Monsieur Lapin vient de me faire passer un parapheur avec une mention manuscrite « signalé/cabinet du président », comme sur les demandes de subventions au Département.

Kondogbia (1+/5) : Le seul feu qu’il a allumé sur le terrain, c’est le feu de recul.

Veretout (1/5) : Métamorphosé en une semaine de conquérant du milieu de terrain à serpillière tremblante. Heureusement que l’histoire se termine bien car j’aurais mal vécu le fait de se faire détruire mentalement par le charisme de Marcelino dans un stade à moitié vide.

Ounahi (1-/5) : On a tellement dit que Jean-Louis Gasset avait imprimé sa personnalité à l’équipe qu’Ounahi s’est mis à jouer comme un septuagénaire. Et encore, un septuagénaire qui s’en bat les couilles.

Luis Henrique (78e) : Ici encore, on comprend difficilement que Luis Henrique ait été extirpé de con songé paternité pour venir faire l’inutile dans ce merdier, alors que Moumbagna aurait au moins pu faire parler ses aptitudes de déménageur.

Sarr (1+/5) :

  • Ce soir on va surtout miser sur les qualités de nos joueurs dans les transitions.
  • Oué, Ismaïla, ce que Loulou veut dire c’est qu’il sait les mastres que vous êtes et que donc il se cague un peu dessus, alors on se dit qu’on va se mettre à huit derrière et que tu vas bien réussir à te démerder tout seul avec Ndiaye.
  • Merci Ghislain, j’avais compris.

Harit (1+/5) : Normalement le plan était clair : entrée à la 46e, passe décisive à la 48e et voilà le match plié. Ce qui était inattendu, c’était que le raté d’Aubameyang l’oblige à bosser toute la deuxième mi-temps.

Ndiaye (2+/5) : Pas davantage de miracle vu son isolement, mais au moins Illiman s’est hissé au niveau d’intensité exigé par l’événement, par exemple en revenant récupérer des ballons dans les pieds des milieux adverses, quand Veretout et les autres se contentaient de les suivre en petit footing.

Aubameyang (46e, 3/5) : Au Poney Prolétaire Pertuisien on a une ponette, Vicky, elle tolère pas les obstacles en forme de fraise. Une fois qu’elle a refusé la fraise, y a plus moyen qu’elle le franchisse, c’est mort pour le concours. On a juste eu une cavalière qui a eu suffisamment de personnalité pour réussir à lui faire franchir l’obstacle, en lui faisant comprendre que c’était soit ça soit le voyage retour dans le fourgon des farines Sotramo Parola. Eh bien Jean-Bite, ce soir, il nous a fait une Vicky devant la fraise : d’abord un loupé grotesque à finir en lasagne Findus, et en toute fin de parcours la force de caractère nécessaire pour sauver à la fois la journée et son cul.


L’invité zoologique : Alexander Sorlotte

La lotte est un poisson à la vie sexuelle unique dans le règne animal : le mâle fusionne littéralement son corps avec celui de la femelle, pour finir totalement absorbé par son organisme à l’exception de sa paire de testicules demeurant accrochée sur le dos de sa compagne. Un invité parfaitement approprié pour évoquer notre adversaire du soir, toujours aussi laid mais qui s’est fait greffer une paire de couilles.

  • Les autres : Au vu de la branlée reçue ce soir, on saluera longtemps le choix de pleutre du Géomètre, qui s’est passé de joueurs majeurs à l’aller. Dans un accès de chouinerie que l’on avait pas vu depuis Rudi Garcia, Marcelino a même l’outrecuidance de prétendre que son équipe méritait de passer, alors que ce sont avant tout ses propres choix qui ont torpillé ses chances dès la semaine dernière. Ajoutons à cela son refus du salut d’Harit en fin de rencontre et concluons que c’est un vraiment bien petit homme qui a croisé le chemin de notre club en début de saison.
  • Coming next : Les quarts de finale seront tirés au sort ce vendredi midi, pour un suspense modéré puisque tous les clubs présents (à part éventuellement le Benfica, et encore), sont capables de nous doser une main dans le slip. Tout le défi des Olmympien consistera à croire en un exploit dantesque sans négliger le championnat, qui va lui aussi entrer dans une période ardue. Le déplacement à Rennes, avant deux semaines de repos relatifs, représentera un test important.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Anthony Ch. remporte le concours zoologique.
C’est aujourd’hui que l’album Skanking Khayyam, dont nous vous avions parlé naguère, sort sur votre plate-forme d’écoute préférée. Pour les esthètes, Erau Dub Sound nous a même concocté ce magnifique vinyle. Après cette soirée de stress, faites-vous du bien en cliquant ici : Erau dub sound – Skanking-khayyam (bfan.link)

Bises massilianales,

Blaah

3 thoughts on “Villarreal-OM (3-1) : La Canebière Académie n’est pas Gijon, n’est pas Valladolid

  1. Cela fait 5 ans que je ne rate pas une de tes académies olympiennes. Je me décide enfin à te laisser un commentaire car tes écrits le méritent amplement.

    Excellent comme d’habitude mais je trouve que tu t’es surpassé pour ce match irrationnel de nos mollusques préférés censés représenter le club mythique que nous supportons envers et contre tout, et même malgré nous, depuis notre plus tendre enfance.
    Et merci pour ces informations surprenantes sur la lotte.
    A demain pour l’académie de la rencontre des  » rénés « …

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