Les tenues à paillettes désormais sur le dos des lillois, Bordeaux doit se résoudre au bleu de chauffe.

Héraut du Football Total en France, Garcia transforme chaque match en conquête. Conquête du ballon tout d’abord, puis du camp de l’adversaire jusqu’à ce que celui-ci ne rompe sous la pression. Pour ce faire, le LOSC s’appuie sur une paire Basa-Rozenhal renforcée de Mavuba. Rapide, technique, bon défenseur et excellent relanceur, le profil hybride de ce dernier conjugue les deux fonctions possibles d’une « sentinelle », à la fois troisième défenseur mais possiblement meneur de jeu. Avec un tel joueur en son socle, le LOSC peut se permettre d’évoluer avec un duo de créateurs (Pedretti-Balmont) sous une paire d’impact players (Hazard-Cole) tout en installant ses latéraux très haut dans les couloirs. Bordeaux décidé à jouer le contre, la conquête du ballon s’avère facile et ne reste plus qu’à lancer la machine. Relance de Mavuba vers Pedretti ou Balmont dont la remise permet au bloc de remonter et à l’équipe de s’installer dans le camp adverse. Las ! Entre positionnement girondin et maladresse, cette première passe n’arrive pas et le LOSC patine.

Le 442 aperçu en début de saison laisse la place à un 4231 et Gillot compose une formation compacte vouée à jouer le contre. Ainsi, l’équipe défend en 4411, pressing du trio Diabaté-Plasil renforcés du milieu de couloir (Maurice-Belay ou Gouffran) et une paire N’guemo-Sané à la réception. L’équipe s’appuie sur un couloir gauche explosif, N’Guémo déclenchant le forcing à la médiane dès le trio d’avants dépassé, Ciani l’imitant en cas d’urgence et Trémoulinas-Maurice-Belay se tenant prêt à plonger dans la profondeur dès la récupération. Sanctionné d’un penalty pour avoir dansé la gigue sur Diabaté (1-0, 6ème, Diabaté sur penalty), Balmont doit ainsi descendre au niveau de Mavuba pour renforcer le couloir droit et régler le problème de la première relance. A la 22ème, Tremoulinas gâche une chevauchée de Maurice-Belay, Triaud s’endort tandis que Carasso est hypnotisé par le retour défensif de Plasil en plein rond central (22ème), Bordeaux recule mais le LOSC n’assure pas plus ses passes pour autant. Si Cole et Hazard ne permettent pas au LOSC d’user de longs ballons, la 35ème minute donne un indice quant à la solution possible. Côté droit, Chalmé au duel récolte un carton jaune et le coup franc de Hazard se transforme en corner pour la tête de Rozenhal, Olimpa, poteau, Sow, Olimpa : « wonderful double save !!! » (36ème)

Garcia ajuste son schéma en pacsant Pedretti-Mavuba et autorise Balmont à être volage*. Un semblant de 4231 (Pedetti-Mavuba sous Hazard-Cole-Balmont) se met en place sous la pression du trio d’avants girondins qui cherche à déporter le jeu sur son côté fort. Maurice-Belay manque le break sur un centre (détourné) de Gouffran (53ème) mais, sous l’impulsion de la doublette Mavuba-Pedretti, le LOSC conserve l’initiative et déporte progressivement le jeu sur le côté gauche. 56ème, Hazard embarque Chalmé-Sané-Gouffran avant de provoquer Henrique et, 40 secondes plus tard, Pedretti côté gauche récupère et sert Hazard, une deux avec Cole pour l’égalisation (1-1, 57ème.) Garcia sort Pedretti pour Gueye (60ème) tandis qu’en deux têtes Bordeaux manque de reprendre l’avantage par Diabaté (65ème).

Le même jeu long est employé pour trouver Ben Khalfallah lorsque Bonnart loupe son interception et invite Landreau à sortir genoux en avant sur l’ex-valenciennois. Carton jaune pour le gardien, Diabaté couve la balle et accouche d’un poteau retentissant pour son second penalty de la soirée : 1-1, penalty manqué, 78ème. Condamné à jouer faute d’alternatives – notamment dans le domaine aérien -, Lille gère son effectif et se contente du nul tandis Gillot inculque progressivement la culture du charbon aux girondins.

* : Placement « libre » durant la seconde période qui lui permet de colmater les brèches côté droit ou de se balader sur le front de l’attaque devant la paire Cole-Hasard en phase offensive. Du reste, un tel luxe tactique a failli être décisif lors de la sortie de Maurice-Belay pour Saivet (Balmont profite du trou causé par le changement de joueur pour combiner avec Cole, 77ème.)

Notre Footballologue.

Notre Footballologue, qui est donc aussi un peu le votre, vous file les images, en attendant Claude Pèze et Michel Saint-Doux.

6 thoughts on “Notre Footballologue analyse Bordeaux-Lille (1-1)

  1. Analyse impressionnante. Je n’ai jamais trop su interpréter les flèches en « cercle » autour d’un joueur. (Généralement le milieu créateur).

  2. Franchement C du beau parlé !

    L’analyse de tps fort est pertinente agréable à lire, merci !

  3. Michel apprécie de voir que le footballologue partage la même vision du poste de 6. A la fois technique et bon défenseur, et à la mode barcelonaise s’intercale entre les deux centraux qui s’écartent. A la fois libéro moderne, récupérateur et relanceur.

  4. Sauf qu’à Barcelone le 6 il fait 1m85 et met des taquets de pupute en permanence alors qu’à lille ou bordeaux il fait 1.016valbuena et ne met que peu de taquets de pupute… Et à Bordeaux il s’intercale pas entre les deux défenseurs, mais entre les deux centraux, les deux arrières droits (chalmé, gouffran) et le troisième central, aussi appelé troisième et dernière neurone (Sané). Il n’empêche que c’est quand même bien ce 6 qui est le seul à savoir jouer au foot ailleurs sur PES…

  5. Sauf que Busquets, avec un ballon il sait faire plus de choses que n’importe quel joueur de Bordeaux. Il est libéro, récupérateur et relayeur.

  6. Non mais j’avais une requete pour toi notre Footbanalogue
    Je viens de lire sur lequipe.fr que Valence (apres le 2-2 contre Barcelone) avait donne une lecon tactique aux catalans.
    D’ou ma requete: ton prochain article peut-il etre sur ce match afin d’eclairer ma vessie avec une lanterne?
    Merci!

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