Bordeaux-Nice (0-1) : la Scapulaire Académie prépare sa succession

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Normalement à Bordeaux, quand tu es à la cave, c’est plutôt bon signe. Mais si les ruines de la maison la recouvrent et que tu n’as pas pris le tire-bouchon…

Connaissez-vous la Victoiglobine ? Elle transporte l’oxygène qui inonde le cœur des supporters et fait rythmer leurs chants. Et surtout, elle apporte l’élément essentiel à la vie : les trois points. Le fait d’être en dessous d’un seuil décent apporte son lot de désagréments comme une suffocation, une grande fatigue et une difficulté à produire des efforts. On parle alors d’anémie footballistique et la cause principale est une carence en défense de fer.
L’hémorragie constatée de Monsieur Girondins ne laissait pas de place au doute quant à l’état du patient et les résultats de l’analyse prescrite par le Docteur Lopez a confirmé le mal. Il a fallu dans un premier temps écarter les facteurs favorisant. Arrêt de l’Antivitamine-K(oscielny) devant un INR (Indéfendables Nuls Ratio) si élevé qu’il n’y avait même plus besoin de se prendre des coups dans le pif pour pisser du sang. Alors continuer à se faire pilonner dans ces conditions n’était plus envisageable. Et surtout dangereux. Nous allons passer les détails mais il est clair que le relais par HBPM (Héros Bordelais Pourri Marcelo) a été mal calculé et n’a vraiment rien arrangé. Et la soudaine inefficacité du facteur X (également appelée « enzyme Yacine ») n’a fait qu’empirer l’état de liquéfaction de l’ensemble. L’hémorragie n’a jamais cessé. Par tous les pores, la vie s’échappait. Au goutte à goutte de la perfusion répondait le « plic ploc » des hémorroïdes éclatées. Le mouchoir qui essuyait les larmes de sang avait, dans un passé récent, accueilli avec plus d’enthousiasme un autre liquide visqueux synonyme de plaisir.
Petit à petit, la fatigue a laissé place à la lassitude. Et l’envie de s’en sortir s’est inexorablement évaporée. Le patient a lâché prise et a refusé les investigations. Forcément, il devait y avoir une explication rationnelle à ce mal mais face à la détermination du malade d’en finir, aucun spécialiste n’aura eu la patience de chercher.
« Vous devez croire en la réincarnation, ce n’est pas possible !
-Peut-être bien. J’ai déjà les ongles bien incarnés. Alors autant répartir de zéro plutôt que de me taper les marches jusqu’au Paradis, cela me fera moins mal aux pattes »
L’humour et la dérision sont des mécanismes de défense qui aident à mieux tolérer l’insupportable. Si c’est la seule et unique « défense » qui tienne la route chez lui, le patient a tracé une voie qui l’aidera à franchir le pas : la volonté de laisser un héritage à ses descendants. Il en a déjà fait les démarches.
« J’ai tout fait de travers mais pour une fois, je veux laisser un bien. Je vais faire construire une maison pour les petits, qu’ils aient au moins une chose qui vienne de moi.
-Mais enfin, en étant si malade, jamais une banque ne vous prêtera de l’argent. A moins que vous ayez assez d’apports ?
-Non, Docteur Lopez. Rien du tout. A vrai dire, c’est la merde à ce niveau-là aussi. Mais vu que vous ne pouvez rien pour ma santé, en contrepartie, vous trouverez bien un petit subterfuge pour faire passer cela. Dix ans d’études, c’est que ne devez pas être trop con ».
Con, Lopez ne l’était pas. Habitué des causes désespérées, il a su développer une qualité rare dans le milieu, l’humanité. Et cela s’est traduit par un geste fort : il a décidé de mettre lui-même la main à la poche. Personne ne lui avait pourtant demandé d’en faire autant. Le patient n’aura pas eu le temps de le questionner sur les véritables raisons qui l’ont poussé à agir de la sorte mais face à l’urgence et en imaginant la surprise de ses enfants, il a signé tous les documents nécessaires. Avant de fermer les yeux, définitivement.
Bon. Il se trouve que le docteur n’a pas agi uniquement par bonté. Il connaît deux, trois gars dans le bâtiment ou les assurances et par un tour de passe-passe, s’est arrangé pour ne rien perdre au final. Il va pouvoir faire manger les copains et s’amuser un peu. Petit problème, quand on voit la gueule de l’entreprise, même pas sûr qu’il puisse en profiter longtemps.

Les notes des terrassés :

Costil (0/5) : Avec un tel rempart, pas besoin d’un cheval de Troie pour entrer dans la cité.
Guilavogui, Marcelo et Ahmedhodzic (0/5) :
Les trois petits cochons ne sont pas maçons.
Lacoux (0/5) : Le cœur à l’ouvrage et des pieds pour le gros œuvre.
Mensah (2+/5) : Pas très à l’aise pour monter les agglos mais au moins il s’assure que les fondations tiennent.
Onana (0/5) : L’étai en surchage ne supporte pas la pression. Quand il chute, c’est l’ensemble qui se casse la gueule.
Adli 0/5) : La touche esthétique. C’est Damidot qui a choisi les motifs ? Il n’y a rien qui va !
Dilrosun (0/5) : « Fait chier, ça ne prend pas »
Hwang (0/5) : Architecte archi-cuit
Niang (0/5) : Il n’est pas Jean-Pierre Parpaing.
Les adjuvants : n’ont rien apporté.
En attendant le prochain match à Angers qui risque de sceller définitivement notre sort, vous pouvez nous retrouver sur Twitter (@savajicl et @IanWalterFoote). Si vous parlez à l’un, l’autre vous répondra sûrement et c’est sans doute mieux ainsi.
A bientôt.
Nausée Savajicl

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