Footballologue12-620x250

Armagedon, round 6 : Same players shoot again.

Initiateur du “verrou suisse”, Karl Rappan justifiait sa stratégie par la nécessité de permettre aux amateurs de compenser leur manque de technique par une extrême solidarité collective et un engagement outre limite. Si l’histoire de l’Inter permettait ce genre de stratégie, impossible pour Mourinho d’en faire usage dans l’antre d’aristocrates madrilènes apôtres du dribbling game. Aussi le Special One doit-il hisser ses duellistes au niveau de rigueur collective des fantassins pour espérer endiguer la vague catalane.

Wourinho…

L’ignoble présente un 4231 aux lignes resserrées et au pressing acéré afin de tarir la source en coupant le lien entre la défense et le milieu. Benzema-Özil se chargent du pressing sur les centraux tandis que Khedira-Xabi Alonso découpent tout milieu axial en possession du ballon (28ème, 34ème, 38ème). Le brise-lame s’impose dans l’axe et détourne le flux sur des dalots latéraux composés des deux joueurs de couloir ainsi que du récupérateur concerné. De préférence, le Real détourne le Barça sur sa droite afin d’éviter Daniel Alves et Alexis Sanchez et renverser sur Marcelo et Cristiano Ronaldo à la récupération. En phase offensive, Özil est si proche de Benzema que l’ensemble s’apparente à un 424 et Victor Valdes réalise l’exploit dès la 4ème sur une tête de Benzema consécutive à un centre de Cristiano Ronaldo. Huit minutes plus tard, David Villa pris dans le dalot droit cède face à Sergio Ramos, Di Maria lance Benzema qui profite de la proximité d’Özil pour délivrer sa deuxième passe décisive de la semaine (1-0, 12ème). 4231 en phase défensive, explosion en 424 à la récupération, brise-lame en place et abnégation totale (Cristiano Ronaldo participe au dalot droit, 21ème), la plomberie de l’infâme Wourinho contient la pression et parvient même à renverser l’écoulement.

Quelques gouttes suffisent…

Toutefois, les efforts demandés sont colossaux et les premières fissures apparaissent à la demi-heure. Alexis provoque Marcelo à la 29ème, Messi perce une première fois à la 33ème avant d’ « oublier » le Chilien. Autiste, le surfeur ne joue pas avec des inconnus et préfère encore traverser la largeur jusqu’à Villa pour sa deuxième incursion. Une giclette jaillit alors du dalot droit et éclabousse la lucarne de Casillas : 1-1, 35ème. Le pont madrilène suinte, Sergio Ramos évite d’une ruade miraculeuse le naufrage sur la troisième action de Messi (36ème). Ouvrant les vannes, Guardiola multiplie les invitations à jouer avec le petit nouveau afin de repousser les deux lignes de quatre. Appel entendu par Iniesta qui joue long sur Alexis à la 41ème, le Real recule, Pepe et Khedira s’entrechoquent et laissent filer Messi : 1-2, 45ème. On murmure qu’Héraclite aurait souri…

Le « nouveau »…

Principe de base des Catalans, la présence d’un joueur dans le rond central donné en référence au collectif. Preuve des difficultés catalanes de la première demi-heure, Messi tenait ce rôle, quitte à être isolé de ses partenaires et ne toucher aucun ballon. La seconde période voit le triangle Keita-Iniesta-Thiago établir le camp dans leur demi-cercle tandis que Guardiola a présenté Alexis à Messi. Premier échange poli à la 45ème, plus tranchant deux minutes plus tard avant que Daniel Alves ne brise la glace pour une combinaison en trois passes sur… 75 mètres (Pepe découpe Alexis, 48ème.) Le Real Madrid s’en remet aux phases arrêtées et suite à un corner, Pepe résiste et remise pour signer sa troisième passe décisive de la semaine : 2-2, Xabi Alonso, 53ème. Deux minutes plus tard, Victor Valdes se troue sur un coup franc du récent buteur qui trouve Benzema dont la tête longe le but vide. Dans la continuité, Pepe s’en va découper Daniel Alves au point de corner et offre une imago mundi aux photographes. Au coin mais pas dans les cordes, les Catalans se groupent calmement autour du gisant et arrêtent le temps… dans un Bernabeu en fusion.

Petit pont…

Guardiola sort Thiago pour Xavi et Adriano pour Pique (57ème et 60ème) tandis que Warinho entre Fabien Cointreau et Calejon pour Di Maria et Khedira (55ème et 57ème.) Empruntant l’espace d’un instant le 433 des gentils, les Madrilènes s’en remettent à Xabi Alonso, pointe basse mais tic-tac long à destination de Sergio Ramos dont le centre ne trouve pas preneur (64ème).

Le Barça retrouve son balancier Xavi-Iniesta mais subit un Real revenu en 4231 et spectateur de Cristiano Ronaldo (67ème, 68ème, 74ème, 82ème, penalty non sifflé pour une faute de Victor Valdes.) En marge du solipsciste, une autre histoire s’écrit. Agresseur d’Iniesta à la 70ème, Calejon se jette dans les bras de l’enfant-lune peu après pour éviter tout malentendu. 76ème, Iniesta place un petit pont au Madrilène. Pas de paix, ni de malentendu… juste de la dialectique.

Round 7 on wednesday.

12 réflexions sur “Notre footballologue analyse Real Madrid-F.C. Barcelone (2-2)

  1. bonjour. Joli travail!!! Juste une erreur c est l’infame Pepe qui fait la remise pour Xabi et non Benzema.

  2. Il me semble que c’est Pepe qui réussit à conserver le ballon puis le glisser à Xabi Alonso (quel homme !) sur le second but.
    Sinon, merci pour cette analyse de haute volée.

  3. Concernant l’analyse, c’est du grand art, niveau excellent.

    Sinon, il fallait souligner que les madrilènes jouent comme des animaux lorsqu’ils jouent seulement le Barça. Pourquoi?

    Félicitations!

  4. super analyse. la prochaine fois mettez les noms des joueurs sur les schemas tactiques c serait encore plus intense.

  5. Super Analyse, c’est la tctique qu’il faut pour battre le Barca ! c’est extrémement rare que le Barca se procure seulement deux occasions pendant tout un match et encore plus rare que le barca perde sa fameuse possession du Ballon ! c’est du grand art ce que realise « the special one » a Madrid

  6. Je trouve que le résultat du match est étrange, et que les catalans sont suspects.

  7. La statistique de possession montre un score supérieur pour le Réal.. En 3 ans, c’est rarement arrivé à Guardiola ca.
    Il aura fallu attendre le 6eme clasico pour avoir un peu de foot.

  8. merci pour cette analyse claire et intéressante ! je n’ai pas vu le match mais c’est tout comme maintenant

  9. villa 1 occase = 1 but
    messi 1 occase = 1 but
    ronaldo 9 tirs = 0 but
    benzéma 7 tirs dont 3 imanquable = 0 but
    c’est l’écart entre le réal des chouchou du mou et le barça méritant de pep

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