Real Madrid C.F. – Liverpool F.C.(3-1) : Ainsi va le football, ainsi va la vie

 

Quelques jours plus tard…

Les effluves liquoreuses des lendemains qui déchantent sont autant de rappels sévères de ce qu’on avait choisi d’oublier, de ce qui serait advenu si le mauvais sort, les talents adverses et nos propres démons n’avaient joint leurs forces pour notre déplaisir.

Ainsi va le football, ainsi va la vie.

Des Sergio Ramos, on en connaît tous. Ce sont ceux qui allient le vice au talent, qui trichent sans jamais être attrapés. Quand Camus – qui n’a pas écrit que des conneries – dit Le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités, c’est bien de cela dont il parle : il y existe un espace où les actes immoraux peuvent rester impunis. La moralité, c’est de ne pas commettre l’acte mauvais et profitable quelque soit l’éventuelle sanction. Il semble alors que la routourne de cette démonstration a tourné, et que Sergio Ramos est une merde.

Ses errances morales mais victorieuses plaisent aux comptables du football, à celles et ceux qui ne voient ce sport qu’à travers les millions d’euros dépensés et les lignes sur le palmarès, qui pourraient à la rigueur ne jamais regarder les matchs et se contenter de la page des résultats dans le Fig’ du jour. Au foot comme dans la vie, les victoires sont collectives – on ne vient jamais de nul part – et les défaites aussi. Certes, ce beau gosse de Karius commet deux belles cagades qui resteront dans l’histoire du très haut niveau, et dans le même temps entraîne ses coéquipiers dans la défaite, mais quel joueur n’a jamais planté son équipe par une erreur ? Que pourraient dire Joe Allen, Steven Gerrard, John Arne Riise et consorts ?

Au foot comme dans la vie, on ne fait rien seuls. Le Liverpool F.C. ne l’a jamais été dans cette campagne européenne qui restera dans les mémoires de toutes et tous. Jamais seuls sur le terrain, où les hommes de Jurgen Klopp ont montré le plus beau visage de ce sport, solidaires dans l’effort, dans la victoire comme dans la défaite. On peut ne pas avoir les meilleurs joueurs et tutoyer les sommets : il faut alors d’acharner à être la meilleure équipe.

Jamais seuls dans le stade. L’Armée Rouge a fondu sur l’Europe comme un seul homme, avec ses idoles, ses rites et ses hymnes. La nouvelle, particulièrement belle, résonnera dans les têtes et dans l’histoire qu’elle rappelle : les Rouges de Liverpool reviendront.

«We’ve conquered all of Europe /
We never gonna stop /
From Paris down to Turkey /
We’ve won the fucking lot /

Bob Paisley and Bill Shankly /
The fields of Anfield Road /
We are all supporters /
And we come from Liverpool»

Craig Bel-Ami

Très jeune, j'ai théorisé qu'on pouvait jouer les hommes plutôt que le ballon. Depuis, je suis passé à la pratique.

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