Monaco – Ajaccio (1-0): Marcelin reporter

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Avec des machines à sous et des cougars dedans

Monaco, 8 décembre. Il fait beau sur le rocher, il fait presque chaud sur le rocher. Je retrouve mon ami Mikhaïl Ferrantinov, dit le taureau des steppes, homme de main du président monégasque, véritable cube humain, fumant cigarette sur cigarette à une vitesse vertigineuse. « Ça, grande ville, ça grand club » me dit-il en embrassant d’un vaste geste de la main le quartier de Fontvieille et avec celui-ci, le stade Louis II. Je confirme d’un hochement de tête distrait, le Gus n’aime pas être contrarié, mon corps n’aimerait pas le contrarier. Il me tend mon billet et m’annonce qu’il assistera au match avec moi. À ma grande surprise, nous ne sommes pas en présidentielle mais en « premières », tribune où prennent place tous les supporters non-monégasques, les prolétaires des alentours en somme. Mikhaïl me précise que cela lui rappelle son enfance, l’URSS, la torture, les tchétchènes. Il aime être en contact avec le bas-peuple. C’est un bel homme, quoi qu’un peu court sur pattes, sa musculature impose à elle seule le respect et sa chevelure noire comme le geai lui donne un petit côté mafieux italo-tunisien.
A Louis II, le public ne se lève pas comme un seul homme, mais comme un homme seul. Les tribunes sont résolument vides et l’ambiance est assurée par les supporters corses, bien encadrés par des CRS dont le nombre doit avoisiner le tiers du public présent.
Sur la pelouse, les copains d’Albert font le jeu mais se heurtent à des insulaires solides et courageux en défense. Joao Moutinho aimante les ballons comme Marc Veyrat cueille ma lavande au creux de l’oreille de la Provence. Qui vivra Veyrat. Le milieu de terrain, dirigé d’une main assaisonnée par l’enfant poivre et sel de la Loire Atlantique. Le système Rainieri est bien en place mais peine à donner les résultats escomptés. À la sortie des vestiaires, Munegu reprend son entreprise de démolition, laissant quelques minuscules espaces propices aux contres, qu’Ajaccio ne parvient jamais à concrétiser. Le but de Rivière est dégueulasse mais il vaut trois points.
Nous sortons du stade bras dessus bras dessous, allègres comme des loulous de Poméranie, et nous nous dirigeons en chœur vers les pubs de la Côte d’Azur, pour tenter d’attraper dans nos filets autre chose que de la morue dessalée
Les notes, avec donc l’aimable et couillue participation de Mikhaïl :
Subasic (3/5): est venu faire un tour au stade pour savoir comment ça se passait pour l’historique de compte.
Raggi (3/5): une bonne activité dans son couloir, par contre pour centrer en levant la balle, on repassera.
Carvalho (3/5): imbattable dans les ballons aériens et poète dans les relances : un tête de velours dans un masque de fer.
Abidal (3/5): voyant Ricardo surnager, il s’est mué en milieu offensif.
Kurzawa (2/5): frileux comme un singe en hiver, il n’a pas su trouver le juste prix du milieu, et du coup il kur il kur le zawa, le zawa des bois jolis. Va au bois.
Toulalan (4/5): une chevelure de vieillard mais des poumons de pouliche transfusée, le tout associé avec le plus beau des râteaux, histoire de bouffer toutes les balles qui passent.
Moutinho (4/5): comme on était au stade, on n’a pas vu la même chose que Pierrot. Mais c’est pas pour ça qu’on a vu quelque chose. On se comprend.
Obbadi (2/5): c’est pas l’envie qui lui manque c’est le talent.
Rodriguez (4/5): un gros cul mais un gros gros fond de jeu. Le poteau droit likes this.
Martial (2/5): une bicyclette, un dribble de génie et puis s’en va.
Rivière (3/5): il plante mais on n’en pouvait plus de voir sa gueule sur les écrans géant gueuler en créole.
Sont entrés en jeu :
Ocampos: la force des fruits.
Germain: ici c’est Pa… Ah non c’est Germain. Just Germain.
Le bisou vigneron et l’accolade des steppes,
Marcelin Albert et Mikhaïl Ferrantinov.

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